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le partage de la valeur ajouté le débat et la réalité

Le recul des salaires dans le partage de la valeur ajoutée : le débat et la réalité

 

Depuis quelques temps le recul de la part des salaires dans le partage de la valeur ajoutée est contesté par divers économistes en général proche du patronat ou du gouvernement. Surprise Thomas Piketty se retrouve bizarrement dans cet aréopage néolibéral ou plutôt pour être précis néoréactionnaire..

 

Autant les analyses de Thomas Piketty sur l’inégalité des revenus en France à partir des tableaux établis à partir des archives de la direction des impôts sont incontestables, autant sa prise de position sur le parage des revenus entre salaires et profits est contestable.

 

Michel Husson l’a fort bien souligné à partir des statistiques du PIB. Th. Piketty se fonde sur les statistiques de l’INSEE. Alors pourquoi nier une réalité que même le Président de la république ne conteste plus.

 

Thomas Piketty devrait regarder vers la micro économie pour vérifier sa thèse. Il suffit de consulter les bilans du CAC 40 depuis 20 ans, d’observer la montée des profits et en parallèles l’augmentation des dividendes versés, et mettre en parallèle l’évolution des salaires, qui sont rappelons le bloqués ou presque depuis les années 85.

 

Au cours des dernières années les profits réalisés par les entreprises sont passés 80 milliards d’eurios à plus de 100 milliards en 2007, et sont de prés de 60 milliards en 2008.

 

Pour notre part nous prendrons l’exemple d’un grand établissement bancaire français privatisé au début des années 90. De 1995 à 2008, les profits ont été multipliés par 7. Dans le même temps les dividendes versés aux actionnaires étaient multipliés par 7!

 

L'augmentation des salaires a été limitée à 14% sur la période, très nettement inférieure à l'inflation perte de 5% de pouvoir d'achat.

 

Enfin depuis les années 90 les analystes financiers suivent deux ratios complémentaires le rendement du capital rarement inférieur à 15% par an, et le ratio frais de gestion sur chiffre d’affaires , un euphémisme pour parler essentiellement des salaires, ce ratio est passé de 75 % à moins de 63% !
Comment Thomas Piketty explique le refus de réelles négociations salariales et la perte de revenus des salariés.
Il est indéniable que depuis le milieu des années 80, les salaires n'ont pas suivi l'inflation , et n'ont aucunement bénéficié de la profitabilité des entreprises.
Le partage de la valeur ajoutée souffre du taux de chômage, et de la politique de l'offre appliquée sans répit depuis le milieu des années 80, qui considère le salaire uniquement comme un coût.

Nous laisserons la conclusion à Michel Aglietta cité par Michel Husson :

 

" Les évolutions des salaires réels et de la productivité ont été déconnectées, entraînant

une modification de la répartition des revenus. Comment entretenir dans ces conditions la croissance dans les pays riches ? Il a fallu déconnecter la dépense et le revenu, en stimulant la consommationpar le crédit. »

 

Jean Bachèlerie

 

 

Tous les commentaires

19/02/2009, 22:03 | Par Fantie B.

Mais qu'a dit exactement T. Picketty, et où ?

20/02/2009, 10:20 | Par Vancouver en réponse au commentaire de Fantie B. le 19/02/2009 à 22:03

http://jourdan.ens.fr/piketti/index.php (Bonjour Fantie, en général, on trouve sur son site, il faut cliquer sur articles de presse, ou actualités) (Je ne sais pourquoi le lien ne marche pas, mais c'est facile à trouver par google).

20/02/2009, 09:02 | Par kairos

kairos Cette répartition n'est pas contestée par... Jacques Marseille! Qui en impute bien volontiers la responsabilité à la politique économique mitterrandienne ou du moins constate "naïvement" la concordance... Par ailleurs, sur une période de 50 ans, Elie Cohen constate une répartition équivalente (nous serions aujourd'hui revenu à ce qu'il en était à la fin des années 50, ce redonne à la notion de progrès sa relativité)... Mais davantage que le chiffre lui-même,ce qui ne m'apparaît pas clairement, ce sont les raisons... Raymond Barre n'expliquait-il pas en partie, sous Giscard, la crise économique par une répartition trop défavorable au capital?

22/02/2009, 10:31 | Par Jean Bachèlerie en réponse au commentaire de kairos le 20/02/2009 à 09:02

L'argument d'Elie Cohen n'est pas surprenant, c'est le même que celui néo réactionnaires, il y a stabilité, comment explique t il alors la montée des profits, le rendement du capital 15% par an soit un doublement tousd les cinq ans? Comment expliquent ils que les les actionnaires n'aient jamais autant été choyés, pour quoi ces hommes de raison ne regardent pas les bilans des multionationales et en France du CAC 40, ils y trouveront le fameux coefficient d'exploitation, la part des salaires et frais de gestion par rapport au chiffre d'affaires, ils constateront que ce chiffre est passé de 75% à 60% et que les analystes financiers scrutent ces ratios, qui doivent toujours être à la baisse. Enfin au lieu de partir des statistiques de l'INSEE ils feraient bien de regarder celles du PIB. Jean Bachèlerie

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