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Nationalisme: gérer les étrangers (4)

Au fil des éléments développés (voir précédents billets), le nationalisme a-t-il un avenir en France? La question se pose dès lors que 39% des français approuvent les propos de Marine Le Pen sur la prière musulmane dans les rues.

 

nationalisme4-extraterrestre_278463.jpgGérer la venue de l’étranger: une activité normale
J’ai posé comme naturel le sentiment d’appartenance. Ne parle-t-on pas de «mon quartier»? On se reconnaît d’une famille, d’une rue, d’une pays, d’une langue, d’un ensemble de valeurs. J’ai aussi posé comme naturelle l’antériorité d’occupation d’un lieu ou d’un pays et l’autorité que cela donne sur ce pays. C’est ainsi partout. Dans un monde où chaque région est administrée, les déplacements de populations demandent à être gérés. La limitation du nombre d’étrangers autorisés à s’installer est évidemment un élément de cette gestion.
Si l’on n’approuve pas ce ces points de repère instaurés par la coutume et les faits, il faut alors montrer un seul pays où cela se passe autrement, où l’on entre et l’on sort sans contrôle (à part accord administratif comme l’Union européenne), où l’on peut travailler et s’installer définitivement sans autorisation, sans respecter les lois et coutumes du pays et sans limite de nombre. Cela n’existe pas. Parler de la manière de gérer les étrangers dans un pays est absolument normal! A moins de vivre en autarcie dans un pays entièrement fermé. Mais parler des étrangers ne signifie pas faire d’eux la cause des problèmes: ce sont les politiques (mal) menées qui sont la cause des problèmes.
Les règles et repères
Les habitants d’un pays et leurs autorités représentatives vont donc faire la loi sur leur territoire.
Au point de vue administratif les choses sont simples: les personnes qui viennent travailler ou s’installer dans le pays doivent être détentrices d’une autorisation. Leur nombre est limité car on doit avoir l’assurance qu’ils trouveront du travail et rapporteront au pays en proportion de ce qu’ils coûtent (assurances sociales, infrastructures, scolarisation, etc). Ne pas avoir cette assurance est un mauvais service rendu à l’étranger qui vient s’installer, puisque sans travail il dépendra de l’aide sociale et n’aura aucune vraie autonomie ni satisfaction personnelle de subvenir à ses besoins par lui-même. Car le travail, qui n’est au fond que le prolongement diversifié de l’antique chasse des hommes préhistoriques, est la survie de l’individu et du groupe. Il se fonde sur l’initiative personnelle et donne valeur à l’individu. Ne pas avoir cette assurance est également un mauvais service rendu au pays qui devient créancier de débiteurs insolvables et distribue de l’argent qu’il ne reçoit pas.
nationalisme3-frontiere-egyptienne_article_top.jpg
La situation est différente pour les réfugiés économiques et politiques, qui doivent trouver une aide quand bien même ils ne rapportent pas. L’accueil d’étrangers en détresse ou en danger est de la solidarité. Une humanité sans solidarité est juste bonne à jouer les figurants dans Mad Max. Mais leur nombre ne peut là aussi être illimité.
Une société doit trouver un équilibre entre le soutien à l’initiative personnelle et la solidarité. Elle ne peut non plus privilégier la solidarité avec les étrangers et oublier celle avec ses citoyens.
Devoirs mutuels
Il serait erroné d’accepter une immigration sous prétexte de dette matérielle ou morale envers un pays. L’humain ne peut être mis dans la balance avec de la marchandise. Il semble que la France se soit beaucoup culpabilisée à propos des colonies. Or la culpabilité pousse à en faire trop et à ne plus savoir poser les justes limites. De plus, comme on l’a vu dans mon deuxième billet, tous les grands pays ont été tour à tour colons et colonisés. Tout le monde a une dette envers tout le monde. La culpabilité doit être abandonnée et les relations remises à zéro.
L’étranger qui vient s’installer durablement doit connaître les coutumes et les lois, et aussi bien que possible la langue, ou alors suivre des cours de formation. Ceci n’est pas une contrainte arbitraire ou vexatoire: c’est destiné à donner à cet étranger le plus de chances possibles pour faire sa place dans son nouveau pays. C’est donc une exigence positive. Le pays d’accueil y contribue: cours gratuits, scolarisation rapide des enfants, entre autres. Cela signifie que le pays qui accueille a aussi des devoirs, comme celui qui vient y vivre. Il doit mettre en oeuvre une politique permettant la meilleure «co-digestion» mutuelle de l’étranger et du pays. Au point de vue social il y a lieu d’éviter les ghettoïsations te le développement des communautarismes.
