Matador (Monopoly), série danoise 1978-1981

Comme j'avais interrogé la chanteuse Birgitte Lyregaard sur le Danemark, elle est revenue à Paris avec le coffret DVD de Matador en cadeau. "Si tu veux connaître les Danois !" Là-bas on ne se demande pas si on l'a vue, mais combien de fois on a regardé la saga de 27 heures. Quatre ou cinq fois, m'avoue Birgitte quant à elle. Si Matador (chef d'entreprise, mais également le nom du Monopoly en danois) fut tourné entre 1978 et 1981, l'action se déroule de 1929 à 1947, à raison d'à peu près un épisode par année, sans durée formatée (41 à 86 minutes). Les 24 épisodes se passent dans la petite ville imaginaire de Korsbæk où les fortunes se font et se défont. Le mélodrame qui oppose deux familles d'entrepreneurs, de la grande dépression à l'occupation allemande, est mâtiné d'un chaleureux humour propre aux Danois et l'évolution des personnages y est passionnante. La frontière entre les classes sociales rappelle le cinéma de Jean Renoir, comme si deux mondes cohabitaient. L'importance donnée aux femmes y est déterminante, phénomène toujours rare au cinéma. Dirigé près Erik Balling, Matador est dû à l'auteur Lise Nørgaard en collaboration avec Karen Smith, Jens Louis Petersen et Paul Hammerich. Espérons qu'un éditeur français aura la bonne idée de publier cette réussite, car la version superbement remasterisée en 2009 depuis le film en 16 mm ne comporte que des sous-titres norvégiens, suédois et... anglais.



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avec les sous titres en anglais, on peut se débrouiller (mes connaissances en danois, norvégien ou suédois confinant à l'anecdotique) Par ailleurs, qu'est ce que cette série a de "remarquable" qu'il faille chercher ce DVD introuvable ? En dehors de l'humour danois, sans doute inoubliable ?
Relire mon billet ;-) Étude de caractères, rapport de classes, construction d'une identité nationale (d'un point de vue moral), affranchissement des femmes, exotisme européen... Tourné en 16, ça ressemble tout de même plus à du cinéma qu'à de la télé. Contemporaine de Berlin Alexanderplatz, Matador précède Heimat de quelques années.