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Bébés et eau de boudin : une histoire de déni climatique

Un récent débat entre lecteurs de Mediapart - en réaction à l'article Historique ! La banquise du Pôle Nord est cernée d'eau libre- a soulevé de façon exemplaire l'une des plus intrigantes questions posées par la vulgarisation des enjeux climatiques. Celle de la perception par chacun, dans son quotidien, des menaces pesant sur l'écosystème. D'un côté, Pol et Oliv92 se désespèrent de l'écart entre l'accumulation de données scientifiques documentant la nécessité non négociable de réduire les émissions de gaz à effet de serre. De l'autre, Michel Zim leur répond que la beauté de la Terre lui donne confiance en l'avenir, et que le catastrophisme sonne à ses oreilles comme un catéchisme morbide et dominateur.

 

Dans son post, Pol rapporte une discussion tenue avec le climatologue Hervé Le Treut il y a quelques années : «J'ai personnellement rencontré Le Treut. Je lui ai demandé il y a quelques années, si la catastrophe en cours allait faire prendre conscience aux citoyens. il m'a répondu: qu'est-ce que vous appelez une catastrophe? Un phénomène comme le SIDA qui touche 40 millions de personnes? J'ai dit oui. Il m'a demandé, est-ce que vous croyez que le nombre de personnes touchées mobilisent vraiment? J'ai répondu non! Je lui ai demandé, est-ce que le dérèglement climatique aura des conséquences plus grave que le SIDA; Il m'a répondu évidemment oui, beaucoup beaucoup plus grave. Le problème c'est que la vie humaine est courte et que le dérèglement climatique se joue sur une échelle bien plus grande, cela a commencé en même temps que la révolution industrielle. L'accélération de ce dérèglement existe depuis peu».

 

 

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L'échelle de temps du changement climatique et sa mobilité géographique le rendent-ils invisible ? Sommes-nous comme ce personnage de la photo truquée du 11 septembre, mettant en scène un faux touriste se faisant photographier du haut des Twin towers sans voir qu'un avion s'apprête à éventrer la tour en haut de laquelle il se tient ? Alors que le négationnisme est un comportement bien identifié et combattu par les historiens, faut-il s'inquiéter de la propension de nos contemporains à plonger dans le déni climatique ? Car de déclarations à l'emporte-pièce de Claude Allègre aux déclarations tonitruantes de la candidate républicaine à la vice-présidence Sarah Palin, il y a comme un écran de verre qui s'épaissit entre d'un côté savants et militants tenaillés par l'urgence d'une réduction de la pollution, et de l'autre, un grand public un peu trop long à la détente.

 

Cela m'amène à la publication que je voulais signaler à votre attention : un long article (intitulé «en eau de boudin ?») paru dans le quotidien espagnol El Pais (du vendredi 12 septembre) s'alarmant du désert politique qui accompagne la fermeture de la grande exposition de l'eau à Saragosse. Visite précipitée du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, refus de sa part de faire lire les recommandations des Ongs et chercheurs de l'expo en ouverture de la nouvelle session de l'Onu, indifférence générale de la classe politique. Et comble de l'ironie de l'histoire : cette interminable queue de visiteurs devant les distributeurs d'eau en bouteille... Comme un «mauvais présage» souligne le journal, qui se demande : «quand les citoyens de notre pays voient arriver des Africains sur des barques, ne devraient-ils pas se dire que ces gens viennent chez nous parce qu'ils n'ont pas accès à l'eau potable ?».

 

C'est là que le déni écologique prend tout son sens égoïste, europeo-centré, et irrationnel : car quoi de plus apte, en toute logique, à alerter les esprits que la recrudescence de ces voyages de migrants au péril de leur vie ? D'autres maux que le manque d'eau peuvent, à l'évidence, les chasser de leur pays d'origine. Mais qui pense à faire le rapport entre pénurie d'eau et migrations contraintes ? Selon el Pais, plus d'1,1milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau potable. Chaque jour, entre 10 000 et 20 000 personnes meurent de diarrhées, causées par la déshydratation. Chaque année, ce ne sont pas moins de 40 milliards d'heures qui sont passées à aller chercher de l'eau par tous ceux dont la demeure est sans eau. La plupart du temps, ce sont des enfants, parfois très jeunes, et des femmes qui sont chargées de cette tâche.