Tout cela est théorique et fait partie d’un humanisme largement hérité du christianisme, avec en plus la rigueur de la réciprocité.
Le sentiment d’envahissement
Mais dans les faits cela ne fonctionne plus, ou pas en ce qui concerne une partie de l’immigration d’origine africaine et maghrébine. C’est le sentiment actuel dans plusieurs pays d’Europe. Il se développe un sentiment d’envahissement - le mot «occupation» utilisé par Marine Le Pen trouve un assentiment chez de nombreux français.
nationalisme2-islam.jpgIl y a plusieurs raisons à cela. D’une part la montée d’un intégrisme islamiste autour de l’Europe, bruyant et agressif, revendicatif, victimaire, et qui fait le plus de bruit. Les attentats, les assassinats d’otages en direct à la télévision, les milliers de morts égorgés du FIS en Algérie, le retour du foulard dans des pays plutôt émancipés, les comportements anti-français sur le territoire de l’hexagone, la revendication forte de l’identité musulmane font depuis vingt ans un bruit de fond permanent, une caisse de résonance, qui répète à l’envi: «L’islam hait l’occident, l’Islam dominera le monde».
D’autre part les textes du Coran font souvent résonance à une volonté de soumettre les «mécréants». Il y a certes des sourates parfois contradictoires mais la tonalité dominante est cette du rejet des non-musulmans. Du moins c’est ce qui est ressenti.
Et c’est là que les choses se corsent. On est devant une situation pour le moins confuse. Il y a du ressentiment qui ne cherche plus l’objectivité. Des musulmans prient dans la rue? Ce seraient tous les musulmans de France qui veulent islamiser le pays. Quelques femmes portent la burqa? Ce seraient toutes les femmes musulmanes de France qui feraient régresser l’égalité hommes-femmes. Je doute qu’objectivement nous en soyons là. Mais la position de nombre d’européens à l’égard des musulmans a pris un tour plus subjectif qu’objectif.
Dire que la France a mal à son islam, même si le sentiment d’envahissement est surévalué, n’a rien de raciste. Nombre de pays islamiques disent bien, eux, qu’ils ne veulent pas du modèle occidental. Le dire c’est reconnaître un problème spécifique que l’on ne peut noyer dans la masse sans élargir la brèche par où le nationalisme trouve son chemin. Les lois contre le racisme ne doivent en aucun cas empêcher de parler de ce genre de questions spécifiques. Et ce d’autant moins que ces lois ne répriment pas les propos anti-blancs de Houria Bouteldja, ni les lois de genre ou les campagnes féministes visant à criminaliser exclusivement les hommes.
Les politiques à l’ouest
Les prises de positions de la droite françaises ne comblent pas le retard pris dans la gestion de ce dossier. Quelques mesures au coup par coup sans une vision d’ensemble ferme et cohérente, c’est insignifiant. Et le silence de la gauche française qui crie au racisme dès que l’on parle d’immigration et qui a délibérément laissé au Front National l’exclusivité d’un dossier d’importance nationale a largement contribué à ce qui se passe actuellement. La droite n’offrant pas de cohérence et la gauche pas de vision ni de courage politique, le FN récupère le sentiment d’envahissement, de perte de son identité, la frustration devant le chômage, le sentiment que les coutumes et la culture des populations d’origine arabo-musulmanes sont incompatibles avec les valeurs chrétiennes et démocratiques.
Les politiciens sont donc non pas des pourris, mais un peu à l’ouest. La gauche donc par son auto-flagellation, la droite par son je-m’en-foutisme, ont contribué à la montée d’une réaction nationaliste. Il ne suffit plus de chasser quelques Rroms pour faire écran, ni de crier au fascisme, pour inverser la tendance. Ni les uns ni les autres ne proposent actuellement une alternative crédible au nationalisme montant. La gauche aurait dû prendre part au débat sur l’identité nationale, au lieu de le faire un peu par la bande et de le noyauter. Les indignations narcissiques de la gauche, le manque de dialogue de la droite, ont juste réussit à faire un coup d’épée dans l’eau sur un sujet qui va revenir tôt ou tard par les urnes.
Je ne sais pas si quelqu’un en France prend encore la mesure de ce qui se passe. Je l’ai écrit, je ne suis pas favorable à l’orientation politique nationaliste. Mais je ne suis pas sûr que les partis non nationalistes sachent offrir rapidement une vision claire et fondée et mettre en action une vraie politique qui donne aux Français le sentiment qu’on les écoute.
A suivre: le scénario nationaliste.

