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Différences hommes-femmes: le cerveau a-t-il un sexe?
25 Janvier 2011
Par
hommelibre
Le sujet ne semble pas épuisé: les cerveaux d’une femme et d’un homme sont-ils différents? Plus précisément: y a-t-il ou non dans la configuration de nos cerveaux respectifs des éléments qui fonderaient des différences de comportements, de sensibilités, de manière de penser ou de réagir?
Enjeux sociauxCette question de l’indifférenciation des genres a son importance: l’enjeu est d’en finir avec la distribution traditionnelle des rôles hommes-femmes dans la société, du sexisme qui les aurait tenues prisonnières du ménages et des tâches domestiques, et de leur permettre d’accéder - entre autres - à des postes de direction et de décision. L'enjeu est que les différences, s'il y en a, ne portent pas atteinte à la notion de droit qu'est et ne soient pas des raisons de discrimination.Comme je les comprends. Si elles savaient combien les hommes en ont eux aussi assez d’être perçus comme des pourvoyeurs, de simples agents de sécurité affective, des brutes épaisses, etc. Si elles savaient combien d'hommes aimeraient aussi avoir un poste de décision et de direction! La quête d’un poste de pouvoir et d’argent n’est certes qu’un combat petit-bourgeois, mais il vous pose en société: cela fait bien quand on dit «Madame Untel, PDG d’Areva» plutôt que «caissière de supermarché», ou «M. Chose, président du Conseil d’Etat» plutôt que «manoeuvre sur un chantier». De ce point de vue le féminisme reconduit et amplifie la structure verticale inégalitaire de la société et de ses privilèges.
Alors je veux bien que les femmes tiennent des rôles identiques à ceux des hommes. Pas de souci. Les agricultrices que je connais en Haute-Savoie le font: comme leur mari elles se lèvent à 5h30, bossent toute la journée, mettent les pieds dans le purin, élèvent les enfants, discutent les revenus et le budget ainsi que les investissements à faire. Elles ne sont pas brimées à la cuisine à subir les décisions et les humeurs de leur patron de mari.
Mais s’il y avait quand-même des spécialisations et des différences biologiques, où serait le problème? Différence ne veut pas dire inférieur/supérieur. Personnellement je tiens à mes différences. On me dit souvent que j’ai une sensibilité très féminine: j’écoute, j’ai une grande empathie, un peu hypersensible. Mais si je me sens proche des femmes, je ne me sens pas femme pour autant.
Mais qu’est-ce que se sentir femme, et homme? C'est un autre débat. J’y reviendrai.


Comment d'ailleurs savoir si c'est le culturel qui a modelé le cerveau, ou si le cerveau, par les étapes programmées de son développement, a engendré ou modelé le culturel à son image et à son besoin?
Tous les commentaires
Une des différences biologiques - donc pas seulement le cerveau - les plus nettes est visible en démographie: il y a plus de mortalité infantile chez les garçons (donc, un peu plus de naissances de garçons pour l'équilibre ultérieur) et, comme on le sait tous, l'espérance de vie féminine est supérieure à celle des hommes: en début de vie comme en fin de vie, les filles sont plus résistantes que les garçons.
Maintenant, comme vous le dites, la grande différence s'établit à l'adolescence à cause d'un régime hormonal très distinct. Mais le poids culturel est important, notamment concernant la libido: une étude canadienne a montré que l'excitabilité des femmes n'est guère différente de celle des hommes face à des images érotiques, mais celles-ci ne reconnaissent pas leur excitabilité à la différence des hommes - cela rappelle les sondages concernant la masturbation chez les hommes et les femmes, il y a un tel écart entre eux qu'on peut suspecter une part de mensonge chez les uns ou les autres (bon, les hommes n'ayant pas de raison de se vanter de leurs branlettes, on peut penser avec assez d'assurance que nombre de femmes en ont encore honte, soit en mentant, soit en s'abstenant, soit par une ignorance du corps guère envisageable de nos jours...). Concernant cette étude et un traitement très marrant, je renvoie à ce blog féminin et malin:
http://chabadabada.over-blog.com/article-ou-on-nous-prend-les-filles-pour-des-billes--43466526.html
(je conseille aussi au lecteur et à la lectrice le billet intitulé "dans le slip des filles"...)