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Tsunami médiatique et dérive sémantique
Nous étions prévenus, mais, néanmoins, l'insupportable ouragan a pénétré les ondes, les écrans, la vie quotidienne française depuis vendredi. Réjouissons-nous, nous n'avons pas eu droit à l'hélicoptère de France 2 en survol avec Jean-Paul Ollivier faisant l'historique de la papamobile, ni Jalabert sur une moto suiveuse pour détailler l'état de fraîcheur du maillot blanc. Pour respirer un peu il faudra attendre lundi ou se risquer à ouvrir en grand ses fenêtres pour hurler un libérateur "A bas la calotte !". Car dans cet étrange phénomène, qui a peu de choses à voir avec le choix individuel de conception de la vie, il y a deux aspects aussi intolérables l'un que l'autre : le tsunami médiatique et la dérive sémantique.
1) Le tsunami médiatique
Le déferlement des images, des sons, avec une couverture médiatique d'une complaisance mielleuse, pourrait légitimement nous faire croire que nous sommes en Corée du Nord. Le chef d'une religion est promu comme un produit de consommation, sous l'influence de l'actuel président de la République, et les consommateurs potentiels sont contraints d'une part de consommer, même si tel n'est pas leur souhait, d'autre part de considérer qu'il s'agit là d'un produit unique. L'absence de présentations et de débats contradictoires est flagrante, pesante et déplacée, mais tout à fait dans la logique de la conception du pouvoir de Nicolas Sarkozy, qui fonde son action sur des coups, sans aucune distance, sans aucune réflexion, sans aucune idéologie.
Tantôt il est pro atlantique aux pieds du désolant George Bush, tantôt pro israélien à la Knesset, tantôt anglophile face à ce qui reste de Gordon Brown, tantôt admirateur de l'Allemagne devant l'européenne Angela Merkel, tantôt vulgairement familier avec les plus dangereux de la planète, Vladimir Putin, Bashir El Assad, et Muammar Khadafi. Quelle est la ligne suivie ? Il n'y en a pas, si ce n'est de se mettre invariablement en scène, d'être le centre d'intérêt. Et, dans tous les cas de figure, le tintamarre des medias dociles suit, parfaitement orchestré, ne laissant d'autre choix que l'adhésion grégaire à une pensée unique, un dogmatisme féroce et une réelle mauvaise foi, au sens propre comme au figuré.
Que pensent vraiment les catholiques fervents de cette mascarade ? Ceux et celles qui sont de toutes les luttes sociales, ceux et celles qui considèrent que leur engagement personnel n'a rien à voir avec ce déballage impudique. Par la loi des grands nombres, il doit y en avoir parmi les abonnés de Mediapart. Je ne parle pas de ceux qui sont prêts à allumer de nouveaux bûchers, qui confondent débats et insultes, qui prennent l'invective pour un argument solide. Non, je parle de ceux et celles qui ont choisi légitimement de croire et que l'on entraîne sur la voie de l'idolâtrie, aux antipodes de ce que la bible a dû normalement leur apprendre.
Les chaînes de télévision, les stations de radio, la presse écrite font de cette visite papale une tournée de rock star, dans un matraquage insupportable. Il aurait été judicieux, de la part de ces medias aux ordres, de faire quelques rappels salutaires pour bien situer l'église catholique : dire quelques mots de l'inquisition, des croisades, de la conquête de l'Amérique, du colonialisme (à ce sujet, on peut sur le lien suivant savourer les paroles de l'excellente chanson de Jean Ferrat publiée en 1969 et aussitôt interdite sur l'ex-ORTF, Le sabre et le goupillon ; on notera qu'en 2008 ce chef d'œuvre est toujours introuvable sur Dailymotion et sur Youtube, étonnant, non ? comme disait le regretté Desproges), de l'étrange passivité de Pie XII face au nazisme, de l'opposition farouche de Jean-Paul II, exhorté par son mentor de l'époque, une certain Ratzinger, contre la contraception, l'usage du préservatif et les libres choix de sexualité. Mais rien de tout cela, et, à ceci s'ajoute la dérive sémantique fort fâcheuse du président de la République.