Tous les commentaires

27/12/2010, 17:47 | Par Velveth

Gérer les étrangers.

Comme un stock.

Comme étaient "gérées" les colonies.

L'abjection est déjà dans le titre.

27/12/2010, 18:36 | Par M NISSIM

Le FN instrumentalise la peur et la haine de l'étranger à des fins politiques .

Vous même mélangez Islam, immigration, insécurité, etc...

Vous êtes un triste sire.

 

27/12/2010, 20:46 | Par hommelibre en réponse au commentaire de M NISSIM le 27/12/2010 à 18:36

Je n'ai pas inventé ce mélange. De plus, l'immigration mal vécue par une partie des français est bien celle qui est liée aux personnes venant de pays à dominante musulmane, non?

Mais pourquoi donc refusez-vous de dire cela? Je ne prétends pas que ce mélange est fait à raison. Je dis même que l'on surévalue la réalité.

Alors je ne comprends pas. Pourquoi autant de mauvaise foi et de malhonnêteté intellectuelle, pourquoi autant de censure du langage sur ce site. C'est une parano ou quoi? Quand une phrase est écrite ou une idée émise, on analyse d'abord quel parti aurait pu la dire avant d'aller plus loin? On en débat plus d'idées? On ne fait que prendre des postures?

C'est cela l'impuissance de la gauche française. C'est exactement cela!

C'est hallucinant.

27/12/2010, 18:46 | Par Faunus

Aïe, aïe, aïe, Velveth! L'abjection on la touvera très probablement dans le monde qui viens si le politiquement correct continue a imposer sa censure à tout usage d'un langage qui ne serait pas conforme à celui imposé par la novlangue*. Il devient alors commode d'occulter n'importe quel problème par un carton rouge du genre: le fond est dans la forme ! Mais au risque d'aggraver le problème...

Bien à vous

*je crois qu'en novlangue la formule généralement considérée comme correcte doit être: "gérer les flux migratoire". C'est pas beau ça !

27/12/2010, 20:15 | Par Velveth en réponse au commentaire de Faunus le 27/12/2010 à 18:46

C'est de même nature.

Les nazis géraient aussi le "problème juif".

27/12/2010, 18:54 | Par M NISSIM

Eh ben "il est pas top" le Faunus, comme on dit en "novlangue"

27/12/2010, 18:56 | Par arquius

gérer les étrangers

Mais ce sont des gens, des personne humaines, on ne parle pas des personnes humaines en ces termes purement matérialistes.

Je veux croire que vous ne vous rendez même pas compte.

 

27/12/2010, 19:45 | Par hommelibre

Ah, Velveth... Votre mauvaise foi est comme le soleil levant sur l'océan: aveuglante! Oh combien grande est votre capacité à déformer ce que j'écris. La France avait connu en son temps les Réformateurs, grâce à vous elle connaît le Déformateur...

Quand tu veux abattre ton chien tu dis qu'il a la rage... Mais heureusement, chacune de vos éructations est une médaille pour moi, voyant d'où cela vient.

Au fait, quand enfin argumenterez-vous?

- Jamais... répond une voix venue de l'ombre... jamais... prout...

27/12/2010, 19:52 | Par banquise2011

La notion d'étranger est une des plus grosses ignobleries que l'être humain a pu cracher de sa bile sur cette terre commune à tous. Dire à des extra-terrestres que nous avons sur terre des étrangers, ils ne vont rien y comprendre. Il n'y a pas d'étrangers, il n'y a que des dérangés qui le disent car il leur suffit d'ajouter le T de tuer pour ce faire (la prononciation dépend du bel accent que nous possédons, c'est le charme des accents). Bien que français (on a dit pied-noir parce que je suis né en Algérie. Voyez ça a commencé dès ma naissance et ça n'a pas changé jusqu'à aujourd'hui) je me suis toujours trouvé rejeté par la Francet les français et maintenant canadien, je me sens être accepté sans problème et avec bonheur sans distinction de provenances, de langues ni de races. Chercher l'erreur.

