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Le jeune américain aime le socialisme
Socialiste ? Le mot fâche aux Etats-Unis. Mais si une majorité d'Américains continuent de percevoir le socialisme négativement, le terme est vu de manière positive par une majorité des 18-29 ans. C'est une première.
Selon l'enquête annuelle du Pew Research Center sur la rhétorique politique publiée le 28 décembre dernier, 49% des jeunes américains ont une perception positive du socialisme, contre 43% de vues négatives. La même étude nous apprend que 60% des Américains continuent de se méfier ou de rejeter ce terme.
L'évolution chez les jeunes est aussi nouvelle qu'inattendue. En 2010, la même étude arrivait à des résultats exactement inverses : 49% de vues négatives contre 43% positives. Quant au capitalisme, l'étude 2011 de ce centre de recherche réputé nous apprend que 47% des jeunes n'apprécient pas ce terme et 46% le voient positivement.
Bref, les jeunes américains sont divisés. Plus encore que le reste de la population. De ces divisions naîtrait une nouvelle sensibilité de gauche ? Impossible à dire. L'enquête du Pew Center prétend seulement mesurer la réaction d'Américains face à certains mots. Elle ne nous dit pas à quelle définition du socialisme ni à quelles idées se réfèrent ces jeunes « voyant le terme positivement », si l'on parle de social-démocratie ou de courants plus radicaux.
Toujours est-il que l'année 2011 eut une saveur particulière, celle du mouvement Occupy. L'année fut riche en manifestations et pauvre en création d'emplois. En 2011, les médias américains ont accru leur couverture des inégalités sociales et économiques, l'usage du mot « inégalité » a augmenté, comme le constate cet article du Huffington Post. Le pays apparaît bel et bien divisé et les lignes idéologiques bougent. Dans quel(s) sens ? Mediapart poursuit l'enquête :-).
Pour brouiller un peu plus les pistes, notons que dans cette étude, parmi les Américains se reconnaissant dans le mouvement Occupy, le terme « capitalisme » est perçu également de manière positive et de manière négative. Le mot ne fait pas l'objet d'un rejet comme on pourrait le croire.

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Tous les commentaires
Comme souvent dans les études d'opinion, on ne sait pas ce qui est mesuré, à quelles représentations est rattaché le mot socialisme, et quelle est degré d'homogénéité et d'hétérogénéitée ( voire d'hétéronomie) de ces représentations. On pourrait sans doute dire la même chose du mot capitalisme.
Il y a là du grain à moudre pour les sociologues et des problématiques à documenter pour les journalistes dignes de ce nom.
Je partage tout à fait l'opinnion de Bernard Paugam, à laquelle il conviendrait d'ajouter une obligation faite au sondeurs de publier les questions posées et leurs séquences. A noter que souvent effectuées dans l'urgence au téléphone, elles distordent les réponses. Ces biais sont rarement analysées sauf par les chercheurs. Il y a donc pas mal de travail à faire pour voir plus clair quant à l'opinion des jeunes américains vis à vis du mot "socialisme".
Encore un siècle ou deux, si la planète nous en laisse le loisir, et nous, pardon nos descendants s'ils en restent, verront le début du changement...la disparition du capitalisme prédateur qui enrichit les déjà riches et appauvrit les autres, tous les autres...
Je n'ai jamais compris que les journalistes ou politiciens américains s'arrêtent aux mots sans jamais les expliquer ou en donner leur interprétation.
Je n'ai jamais compris que les journalistes ou politiciens américains s'arrêtent aux mots sans jamais les expliquer ou en donner leur interprétation.
Aux États-Unis, la moindre marque de solidarité impliquant l'État, fédéral ou non, mais surtout fédéral, la moindre mesure en faveur des plus démunis, la moindre chose qui ressemble, même de loin, à de la justice fiscale, à de la "redistribution de revenu", à de la jutice sociale est qualifiée de socialisme, quand ce n'est pas carrément de communisme, de marxisme, de bolchévisme…
Il est très possible que ces jeunes Américains aient une notion plus positive du mot socialisme simplement parce que ces dernières années, on leur a répété sans cesse qu'une assurance santé universelle c'était du socialisme, que les allocations chômage ou vieillesse c'était du socialisme, que Barack Obama était un socialiste, un communiste, que la France, la Royaume-Uni, le Canada étaient des pays socialistes, et autres âneries du même acabit, et qu'ils voient maintenant que le prétendu socialisme ce n'est pas si terrible, et qu'il n'y a pas de révolutionnaires au couteau entre les dents derrière ce mot.
De la même façon, de quel capitalisme parle-t-on lorsqu'on parle de fin du capitalisme. de quel libéralisme parle-t-on quand on dénonce (à juste titre ) les méfaits du libéralisme. A ma connaissance, même M. Mélanchon ne veut pas interdire la constitution de sociétéspar actions ni supprimer la concurrence et créer des monopoles publics dans la fabrication du liquide-vaiselle.
Il y a bien une dérive actuelle du capitalisme vers l'oligarchie et l'atteinte à la démocratie. Cette dérive doit être combattue vigoureusement, au besoin par des mesures étatiques très fortes mais cela ne va pas mettre un terme à l'actitivité des entreprises privées et l'économie de marché.