Thématiques du blog
BHL & le caquet du coq
C'est le miracle des Encyclopédies et autres Bases de données et notamment du Google. Vous cherchez quelque chose et vous en trouvez d'autres. C'est ainsi que je suis tombé sur ce document:
"D'abord je suis pour decrédibiliser, un peu, l'idée de nation.
Je trouve que cette idée a fait tant de mal, qu'elle a nourri tant de guerres, qu'elle a alimenté tant de haines, ce fétiche national, cette façon qu'ont les gens de se mettre, depuis des siècles, au garde à vous derrière le drapeau, cette façon qu'on a de leur faire faire n'importe quoi, de les envoyer aux pires boucheries au nom du nationalisme, fait que, si l'on pouvait réduire un peu le caquet au coq gaulois, et aux coqs nationaux en général, ça me parait être assez salubre.
Choquante cette tirade de BHL? Un peu quand même, du moins pour moi. Je regrette que le document visionné ne m'a pas permis de voir les réactions sur le plateau. (20/05/11 La2 FOG Semaine critique)
Cet homme se livre là à un numéro oratoire qui vous laisse sans voix. Alors que ce n'est qu'un méli-mélo populiste éhonté.
Le drapeau est le symbole de la nation, symbole de ce qui unit les hommes qui partagent la tradition, la langue, la culture, le désir de vivre ensemble.
On l'arrache quand on vit sa crise d'adolescence. Apres on veille à en assurer le meilleur usage possible.
Ce n'est pas le couteau qui est responsable de la blessure, mais l'usage qui en est fait.
Les coqs gaulois ou autres n'y sont pour rien.
A l'entendre en parler avec si peu de discernement on est déçu.
Mais on pourrait se rappeler que la tradition juive, nomade par définition, à laquelle BHL se dit d'appartenir, ne sensibilise peut-être pas au symbole fédérateur du drapeau. Les Juifs sont, en effet, uni non pas autour du drapeau mais autour du destin du peuple juif.
Le destin fédérateur du peuple juif qui a bien eu, faut il le rappeler, lui aussi, sa part, et non des moindres, des victimes des guerres et des haines.
Les Juifs auraient-ils tout autant l'intérêt à abandonner ce qui les uni?
Plus facile à dire qu'à faire, semble t il.
Reste l'ambiguïté de l'identité des juifs-français. S'unissent-ils autour du drapeau français plus qu'autour du destin du peuple juif? En présence d'Israel l'Etat Juif, qui leur complique encore, et pas qu'un peu, la donne.


Tous les commentaires
Demandez à un bon Musulman s'il se sent d'abord Français puis Musulman, ou s'il se sent d'abord Musulman puis Français.
Demandez à un Tzigane s'il se sent d'abord Français puis Tzigane, ou s'il se sent d'abord Tzigane puis Français.
Demandez à beaucoup de Marseillais s'il se sentent d'abord Français puis Marseillais, ou s'ils se sentent d'abord Marseillais puis Français.
Demandez à des Basques, à des Bretons...
Mais ne demandez pas à des Juifs...
On s'en fout de BHL...et de leurs critiques.
Tout à fat d'accord.
N'empêche, c'est lui qui cause dans le poste...
Reste l'ambiguïté de l'identité des juifs-français.
Qu'est-ce que c'est que cette généralisation, de surcroit complètement fausse?
Bon, vous m'avez grondé, Art Monica,
maintenant il serait bien que vous m'indiquiez où ai-je osé d'avoir tout faux?
Je ne gronde jamais :-) - On ne peut pas généraliser, car il y a des gens qui ont des "origines juives", un nom juif, qui n'ont pas de lien spécial avec Israël, et qui se sentent tout à fait français. - Inversement, vous allez trouver plein de goys qui se foutent du drapeau et détestent toute référence au nationalisme, cocardier ou pas.
Quand je parle des juifs je parle, sans tourner autour du pot, des juifs juifs conformément à cette expression bien française qui veut dire ce qu'elle veut dire.
Je parle des juifs qui se disent juifs, qui se disent appartenir à la communauté juive, qui souhaitent d'être juifs, qui choisissent d'être juif, pour des raisons qui leurs appartiennent, et qui l'assument.
Je ne parle pas de ceux qui ne le veulent pas et qui ne le sont donc pas.
Etre juif est, en somme, une question de choix et donc de responsabilité. Contrairement aux noirs, par exemple, qui eux n'ont pas ce choix et n'en sont donc pas responsables.
Je ne fais nullement le procès aux juifs. Je constate que les citoyens français qui assument leur judéité se trouvent dans une situation ambiguë. Car l'appartenance à une communauté pour celui qui l'assume, n'est pas neutre. Pas facile sinon impossible d'éviter le conflit d'intérêt avec une communauté telle que la communauté juive.
Chez les chrétiens, les choses sont plus simples. La trouvaille : "Rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu", permet d'éviter ce conflit d'intérêt.
Pour commencer, ne pas confondre juif et Juif (Marc Bloch ne se considérait pas comme juif, mais ce Juif revendiqué a écrit des choses assez fortes sur l'histoire de France).
Ensuite on peut se reporter aux pages 183-202 du livre de Rosanvallon sur La société des égaux, consacrées au "national-protectionnisme"...
Enfin,
" si l'on pouvait réduire un peu le caquet au coq gaulois, et aux coqs nationaux en général, ça me parait être assez salubre."
Cette phrase est de construction assez coq-asse, mais sur le fond je suis pleinement d'accord.
Faut-il consulter, Melchior Griset-Labûche, les écrits de grands sages, sinon des Écritures, pour trouver la réponse à cette question, somme toute, assez basique, quotidienne, plutôt même intuitive... ?