Quelle retraite va-t-on proposer aux jeunes salariés?
Faut-il reposer les enjeux d’évolution du système de retraite et obtenir une réorientation profonde des choix qui ont été opérés depuis 1993 ? C’est, à mes yeux, indispensable ! Ce qui a été fait depuis 15 ans ne garantit pas l’avenir du pacte intergénérationnel. Si le gouvernement pouvait en fin de compte se prévaloir d’un certain consensus pour prolonger les orientations qu’il a donné avec la réforme de 1993 pour les salariés du privé, avec celle de 2003 pour le public et le privé, puis celle de novembre 2007 pour les agents des régimes spéciaux, notre système par répartition serait gravement déstabilisé.
Le raisonnement est simple : depuis quinze ans nous avons une série de mesures qui, sous prétexte de diminuer les besoins de financement des régimes de retraites, aboutit à amputer les perspectives de retraite pour les nouvelles générations. La logique de ces réformes c’est, en 2020, un quart de retraite en moins par rapport à ce que sera l’évolution du niveau de vie des actifs. Si réforme après réforme on dit aux jeunes générations qu’ils toucheront une retraite ridicule qui ne leur permettra pas de vivre, on leur ôte le motif pour payer des cotisations pour les retraités d’aujourd’hui et ceux de demain parce qu’après-demain, ils ne toucheront rien. On ouvre ainsi la voie à de fausses alternatives, à l’image de celles qui ont largement échoué en Grande-Bretagne, mais qui déstabiliseront notre système.
Les salariés sont donc tous concernés : pas seulement les retraités ou les futurs retraités proches de la retraite, mais aussi les plus jeunes, parce que c’est d’eux finalement que va dépendre la pérennité du système de retraite. Depuis 1993, on a pris le problème à contresens et on a porté un coup à la confiance dans le système. Il y a besoin de réorienter et c’est là qu’est l’enjeu. L’une des questions revendicatives centrales sera la réindexation des retraites sur les salaires, ainsi que la garantie pour les jeunes d’un niveau de pension assis sur les salaires qui ne sera pas en dessous de 75% du dernier salaire. La fenêtre d’intervention dont disposent les salariés n’est que de deux mois. Ce débat de fond ne peut pas être étouffé.


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Effectivement, encore un débat biaisé depuis des années en France. Encore une fois, le bon sens (puisque l'on vit plus vieux, il faut cotiser plus longtemps ou réduire les retraites) mène à la catastrophe. La droite et le PS nous font croire qu'il n'y a pas d'alternative, alors qu'ils oublient de remettre en cause le principe de base, à savoir le financement des retraites par les prélèvements sur les SALAIRES. En 20 ans, la part du PIB revenant au salaires a baissé de 9,3 points au profit du capital.Cela représente environ 100 Milliards d'Euros de PIB qui sont passés du travail au capital. Pour la Santé, le chômage, la retraite, il faut arrêter de taxer les salaires, et commencer enfin à taxer les revenus du capital. Merci de lire Frédéric Lordon, qui a développé l'idée du SLAM, complètement ignorée par UMP et PS. Olivier, 38 ans, vivant à Francfort
Et en Allemagne, Olivier, comment les choses sont-elles organisées?
Raison de plus pour encourager le syndicalisme professionnel, comme l'ont fait des pays scandinaves. Une offre syndicale plurielle et démocratique me paraît être la voie la plus sûre pour infléchir les inclinaisons néo-cons. A quand un financement public des syndicats représentatifs, comme cela existe pour les partis politiques ? Aujourd'hui, les syndicats représentatifs ne sont pas les mêmes qu'en 1966, quand un décret de M. Debré indiquait que seuls la CGC, CFDT- FO-CGT-CFTC l'étaient. Monsieur LE DUIGOU, êtes-vous favorable à le reconnaissance de la représentativité de SUD ou de l'UNSA ?
Raymondb SUD, UNSA ....... quid de la CNT ? Trop anars à votre goût ?