 

Le réchauffement climatique va mécaniquement accentuer sécheresses, affaiblissement des cours d'eau et pénurie aquatique. Pendant ce temps, réunis en convention pour désigner leurs candidats à l'élection présidentielle, les républicains américains chantent à tue tête : «drill, baby drill» (fore bébé, fore !).

 

Tous les commentaires

Oui, merci. Je n'avais pas osé utiliser l'adjectif "égoïste" pour qualifier l'attitude de gens comme Michel Zim, mais c'est exactement ce dont il s'agit ! Évidemment pour un québécois qu'il fasse seulement -15 degrès en hiver au lieu des -30 habituels, cela ne va pas changer grand chose à sa vie. Mais faut il pour autant nier que le dérèglement climatique existe et qu'il a déjà eu des impacts dramatiques pour une large partie de la population mondiale? Nous ne le pensons pas.... Par exemple, la réduction des glaciers va tout simplement assécher certains fleuves pendant une partie de l'année... Le Gange par exemple, alimenté par les glaciers de l'Himalaya et qui irrigue les cultures de dizaines de millions d'Indiens... Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

Merci de votre réponse. Juste une précision : ce ne sont pas particulièrement les propos tenus par Miche Zim qui me semblent égoïstes. Sans prétendre parler à sa place, je trouve qu'ils révèlent plutôt un altruisme idéaliste et une philanthropie peut-être trop confiante en l'homme...

OK, désolé d'avoir mal récupéré vos propos. Je ne vois pas tellement d'altruisme ni de philantropie... comme quoi....Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

Bonjour Olivier, Je passe facilement par dessus le fait que vous me traitiez d'égoïste ( je vous encourage fortement à lire TOUT ce que j'ai pu écrire n'importe où sur internet, je vous défie de trouver UN SEUL mot ou UNE SEULE phrase qui fasse de moi un être égoïste ). Pour ce qui est de la température qu'il fait au Québec en hiver, sachez que là vous faites preuve de démagogie et surtout d'ignorance. En effet notre hiver est long et magnifique, difficile parfois certes, mais, croyez-moi et allez vérifier dans les sites scientifiques de Météo Canada, les hivers, tous les hivers sont très froid. TOUS les ans, TOUS les hivers, par période variables, nous avons de nuit et de jour des températures descendant régulièrement en dessous de -30 , - 35 degré centigrades, pas un seul québecois vous dira alors qu'il a l'impression que la terre se réchauffe, car tous les hivers, il fait toujours froid et toujours très froid. Ensuite, sachez que les températures du jour, du matin ,du soir et de la nuit fluctuent en hivers un peu au dessus de zéro et un peu ou beaucoup en dessous de zéro. Quand il fait très froid ici, je sais aussi que vous, en Europe vous aurez du temps froid quelque jours plus tard, une grande partie de ma famille vit en France, je pense autant à eux qu'à toute la population de la France riche ou pauvre, gauche ou droite..............alors votre terme de '' égoiste '' vous pouvez le garder et l'utiliser dans d'autres phrases qui ne me concerneront pas. Je vous en remercie à l'avance. Je suis, d'autre part suffissament intelligent ( et poli ) pour ne pas tenir des propos qui ne tiendraient compte que de mon tout petit coin de pays, ( et je ne soutiendrait pas alors les efforts de Médaipart ) je sais très bien comment sont les saisons ailleurs sur terre, moi aussi je vois ce que nous montre en gros plan la télévision tous les jours, vous avez les mêmes images. Pour le reste de vos propos, il est un bel exemple de '' DÉMAGOGIE FAUSSEMENT SCIENTIQUE '' pas de chiffres, pas de sources. Une cause, un effet, et en ligne droite pas d'autres composantes, une addition d'école primaire. Un autre chose m'amuse beaucoup dans les réponses données par les tenants du réchauffement, vous vous reprennez et vous vous contredisez les uns et les autres. Chacun étant heureux de posséder ( et de dire ) mieux que l'autre, le vrai chiffre, la bonne source, les bonnes conséquences de tel ou de tel phénomène, en précisant un enchaînement plus compliqué qui sera enregistré dans la mémoire de chacun et repris lors de la prochaine discussion. Je suis frappé de voir à quel point les gens répètent ( je n'ose pas dire bêtement ) mot pour mot, les titres de journeaux papiers et télévisés, sans pouvoir donner suite par une série d'arguments éventuelles dans une discussion qui devient vite trop longue. Un petit merci, ici, à Jade Lindgaard, prudente et diplomate, qui éloigne de moi ce terme d'égoïste, j'ajoute simplement qu'il est plus prudent comme être humain d'avoir confiance en sa propre nature, qu'en un Dieu quelconque et pas plus d'ailleurs qu'en un système qui exploitent tout ce qui bouge. L'altruiste idéaliste ( étrange que cela soit un défault ) et philantrope vous souhaite, à tous deux et à tous les lecteurs de Médiapart, non seulement une belle journée mais aussi une vie heureuse. Que puis-je faire d'autre avec autant de distance avec la belle France ? ( au moins ne me dites pas que la France est moche, 75 millions de touristes ne peuvent avoir tord.) Michel Zim P.S. Je sais qu'en France, il est rare de trouver des gens qui oseront signer des articles du même genre que le mien ( par peur peut être....) il est plus facile et toujours plus valorisant d'être contre tout et n'importe quoi que d'affirmer une prise de position qui se fera avec un raisonnement. Les chiffres sont toujours plus faciles à manipuler, car, comme à la télé, avec les quatres opérations, on arrive toujours au résultat recherché.

