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Elections Européennes de 1999 : Daniel Cohn-Bendit et les écolos à l'usine de retraitement des déchets nucléaires de la Hague

le 19 janvier 1999, en visite pré-électorale à l'usine de retraitement des déchets nucléaires de la Hague, Daniel Cohn-Bendit, le chef de file des Verts aux élections européennes a été violemment pris à partie par les syndicalistes (poussés par la direction de l’Usine) de la Cogéma, qui lui reprochaient ses prises de position contre le nucléaire et son opposition à l’envoi du MOX au Japon !

Tous les commentaires

15/03/2011, 20:40 | Par Ivan Villa

Daniel Cohn-Bendit : on peut gagner un référendum sur la sortie du nucléaire
INTERVIEW de Daniel Cohn-Bendit à Liberation. http://www.liberation.fr
15.03.2011
Eurodéputé Europe Ecologie-les Verts, Daniel Cohn-Bendit plaide pour un référendum en France sur la sortie du nucléaire.
Etes-vous surpris par la vivacité du débat en Europe et en France sur le nucléaire ?
Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé, Europe écologie-les Verts : Le Premier ministre a parlé d’indécence à propos de la montée au créneau des écologistes français sur le sujet. Moi, je dis que c’est opportun au contraire ! La preuve, tous les médias du monde posent la question du nucléaire, même au Japon ! C’est évident que le drame nippon remet en question beaucoup de choses qu’on croyait connaître sur l’atome. En Allemagne, Angela Merkel vient d’ailleurs d’annoncer un moratoire de trois mois sur le prolongement de la durée de vie des centrales, car elle a des élections bientôt et c’est la débandade ! Les citoyens se disent : pourquoi prendre tant de risques ? Car le risque zéro n’existe pas, même avec les technologies les plus sophistiquées. Peut-on léguer aux générations futures cette incertitude ? Ne vaut-il pas mieux lancer dès aujourd’hui la sortie du nucléaire ?
OK, mais comment fait-on dans un pays comme la France, dont l’électricité provient à 80% du nucléaire ?
Au Japon, 30% de l’électricité provient du nucléaire. Croyez-vous que quelqu’un, aujourd’hui, pourrait prendre la responsabilité de continuer à construire des centrales dans une zone sismique ? Clairement non. Il faut trouver des alternatives, et quand il n’y a pas le choix on en trouve. Il y a dix ans, quand l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire, les énergies renouvelables étaient à 1%. L’industrie nucléaire disait alors : « Si vous êtes bon, vous arriverez dans dix ans à 4%. » On est à 20% ! La décision de sortir du nucléaire implique une dynamique énergétique telle que ça change la donne. L’Allemagne, qui est en tête de la production d’énergies renouvelables, va prendre le chemin de la relance économique par la décroissance nucléaire. Si demain il y avait un problème nucléaire majeur en France - ce que je ne souhaite pas -, on déciderait tout de suite de sortir ! Les humains ne peuvent pas maîtriser la nature, mais ils peuvent maîtriser le problème de l’énergie.
Le gouvernement dit avoir dépassé les objectifs du Grenelle en matière de renouvelables…
Mais le Grenelle n’est pas la Bible ! Il faut développer les énergies alternatives pour avoir de moins en moins besoin du nucléaire, c’est tout ! Et on pourra fermer Fessenheim [Haut-Rhin, ndlr], la plus vieille centrale française !
Vous êtes favorable à un référendum sur la sortie du nucléaire ?
Qu’est-ce que ça veut dire sortir du nucléaire en France ? C’est décider de ne pas renouveler le parc nucléaire et de ne pas prolonger les centrales. C’est là-dessus que moi et d’autres on demande un référendum. Nicolas [Hulot] l’a demandé, Eva [Joly] l’a demandé… Certains, à Europe Ecologie-les Verts, sont sceptiques, car ils disent : « Un référendum, on peut le perdre. » Ils veulent un accord avec les socialistes. Mais là, je ne vois pas le PS sortir du nucléaire. La campagne présidentielle peut servir de référendum aussi. Mais uniquement si le candidat Sarkozy dit : « Il faut continuer le nucléaire. » Et le candidat socialiste : « Il faut sortir. » Le problème, c’est que les élites politiques, aujourd’hui, sont pour le nucléaire. Il faut arriver à débloquer cette situation . Ayant connu ce qui s’est passé en Allemagne et au vu de la situation au Japon, je suis persuadé qu’on peut gagner un référendum sur la sortie du nucléaire. Si les scientifiques - de plus en plus sceptiques sur le sujet - se mobilisent, on a une chance réelle. En revanche, ce n’est pas en faisant gagner Sarkozy qu’on sortira du nucléaire ! Par ailleurs, il va y avoir bientôt un référendum en Italie. Il faut que les antinucléaires gagnent. Remettre des centrales dans un pays où les risques sont tels, c’est de la folie ! Je ne parle même pas du risque terroriste, partout en Europe…
Les industriels français assurent que l’EPR (réacteur de troisième génération) peut résister à une telle attaque…
Moi, désolé, je préfère ne pas essayer ! Ce qu’ils ne peuvent pas prévoir, ce sont les problèmes qu’ils auront en plus ce jour-là ! Les techniciens japonais avaient dit que leurs centrales résistaient à tous les séismes ! Ils n’avaient pas prévu le tsunami en plus ! Le risque majeur, c’est l’accumulation de risques.