Par contre vous dites des bêtises dans ceci: "Tout cela est théorique et fait partie d’un humanisme largement hérité du christianisme, avec en plus la rigueur de la réciprocité." Depuis quand l'Humanisme viendrait-il d'un christianisme-monothéiste? Que veut-dire: "avec en plus la rigueur de la réciprocité."??? J'aimerai comprendre ce charabia (mot international puisqu'on ne sait pas si c'est espagnol, arabe, provençal)?. Lisez Lorenzo Valla et d'autres humanistes, il a écrit de forts beaux textes en 1444 mais dans une langue européenne qui vous fera vite découvrir que vous êtes vous aussi un étranger à la culture de l'Europe puisque c'est tout en latin. Lisez-vous, parlez-vous, écrivez-vous le latin? Je connais des arabo-musulmans qui connaissent très bien cette langue.

Je ne parle pas du reste, Coran, Islam, nationalisme etc... qui sent l'ignorance à en pleurer dan notre époque dite nihiliste. Je comprends les problèmes en Occident puisqu'il n'y a pas plus personne qui pense et de plus, on tente de penser avec Wikipedia, la Bible des ignorants. Bref, petite moraline du jour: ce ne sont pas les étrangers qu'il faut gérer, ce sont les racistes.

27/12/2010, 19:48 | Par hommelibre

@ arquius: voyons, ne tombez pas dans le panneau de Velveth. Bien sûr que ce sont des personnes, qui représentent une situation, un choix politique, une attitude intellectuelle ou morale. Bref, si vous n'avez pas compris que "gérer les étrangers" c'est tout cela, j'en suis désolé pour vous.

Je vous suggère de regarder la lune, pas le doigt qui la montre.

Mais bon, cela évite de répondre aux critiques sur cette gauche arrogante et intouchable... que j'appelle pourtant à se réveiller conceptuellement. Et à montrer du courage politique.

27/12/2010, 20:00 | Par hommelibre

@ Yvoniko: entièrement d'accord que la notion d'étranger est une aberration du point de vue de l'univers, et de la Terre. Mais dans les faits les choses se sont construites avec les délimitations de territoires et la gestion de ces territoires. Qu'on le veuille ou non.

On peut aspirer à une Terre sans frontière. C'est mon cas, c'est peut-être le vôtre. On n'y est pas encore, cela ne viendra pas d'un claquement de doigt ou d'un voeux pieux. Mais en attendant nier qu'il y a des administrations et des régulations des déplacements et que cela a sur certains plans du sens, ce n'est guère approprié à la réalité. Faire la grosse voix en disant qu'il n'y a pas d'étrangers mais que des dérangés qui le disent, c'est un peu court et cela ne mène nulle part.

L'étranger, c'est aussi l'Autre, celui qui nous donne limite et quoi nous apprend que la toute-puissance de l'enfant doit céder le pas à la négociation.

L'étranger, c'est celui qui a un passeport différent du mien. C'est aussi simple que cela. On peut nier la valeur d'un passeport, mais pas son existence et son utilité.

Dire que l'humanisme est en partie un héritage chrétien, je persiste et signe. Peu m'importe qu'il s'agisse d'une religion monothéiste. Le discours de Jésus est largement tourné sur l'importance de l'autre et l'examen de soi dans la relation. (Exemple: la première pierre à propos de la femme adultère: bel exemple de vrai humanisme. Après, chacun ses références).

27/12/2010, 21:47 | Par banquise2011 en réponse au commentaire de hommelibre le 27/12/2010 à 20:00

"On n'y est pas encore, cela ne viendra pas d'un claquement de doigt ou d'un voeux pieux." Oui on peut le faire en changeant de discours et en avoir un de courageux. Dire qu'il n'y a pas d'étranger, c'est déjà un début. Les drapeaux doivent être brûlés. Ça aussi c'est tout simple.