2) La dérive sémantique :
Dans ce domaine aussi, nous étions prévenus, préparés même. Ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy nous avait déjà assénés un oxymore de bas étage, aussitôt repris et amplifié par les valets des medias, la discrimination positive. L'actuel président de la République devrait se limiter à son registre lexical habituel et plus conforme à l'image qu'il a donnée jusqu'alors : "racaille, karcher, casse-toi connard". Il a grand tort d'utiliser des mots trop savants dont il ne maîtrise pas le sens.
Car cette composition par juxtaposition est totalement ridicule. En quoi la discrimination, du latin "dis", préfixe négatif qui traduit l'idée de division, de séparation et de négation, et de "criminare", verbe qui signifie accuser, pourrait-elle être positive ? Et pourquoi pas un esclavage radieux, une invasion merveilleuse, une guerre somptueuse ? C'est absurde, grotesque et c'est une déformation qui révèle un vide idéologique sidéral. Nos amis les Grands Bretons ont coutume de dire form leads to meaning, la forme conduit au sens, mais, dans ce cas précis elle ne conduit nulle part, sinon à la manipulation et au mensonge. Du reste il n'est pas très étonnant que l'actuel président soit très ami avec Tony Blair, dont le vaste et fumeux programme, The Third Way, la troisième voie, n'a, à ce jour, toujours pas apporté la preuve tangible d'une existence éventuelle, entre capitalisme et communisme, alors que la politique qu'il a menée a souvent ressemblé à celle de Margaret Thatcher.
Mais Nicolas Sarkozy est allé un peu plus loin encore. Cette fois il a abandonné l'oxymore creux pour pencher du côté de la provocation outrancière, avec la laïcité positive. Caroline Fourest et Sylvain Bourmeau ont judicieusement rappelé ce qu'est la laïcité, à savoir le respect, dans la liberté, l'égalité et la fraternité républicaines de toutes les croyances et de tous les choix individuels, religieux et philosophiques, sans qu'aucun ne devienne jamais une vérité imposée aux autres. Voilà ce qu'est la laïcité. Ce n'est pas un choix religieux supplémentaire, comme le suggère insidieusement le président de la République. Le pré-supposé de cette lamentable association, laïcité positive, conduirait à penser qu'elle est donc négative, alors que c'est le garant de toutes les libertés.
Avec un tel choix linguistique, Nicolas Sarkozy joue à l'apprenti-sorcier. Du reste la parole a été aussitôt libérée chez les dogmatiques. Vendredi 12 septembre, dans le cadre de l'émission d'Yves Calvi, C'est dans l'air, sur France 5, et en réponse à une définition de la laïcité donnée par Christophe Barbier, rédacteur-en-chef de L'Express, et conforme à celle que j'ai énoncée plus haut, le directeur de la rédaction du journal La Croix a réagi vivement en affirmant qu'une telle définition était une forme d'exclusion. Bas les masques, donc ! Tolérer toutes les vérités dans la sphère privée mais refuser qu'une seule soit imposée à tous, c'est, pour ce journaliste catholique, de l'exclusion !
Comment accepter un tel détournement ? Comment accepter ce totalitarisme qui consiste à nier la tolérance pour mieux faire le lit de l'intolérance ? On prête à Voltaire cette phrase : je ne suis pas d'accord avec ce que vous affirmez, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire. Les néo-dogmatiques ont une autre version : je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ne puissiez plus le dire.
En conclusion, je vous invite à écouter cette définition de la France, chantée par le même Jean Ferrat, en 1969, et à laquelle je m'identifie volontiers.

Tous les commentaires
Une anlayse de la ''dérive sémantique" décapante en ces temps glissants.
Merci, cher Claude Lelievre.