Au delà du financement, c'est le sens de ce que nous appelons travail et retraite qui est posé. http://tto45.blog.lemonde.fr/2007/09/10/retraite-travail-la-pensee-binaire-continue-ses-ravages/
Deux remarques intéressantes relevées récemment à propos des retraites par capitalisation dont on nous martèle en permanence des vertus : - les retraites par capitalisation mettent en concurrence des sociétés privées qui pour séduire "le client" investissent en masse dans la publicité, coût qui élève leurs frais de fonctionnement (environ 16% pour certains fonds aux USA)et qui sont répercutés bien sûr sur les versements des futurs retraités. Une capitalisation qui coûte chère aux futurs retraités. - Des salariés qui deviennent des actionnaires exigeants des fonds de pension et souhaitent voir dans le monde les salaires ne pas augmenter pour une meilleure rentabilité de leur capital. Enfin une remarque intéressante de l'économiste Jean Paul Fitoussi. A l'argument selon lequel les jeunes générations actives ne pourront plus payer pour les retraites par répartition : sa réponse est que de toutes façons se sont bien les actifs d'aujourd'hui qui par leur travail valorise les actions (et leur rendement au sein d'une entreprise). C'est donc bien finalement le travail des actifs qui produit les retraites. Lorsque vous parlez d'une retraite à 75% du dernier salaire s'agit-il d'un salaire brut ou net (net je suppose). Alors sachez qu'à l'heure actuelle, avec l'allongement de la durée de cotisation à 40 ans avec un parcours professionnelle sans accident pendant 31 ans, une période de chômage à 50 ans entrecoupé d'une activité professionnelle à temps partiel pendant 4 ans, puis une fin de droit sans indemnité pendant 3 ans : la retraite est déjà en dessous de 75%du dernier salaire à temps plein. Que deviendra-t-elle avec 41 voir 42 ans de cotisations, des parcours professionnels de plus en plus précaires, les seniors qui ne retrouvent pas de travail.Le retour au Moyen Age sans doute avec des populations vieillissantes dans la misère et qui ne pourront même pas participer à la croissance en consommant. Elles deviendront alors une véritable charge financière pour la société qui cherchera les moyens de s'en débarrasser.
Une remarque concernant le financement du Syndicalisme salarié, le financement public est pour moi une fausse bonne idée. Si aujourd'hui les syndicats ne sont pas représentatifs, par manque d'adhérents et de cotisations, c'est à mes yeux parce que leur offre n'est pas adaptée aux besoins des salariés et ce pour une part par archaïsme. J'en parle avec d'autant plus de liberté que je suis moi-même syndiqué CGT depuis une vingtaine d'années et que, à ce titre, j'ai exercé des responsabilités dans les différentes stuctures où j'ai eu à travailler. Il y a encore beaucoup à faire pour que nos syndicats soient attractifs mais il faut continuer à y travailler en interne.
Autre remarque, la CGT bénéficie de financements publics depuis 1966... Si c'était une fausse bonne idée, ça fait 40 ans qu'il aurait fallu la dénoncer... D'ailleurs, pourquoi les cinq syndicats représentatifs (par décret d'Etat) : CGC, CGT, FO, CFTC, CFDT (et à ce titre, bénéficiant de financements publics), feraient des efforts de modernisation et d'adaptation aux mutations du monde du travail, puisque de toute façon, les nouveaux syndicats (SUD, UNSA) n'ont pas droit au financement publics, et n'ont pas le droit de se présenter au premier tour des élections professionnelles ! Le club des 5 a son pré carré et pas question pour eux que les choses évoluent. Tant pis pour les salariés.
il faut effectivement sortir du club des cinq en ce qui concerne la représentativité syndicale , il n'est pas normale dans ce pays dit démocratique , que la démocratie syndicale ne soit pas représentée, je milite pour ma part pour que tous les syndicats qui font la preuve au niveaux des entreprises et donc des salariés soient représentés au plan national. ce ne serait que justice et équilibre démocratique, on peut rêver,car on en est encore loin
Ce n'est pas le nombre de syndicats qui fera leur qualité a défendre ou pas les salariés. Mais en premier qu'ils se mettent tous d'accord. Qu'ils défilent ensemble, groupé, soudé au lieu que chacun fassent cela de son coté. L'union fait la force. Rendons obligatoire l'inscription a un syndicat. Car en réalité les organisations syndicales tire tous dans le sens qui les arrange, les mettent en avants et cela bien souvent au détriment des salariés.