L'un des meilleurs articles que j'ai pu lire sur ce thème. Ce déni de réalité dont vous parlez vient sans doute du fait que nous tenons à notre vie douillette qui agi comme un filtre face à l'accumulation des signes allant plutôt dans le même sens. Il y a aussi la croyance selon laquelle, finalement, "le progrès technique et scientifique" contribuera à résoudre les problèmes qu'il a contribué à créer. Enfin, il y a un mécanisme psychologique, lié aux précédentes causes, celui de la dissonance cognitive.

Depuis deux siècles nous avons travaillé à mettre des objets entre nous et la nature. Beaucoup de contraintes de base de la vie ont été automatisées, taylorisées, cachées derrière les panneaux publicitaires. Depuis le robot Moulinox qui, selon le slogan, "libère la femme" dans les années 1950, on a oublié les marocains sans-papier qui cueillent le oranges dans le Sud, les Sud-Africains qui travaillent dans les mines pour fournir le métal et l'uranium nécessaires, les guerres d'approvisionnement en pétrole pour fournir le plastique et pour acheminer le robot ménager depuis pays-ateliers, où la police aide les employeurs à tenir au pas les employés à 1€/jour. Tout ce qu'on voit, c'est une famille heureuse qui partage, avec le sourire, un jus d'orange fraichement pressé avec le robot Moulinox. Il ne s'agit pas de prendre conscience des malheurs du monde. Tout le monde en a conscience, mais d'arrêter d'être les victimes complices du mensonge. Il faut admettre de renoncer à ce qui nous sépare de la nature et des autres. Il y a certes un minimum d'énergie que chaque être humain consomme de manière irréductible. Mais il y a tellement d'éléments de confort inutiles et énergivores qu'on consomme pour épargner une minuscule fatigue (l'ascenseur pour monter deux étages) ou parce que tout le monde le fait, qu'on est loin au-delà. D'ailleurs je vais éteindre mon pc...

Bonjour Tchavolo, BRAVO BRAVO BRAVO Michel Zim

" Aujourd' hui, on ne croit pas ce que l' on sait", cette citation provient d' un livre de Jean-Pierre Dupuis intitulé Pour un catastrophisme éclairé où il tente de comprendre ce que vous qualifiez de déni sur la question climatique. (Merci pour votre billet).

Sur le sujet, il est conseillé de lire également l’enquête du journaliste britannique Mark Lynas, publiée aux éditions « Au Diable Vauvert » ( 2005) sous le titre « MAREE MONTANTE » ; ce livre illustre de façon concrète les conséquences du réchauffement climatique. à partir des scènes de la vie quotidienne en Chine, en Alaska, dans le Pacifique ou au Pérou et permet de mesurer la catastrophe engendrée par les émissions de gaz à effet de serre. Entre autres cris d'alarme, un saisissant dossier richement illustré sur la quasi-disparition d'un glacier dans la Cordillière Blanche du Pérou, lourde de conséquences pour la capitale Lima. Resized.php?File=AL20_LYNAS_Maree_Montan

