
Thématiques du blog
2004 : Bush censure le New York Times
Le 16 décembre 2005, les deux journalistes du New York Times, James Risen et Eric Lichtblau, avaient révélé que l'administration Bush, dans sa frénétique mais tardive recherche de suspects dans l'après 11 Septembre 2001, avait mis sur écoute un grand nombre de citoyens américains, sans l'autorisation préalable de la justice fédérale. L'article avait été repris, commenté, puis oublié. L'information de 2005 revient à la Une, désormais avec la publication, à la fin de la semaine dernière, d'un livre.
Il s'agit, aux éditions Slate, un ouvrage d'Eric Lichtblau, Bush's Law: The Remaking of American Justice (La loi de Bush : la reconstruction de la justice américaine). A l'occasion de la sortie de son livre, Lichtblau a été invité, le 3 avril, par Terry Gross, journaliste et animatrice d'une émission d'information sur NPR, National Public Radio. Il a révélé que l'enquête réalisée avec son confrère James Risen était prête à être publiée début octobre 2004.
Mais Bush, informé de cette initiative et craignant que cette information avérée ne menace sa réélection, a exercé un véritable chantage sur le conseil d'administration du New York Times pour qu'elle ne soit pas divulguée, sous le prétexte totalement fallacieux qu'elle pouvait mettre en péril la sécurité du territoire. Et le plus surprenant et le plus triste est que l'état-major du célèbre quotidien new-yorkais a cédé. Ce développement est confirmé par l'éditorialiste du Washington Post, Dan Froomkin, le même jour.
Quant on songe à la réputation du NYT, cette affaire est un rude coup pour son image d'indépendance. A l'heure où le président de la République française s'aligne de plus en plus ouvertement sur les options de politique étrangère américaine, cette révélation d'Eric Lichtblau ne manquera pas d'inquiéter.

Tous les commentaires
Le New york Times a raflé la mise - en matière de Pulitzer - juste après le 11 septembre. Etre sur place a aidé. A lire l'ensemble de la presse américaine, dans les mois qui ont suivi, on était saisi par l'absence minimale de distance , auto censure, censure ? L'ensemble des articles - à de rares exceptions près, et pas toujours dans les titres les plus prestigieux - tendait à justifier par avance l'intervention en Irak. Mais cette année, c'est le Washington post, qui a reçu je crois 11 Pulitzer divers ! ( qu'il n'aurait pas mérité à l'époque, en pleine phase militariste). L'indépendance des grands titres est sujette a bien des aléas. Reste l'indépendance des journalistes, têtus de préférence.