La réalité depuis 1492 ce sont "les délimitations de territoires et la gestion de ces territoires.", colonialisme, nationalisme...Donc cette gestion est déjà là depuis 5 siècles. Ce n'est pas nouveau comme "(...) claquement de doigt ou (...) voeux pieux." Il y manque la bonne volonté et le courage. Voyez les aborigènes d'Australie sont devenus des citoyens australiens, les amérindiens du Canada sont des citoyens canadiens, les Tibetains sont des citoyens chinois, les africains du Nord, du centre,du Sud chantaient nos ancêtres les gaulois...C'était beau comme un "(...) claquement de doigt (...).", n'est-ce pas?

Définir l'étranger par le passeport, est une sottise qui ne dit rien puisque par exemple icitte au Canada combien viennent d'ailleurs tout en possédant le même passeport??? J'en ai 2 mais j'en connais qui en ont 4. Et les États-Unis?????

L"humanisme est le résultat d'une lutte contre le christianisme. Jésus ne peut avoir tenu un discours humaniste puisque Dieu sur Terre ne peut tenir un tel discours. Il n'y a pas d'examen de soi dans le christianisme sauf à l'époque de 1215, début d'une subjectivité moderne, où on imposa la confession obligatoire. Devenir chrétien c'est faire mourir "son vieil homme.", c'est voir mourir son soi (Romains 6:6 où on y lit: "sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché."). C'est à partir de cette transformation liberticide que le sujet a pu apparaître comme vecteur de toutes les représentations où on trouve toutes les modifications de la sensorialité passive et tous les motifs qui disposent le sujet à devenir actif. Là s'ouvre en grand les bras de l'Humanisme, en Italie à la Rennaissance où toute l'Europe entière se réunira pour apprendre. N'est sujet que celui qui peut se former pour devenir le maître et possesseur de ses propres souffances et de la nature pour l'occasion. L'Humanisme est la prise de conscience de l'homme en tant qu'homme avant tout même avant Dieu, pour ce faire il a fallu reprendre les anciens Gréco-romains qui étaient tous très loin d'être des chrétiens au contraire ils venaient tous d'avant le Jésus. La femme adultère n'a rien à voir avec l'Humanisme européen, cette éducation de l'Homme. Ce "pas en arrière" dans la pensée européenne fut décisif concernant le monde dans lequel nous évoluons de nos jours et pour la laïcité.

"Après, chacun ses références", écrivez-vous. Libre à vous de dire tout et n'importe quoi sur les références mais alors comment se parler, dialoguer si on se doit tous de dire ce qu'on veut et comment on veut le dire avec des références sans rapport avec le cours de l'Histoire humaine? Idem pour la langue parlée. Les références que j'utilise, ici très peu, ne sont pas les miennes, elles sont un héritage (L'Humanisme parle d'héritage en l'enseignant, en le modifiant aussi parce qu'il n'y a pas une vérité mais plusieurs; le Jésus demande à ce qu'on rejette tout héritage pour naître de nouveau à une seule et unique vérité) que vous pouvez étudier et après nous pourrons dialoguer en toute intelligence, en toute connaissance de causes.

27/12/2010, 22:36 | Par Boris Carrier

Oui, le titre est un peu maladroit, mais sur le fond la question est abordée avec courage et lucidité pour contrer le nationalisme sur le terrain où les plus exaltés d'entre eux ont réussi à nous mener: l'immigration. La politique de l'autruche et le politiquement correct ne serviront qu'à desservir la cause de l'antiracisme déja mise à mal par les tergiversations d'une gauche déboussolée: cessons de nous voiler la face et acceptons le débat qu'exige la société sous peine de sombrer dans le fascisme, défendons les valeurs de solidarité et dénonçons la spoliation du tiers-monde par nous les riches, hors de la mauvaise conscience car il s'agit d'un fait démontrable chiffres à l'appui (sous réserves d'autres révélations Wikileaks, dans les multinationales cette fois).

Bien qu'il s'agisse d'un anachronisme comme je tentais de le démontrer dans mon billet hier ( http://www.mediapart.fr/club/blog/boris-carrier/271210/nationalisme-elements-apportes-la-reflexion-ouverte-par-hommelibre ), le nationalisme est effectivement instrumentalisé par les partis de droite dont il assure le fond de commerce. Le déplorer est une chose, lutter contre la démagogie en opposant des arguments solides une nécessité impérieuse faute de quoi en effet la xénophobie prendra le dessus.

 

27/12/2010, 23:00 | Par hommelibre

@ Yvonenko: J'ai suivi pendant trois ans une formation non universitaire en théologie, oecuménique. Et bien que je ne sois pas croyant il m'en est resté certaines choses.

