Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Rendez-vous chez Lacan

Contrairement aux médias omniprésents et prétendument universels, la psychanalyse s'adresse à une personne à la fois. Pas de généralité, mais du cas par cas. Contrairement à la médecine qui se cantonne aux symptômes, elle recherche les causes, quitte à nous révéler ce que nous ne voulons pas savoir de nous-mêmes et qui détermine nos actes ou nos difficultés à vivre. Il y a trois ans j'écrivais, sous le titre Jacques Lacan, poète circonlocutoire, l'influence prépondérante que sa pensée eut sur moi qui n'ai jamais eu recours à la psychanalyse. À l'évoquer il me fait peser chaque mot que je tape, comme s'il possédait un sens double que sa phonétique ou la syntaxe de la phrase révèlent.
Lacan.jpgLe film de Gérard Miller, Rendez-vous chez Lacan, comble un vide. Il n'existait qu'un seul DVD sur Jacques Lacan (édité par Arte) où figurent la conférence de Louvain, un petit entretien avec la réalisatrice Françoise Wolf et un documentaire maladroit d'Elisabeth Roudinesco. Avec l'émission Radiophonie et quelques rares documents en ligne sur ubu.com, le film majeur Télévision réalisé en 1973 par Benoît Jacquot et Jacques-Alain Miller (que le psychanalyste réussit alors à imposer en deux parties le samedi à 20h30 sur la première chaîne !) n'est toujours pas publié en DVD, alors qu'il exista en VHS et est vendu (virtuellement) sur le site de l'INA.

Gérard Miller a rencontré Lacan grâce à son frère Jacques-Alain, fidèle élève qui rédigea le Séminaire et qui épousa sa fille Judith. Il en tire un portrait fidèle pour qui sait lire entre les lignes ("Gardez-vous de comprendre !" est l'antidote à toute conclusion hâtive), une analyse simple et précise (son "Je dis toujours la vérité" rime avec "les poètes ne mentent pas, ils témoignent" de Jean Cocteau), mêlant humour et pertinence ("Soyez lacaniens si vous le voulez... Moi, je suis freudien").

Gérard Miller interroge des patients de Lacan, ses élèves, mais aussi ses proches, pour tenter de comprendre qui était l'homme derrière le mythe ("L'inconscient est construit comme un langage", "Ce que Freud rappelle, c’est que ce n’est pas le mal mais le bien qui engendre, qui nourrit la culpabilité", "L’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas"). Il pénètre dans son cabinet et son appartement, reproduit les rares photographies qui existent, son commentaire s'adressant paradoxalement au plus grand nombre pour lever le voile sur le mystère Lacan. En bonus, les deux entretiens avec son frère Jacques-Alain et Judith, ainsi que son propre commentaire, sont aussi passionnants que le film de 51 minutes (ed. Montparnasse, sortie le 7 février).

Tous les commentaires

"La femme n'existe pas" "pas-toute"

C'est marrant. J'avais volontairement occulté ces deux célèbres citations pour que les lectrices et lecteurs non familiarisés avec Lacan ne se méprennent pas sur leurs sens Clin d'oeil

Télévision est visible, par tranches (!) sur YouTube.

La première tranche :

À regardécouter avant de lire, voir l'expérience que j'avais proposée ici.

Le début tronqué ne m'avais pas échappé, cher Jean-Jacques. Néanmoins, pas besoin de payer, contrairement au site de l'Ina quand on n'est pas enregistré comme professionnel. Alors dans ce cas, malgré les qualités d'image et de son, vive YouTube, l'Ina du pauvre…

Merci pour ubu.com, je n'y suis pas encore allée, mais je vais le faire bientôt.

Pas de honte à payer les ayant-droits quand on souhaite une bonne qualité et que c'est disponible... Ni de gêne à partager les informations lorsque l'on pense que la transmission est plus importante que la protection... Si vous souhaitez voir le film de Gérard Miller il faudra tout de même vous fendre d'une petite somme Pas très décidé
D'autre part, ubu.com est une mine extraordinaire !

Si ubu.com=ubuWeb, alors je connais et oui, c'est une mine.

Pas sûre que je sois prête à payer pour le film de Gérard Miller, mais je trouverai bien quelqu'un pour le dupliquer. Pas d'éthique pour les budgets étiques…

Bien cordialement,

@ANNE GUERIN-CASTELL.

-

Mince, je ne l'avais jamais ni vu ni entendu.

-

On dirait un gourou beurré ou shooté.

-

Effarant ...

-

Vive la vie simple !

-

Sourire

@ANNE GUERIN-CASTELL.

-

Dès qu'il y a introspection un peu poussée, cela devient compliqué.

-

Mais c'est souvent parce qu'il y a problème, qu'il faut introspecter ...

-

Eh oui.