Je ne sais pas mettre les liens de la façon si élégante dont vous le faites tous, mais j'ai trouvé la chanson de Jean Ferrat sur Deezer : http://www.deezer.com/#music/result/all/le%20sabre%20et%20le%20goupillon Sinon, je suis tout à fait d'accord avec cette question sémantique. C'est à se demander si des experts en communication de masse (je veux dire en propagande, mot que l'on n'entend plus alors qu'il est tellement d'actualité!) ne réfléchissent pas à l'introduction de ces notions fumeuses, qui, à force d'être répétées, induisent un gauchissement de la pensée. Un obscurcissement de celle-ci créé par l'usage paradoxal des mots. J'ai écrit ailleurs sur le thème "théorie du complot", qui me semble un exemple de la création d'un concept négatif par des gens qui veulent décridibiliser un questionnement critique. Ces "mots-valise" comme on dit en psychanalyse, comme les formules paradoxales que vous évoquez, ont l'avantage dangereux de dire bien autre chose que le mot lui-même. Ces mécanismes se rapprochent de ceux décrits dans la communication perverse. Un terme général mais flou, nous fait rechercher un sens précis sous-jacent, lequel pouvant être, en fonction du contexte, exactement l'inverse de ce qui est explicite. Par exemple, à une certaine place, dire qu'il n'y a pas de raisons de ne pas respecter autant les athées que les croyants, laisse supposer que la question se pose... Comme laïcité positive laisse entendre que la laïcité peut être négative, ce qu'évoque votre texte. Un terme comme "mondialisation", sous-entend "Il faut accepter tous les changements parce que c'est le sens d'une globalisation des échanges à laquelle on ne peut rien". "Travailler plus pour gagner plus": si l'on ne gagne pas assez, c'est que l'on ne travaille pas assez, et peut-être parce que l'on ne veut pas travailler davantage. Les exemples sont légion, avec l'effet amplificateur des médias qui répètent les formules avec délectation, quand ils ne repassent pas en boucle les messages, comme on peut se les auto-administrer sur Internet. Or on sait en publicité qu'un message, même accompagné d'une appréciation négative, aura, après un certain nombre de répétition, un effet d'empreinte. Et enfin, cueillant au passage un fragment d'info sur France-Inter (je me protège de la télévision et même, maintenant, de la radio...) j'ai ressenti l'importance exagérée donnée à cette visite, et je suis tombée... assise, quand j'ai entendu le commentateur décrire les fidèles recevant "à genoux" le sacrement. "A genoux" m'impressionne...
Merci beaucoup pour ce commentaire de qualité et pour le lien qui arrive à point nommé.
Quelqu un a ecrit sur ce site l autre jour, un truc du genre ; celui qui a une montre connait l heure, celui qui en a plusieure ne sait jamais trop. dans le contexte actuel, c est d abord , et je me repete souvent, une,voire des, politiques d arriere garde qui sont pratiquee, a savoir qu a l etranger (anglo/saxon en particulier) la recession est reconnue, economique et sociale. alors au vu et au su de ces faillites et etant encore un peu en avance et de ce fait avoir la possibilite de limiter les degats, notre monarchie pratique la fuite en avant. De plus, a force de donner dans le tanto ceci et tanto cela, on fini invariablement un jour, et je le vois proche, a se prendre les pieds dans le tapis. de surcroi, les catholiques pratiquants sont de l ordre de 10% si je ne m abuse, il y a donc forcement une grande majorite de francais que tout ce tapage derange, cest a mon avis une premiere erreur du pouvour Sarkocentral, une fois de plus, on vois le spectre de l improvisation, du n importe quoi, aussi et sans y mettre de chiffres, si de cette grande majorite, il en ressort qu un certain pourcentage ne vont pas se laisser faire si notre heros venait a introduire des notions d integrisme catholique dans notre vie de tous les jour, je vois mal sa popularite en hausse.
"le sabre et le goupillon" sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/relevance/search/LE%2BSABRE%2BET%2BLE%2BGOUPILLON/video/x6kl3k_le-sabre-et-le-goupillon_music
J'avais donc mal cherché. Merci beaucoup.
Vous n'aviez pas mal cherché, mais pas assez longuement peut-être ? Ce site était loin d'être en 1ère page sur google ! A moins d'aller directement sur Dailymotion ? Youtube est en tout cas censuré maintenant, concernant NS en tout cas... Autant savoir !