Je ne crois pas que Jésus peut être réduit à une sorte de gourou voulant faire adhérer à une vérité unique. Il y a une dimension psychologique importante, qui conduit à s'interroger sur soi-même. La pierre, c'est justement un pas en arrière: "arrête-toi, examine-toi et si tu te crois parfait alors assume de juger et de donner donner la mort, mais si tu n'es pas parfait alors rentre chez toi". Ce pas en arrière est celui de la conscience individuelle, de sa propre capacité de jugement, du regard sur soi. C'est la dimension individuelle qui rend l'homme responsable de lui et lui fait assumer sa condition. On est loin d'une simple croyance ou d'une série d'injonctions.

Son enseignement, tel qu'il a été transmis ou tel qu'il y a eu intention de le transmettre, insiste sur la conscience individuelle, l'interprétation des situations avec la grille de lecture d'une parabole, donc un outil souple à ajuster au moyen non seulement de règles de morale mais de la compréhension situationnelle des choses. Il n'interdisait pas: il éveillait. Il demandait: "et toi qu'en penses-tu?"

Il y a là les racines de cette conscience individuelle, de cette recherche de ce qui est juste que l'on retrouvera dans l'humanisme. Cette conscience individuelle appelée par Jésus est bien autre chose qu'une simple croyance: le libre arbitre y est déjà contenu.

Cela dit, il proposait aussi des critères moraux et une transcendance. Mais on peut s'en passer et utiliser sa "méthode de travail" comme d'une démarche individuelle sans dieu. J'ai d'ailleurs beaucoup mieux compris cet enseignement quand j'ai étudié et pratiqué le bouddhisme zen avec Maître Deshimaru. Le lien est la responsabilité individuelle, le "où es-tu ici et maintenant et comment ta conscience appréhende-t-elle lemonde?".

Le travail sur l'Homme est la clé d'une dimension spirituelle (si on admet qu'il y en ait une). En cela j'y trouve les racines de l'humanisme.

28/12/2010, 14:48 | Par banquise2011 en réponse au commentaire de hommelibre le 27/12/2010 à 23:00

Théologie, Jésus, Gourou, Deshimaru, spiritualité...Tout ce que vous dites-là n’a rien à voir avec mon propos ni avec l'Humanisme au sens historique du terme. Je vous comprends cependant puisque nous sommes à une époque terriblement amnésique, lavée de son Europe-occidentalisation que nous retrouvions dans le mot Culture. Désormais les opinions (Doxa ou "Après, chacun ses références", écriviez-vous) règnent comme l'argent tournant autour de la terre. Le dialogue est un vilain fantôme où nul langage commun ou bagage commun de ce langage (i.e. la connaissance basique des termes, des mots, du langage, du sens de l'Histoire avec une grande hache) sont devenus inaudibles, illisibles. Normal, c'est normal. L’Europe n’osant plus se réclamer de sa culture en abdiquant son origine et son destin, est en train de se dissoudre sans voir quelle se prive tout simplement de sa présence au monde puisque son amnésie l’y oblige. Son regard vide tend vers la barbarie intérieure. Merci, on aura essayé. Mes meilleurs vœux pour 2011.

28/12/2010, 20:56 | Par hommelibre en réponse au commentaire de banquise2011 le 28/12/2010 à 14:48

Sans aller dans tous les points où je suis en désaccord avec vous, et ils semblent nombreux et importants (qu'il s'agisse de l'Europe ou du dialogue par exemple), je pense normal d'avoir à définir les mots, les connotations, les concepts. Il ne s'agit plus d'avoir une vérité unique, en effet, même dans le langage, et celui-ci passe autant par une transmission d'un acquis commun que par un enrichissement lié aux nombreuses expériences individuelles. C'est d'ailleurs la suite logique de l'humanisme: l'individualisme.

Personnellement cela ne me dérange pas d'avoir à redéfinir les choses. Il semble que ce ne soit pas votre cas. Je laisse donc en stand-by. Bonne soirée.