-

Nous ne sommes pas des abeilles; nous devons trouver notre place dans la ruche et ce n'est pas toujours très facile; quand nous l'avons trouvée (notre place), nous sommes et allons bien mieux et c'est plus simple ...

-

Sourire

 

Merci Anne, ce vieux bandit de Lacan, n'a pas vieilli.

dans le séminaire "Encore" cette phrase: " le propos de la psychanalyse c'est de ne pas vaincre, con ou pas". De mémoire c'est ma phrase préférée.

Superbe phrase ! Cela fait un moment que je n'ai pas relu Encore, mais quel souvenir ! C'est par lui que j'ai commencé…

A propos du symptôme, "symbole écrit sur le sable de la chair et sur le voile de Maïa", et "parole de plein exercice", déchiffrée par Freud, "vivante encore dans la souffrance de l'homme de la civilisation", Lacan ele décompose en une liste, rythmée comme poème (rimes à la césure, entre autres):

"Hiéroglyphes de l'hystérie, blasons de la phobie, labyrinthes de la Zwangsneurose, -charmes de l'impuissance, énigmes de l'inhibition, oracles de l'angoisse, -armes parlantes du caractère, sceaux de l'auto-punition, déguisements de la perversion, -tels sont les hermétismes que notre exégèse résout, les équivoques que notre invocation dissout, les artifices que notre dialectique absout, dans une délivrance du sens emprisonné, qui va de la révélation du palimpseste au mot donné du mystère et au pardon de la parole." , "Fonction et champ de la parole et du langage", 1953, Ecrits.

@TAKY VARSÖ.

-

Lacan poète, oui et joli.

-

Lacan soulageur de ses maux par ses mots ? Oui et youpi pour lui.

-

Lacan guérisseur des autres, ouh là là.

-

Motus et bouche cousue, car parfois, maudits soient les mots dits !

-

Messieurs Jean de La Fontaine et Molière, c'est bien aussi.

-

Sourire

 

Merci Taky pour cette explication de texte qui pourra aider certaines ou certains à s'approcher un petit peu de ce dont il s'agite... Là où les non-dupes errent ? Et continuons de nous interroger sans cesse Surpris

@TAKY et JEAN-JACQUES.

-

Vous voulez expliquer les génomes XX et XY en quelques mots ?

-

Parce que si un Y au lieu d'un X, ce n'est pas de la différenciation sexuelle, alors c'est quoi ?

-

A moins que l'hétérosexualité véritable, ce soit XX pour la femme toute et YY pour l'homme tout.

-

Or, cela ne fonctionne pas ainsi.

-

Génitalo-anatomiquement, la femme constitue un souvenir de l'étape hermaphrodite de notre espèce.

-

Intéressant à constater. Nous possédons, nous les dames, un organe (clitoris) dont le seul but est le plaisir sexuel (pas tout notre plaisir sexuel). C'est tout de même surprenant.

-

L'organe du plaisir chez l'homme (phallus), sert aussi à la reproduction et à la fonction rénale.

-

D'un côté (femme) un organe qui ne sert à rien d'autre que le plaisir, de l'autre (homme) un organe qui possède trois fonctions (plaisir, reproduction par le sperme, élimination urinaire).

-

Après ces génétique et physiologie d'évidence, nous avons les vécus in utero et extra-utérin précoce familial, puis tardif familio-sociétal.

-

J'ai un peu réfléchi à cela, dans un de mes billets précédents :

http://blogs.mediapart.fr/blog/agnes-gouinguenet/191111/uterus-genre-sexuel-religions-armees-eternels-retours-mine-de-rie

-

J'avais promis de continuer ma réflexion. Merci de m'avoir remémoré ce projet.

-

Chaque être humain demeure seul; il peut s'étourdir en société, mais en fait, chaque individu reste seul : Il s'arrache à la naissance et meurt sans les autres.

-

Question de revêtement cutané, peut-être; cette barrière qui exprime tant de non-dits ... D'ailleurs les dermatos doivent connaître la psychologie de leurs patient-e-s, pour être mieux à l'écoute de tout-te-s ceux-celles qui sont "mal dans leur peau".

-

Si la psychiatrie (très misogyne) a commencé par nommer les premières pathologies humaines décrites comme uterus-iques (hystériques), c'est parce que les hommes étaient souvent déjà morts (d'avoir trop travaillé dans les champs, ou bien à la guerre) avant d'avoir eu le temps de les développer.

-

Sauf peut-être chez les citoyens grecs libres de l'Antiquité, qui avaient du temps, et d'autres encore, dont je n'ai point croisé le chemin ...

-

A bientôt.

-

Sourire

Chère lectrice, cher lecteur,

 

A toutes fins utiles, cet article :

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-louis-racca/290212/mensonges-lacaniens-par-jacques-van-rillaer

 

Bien à vous

Newsletter
Je m'identifie