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Mariage : quand les libéraux prônent le protectionnisme...

    C’est une étrange affaire que celle de la GPA, la Gestation pour autrui, surgie avec passion dans le débat sur le droit au mariage des
personnes homosexuelles. Etrange parce que la circulaire de Christiane Taubira est un effet de la mondialisation mais qu’elle conduit les
mondialistes à ne pas tenir compte du monde.
   Prenons dans l’ordre.
   Officiellement la question du mariage entre personnes du même sexe, ou de son équivalent, ne choque personne, et pas même les manifestants qui combattent le projet de loi. Le blocage viendrait de la filiation. De l’adoption, des perspectives de procréation médicalement assistées, et enfin de cette GPA.
   Or la question de l’adoption est à peu près symbolique. Il n’y a quasiment pas d’enfants adoptables en France, et l’adoption par des
couples d’hommes, ou de femmes, dépend donc de la loi des pays où les adoptions sont possibles.
   En ce qui concerne la procréation médicalement assistée : l’idée serait de l’autoriser aux femmes homosexuelles en France, mais comme elle se pratique ailleurs la question n’est pas de l’admettre ou pas, mais d’accorder aux enfants de ces personnes les mêmes droits qu’aux autres enfants.
   Et comme ce droit potentiel ouvert aux couples de femmes déboucherait sur une revendication des couples d’hommes, et que pour ces couples
d’hommes la seule possibilité serait celle d’une mère porteuse, on en arrive, mécaniquement, à la question de la GPA. Mais là encore, cette GPA étant autorisée ailleurs, dans une quinzaine de pays, et les enfants conçus de cette manière n’étant pas des hypothèses mais des enfants réels, le dilemme est de savoir s’il faut les reconnaître, ou en faire des êtres à part sur le plan juridique.
   Il n’est pas question ici de nier l’immensité des problèmes posés par cette GPA, et notamment la marchandisation du corps des femmes, ou la question du droit aux origines pour les enfants, mais de constater que la réflexion ne peut pas se développer à l’abri des frontières
nationales.
   Il y a bel et bien un effet mondialisation dans cette affaire de filiation, et il n’est pas indifférent de constater que cette
mondialisation est niée par ceux-là mêmes qui la mettent en avant quand il s’agit d’économie.
   Combien de fois le discours libéral a-t-il justifié la fin d’un certain nombre de protections pour les familles, sur le contrat de
travail, sur le salaire, sur la flexibilité, parce que le monde est ce qu’il est, et qu’il faut s’y adapter.
   Et combien de libéraux montent ces jours-ci à la tribune pour faire comme si la France était une île, et comme si l’institution la plus fondamentale du pays, la famille, pouvait s’abriter derrière des frontières hermétiques.

    France Culture : 7h36 ; France Musique : 8h07 ; Twitter : @huberthuertas

   

 

 

Tous les commentaires

01/02/2013, 16:16 | Par Agnès GOUINGUENET

@HUBERT HUERTAS.

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Bonjour.

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Ce n'est pas parce que l'IVG peut être effectuée légalement, dans certains pays européens, après 24 semaines (6 mois !) d'aménorrhée et en dehors de tout risque de malformation grave pour le foetus, voire de létalité foeto-maternelle, que la France doit suivre cet exemple. C'est tout l'intérêt du Droit d'une nation souveraine.

http://www.svss-uspda.ch/fr/facts/europe.htm

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En cas de GPA (je n'y suis pas personnellement favorable, tant pour les homos que pour les hétéros, mais ce n'est que mon avis), il y a, comme vous le dites très justement, enfant réel.

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Evitons-lui une "double peine" (après son abandon physiologique programmé, ce qui n'est pas le cas dans la PMA), en lui ouvrant les bras de notre France républicaine.

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Sourire

01/02/2013, 17:04 | Par Hubert Huertas en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 01/02/2013 à 16:16

Intégralement d'accord avec vous. Je n'aime pas à titre personnel cette GPA. Et je suis d'accord avec le principe d'un minimum de nation souveraine. Je ne suis pas très libéral, en quelque sorte

01/02/2013, 17:20 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Hubert Huertas le 01/02/2013 à 17:04

@HUBERT HUERTAS.

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Quand l'à venir d'un enfant non-encore conçu biologiquement est en jeu, cela mérite réflexion +++.

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De ce fait, un "humanisme libertaire" teinté de tempérance paraît de bon aloi.

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Sourire

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