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10 raisons sérieuses pour ne pas aller en Afrique du Sud
L’affligeant spectacle de mercredi soir au stade de France ne laisse plus aucun doute sur ce qu’il faut penser du sélectionneur de l’équipe de France de football, Raymond Domenech. Mis à part Stéphane Alliès, qui souhaitait « vivre et mourir avec Raymond », titre d’un précédent billet – mais il est hors de question de laisser sombrer un journaliste de Mediapart de talent avec quelqu’un qui n’en a jamais eu aucun —, aucun spécialiste, aucun connaisseur ne pourrait trouver des excuses, de quelque nature que ce fût, à la sombre médiocrité du pré-cité, Raymond, bien sûr, pas Stéphane.
Parce qu’avec lui c’est tout le football français qui est en train de mourir. La FFF, dont le président a si maladroitement suggéré que le successeur du funeste fossoyeur du jeu à la française soit nommé avant la coupe du monde de juin 2010 en Afrique du Sud, ne communique guère sur les chiffres. Non pas le salaire faramineux du présumé sélectionneur, mais sur la chute libre du nombre de licenciés.
En règle générale, lorsqu’un sport est sous les feux de la rampe, parce qu’il draine les succès, comme cela a été le cas récemment avec le hand-ball, puis désormais avec le biathlon nordique, il engendre un engouement, qui débouche sur un accroissement du nombre de licenciés dans les petits clubs. Mais avec le football de l’ère Domenech, c’est le contraire. Le triste spectacle ne fait plus rêver, et les enfants ne veulent plus jouer au football.
Tout simplement parce que Domenech est le champion du cauchemar, le magicien de la dystopie, qui réussit, avec quelques-uns des meilleurs joueurs du monde qui brillent dans les meilleurs clubs européens, à faire l’équipe la plus médiocre du moment. La FFF s’est emballée, après la finale de coupe de monde inattendue, en 2006, et perdue sur un coup de tête, et a renouvelé, dans l’euphorie, le contrat de Domenech.
De fait, après le calamiteux championnat d’Europe des nations de 2008, en Suisse, il était hors de question de remercier le spécialiste de la provocation, car les indemnités dues auraient ruiné les finances de la dite fédération. C’est le langage de la raison qu’a tenu Noël Le Graet, lucide vice-président, à qui il faudra sans doute ériger une statue, un jour, pour avoir créé la DNCG, Direction Nationale du Contrôle de la Gestion des clubs professionnels.
Donc, afin d’apporter une contribution à la réflexion qui s’engage et afin de soulager tous ceux qui souffrent déjà à la pensée de la déroute programmée, voici dix raisons pour lesquelles il vaudrait mieux que l’équipe de France passe son tour – au profit des Irlandais, par exemple – et n’aille pas en Afrique du Sud disputer la dix-neuvième coupe Jules Rimet, dite coupe du monde de football :
1- Tout d’abord, les économies colossales que la FFF réaliserait sur le stage de préparation, le voyage et l’hébergement, permettraient de continuer à assainir son budget global, tout en aidant les fédérations en plein essor, comme celles du curling.
2- En annulant le voyage en avion, la FFF participerait à l’effort planétaire de réduction de production de CO2.
3- En décommandant le luxueux hôtel proche de Bloemfontein, la FFF libérerait des places pour les nombreux touristes et amateurs de vrai football, qui entendent venir voir jouer de vraies équipes, sans compter que les WAGS (Wives And Girlfriends) de l’équipe d’Angleterre ont, selon les tabloïdes britanniques, du mal à réserver une chambre.
4- Avec le temps d’antenne libéré, TF1 réaliserait son rêve secret, retransmettre le ‘in’ et surtout le ‘off’ du Festival d’Avignon.
5- Avec cette décision, la popularité de Thierry Henry en Irlande et l’avenir de l’amitié franco-irlandaise renaîtraient.
6- Les joueurs qui auraient été sélectionnés pourraient enfin se reposer, eux qui se plaignent d’avoir des saisons trop chargées (c’est vrai enfin quoi ! demander à des footballeurs de jouer sans arrêt au football, c’est dément, non ?).
7- Raymond Domenech pourrait enfin épouser la fille Denis, la mère c’est trop tard, disparue dans une lessive tragique, et jouer avec ses enfants sur une plage bretonne, sans leur donner de plan d’occupation du sable, ni aucune consigne.
8- Les téléspectateurs qui aiment la langue châtiée auraient l’immense bonheur de ne pas entendre le volapuk des commentateurs fait des délicieux « mano a mano », « bicicleta », « il a bien lu le jeu » et d’autres pures merveilles sémantiques.
9- Les mêmes téléspectateurs seraient privés des surréalistes « micro-pelouses » d’après-match et des mémorables déclarations des joueurs, « On les respecte », « On les a bien pressés », « On a répondu présent », « Le bloc équipe était bien en place », et bien d’autres encore.
10- Enfin, et ce n’est pas la moindre des raisons, il n’y aurait aucun risque de voir cet événement récupéré par la cour du souverain Nicolas Ier.
On attend désormais un geste de salut public de la part de la FFF.

Tous les commentaires
Amusant mais je n'ai guère envie de participer à cette meute médiatiquement organisée. Je me souviens des crachats essuyés par Aimé Jacquet avant la coupe du monde 1998.
Point noir relevé dans ce billet: le fric. Ces sommes astronomiques versées tant aux joueurs qu'aux entraîneurs m'éloignent de ces "compétitions" dîtes sportives...
Jean-Robert, Jacquet c'était différent, il avait un système de jeu, des idées et...un palmarès. Incidemment, je ne participe à aucune meute, j'ai toujours considéré, comme de nombreux autres aficionados que c'est une erreur que d'avoir confié l'équipe à quelqu'un qui n'a jamais rien démontré, si ce n'est son sens aigu de la provocation.
Je ne t'ai jamais assimilé à la "meute médiatique" nonobstant tes billets si bien troussés !
Bien à toi.
Je soutiens à fond Domenech pour deux raisons indiscutables :
et surtout parce que tout le monde est contre lui.
Cher raybor, ce sont deux raisons fort nobles et respectables, mais qui, malheureusement, ne suffisent pas. La preuve est faite que Domenech n'a aucune stratégie, aucun système de jeu, et, ce qui est plus grave encore, aucune imagination. Depuis qu'il a pris la responsabilité de la sélection, il n'a trouvé aucune défense viable, aucun milieu stable et n'a encore fait aucun choix en attaque, et, ceci en six ans ! La meilleure solution pour tout le football français serait qu'il soit remercié avant la coupe du monde et que le président de la FFF démissionne, mais, là, on entre dans le domaine du voeu pieux...
Quelle importance!
Après la sinistre époque Boulogne, on a connu l'époque Hidalgo.
Gageons qu'il en sera de même après la coupe du Monde 2010 puisqu'on aura touché le fond en qualité de jeu avec des joueurs de niveau international.
Plutôt que fixer son attention sur l'équipe A dont il n'y a rien à attendre d'enthousiasmant (celà, je le maintiens même si on faisait une bonne performance en Afrique du Sud), regardez l'équipe espoir et son homologue croate qui nous ont offert un vrai match de football avec des moyens humains a priori inférieurs.