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Réformer en profondeur ?
Alors que Le Monde d’aujourd’hui, ce 21 juillet 2008, nous propose le titre « Déjà assuré de son immunité, Silvio Berlusconi veut réformer en profondeur la justice italienne », le journal s’abstient de proposer une analyse critique des manœuvres du président italien, se bornant simplement à rappeler en dernier paragraphe combien sa « reforme » proposée arrange ses « ennuis judiciaires» personnels. Une réflexion sur ce qui devrait constituer un réforme souhaitable et nécessaire du système italien est totalement absente de l’article du Monde, comme est toute comparaison utile avec la réforme constitutionnelle qui a eu lieu ce même jour en France.
En l’absence d’une réflexion journalistique sérieuse sur ce qui se passe en Italie, éclairée par un pareil regard sur la situation en France, avec ses différences et ses similitudes, la riposte vient seulement par le biais des « RÉACTIONS DES ABONNÉS DU MONDE.FR », dont un certain Emile G. :
«Avec le XXIe siècle, nous entrons dans l'ère des dictatures "soft". Finis les coups d'Etat à la latino-américaine, les répressions sanglantes du nazisme, du fascisme ou du soviétisme. Il suffit d'une campagne électorale menteuse et démagogique, d'un parti politique complice, de l'appui des puissances financières, pour faire évoluer à dose homéopathique une démocratie parlementaire incapable de s'adapter vers un pouvoir personnel et totalitaire qui autorise toutes les dérives. Exemples: France et Italie. »
Et c’est parmi ces mêmes « RÉACTIONS DES ABONNÉS » qu’une critique du journal le Monde s’esquisse ; pour en citer seulement deux d’entre eux…
Benjamin : « Le Monde semble occulter le contenu de la proposition de réforme des institution aux profits des petits commentaires et batailles politiques de chacun. La politique n'est pas qu'une course ».
André : « Chers lecteurs et surtout amis journalistes, je constate avec peine qu'après lecture d'une bonne douzaine d'articles du monde consacrés à cette fameuse réforme des institutions, je n'ai toujours pas eu l'occasion de connaître le contenu même des changements apportés par cette réforme à notre ancestrale 5ème. Serait-ce trop demander à un journal de référence comme le Monde de ne pas uniquement consacrer son intelligence et gaspiller notre attention sur les problèmes politiciens d'une actualité ? ».
Tout comme les lecteurs se voient transféré la responsabilité de rappeler au journal en quoi consiste son métier et en quoi consistent les attentes légitimes du lectorat pour un journal digne de ce nom, peut-être revient-il aux citoyens de la France de rappeler aux élus en quoi consistent leur responsabilité et en quoi consistent les attentes légitimes de ses citoyens dans une démocratie digne de ce nom ?
Tel journal, tel monde ?


Tous les commentaires
"serait-ce trop demandé à un journal de référence" : mais Le Monde n'est plus un journal de référence, il vit encore sur ses acquis mais pour combien de temps car il semblerait que ses lecteurs soient clairvoyants. L'ère des dictatures soft est bien ce qui est en train de se profiler car il n'est effectivement pas question d'imposer des coups d'états à la latinos dans des pays dits démocratiques et développés. Une presse monocorde, le "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", trouver des circonstances atténuantes à tout, favoriser en permanence la politique de l'autruche pour initier en permanence des décisions injustifiables. C'est bien le monde dans lequel nous entrons avec pour un grand nombre beaucoup d'indifférence. Il est 6 heures du matin, on sonne à la porte, c'est bien le livreur de lait. Donc nous sommes bien en démocratie.
Ma seule consolation devant cette agitation brownienne est qu'elle soit impuissante à changer les choses, en dehors du contenu des magazines et tv, donc de l'image des chefs et de leurs égos et libidos (enfin peut-être, car là règne un secret d'État indiscible).
Merci pour ces apports stimulants, Jamesinparis. Je rebondis sur les propos d'Emile G et de Dominique Gautier Va-t-on "vers un pouvoir personnel et totalitaire qui autorise toutes les dérives. Exemples: France et Italie. » Est-on entré dans "l'ère des dictatures "soft"." Je crois que la réponse est oui. On serait en trés dans une "post-démocratie" qui n'aura de démocratie que le nom et les apparences. (Tiens, comme c'était le cas pour les ex pays de l'est ?)
Si j'osais -(préparez les projectiles...) - je dirais que ce qui est en train de se passer Ce serait peut-être la transition des anciens pouvoirs paternalistes* : la force virile des coups dEtat et répressions "ouvertes" - A des pouvoirs de type "maternalistes"* - c'est à dire analogue au pouvoir des mères quand il devient absolu dans une famille. Au lieu de la déviation "virile" de la force physique ou verbale, l e moyen du pouvoir est dans ce cas autre : il s'agit d'étouffer toute opposition à la source, en court-circuitant le pouvoir (réflexif) du langage par le recours à l'émotionnel (chantage affectif etc.). *NB : par "maternel" et "paternel" j'entends des modèles culturels, concrétisés dans le vécu de certaines familles) Sources de mes remarques : expériences personnelles, et terrains du travail social.