29/12/2010, 19:14 | Par banquise2011 en réponse au commentaire de hommelibre le 28/12/2010 à 20:56

C'est amusant d'écrire la même langue et ne pas se comprendre. C'est justement la définition ( "je pense normal d'avoir à définir les mots, les connotations, les concepts") que je vous demandais à propos du christianisme et humanisme restée sans réponse. De plus, si vous pensez à votre façon sans prendre en compte l'Histoire telle qu'elle est et telle que les références connues la décrivent (on a inventé pour cela depuis Charlemagne nous a-t-on dit, l'école), il va de soi qu'il n'y a pas de compréhension mutuelle, que le dialogue est perdu à jamais. C'est comme si vous utilisiez des mots japonais pour m'expliquer le fondement historique de la langue française. Remarquez, vous avez le droit de dire ce que vous voulez. Nous sommes en démocratie tout de même.

29/12/2010, 22:20 | Par hommelibre en réponse au commentaire de banquise2011 le 29/12/2010 à 19:14

En effet il y a misunderstanding quelque part! Nous avons visiblement des parcours qui ont teinté le langage différemment pour chacun. C'est assez courant.

Je vous ais justement répondu sur la raison qui peut faire trouver une filiation entre le christianisme. Ce n'est pas dans l'étude des grecs, c'est dans la mise au centre de l'Homme, de l'individu et de sa conscience. Le rappel à son propre jugement plus qu'une simple croyance.

30/12/2010, 14:43 | Par banquise2011 en réponse au commentaire de hommelibre le 29/12/2010 à 22:20

"Ce n'est pas dans l'étude des grecs, c'est dans la mise au centre de l'Homme, de l'individu et de sa conscience." C'est là que vous avez tout faux historiquement car c'est l'inverse que s'est passé, qui définit l'Humanisme occidentale, l'étude des grecs et des latins. C'est la définition et compréhension de cet Humanisme développé avec ferveur, avec force intelligence à partir de la Renaissance contre le catholicisme grâce aux Arts Libéraux que nous héritons et du Siècle des Lumières et nos sociétés démocratiques modernes. Il y a une filiation (Nietzsche dira "généalogie") dont il faut tenir compte pour comprendre notre monde. Mon langage dans ce domaine n'est pas le même que le vôtre mais il reste collé à la réalité historique, c'est une question d'utiliser des outils conceptuels et historiques qui comptent pas ma perception. C'est une affaire de connaissances non de langage "teinté différemment pour chacun" que vous pouvez vértifer par vous-même avec les archives/documents historiques/essais: Pic La Mirandole, Lorenzo Valla, Leon Battista Aberti, Bruni et son idée d'éducation des femmes, Isotta Nogarola, Vergerio, Rabelais, Érasme, Budé, Coménius, Montaigne, Locke etc...(la liste est très longue). Il y a eu un combat pour l'émancipation de l'homme, voilà l'humanisme, i.e. que grâce à la redécouverte de l'Antiquité, un projet d'Émancipation qui ne plaisait pas à l'église catholique, va venir irriguer toute la modernité afin de déboucher sur la revendication de la liberté publique car on ne peut parler d'éducation humaniste que dans une société d'homme libres. Mes remarques disent que là réside la différence essentielle avec le monde arabo-musulman en termes de rapports au monde. Je ne peux du haut de ma très petite personne décider du cours de l'Histoire occidentale comme ça m'arrange et contre toute logique intellectuelle.

28/12/2010, 10:59 | Par Belange

moi je crois que la Terre comme vous dites appartient aux riches. Pensez que les pauvres, les citoyens ordinaires sont attachés à leur pays parce que il ne leur reste que ça.Le problème est à qui profitent les étrangerset qui ça défavorise ?

28/12/2010, 12:43 | Par Belange

la conscience des ultralibéraux qui affament le monde où est-elle ? Quansd on a plus rien à espérer du monde politique, on se tourne vers Dieu , et des notions abstraites ., pas toujours humanistes. Mais à qui la faute ?

30/12/2010, 02:53 | Par Axel J

On n'a pas le droit de dire qu'on imagine les Îles Spitzberg peuplées uniquement de quelques scientifiques Norvégiens.

 

L'Islande? La Papouasie-Nouvelle-Guinée? C'est pareil, puisque nous sommes tous égaux et que les frontières devraient être abolies.

 

Tel médiami fait un petit séjour touristique à Londres, pour retrouver ses impressions de jeunesse, hélas, son Londres a disparu, et il se demande s'il ne s'est pas trompé d'avion pour un vol vers Islamabad, lire ici:

Avez vous quelque chose à déclarer ?

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