* Calcul de sa pension sur les "25 meilleures années"... décidé en 93 (Gvt Balladur)... en 25 ans du meilleur d'une carrière il y a déjà bien des années de débutant et de déclinant... et donc une base de calcul très, très, très "péjorée" * Allongement à 41 ou 42 trimestres de cotisations, ce qui pour un étudiant qui a poursuivi ses études jusqu'à 25-26 ans rend la carrière bien, bien longue... 66, 67 ans et plus ??? alors que le marché du travail s'interrompt si tôt à .... 54 ans (?) * Décotes de 10 % sur le montant par année (4 trim) non cotisée... et cpte tenu de l'état inexistant du marché du travail des plus de ... 54 ans... voire la faible survie des cabinets dédiés au quinquas... * Absence de pot de retraite dans les entreprises privées depuis déjà bien des années... (sauf quelques grande entreprises un peu particulières, je n'ai pas vu de pôts de retraite depuis les années 80...) * et incertitudes des "reversions" pour nos veuves... forcement... on y pense si peu aux femmes qui se sont arrêtés 10 ans de travailler pour mieux éduquer les enfants... Pas de risques elles étaient mariés à un cadre... mais avec la règle des 25 ans, et l'allongement des durées de cotise et l'absence de possibilité de bosser au delà de ... 54 ans ... Tout cela est une bombe à retardement, qui nous inquiète déjà... et ce ne sont pas quelques placements incertains dans de vagues Sicav qui vont nous rassurer... Je reste souvent étonné de l'aveuglement de mes amis face à ce pb de clarté sur l'avenir... S'attendre à ne vivre qu'avec un tiers de smic de 65 à 85 ans pour tout bon salarié d'aujourd'hui... Apprendre d'ores et déjà le manuel de survie du Sdf... peut-être... L'aiguilleur bougon !
En réponse à Remyrem2, je suis surpris par la contradiction de son propos concernant le financement public puisque dans son billet du 16 mars il dit qu'il faut un financement public et dans sa réponse à mon billet de ce jour, il dit qu'il existe depuis 40 ans pour la CGT. Sans rentrer dans un débat stérile je pense que les syndicats doivent se réformer pour gagner de nouveaux adhérents et ce n'est pas en jettant le "Discrédit sur certains d'entre eux que cela peut permettre d'améliorer le débat.
Aucune contradiction, simplement favorable au financement public des syndicats représentatifs dans le monde du travail d'aujourd'hui (pas de 40 en arrière...). En fait, je trouve amusant qu'un syndiqué CGT trouve que le financement public, dont la CGT bénéficie depuis 1966 est une "fausse bonne idée". J'ajoute que le club des 5 ne se réformera pas tant que la pseudo-représentativité actuelle perdurera. Aussi, accepterait-on qu'en France soient imposés 5 partis politiques représentatifs ?
Je ne peux que regretter que Remyrem2 ne lise pas jusqu'au bout mes billets où j'essaye d'aller au delà d'un cadre polémique et de poser la question de la place des salariés dans les organisations syndicales quelles qu'elles soient. L'ironie venant de quelqu'un qui ne dit pas de la place où il s'exprime, ni à quel titre( Est-il syndiqué,) ne me semble pas permettre la mise en place d'un vrai travail de réflexion et de dialogue. Je reste bien sur ouvert au débat mais pas dans le cadre posé actuellementpar Rémyrem2.
Jean-Christophe Leduigou touche du doigt ce qui est "mon" principal problème : à mon grand malheur, j'ai fait des études pour devenir enseignant (et dire que l'on va recruter au Master ! et oh, foi d'un fils de CGTiste, ne laissez pas passer cette réforme sans que le gouvernement ne prennent en compte les années d'études, je suis, de toute façon, déjà dans la rue pour défendre cela !). Cela me fait prendre la retraite à 67 ans pour un taux plein ! Un véritable mépris pour ceux (selon N.Sarkozy) ont fait preuve de mérite (avis que je ne partage pas, je ne vois pas ce qui me rend plus méritant que mon frère électricien à 16 ans !). Ce commentaire tardif a pour but de vous inciter à rendre plus public la question centrale (pour moi) de votre billet. Salutations