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Déc

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Conseil constitutionnel : les ex à la réforme, et Hollande à la comm

      En annonçant qu’il sera, un jour, le premier ancien président de la république à ne pas siéger au Conseil constitutionnel, François Hollande fait coup double. Premièrement il se pose en vertueux, et gênera ses prédécesseurs qui profitaient en douce d’une vieillerie de la République. Deuxièmement cette réforme va faire parler tout de suite, et ces débats immédiats, autour d’un projet déjà annoncé par le rapport Jospin, mais qu’on étudiera plus tard, occuperont l’espace médiatique pendant quelques temps, ce qui confirme un nouveau style de communication.

       Donc les anciens présidents ne siègeront plus Rue Montpensier, ce qui mettra fin à une tradition voulue par Charles de Gaulle en 1958, mais aujourd’hui complètement dépassée. A l’époque le fondateur de la Cinquième République envoyait au musée les Présidents à l’ancienne, et, pour ne pas les humilier, leur accordait une retraite au sens propre. Sonnante et trébuchante par la rétribution, et surtout retirée des affaires. Un rond de serviette qui ne mange pas de pain. A l’époque le Conseil Constitutionnel ne pesait à peu près rien.

       Il se trouve que les temps ont changé. Le Conseil constitutionnel est devenu considérable, et tend vers la cour suprême. Avec l’allongement de la vie, avec le raccourcissement du mandat présidentiel, la présence de plus en plus nombreuse des anciens présidents est devenue bizarre sur le fond et sur la forme. Neuf sages et trois ex-locataires de l’Elysée, ça commençait à faire beaucoup, sans parler du mélange des genres, Nicolas Sarkozy va ainsi saisir le Conseil dont il fait partie pour examiner ses comptes de campagne 2012 !

       Donc François Hollande a décidé que lui-même et ses successeurs ne siègeront plus, mais permis à ceux qui s’y trouvent d’y rester tant qu’ils le voudront. C’est une manière de ne pas avoir l’air de régler des comptes. C’est aussi une façon de mettre la pression sur eux. De quoi auront l’air ces anciens Chefs de l’Etat en s’accrochant à leur lot de consolation, quand le congrès l’aura rangé au rayon des survivances préhistoriques.

       Cette mesure fera partie d’une réforme constitutionnelle plus globale qui concernera aussi le statut pénal du chef de l’état ou l’indépendance de la Justice.

       En profitant des vœux de janvier pour annoncer des réformes qui seront discutées à l’entrée de l’été, François Hollande confirme ainsi un changement de cap dans sa communication. Il occupe désormais les agendas. Il donne des thèmes aux débats sans fin des télés et des radios d’information en continue qui sont désormais des vecteurs essentiels d’opinion.

       Il reprend à sa manière un principe théorisé par son prédécesseur. Ce principe recommande grosso modo de donner du grain à moudre aux medias pour éviter d’être moulu soi-même.

       France Culture 7h36 ; France Musique 8h07 ; Twitter : @huberthuertas

      

 

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