Merci de votre billet, j'ai peur que le déni du dérèglement climatique ne soit pas une seule question d'égoïsme. L’atmosphère se réchauffe, la banquise fond, le niveau de la mer monte, les courants marins se dérèglent, les déserts s’étendent, les vents s’intensifient, les climats se transforment, des espèces disparaissent à un rythme jamais advenu de mémoire d’espèces (30% des espèces en 30 ans), la biodiversité se réduit à un train d’enfer, et les ressources naturelles diminuent comme peau de chagrin… Il aura fallu 250 à 300 millions d'années pour que les forêts enfouies dans les profondeurs du sol se transforment en charbon. Il aura fallu un milliard d'années pour que le pétrole existe. Il ne faudra que 200 à 250 ans pour que l’exploitation forcenée de l’homme vienne à bout de cette manne énergetique. La logique de croissance, l’idéologie productiviste, le marché auront permis la vidange de l’ensemble de ces ressources du passé. Nous fabriquons dans le même temps des déchets nucléaires qui dureront des millions d’années. En l’espace d’un souffle, à l’échelle de l’histoire géologique de la terre, l’espèce humaine, et son « élite occidentale », aura eu l’immense privilège d’avoir exploité toutes les ressources du passé et d’empêcher tout avenir… Jean-Pierre Dupuy, dans son ouvrage déjà cité, Petite métaphysique des tsunamis écrit : « L’humanisme orgueilleux qui donne au monde moderne son dynamisme inouï met en péril la continuation même de l’aventure humaine. Nous vivons désormais dans l’ombre portée de catastrophes futures qui, mises en système, provoqueront peut-être la disparition de l’espèce. Notre responsabilité est énorme, puisque nous sommes la seule cause de ce qui nous arrive. »1 « Il avait fallu près de 7 000 ans pour faire disparaître les énormes calottes glaciaires de la dernière ère froide. En moins d'un siècle, l'homme pourrait provoquer un changement climatique de même ampleur. Beaucoup trop vite pour que disparition et création d'espèces s'équilibrent. »2 Il n’est évidemment pas question de jouer les Philippulus – personnage du début de la bande dessinée d’Hergé, « l’Étoile Mystérieuse » qui disait : « Je suis Philippulus le Prophète et vous annonce que des jours de terreur vont venir. La fin du monde est proche. Tout le monde va périr. » « Le prophète de malheur n’est pas entendu parce que sa parole même si elle apporte un savoir ou une information, n’entre pas dans le système des croyances de ceux à qui elle s’adresse »3 1 Petite métaphysique des tsunamis de Jean-Pierre Dupuy édition du Seuil (mai 2005) page 9 ; Jean-Pierre Dupuy est professeur de philosophie sociale et politique à l’École polytechnique et à l’université de Stanford. 2 Libération, Sylvie BRIET le vendredi 09 janvier 2004 3 Petite métaphysique des tsunamis de Jean-Pierre Dupuy édition du Seuil (mai 2005) page 11 Pol

Bonjour Pol, '''''''..........Notre responsabilité est énorme, puisque nous sommes la seule cause de ce qui nous arrive. '''''''''' Cela est faux, pas plus d'ailleurs pour un individu que pour l'espèce humaine. Avons-nous droit à un peu de nuance ? Sommes nous les reponsables des cycles du soleil ? Est-ce notre faute, si la terre depuis les tous débuts de sa formation se refroidit ? Que pouvons-nous faire, nous les humains pour empêcher les saisons et leurs conséquences sur nous, ( tous pays confondus ) depuis des millénaires ( voir les récits de la bible, il n'y avait pas de nucléaire, ni de voitures à l'époque....) ?. '''''''''''..........Le prophète de malheur n’est pas entendu parce que sa parole même si elle apporte un savoir ou une information, n’entre pas dans le système des croyances de ceux à qui elle s’adresse''''''''''''''''''''' Le problème ici, est, voyez vous que de tout temps et de toute époque, les prophètes de malheur ont toujours existés, cela ne nous ( vous ) empèche pas de trouver qu'avant c'était le bon temps. Belle journée Pol, ( sans malices croyez-moi ) Michel Zim