Bonjour, Merci pour votre analyse. Ce qui me fait le plus peur, c'est que l'on ne sait pas pourquoi les médias, ou plutôt les journalistes réagissent comme cela. Par peur? hypnotisés? servilité? en soutien? Daniel Schneidermann dit (rencontre médias au modem) "ils sont comme tout le monde ils ont une famille, ils doivent manger" cela veut dire que le syndicat des journalistes n'a aucune voix, aucun poids, aucune analyse? . ps: un peu hors sujet... lu sur gutenberg.org, des extraits de "mother earth" (1906) revue? . "(...)If God were not in existence we would have to order one from the Professors of Theology. The fear, instilled in the majority of the poor, with the God, Devil, Heaven and Hell idea, is greater than their dread of a hundred thousand policemen. Had we not given God the place of Chief Gendarme of the Universe, we would need twice as many soldiers and police as we have to-day. (...)-- http://www.gutenberg.org/files/26600/26600-h/26600-h.htm . (...)A poor devil who owns but one million dollars said to me the other day: "I, in your place, would rather contribute money towards art and literature than to donate it to the Baptist Church." What an impracticable fellow! Art and literature, among the common people, only tends to cause mischief. They are to remain our privilege. We know the demands of good taste and we can afford to pay for the æsthetic pleasures of life. The majority is unable to do that; besides, to teach them the beauty of art only means to make them discontented and rebellious against our authority.(...) " -- http://www.gutenberg.org/files/26600/26600-h/26600-h.htm
Ils ont une famille ils doivent manger, papon aussi avait dit quelque chose dans le genre; je n ai fait que mon boulot......
Oui, mais à ces questions : "Comment accepter un tel détournement ? Comment accepter ce totalitarisme qui consiste à nier la tolérance pour mieux faire le lit de l'intolérance ?", que pourrions-nous répondre ? Est-ce si bien gentil que cela de se plaindre encore et toujours, dans le vide, faisant entendre sa haine ? Et ne serait-ce pas finalement le déni de la haine de soi, que l'on projetterait sur autrui ? Quant à moi, je préfère une parole qui écrit en disant Non.
Vous avez sans doute lu mon billet un peu vite. Mes questions oratoires de conclusion impliquent un refus catégorique, qui vous aura sans doute échappé, auquel cas je vous renvoie aux termes de mon introduction.
Bravo et merci Jean-Louis !
Merci Thierry.
Pour continuer la réflexion sur la question des medias (dans un autre contexte) : http://www.acrimed.org/article2945.html
Référence très intéressante. Merci pour ce lien.
Merci Jean-Louis Legalery pour cet article clair et incisif, sans concessions. Le plus dur pour les citoyens de base comme moi est de ne pouvoir crier la colère que nous inspire la "politique" de Sarkozy. Alors quand quelqu'un prend la plume pour écrire des choses que l'on pense, quel soulagement !
Merci sincèrement pour ce commentaire clair, direct, franc et non alambiqué.
Merci Jean-Louis pour ce billet "magistral" dans tous les sens du mot! Une seule remarque: le "déluge" médiatique m'a cependant permis d'entendre en entier: -le discours d'accueil du pape par notre petit chanoine de Lattran à l'Élysée, -la réponse du dit pape, -le discours du dit pape devant le parterre des "intellectuels" aux Bernardins, -l'adresse du pape au peuple aux Invalides. J'y ai puisé de "l'information", ce qui est positif. Dont un "sacré" amalgame de "l'argent, du pouvoir, voir du savoir" dans un même sac par le dit pape: un moment étonnant!
Je n'ai pas eu cette patience-là, ni cette tolérance. Merci, donc, pour ce complément d'information.