15/03/2011, 20:47 | Par Ivan Villa

Hé oui ! le MOX est le combustible utilisé dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima et c’est un matériau particulièrement toxique… de là les très grandes inquiétudes japonaises.

15/03/2011, 20:55 | Par peneloppe

Pour un écolo, je trouve que le logo du blog fait un peu kitsch, genre paradis virtuel, non?

15/03/2011, 21:16 | Par Ivan Villa en réponse au commentaire de peneloppe le 15/03/2011 à 20:55

Dans la mesure ou ce n'est pas le bidet du comic' Royal, y'a pas de soucis!

15/03/2011, 21:24 | Par peneloppe en réponse au commentaire de Ivan Villa le 15/03/2011 à 21:16

Il faudrait prouver cette assertion, sans quoi, on restera dans le virtuel!

15/03/2011, 23:16 | Par Ivan Villa

Demain, au vu de la castastrophe nucléaire au Japon, l'autocensure du pouvoir, les risques à CT, MT et LT, n'hésitez pas à regarder ce documentaire sur ARTE : http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Catastrophe-nucleaire/3771746.html

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16/03/2011, 10:25 | Par Ivan Villa

Indécent
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Que dire face à la catastrophe nucléaire qui frappe le Japon, après que les tremblements de terre et le tsunami ont ravagé le Nord-Est du pays ? Que dire ? Que nous avions raison ? Ce serait « indécent » (1) ? Sans doute par respect aux victimes, ne pas dire trop fort, trop tôt…
Mais quand même. Que d’années, de jours, de soirées avons-nous passés à informer, alerter, débattre, argumenter, à réclamer en vain de vraies discussions sur les choix énergétiques de la France (et d’ailleurs) ! Mais rien, sinon le déni et le mépris. Et surtout des torrents de frics en jeu, et l’emploi, et la balance commerciale pour une technologie potentiellement juteuse… Et de belles campagnes de pub pour Areva à la télé, et de beaux panneaux publicitaires désormais lumineux et mobiles pour consommer toujours plus d’électricité et nous niquer davantage le cerveau …
Que le nucléaire soit tellement dangereux, qu’il induit une société fliquée, fichée, une société du secret et de l’information ? « Mais vous voudriez revenir à la bougie ? » La belle réponse…
Que personne ne sache quoi faire des déchets radioactifs qui s’accumulent ? « Mais nous trouverons bien un jour une solution… »
Ceux qui répondent de telles inepties sont de la même veine que ceux qui ont décidé un jour de construire des centrales au Japon, sur des terres hautement sujettes aux pires tremblements de terre et à leurs conséquences. Ceux qui nous riaient au nez jusque-là. Ceux qui nous disaient que la centrale du Blayais ne risquait rien, juste avant qu’elle soit inondée lors de la tempête de 1999 et mette en alerte maximale – dans le secret révélé bien après – tous les responsables territoriaux de la région alentour. Ceux qui ont joué nos peaux avec la centrale de Tricastin, dans la vallée du Rhône, il y a trois ans. Qui passent sous silence la découverte l’an dernier par EDF d’anomalies de série compromettant la sûreté sur 19 réacteurs (2). Ceux qui attendent la suivante en préparant ce qu’ils appellent désormais « les éléments de langage », en réalité les prochains mensonges pour continuer à aller de l’avant tant que les profits s’accumulent. Ceux qui ne veulent pas d’éoliennes, qui sont tellement contents d’eux qu’ils imposent déjà les constructions de nouvelles générations de réacteurs nucléaires, EPR et consorts !
Que dire ? Qu’heureusement, des solutions existent, même s’il faudra quelques années pour y arriver.
Que le nucléaire est tellement récent et tellement minoritaire dans l’histoire et la production d’énergie dans le monde, qu’il est loin d’être une fatalité. Dans dix ans, conséquence d’une loi votée grâce aux Verts en 1999, la dernière centrale nucléaire allemande cessera de produire.
Que la réduction des consommations d’énergie, les économies considérables à réaliser et les formidables potentiels – déjà réalités – des énergies renouvelables, toutes déclinaisons de l’énergie solaire (soleil, vent, biomasse…), sont les voies à prendre. Rien que le soleil produit directement plus de vingt fois les besoins totaux en énergie du monde. Plutôt que d’affecter comme la France 99% des crédits de recherche en énergie sur le nucléaire, imaginez tous les progrès (oui, oui, le progrès est là !) que nous pourrions rapidement faire pour des sources d’énergie variées, naturelles, autonomes, décentralisées, indélocalisables, et quasiment inoffensives !
Alors, vite : sortons du nucléaire ! Le contraire serait indécent. Et surtout criminel.
(1) Par solidarité avec les Japonais qui souffrent, il est donc « indécent » de soulever la question nucléaire. L’argument, d’abord émis par NKM et Besson, était repris au vol par Allègre hier soir sur France 2, et par Royal, au même moment, dans un meeting.
(2) http://groupes.sortirdunucleaire.org/blogs/inquietante-anomalie-de-serie-sur/

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