Le dérèglement climatique est la partie visible de l'iceberg du dérèglement de l'humanité. Reste à savoir si un jour l'humanité a été "bien réglée", mais ceci est un autre débat. Mais ce qui ne peut pas faire l'objet d'un déni, c'est l'extraordinaire disparité qui existe sur cette terre: riche/ pauvre, eau/désert, paix/guerre, jeune/vieux, fertilité/stérilité, mort/vie... avec des points de concentration et d'accumulation insupportable. Que tout cela se dérègle à cette vitesse ahurissante est en effet inquiétant pour la survie de l'humanité. Mon seul espoir est que l'homme prenne conscience des dégats qu'il est en train de faire, et pour cela je ne vois qu'une chose: l'éducation. Ma fille de 14 m'a fait remarquer que le glacier qu'elle connait depuis toujours était de plus en plus petit... Ses souvenirs ont moins de 10 ans! C'est vrai que nous parlons souvent du dérèglement climatique, lors de nos ballades en vélo. Je lui explique aussi pourquoi je ne dépasse pas le 110 sur l'autoroute. Je lui ai dit aussi de ce que je pensais de l'invasion des américains de l'Irak. Je lui ai expliqué pourquoi j'allai mettre des panneaux solaires sur le toit de la maison quand elle m'a demandé pourquoi les russes avaient envahi la géorgie. L'actualité du dérèglement est quotidienne, il suffit d'attendre les questions de sa fille et lui donner de l'espoir qu'il y a forcément des façons de faire, accessibles à chacun, pour éviter la pire des catastrophes

Bonjour Nicolas, Il y a en vous l'espoir en la nature humaine. En mettant de côté la question du réchauffement, il va de soi, que nous aurions avantages à faire TOUT PLUS PROPREMENT, de manière plus économe, en ralentissant nous serons plus près du bonheur. Votre fille a de la chance de faire avec vous du vélo. Belle journée. Michel Zim P.S. Le comportement du gourvernement américain envers l'Irak est aussi moche que celui des russes en Géorgie.

Permettez que je glisse ici une petite question un peu "à côté", après avoir lu votre billet ici, puis l'article sur le pôle et les 2 fils de discussion : * n'y aurait-il pas dans la société un manque de questionnement sur le sens du mot "progrès" ? Ce mot qui exprime au départ une idée de marche en avant sans aucune connotation positive (sens neutre) a pris au siècle des Lumières un sens positif qui adjoint à l'idée de "marche en avant" une idée de "mieux", i.e. une marche en avant vers un état idéal à atteindre. Le progrès serait-il toujours lié à une idée de" mieux" par le "plus" ? Plus de consommation, faire les choses plus vite, posséder plus ...En un mot l'idée du "mieux être" serait-elle liée inexorablement à un désir de posséder plus ? serait-on automatiquement, et comme fatalement, dans : être ET avoir ? Petit exemple autour d'un "progrès" technologique : je suis frappée par l'argument que les gens me présentent sur l'avantage de posséder un tél. portable : c'est bien pratique, me dit-on (et cet argument paraît très juste). Si on examine cette affirmation, on peut se rendre compte très vite qu'elle évite de poser une autre question : comment se fait-il que les gens ne puissent pas imaginer être sans lien immédiat avec les autres ? comment se fait-il qu'on ne puisse différer un contact à un peu plus tard (en rentrant chez soi, au bureau, par ex.) ? ... On voit ici que l'argument du "pratique" est lié à celui du "plus rapide" (= être joint au plus vite par souci d'efficacité par ex.). Mais on pourrait questionner ce lien autrement : ex. par la montée de l'angoisse de la solitude (ne pas pouvoir "être joint", ne pas "joindre" dès que j'en ai envie) Bref, l'argument du confort, du "pratique", de l'efficace et du rapide, vient faite écran à des questions plus sourdes : dois-je toujours faire plus vite pour être heureux ? dois-je toujours être en lien, jamais seul ? l'idéal humain est-il du côté de l'efficacité en premier lieu ? ... Ce qui me trouble le plus, c'est que les avancées techniques permises par la science font que, en toute fatalité, le mieux être humain paraît lié à de l'avoir plus. Ce qui bien sûr fait la fortune des entreprises qui fabriquent ces "choses" (clin d'oeil à Pérec : Les choses) et qui organise la marche du monde. Je ne suis pas apôtre de la décroissance, ni l'inverse, je questionne seulement, car en bonne héritière de Voltaire, j'ai horreur de ce qu'on me présente comme une "fatalité". Tout peut se réfléchir. Merci à vous. Marielle Billy

