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Questions de cadre
Il est bien souvent question du sort réservé aux salariés qui ne sont pas dans un rôle de direction mais trop rarement, de la façon dont les cadres dirigeants doivent s’accommoder avec une position de plus en plus intenable.
La question de la créativité individuelle telle qu’elle est abordée par Gilles Cervera dans le numéro 2725 des ASH, empêchée pour cause de rapport exclusif à la certitude qu’apporte la maîtrise des outils dans tous les aspects de la vie de nos institutions, ne peut pas être abordée telle qu’elle, indépendamment d’un contexte idéologique devenu hostile à la liberté individuelle dans ce qu’elle implique d’incertitude, de doute, de méfiance, de sentiment de menace.
Il en va de la liberté de penser du cadre dirigeant comme des autres salariés : il convient les uns et les autres de les protéger d’eux-mêmes.
La pensée aristocratique, ses représentations, ses lieux et instances de pouvoir est encore très présente dans une France qui semble hésiter entre réforme et tradition. Elle s’est diffusée à tous les niveaux où s’exerce le rapport salarial. Le contexte actuel, de rareté de la demande lui est favorable et tend même à en consolider les bases organisationnelles. La forme pyramidale semble avoir un grand avenir dans le secteur privé concurrentiel comme dans nos structures associatives.
Le pouvoir s’incarne là plus qu’ailleurs ; il est localisé et concentré, diffusant ses injonctions en associant les discours ascendants à quelques généralités qui en banalisent et réduisent la portée, la fiabilité et la sincérité.
Le salariat en France est en effet souvent abordé sous l’aspect d’une masse infantile, inculte et irraisonnable, au pire dangereuse et hostile, à l’image de ce peuple dont le point de vue serait intrinsèquement marqué par les effets de l’irréductible distance au pouvoir et à la conscience des vérités censées gouverner ce monde.
Le discours managérial est plat, saturé de certitudes concernant la façon dont il convient de traiter la « ressource humaine » pour qu’elle consente à considérer l’obligation d’obéir comme un préalable à tout engagement et la condition maîtresse du contrat.
La question des cadres est spécifique même si le sort qui leur est réservé ne diffère pas au final de celui des autres salariés. Un cadre est non seulement licenciable mais le plus souvent exposé à des conditions qui l’amènent à se liquider lui-même.
L’effet de liquidation du moi est la conséquence directe de l’impossibilité qu’il y a à discuter les certitudes d’une loi impérative et arbitraire qui incite à la culpabilité et fragilise les consciences les moins perméables.
La soumission doit être totale et exposée au regard de celui qui l’enjoint malgré ses dénégations.
Le cadre dirigeant doit être parfaitement conforme à l’image que l’employeur fût-il associatif attend de lui.
La part subjective doit demeurer dans l’ombre d’une intimité forcée à dévoiler certains de ses aspects. La vie familiale du cadre doit ainsi être transparente.
Rien ne doit échapper des conditions dans lesquelles pourraient évoluer son engagement au gré de l’évolution de ses liens affectifs.
Il doit présenter une personnalité marquée par le dualisme d’une position qui suppose soumission et conformisme, intériorisation d’un regard extérieur qui acquiert force de loi face à l’employeur ; autorité, cynisme et inclination au mensonge et à la manipulation face aux autres salariés.
Il doit être animé de la volonté de ne pas savoir ce qu’il en est du sujet de la réalité de l’inconscient, s’en défaire s’il en est imprégné du fait de sa sensibilité et de son parcours de formation.
Il doit consentir à trahir sa conscience pour adopter celle que lui impose le rapport à une loi injuste et sectaire.


Tous les commentaires
M'enfin... Même Terra Nova le serine au PS : le peuple est con (comme les oiseaux de Chaval), z'avez pas compris ?
Le salariat en France est en effet souvent abordé sous l’aspect d’une masse infantile, inculte et irraisonnable, au pire dangereuse et hostile, à l’image de ce peuple dont le point de vue serait intrinsèquement marqué par les effets de l’irréductible distance au pouvoir et à la conscience des vérités censées gouverner ce monde.
La preuve, il va voter FN... Donc, comme le dit si bien Terra Nova au PS, il convient de ne plus s'en occuper ! C'est simple, non ? On élimine le peuple, le salariat, les prolos qui sont bêtes à manger du foin et on discute entre nous les grandes personnes, qui savent de quoi qu'on cause !
D'accord, je ne supporte pas O. Ferrand et terra nova.... inspirateur de certains candidats à la primaire... en réalité, de tous excepté A. Montebourg... Ceux qui savent vs comme vous dites, les cons. Le PS sera réaliste à n'en pas douter comme il l'a toujours été excepté 1981-83 et 1997-99... peut-être aurons nous droit à deux années d'espérance.... gare à la gueule de bois.
Cordialement,