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28
May

MEDIAPART

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A reculons ...

La remontée du "populisme médiatique" que connait ce monde depuis bon nombre d'années, a été offert un cas d'école pendant la premièr période de pouvoir de Silvio Berlusconi en Italie. Des livres tel Au pas de l'oie, Chroniques de nos temps obscurs, d'Antonio Tabucchi (Seuil, 2006) et A reculons comme une écrevisse, Guerres chaudes et populisme médiatique,d'Umberto Eco (Grasset, 2006), nous offrent une analyse lucide du grand pas en arrière qui s'est fait, et qui se fait encore sous nos yeux, à peu près partout dans le monde.

 

Le projet Médiapart est né de ce même constat, du même signal d'alarme : la montée d'un populisme médiatique qui se fait au détriment de la démocratie, qui se trouve peu à peu, mais brutalement, vidée de quelque chose d'essentiel.

 

Ce n'est pas une mince affaire de constater un tel délitement : mais, que faire ? L'affirmation de Berlusconi, selon laquelle "personne ne lit les journaux, alors que tout le monde regarde la télévision" peut paraître excessive, mais Umberto Eco lui donne raison, et salue sa franchise "Le problème est le contrôle de la télévision, les journaux peuvent toujours écrire ce qu'ils veulent" (eds. Grasset, p.171).

 

L'agence de Communication de l'Elysée, c'est à dire les chaines de télévision publiques en France, nous en a donné un spectacle qui confirme ce constat : que le Président de la République réponde à la question pressante de la régularisation de la situation des gens qui travaillent en France depuis 2, 5, 10 ans ou plus, par "l'impossibilité de devenir français par le simple fait d'avoir un contrat de travail dans un restaurant, aussi sympathique soit il," montre combien Monsieur Sarkozy a intégré le crédo de son "homologue" italien. Peu importe que ses propos seront démentis et déconstruits dans certains journaux, pour lui la question est simple : l'effet escompté valaient bien la mise. Pourquoi répondre quand on peut balayer ? Il ne faut que quelques gouttes d'eau, pour qu'un bon vin ne vaut plus grande chose. Arrosons.

 

Pour reprendre une phrase célèbre de l'administration qui gouverne aujourd'hui aux Etats Unis, administration qui n'inspire que de l'admiration chez Président Sarkozy : "Vous pouvez toujours commenter la réalité, nous la créons".

 

Se pose la question épineuse donc : à quoi sert-il d'écrire un blog ou même une article, dans un journal qui de plus est est payant (environ trois bières par mois ou une entrée au cinéma, mais là n'est pas la question : encore faut-il déjà vouloir le faire) en réponse à un constat qui va du Pentagon à Pékin, de Paris à Moscou, de la Libye à Rome, du Darfour à Dakar... ? 

Je ne crois pas au thèse du narcissisme généralisé, mais est-ce pour être seulement une épine dans une patte à pas d'oie qui avance à reculons ?

 

Pour ne pas être une voix de plus dans le désert - relativement 'intellectuelle" et instruite, bien qu'elle ne soit pas forcément économiquement aisée, mais donc minoritaire, ne faudrait-il pas aussi créer un mouvement à la fois parmi les journalistes présent(e)s dans les différents média, et en s'appuyant sur les institutions politiques du pays, afin de défendre un régime pleinement démocratique, ou il se trouve le plus menacé ?

 

Si la démocratie ne doit se réduire à la seule loi du plus grand nombre, soumise à jouer les jeux des Berlusconi, des Sarkozy et des Bush de ce monde, comment réfléter efficacemment dans ses lois et institutions d'autres ideaux, dont la pierre angulaire de l'indépendence de la presse ? Dire n'importe quoi à 60 ou à 300 millions de citoyens ne devrait pas être aussi facilement executé et admis.

 

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Et pourtant ce concept de date pas d'aujourd'hui, l'Allemagne nazi avait bien avant la seconde guerre mondiale, fait en sorte que les citoyens allemands (dans un grand ensemble) n'aient plus de critère de pensée, la lobotisation d'un peuple par un concept simple "calomniez il en reste toujours quelque chose" à fait ses preuves.
Les Politiques d'aujourd'hui ont repris les méthodes en les adaptant à goût du jour, les contres-vérités Made In Sarkozy version "fleur de bouse" ou le principe de la calomnie sans fondement à fait merveille pendant la campagne présidentielle 2007, toute l'armada de la manipulation a été utilisé, avec le quatrième pouvoir dans la poche. Oui je le dis, nous sommes dans l'ère du Néo-Fascisme en costume 3 pièces et qu'aujourd'hui celle-ci ouvre ses ailes

Vous posez la question du "que faire ?". Entre autres idées, commencer peut-être ici à créer une édition participative style "observatoire de..." - chacun restant libre de diffuser aussi son billet sur son blog personnel. Je constate qu'il y a peu de commentaires ici. Cela signifie-t-il que peu l'ont lu ? Si c'est le cas, quel dommage !

L'absence de réaction est tout simplement dû (je crois) au fait qu'un nouveau blog reste assez invisible...?

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"à quoi sert-il d'écrire un blog ou même une article, dans un journal qui de plus est est payant (environ trois bières par mois ou une entrée au cinéma, mais là n'est pas la question : encore faut-il déjà vouloir le faire) "... interessante comparaison !!
Moi j'aime à penser que l'on est lu, meme si pas forcément commenté... en tout cas, personnellement, c'est mon acte de resistance à moi, en plus de celui de mon champ de travail !!
Cette idée d'edition, c'est interessant, ou comment detricoter le tricot de mensonge sont nous affuble parfois notre environnement mediatique. J'avais cru comprendre que c'etait une grande partie de ce projet médiatique là !

Merci de votre commentaire. Oui, c'était mon premier billet de Blog - que je regarde maintenant avec nostalgie ! - et s'intitulait "A reculons..." en coup d'oeil au livre d'Umberto Eco... Mais à vrai dire je m'interrogeais aussi sur le pourquoi de mon Blog, sur mes motivations, sur son utilité... Oui c'est ma manière à moi d'apporter ma pierre à l'édifice, d'apporter ma goutte d'eau et mon grain de sel aux eaux troubles de l'information médiatisée, même si je manque terriblement le temps pour bien le faire. Une édition, "observateur des médias" ? Cela me semble une mission centrale de MediaPart, dans ce contexte en faire une édition à part n'est peut-être pas le meilleur des idées ?

Depuis plus de dix ans, l'écrivain italien Antonio Tabucchi s'indigne de voir les droits des Tziganes bafoués dans son pays. Le Monde Magazine lui a demandé de réagir à la politique d'expulsions menée par le gouvernement français.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/09/04/le-cri-de-colere-d-antonio-tabucchi-ce-serait-donc-de-la-faute-des-tziganes_1406564_3224.html#ens_id=1390910

 

 

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