Merci de votre billet. Si vous le voulez bien, je vous rejoins en tant que bon héritier de Voltaire et je pense comme vous que tout doit se réfléchir. Puisqu'effectivement, pour soit disant accompagner la réflexion (louable et nécessaire) sur les énergies renouvelables, nombre de sociétés privées proposent des solutions dont le bilan énergétique et écologique est pire que le "mal" que l'on veut soigner. Je pense en particulier aux bio carburants, pompes à chaleur, panneaux solaires voltaïques et autres produits isolants synthétiques qui ont besoin de quantité énorme d'énergie qui ne sera jamais récupérer (ou pire perdue dans le transport) dans les gains "vendus" aux consommateurs mal informés. Ces exemples révèlent, une fois encore, que le "plus" est là pour résoudre les problèmes et progresser. Cela évite que la réflexion aille jusqu'à remettre en question, assez fondamentalement d'ailleurs, nos modes de vie "occidentales" de pilleurs de ressources terrestres. Ce qui encore un peu plus affolant, c'est que notre pouvoir politique encourage (subventions) ces propositions plutôt que d'encourager la recherche et l'information scientifique autour de ces sujets.

Bonjour Marielle Billy, Je vous embrasse Marielle ( si vous le permettez ) .......enfin un peu de réflexion, un peu de philosophie sur notre nature et sur ce qui devrait être notre quête de bonheur et non de vitesse. Je signe avec GRAND BONHEUR vos propos. Que votre journée soit belle comme votre écriture. Michel Zim ( qui n'a pas de portable et n'en aura pas pour uniquement de bonnes raisons que vous avez compris Marielle )

Je crois que la "vulgate" du réchauffement climatique doit être prise avec beaucoup de précautions, mais cela ne doit pas nous empêcher de prendre des mesures de protection de notre environnement. Tout d'abord le réchauffement climatique, et surtout sa cause anthropogène, ne sont pas une certitude scientifique, comme l'existence des électrons ou que la tuberculose soit due au bacille de Koch . Cette hypothèse, tout à fait vraisemblable, est baséee sur des modèles qui négligent des facteurs importants, comme la couverture nuageuse, ou les aérosols: ce n'est pas une accusation envers les chercheurs, ces modèles sont déjà monstrueusement compliqués à mettre en oeuvre ! Le problème est celui du passage d'une situation scientifique -une probabilité - à une conclusion politique ou économique. On peut cependant se dire que la diminution de la quantité de CO2 rejetée ne peut être nocive, entraîne probablement la diminution des autres types de pollution, on ne peut donc qu'y etre favorable. Claude Allègre conteste en des termes violents les causes humaines du réchauffement. Il le fait avec la "finesse" qui le caractérise, mais je pense que trois choses sont à retenir de son discours : - le réchauffement climatique est là, quelles que soient ses causes, et même si on arrête totalement de produire du CO2. Après avoir versé une larme sur les glaciers, et plutôt qu'une autoflagellation millénariste (la fin du monde est proche car nous avons pêché par arrogance envers le Déesse-nature) essayons de prendre des mesures concrètes pour atténuer les conséquences de ce réchauffement (reforestation, aménagement des villes cotieres, etc...) - le réchauffement climatique ne doit pas occulter un certain nombre d'autres désastres écologiques. Les problèmes d'eau potable sont souvent des problèmes de pollution (souvent autre que CO2), de manque d'éducation, d'accès à la technologie, de gaspillages, de guerres.... - enfin, essayons, lorsque c'est possible, d'avoir une approche aussi scientifique et aussi peu "religieuse" que possible. Un panneau solaire met au moins 3 ans pour produire l'énergie qui a été utilisée pour le fabriquer.....sans compter les pollutions liéee à sa fabrication, transport, etc... l'éolien sans doute plus, les pollutions visuelles (et la destruction des chauves-souris...), l'entretien. Cela n'a de sens d' installer massivement de tels équipements que si leur durée de vie est largement supérieure à cette duréé, et les couts (écologiques) d'entretien réduits. Le moteur à hydrogène n'a pas beaucoup de sens pour le moment: la fabrication de l'hydrogène se fait à partir de pétrole et produit énormément de CO2 (sauf si on décide de le produire par éléctrolyse à partir d'éoliennes, panneaux solaires ou de centrales nucléaires) Il n'est pas toujours clair que les énergies alternatives sont une réponse à des problèmes écologiques ou simplement à celui de trouver d'autres sources d'énergie face à la diminution des ressources pétrolières ? Il y a donc une vraie réflexion à mener pour savoir quels sont les comportements réellement utiles d'un point de vue écologique. Pour le moment, la presse semble surtout paraphraser soit LOUIS XIV a Madame de Maintenon (" la vertu ne consiste pas à faire l'amour dans des lieux malcommodes"), soit Courteline ("La nature -qui seule et toujours a raison- veut que l'homme ait chaud l'été, comme elle veut qu'il ait froid l'hiver ! Eteignez-moi ce brasier."). Par ailleurs il reste important de comprendre l'impact humain sur le réchauffement. Ce réchauffement n'est devenu important qu'à partir des années 70, sans doute par diminution de la pollution par particules, qui elle avait un effet de refroidissement (comme les éruptions des grands volcans). Si cet impact est plus important que prévu, il faudra y consacrer plus de ressources, si il est moins important, on pourra consacrer ces ressources à la lutte contre d'autres types de pollutions. Surtout ne créons pas un crime de "négationnisme écologique": ne rajoutons pas la liberté d'expression à la liste des victimes du réchauffement climatique.