Le tsunami n'a pas été une grande surprise pour moi et, me souvenant des expériences antérieures, je me suis branché d'emblée sur les faisceaux de protons qui allaient peut-être bientôt se heurter, à une vitesse proche de celle de la lumière, et reconstituer les conditions du big bang - que nient les créationnistes. Ce qui m' inquiète le plus dans ce barnum médiatique, c'est l'attaque frontale menée contre le POSITIVISME en s'appuyant sur les principes (scientifiques) de la relativité et de l'indétermination en physique, attaque visant à renvoyer dos à dos physique et métaphysique, science et religion/mythologie - qui seraient deux formes aussi valables l'une que l'autre de la connaissance - exactement ce qui se dit dans certaines écoles de certains pays pour interdire l'enseignement de la théorie de l'évolution, parler de la création de l'univers par "Dieu" dans les manuels scolaires de biologie... Or il y a une grosse différence : les scientifiques, eux, révisent leurs hypothèses quand elles s'avèrent erronées, en tout ou partie, alors que les derviches continuent de tourner autour de la même depuis des siècles. A notre échelle, le discours scientifique se vérifie tous les jours (collision de deux trains de masse m lancés à une vitesse v, tuile qui vous tombe sur la tête par temps de grand vent, etc.), Newton n'est pas démenti. Qu'on laisse les derviches continuer de tourner autour de leur hypothèse ancestrale, mais pas de mélange des genres et ne laissons pas les trous noirs de la connaissance nous avaler la matière grise.
Merci infiniment pour ce texte clair et concis, ça fait du bien de ne pas se sentir seule... j'ai fait le choix de ne pas avoir de télé (les rédactions ne sont-elles pas financées par le pouvoir en place ?), et je n'écoute pas la radio sauf FIP qui nous a fait grâce de tout ce déballage, merci, .... la seule solution dans l'immédiat, c'est de lire Médiapart tous les jours !
Je suis entièrement de votre avis. Quant à FIP, le seul regret, en province, c'est d'être obligé de passer par Canal Sat, entre autres, et, donc, d'en être privé en voiture. Merci.
S’il peut être admis que Nicolas Sarkozy dit à peu près tout et le contraire de tout, admettons également qu’il n’est pas le seul. Ainsi en est-il de ceux qui veulent un peu trop jouer aux réformateurs du langage (changer les mots au lieu de changer les choses). Retour de l’idéalisme qui vaut bien la pensée magique de la religion. Outre le fait que la questions de la «discrimination positive» est totalement hors sujet, la moindre des positivités académique à son égard consiste au minimum à enregistrer les usages admis: « dire ce qui est et non ce qui doit être ».
Entre autres réflexions irrespectueuses de nos sommités académiques, j’avais déjà écrit ceci sur une autre universitaire qui déblatéra sur la même « discrimination positive » (voir ce sous-titre sur http://www.exergue.com/h/2006-04/tt/racisme01.html) en des termes tout aussi cuistrement puristes.
«[...] Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l'Université Rennes-I, dans un entretien à l'Observatoire du communautarisme, peut ainsi pontifier elle-aussi (décidément ! C'est pour ça qu'on les paye ?) : «Le mot ‘discriminer’ n'a a priori aucun sens péjoratif ou répréhensible puisqu'il désigne simplement le fait de distinguer, séparer, sélectionner ou discerner et vous m'accorderez qu'il est en principe tout à fait louable de savoir distinguer les êtres, les choses, les caractères ou les oeuvres ». On peut lui répondre aussi que n'importe quel imbécile (sans discrimination) sait pourtant qu'il existe plusieurs acception à ce terme.
Quand, en s'abritant derrière Renan, elle déclare que «La discrimination positive marque le retour au droit des orangs-outans», certains ne se trompent pas d'acception qui illustrent leur article de jolies images de véritable orang-outan qui évoquent quand même certains préjugés racistes. Si Anne-Marie Le Pourhiet critique légitimement les excès clientélistes de la discrimination positive – mais la politique sans le clientélisme est un rêve éveillé –, elle finit par se perdre dans ses présupposés pseudo-méthodologiques et idéologiques personnels (hors cette question raciale). Si précisément elle semble effectivement «color blind», comme elle dit, cela signifie bien qu'elle «ne fait donc pas de discrimination raciale», contrairement à ses fausses leçons de sémantique ! A moins que cela signifie, au sens littéral donc, qu'elle ne discerne pas les couleurs (infirmité certes respectable, mais qui n'a pas grand intérêt pour le débat) !
