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La première diplômée ès Beatles

Mary-Lu Zahalan-Kennedy était, jusqu'à présent, une parfaite inconnue, en tout cas en Europe et dans son Canada natal aussi vraisemblablement. Elle le sera désormais un petit peu moins. Depuis le 27 janvier elle est diplômée de l'Université Hope de Liverpool, après avoir mené à son terme une maîtrise sur les Beatles, et plus particulièrement sur leurs compositions, leur son spécifique et leur impact sur la culture pop.

 

Pour tenter, par avance, de convaincre les sceptiques, notamment ceux qui parmi les universitaires pensent que ce MA a été créé à des fins de communication touristique, la toute nouvelle diplômée a déclaré à la BBC qu'il s'agissait d'un travail réellement académique, comme pour s'en convaincre elle-même. Elle dit avoir observé de façon exhaustive ce qu'était l'environnement politique, social et culturel des années 1960 et comment les Beatles l'ont enrichi et transformé. Nul ne se permettrait d'en douter. Néanmoins cette Canadienne de cinquante-trois ans, comme le Guardian la présente, ne semble pas avoir de cursus universitaire, mais plutôt musical, puisqu'elle a obtenu, au Canada, la Juno award en 1983, avec son groupe de chant.

 

Malgré l'enthousiasme bien naturel du créateur de cette formation, Michael Brocken, son initiative n'a pas déclenché de réactions dithyrambiques ou même délirantes à travers le Royaume-Uni. Sur la photo du Guardian on voit l'impétrante trôner devant une plaque fort célèbre, Penny Lane. On se souviendra que la navrante Marie Laforêt avait commis une inepte chanson, dans les années 1970 sans doute, dans laquelle elle annonçait que Penny Lane s'était mariée ! Difficile pour une rue. Les nostalgiques pourront se délecter ici. Quant aux Beatles il ne faut pas oublier deux ouvrages assez solides : The Lives of John Lennon, Albert Goodman, 1988, William Morrow and C° et The Beatles: the Fab Four who Dominated Pop Music for a Decade, Robert Burt, 1983, Treasure Press.

 

* Crédit photographique : Alan Edwards / PA.

Tous les commentaires

Désolé pour le second lien, mais YouTube semble avoir retiré Penny Lane.

 

Merci, Jean-Louis. Pour nous qui avons l'âge (et le poil gris :-) de nos idoles, il n'est nul besoin de diplôme. Nous sommes des Scarabélix tombés adolescents dans ce chaudron magique où mijotait une bien divine potion. Nous en avons gardé cet indéfectible goût de liberté qui ne nous a plus quitté.

Tu as raison leo, pour les sixties nous sommes sans doute diplômés à vie. Merci. Heureux de te lire.

@Jean-Louis,

Votre billet a le mérite de nous faire partager une information, souvent peu relayée, mettant en valeur l'intérêt historique et social de la musique pop dans ces années scintillantes.

Une tendresse particulière et un respect profond ne peuvent que s'exprimer face à ces formes d'art, populaires s'il en étaient et tellement bien construits.

Fallait-il que ces artistes aiment les gens infiniment plus que leur propre notoriété et l'argent.

Un peu comme si , un universitaire agrégé venait faire cours, pour le simple plaisir du partage de son savoir, à des gamins de banlieue.

Merci pour votre commentaire. J'aime beaucoup votre dernière phrase qui devrait être l'essence de l'enseignement.

Penny Lane a deux enfants, aussi...

Ah, la licence "poétique". En revanche, la phrase immortelle, "jamais elle n'aura de cheveux blancs" est frappée du coin du bon sens.

Tes billets sont un délice, Jean-Louis, je n'avais jamais écouté les paroles de Marie Laforêt, je pense ;)

Merci Christine, les tiens sont un régal.

Merci pour ce billet intéressant.

S'agissant du contraste entre les années soixante et aujourd'hui à Liverpool, je vous propose de lire ou relire mon billet d'Aout 2010 : "Welcome to John Lennon airport".

 

Merci pour votre commentaire et surtout merci pour le lien avec votre excellent article, qui, été oblige, m'avait échappé. S'il est un peu tard pour cliquer sur "recommander", il n'est pas trop tard du tout pour inviter tous ceux qui ont posté un commentaire - et les autres aussi ! - à aller lire cette merveille d'évocation de la naissance d'un groupe d'exception et un retour émouvant sur notre propre passé.

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