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Détention des Pussy Riot prolongée : la Russie retourne-t-elle au Moyen Âge ?

Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoussevitch en détention provisoire depuis presque 3 mois.

Communiqué de presse de l’association Russie-Libertés

Détention des Pussy Riot prolongée : la Russie retourne-t-elle au Moyen Âge ?

Le tribunal de Moscou a ordonné vendredi 20 juillet le maintien en détention jusqu’à janvier 2013 des trois militantes du groupe Pussy Riot. En détention provisoire depuis près de cinq mois, elles risquent jusqu’à sept ans de prison pour « houliganisme ».

Le 21 février dernier, des femmes vêtues de cagoules de couleurs se sont rendues dans la plus grande cathédrale de Russie. Elles y ont pratiqué une danse qui a été filmée. Au montage, elles ont ajouté les paroles d’une chanson demandant à La Sainte Vierge de les délivrer de Poutine. Aucune dégradation du lieu de culte n’a été constatée et aucune insulte envers l’Église ou les croyants n’a été entendue. Pourtant, immédiatement, une enquête criminelle a été ouverte et trois jeunes femmes ont été arrêtées et jetées en prison.

 

La Russie est un pays laïque qui doit, selon la loi, pratiquer une stricte séparation entre l’Église et l’État. Pourtant, depuis le début de la procédure, le tribunal se réfère à la morale religieuse la plus stricte, en qualifiant de “sacrilège” l’acte commis par les trois jeunes femmes, qui auraient soit-disant “insulté” et “infligé de profondes blessures morales aux chrétiens orthodoxes” et “saboté les valeurs spirituelles du pays”. Au-delà de leur caractère abusif, ces accusations n’ont aucune valeur légale en Russie et sont même contraires à la Constitution russe.

Également, l’accusation ne cesse d’émettre des hypothèses de plus en plus absurdes et fantaisistes. Selon eux, l’action de Pussy Riot relève d’une « conspiration internationale». L’avocat de l’accusation, Mikhail Kuznetsov, a même déclaré que :  « la prière punk de Pussy Riot peut être lié avec les attentats terroristes du 11 septembre ». Il a également indiqué que  : « la représentation des jeunes fille a été organisé par « un groupe satanique » (source : http://lenta.ru/news/2012/07/20/riot/ ).

L’association Russie-Libertés condamne ce retour aux pratiques et propos moyenâgeux ! Nous dénonçons une justice utilisée comme arme politique par le régime russe pour réprimer toute forme, même pacifique, de contestation et exigeons la libération immédiate de Pussy Riot.

Russie-Libertés

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21/07/2012, 17:59 | Par Ivan Villa

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