Son problème personnel relève plutôt d'un biais formaliste de juriste [et des intellectuels normalisateurs], par manque de formation sociologique sans doute. Car si elle ne cède pas elle-même à la discrimination raciale, cela ne signifie pas qu'elle n'existe pas chez d'autres personnes. Ce sont ces discriminations raciales que la discrimination positive voudrait corriger, et évidemment pas les comportements des antiracistes. Ce sont ces deux types de comportements qu'il faudrait être capable de discriminer ! Or le fondement du complexe du juif ou du complexe du Noir consiste précisément en cela que les victimes du racisme et de l'antisémitisme ne savent pas à qui ils ont affaire. Il en résulte sans doute un agacement de celui qui n'étant pas raciste se sent accusé à tort. Ce qui finit par provoquer en retour chez les juifs/Noirs une méfiance envers cette accusation. Car la notion de «complexe du juifs/Noirs» vient bien souvent des antiracistes!
De là vient sans doute aussi l'abus de la notion de «racisme anti-blanc». Car il est pourtant facile de comprendre que certaines attitudes de la part de Noirs ou d'Arabes correspondent à de la rancoeur. Sinon autant dire qu'après la Shoah (ou les pogroms et exclusions antérieures en Europe de l'est), on constate chez les juifs un racisme anti-allemand (ou anti-slave) !
Il est d'ailleurs connu que la discrimination positive est un embarras pour certains qui en bénéficient, car leur compétence est mise en doute. Ce qui explique que nombre de ceux qui pourraient en bénéficier en refusent le principe. Mais traitons autrement le problème : Quand vous êtes antiraciste et blanc et que vous voulez louer un appartement, obtenir un emploi, d'un raciste, vous profitez donc éventuellement d'une discrimination positive en votre faveur, sans le savoir donc. Comme la proportion de discrimination dans ces secteurs doit varier entre 50% et 90%, on peut considérer que certains mérites personnels (d’antiracistes donc) devaient être réévalués à la baisse.» [...]
Il devrait en être de même de certaines prétentions intellectuelles.
Merci pour cet article et les commentaires, parmi ceux-là, le vôtre, Liliane Bourdin. Mais j'apprécierais beaucoup qu'au lieu d'écrire "Comment accepter ?", vous énonciez votre refus de manière affirmative, cher Jean-Louis Legalery.
Que font les journalistes ? Certains amis, parmi eux, m'ont parlé de la "paresse" dans le journalisme. Mais il me semble qu'ils ont en face d'eux obligations - de couvrir l'événement - et censure. Comment déjouent-ils la censure ? Voilà ce qu'ils nous appartient aussi de soutenir, à condition de développer nos moyens de lire entre les lignes... Un exemple : les gros titres du Monde de ce vendredi 12 septembre 2008 de la page 16 à 19. Décryptages Où on va Jean-Louis ? "Demain, vous serez soldats" Ce que Benoît XVI nous demande Un pape pour le "choc des civilisations" Pour une religion de la "paix perpétuelle" - nous savons tous qu'on ne l'obtient qu'après la mort ! Le véritable catholicisme est compatible avec la critique
Proposition déjà faite une fois : créer une édition avec les textes sur le sujet, déjà publiés ou non sur blogs et commentaires - ne craignons pas les redites, nous avons en face de nous des gens qui tapent sans cesse sur le même clou ! Une édition au titre clair permettrait de joindre nos travaux et permettrait de consulter à un endroit. Avec quels genres de texte ? voir notamment les commentaires du 1er billet sur le formatage de l'opinion de jyplg. Il pourrait y avoir des articles généraux sur les moyens, et des billets comme celui-ci, comme exercice de critique appliquée à un événement. Avec quel titre ? Méthodes de fabrication de l'opinion - propagande. Ce n'est qu'une proposition, elle est criticable.
Votre proposition est très intéressante, Joha1008, mais, encore une fois, comme je l'ai répondu à Liliane Bourdin, je pense avoir été très clair dans mon billet, et mes questions oratoires engendrent une réponse catégorique, qui est dépourvue d'ambiguité, si vous m'avez bien lu.
Oui, cher JLL, je vous ai même lu deux fois, c'est pourquoi votre conclusion en forme de question avec ce verbe "accepter" m'a étonnée. L'inconscient ignore les négations - les publicistes savent cela qui me l'ont expliqué ! Donc, dans une phrase négative ou interrogative, c'est le verbe, élément majeur, qui concentre le message, cela me fait parfois des complications pour écrire mais j'essaie d'en tenir compte parfois. Ceci dit, le sens de vos positions m'a semblé clair. Cordialement.