Bonjour CV, J'ai lu avec plaisir vos propos qui sont manifestement plus ouverts que d'autres, à de bonnes et nombreuses questions avec en filigrane, la confiance en la capacité des humains à parler et réfléchir positivement dans le calme et en toute liberté ( et politesse ). En effet nombres de solutions à la mode prouveront avec le temps que tout cela nous aura coûté plus cher,sans être au total meilleur que la méthode d'avant. En cela la '' Deux Chevaux '' est une voiture dont je regrette la disparition.............. Belle journée à vos CV. Michel Zim

Bonjour Jade et vous autres. Au risque de me répéter médialogiquement, je dirai que ce problème de la perception par chacun, dans son quotidien, des menaces pesant sur l'écosystème est directement lié à celui des clés de lecture dont chacun dispose dans son quotidien pour percevoir clairement les dites menaces. Et qui donne ces clés une fois la porte de l'école refermée? Les médias, il me semble. Lorsqu'ils font autre chose que du sensationnalisme tout crin ou sortent de l'effet de mode - il ne suffit pas d'en parler, encore faut-il pouvoir montrer simplement des faits lisibles ou visibles et les confronter à des lectures intelligibles, donc correctement vulgarisées de ces phénomènes! Comment expliquer sinon des différences de niveau de prise de conscience de ces questions aussi importantes d'un individu à un autre, d'un groupe socio-professionnel à d'autres, d'un pays et de ses élus aux autres, par exemple le décalage Europe-USA ou Europe-Chine sur ce plan? Merci en tout cas pour cette approche par "déni" interposé, qui me renvoie à l'épique époque où, manifestant devant Creys-Malville, j'avais le sentiment que les politiques français de ces temps pourtant proches étaient soit des kamikazes, soit des inconscients totaux. Tricastin n'est qu'une paille, cet été, au regard de ce qu'aurait pu provoquer un Super-phénix partant dans une réaction nucléaire incontrôlable, assuraient les chercheurs du CNRS et les rares spécialistes qui s'en étaient publiquement émus. J'ai le sentiment que les militants anti ceci ou cela ont perdu de cette clarté dans l'expression, de cette conscience des enjeux, gagnés qu'ils ont été par des réflexes trop idéologiques, voire partisans ou claniques. Qui ne "fait" pas dans l'écologie aujourd'hui, sans remettre en question pour autant un mode de vie à l'origine d'une partie au moins de ces dérèglements climatiques? Oui, je crois que c'est bien le sens du mot progrès qui est en cause ici, comme le note Marielle Billy. En attendant, puisqu'on parle aussi ici de réchauffement climatique, avez-vous relevé que l'hiver va être précoce et froid cette année? Le thermomètre est descendu bien bas ce matin. Ce qu'on appelle le petit bout de la lorgnette, par lequel nous sommes tous peu ou prou obligés de regarder de temps à autre! Sirius et sa constellation du chien sont bien loins avec leurs mégas soleils...

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