Si je puis me permettre, vous vous parlez des publicitaires plutôt que des publicistes, non ? Ceci étant dit, Liliane et vous, vous me surprenez, n'ai-ja pas commencé mon billet par "A bas la calotte!" ?
Je ne vais pas dénoncer mes petits camarades, mais ce n'est pas moi qui ai trouvé que votre conclusion n'était pas claire : je suis tout à fait d'accord avec ce que vous dites, et je ne trouve pas que vous le disiez avec quelque manque de fermeté que ce soit. Au contraire. Et c'est pourquoi j'avais commenté un peu longuement, car je trouve important que l'on puisse mettre en évidence les détournements de sens qui polluent la communication publique, et, en fait, ont tendance à réduire la population au silence. En réfléchissant après-coup à votre article, je me disais que tout cela n'est possible que grâce à la société médiatique dans laquelle nous vivons. Une chose devient vraie parce qu'elle est tellement répétée que c'est ce qui en est dit qui se met à primer sur ce qui en existait au départ. A cet égard, l'affaire Siné est significative. Si personne n'avait relayé ce que Siné avait dit, rien de tout ce qui s'est passé ne serait advenu. Or ce qu'il a dit, n'importe quel humoriste aurait pu le dire. Peut-être pas sous la même forme, chacun son style, mais avec le même degré de transgression. La première fois que cette puissance des médias m'avait frappée, c'était à propos de la mort de ce petit garçon, vous savez? Ah, oui, Gregory était son prénom. "L'assassinat du petit Gregory"... Un pape est en visite dans un pays. point. Cela concerne les catholiques et ils en sont contents, je le comprends. Mais pour moi, c'est un non-évènement, à l'heure où la récession a commencé dans le silence, et où les acquits sociaux et les lois garantes de nos libertés sont grignotés jour après jour. Mais cela devient un évènement parce que l'on en parle. Et qu'on en parle beaucoup. Ce n'est pas effrayant, c'est triste.
Certes, Liliane, mais c'est pas nous qui en parlons, nous subissons, et, donc, nous réagissons. Mais je suis bien d'accord avec vous, mais le plus triste, c'est quand même ce qui s'est passé en mai 2007.
Oui, voila le problème : tout le monde en parle, de ces sujets qui ne sont pas là par hasard. Alors quoi faire : se taire, et laisser la place aux porteurs de serviettes, qui assurent le service après-vente du discours officiel? Ou parler en critiquant, et se faire tacler, en concourant malgré soi à la publicité que l'on veut dénoncer ? Je suis pour une troisième voie, qui est celle que vous pratiquez dans votre texte, et que suggère de systématiser Joha1008 : c'est-à-dire méta-communiquer. Donner à réfléchir, non sur ce qui est communiqué, mais sur comment c'est communiqué, seule façon de se déprendre de l'emprise de ces discours et images répétés.
Allez chiche ! Métacommuniquons alors !
Cher Jean-Louis Legalery, le plus triste, à mon sens, n'est pas ce qui s'est passé en mai 2007. C'est ce qui s'est passé en mai 2002. Et je pense, pour ma part, qu'on est très loin, très loin d'avoir saisi la portée de ce séisme-là, de ce qui a rendu possible sa survenue et de ce qui s'ensuit dans l'ordre de ses conséquences, et pas seulement au sein du PS.
Vous avez amplement raison, chère Sophie Bialek, mais la sinistre élection de 2007 n'a été possible qu'en raison du séisme, pour reprendre votre terme parfaitement approprié, de 2002 qui a dévasté la gauche pour quelques années et qui a banalisé les thèses du FN, pour le plus grand bonheur de l'actuel élu.
Cher Liliane, Evenement, non-évenement ? Mais qu'entend-on au juste sous ce terme-là ? Edwy Plenel s'est employé, à propos de l'affaire Siné, à distinguer les faits et les opinions. Ne s'agirait-il pas à présent de distinguer les faits et les événements ? Le parallèle entre l'affaire Siné et la venue du pape me paraît possible, au regard du constat qu'à partir de ces deux faits on a fait, dans les médias, tout un plat. Ceci dit, peut-on en inférer que le pape et Siné étant a priori deux personnalités figurant au même rang, l'actualité les concernant méritait un traitement identique ? Irait-on, pour entériner cet a priori, jusqu'à mettre en avant des statistiques faisant valoir que le pourcentage des individus concernés en propre par le pape étant égal dans l'ordre de ses proportions au pourcentage d'individus concernés en propre par Siné, il est légitime que les médias garantissent, s'agissant de leur actualité respective, une égalité de traitement ? Si l'affaire Siné est devenue l'"affaire Siné", c'est bien que la nature de la transgression n'était pas de l'ordre de la transgression ordinaire des humoristes et qu'elle ne pouvait donc être le fait de n'importe lequel d'entre eux. Si n'importe quel humoriste était en mesure de produire ce niveau de transgression, ça se saurait depuis longtemps, étant bien entendu que jusque là, le seul humoriste de profession à s'être ainsi distingué sur la scène publique ces derniers temps, c'est Dieudonné. Quant à la venue du Pape, elle concerne non seulement les catholiques pratiquants, au rang desquels ni vous ni moi ne nous comptons, mais aussi une institution multiséculaire, l'Eglise catholique, au regard de laquelle on ira quand même pas dire qu'en terme de notoriété de longévité et de poids dans l'Histoire, il soit aisé de trouver des équivalents.
Vous employez avec juste raison le terme d'"apprenti sorcier" pour qualifier l'attitude de Sarkozy qui donne l'impression d'agir en tant que chef de l'église catholique française plutôt qu'en président de la République désireux de respecter la loi de séparation des Eglises et de l'Etat. Sarkozy, quelques points glanés dans les sondages aidant, des membres du gouvernement, semblent avoir de nouveau perdu toute retenue, comme il y a un an. L'arrivée à l'Elysée du pape et des invités de Sarkozy, celle de Fillon et Dati (il en y avait d'autres) à la messe célébrée à Paris, rappelait, jusqu'à la nausée, la montée des marches à Cannes . Le "tsunami médiatique", relève de la même attitude. A l'image de leur suzerain, les médias semblent avoir aussi perdu toute retenue. Mais, trop c'est trop, et je crois à l'effet-boomerang de cette double, indécente et indigeste déferlante. Sarkozy et les médias affidés ne semblent pas avoir compris que la venue du pape laissait indifférente une majorité de Français (http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080912.OBS0971/sondage__une_majorite_de_francais_ne_se_sent_pas_concer.html) , qu'elle ne concernait qu'une minorité des catholiques encore véritablement pratiquants (parmi les 51 % de Français qui se disaient catholiques en janvier 2007, seuls 8 % allaient régulièrement à la messe, ce qui représente quelque 4 % des Français !). Sarkozy et les médias au service exclusif de 4 % des Français : une bonne illustration de la "laïcité positive " !
Merci pour votre commentaire, pour ce lien et pour ce sondage extrêmement éclairant.
Je me joins aux remerciements, d'autan plus que vous exprimez si bien l'amertume et la rage, oui, la rage, que beacoup de nous avons ressentie ces derniers jours et ceci malgré, en ce qui me concerne, mon action préventive - pas TV, pas radios - devant ce deni de laïcité et dont de démocratie républicaine. Allez dire demain à un enfant voulant rentrer en classe voilée ou avec un autre signe distinctif d'appartenance réligieuse de bien vouloir l'enlever! Si ce n'est pas une incitation à la violence cela y ressemble. Personnellement, je suis touchée très profondement ayant vécu déjà cette sumission d'un état à l'Eglise avec toute sa cohorte d'avilissements des esprits. Jamais je n'aurais cru voir la France dans l'état de ces trois dernières journées! Concernant l'attitude du Président, il y aurait tant à dire, à analyser... mais est-ce que cela en vaut la peine? Il nous mène tous en bateau, nous fait tourner en rond et pendant ce temps il nous empêche de prendre la mesure de ce que réellement nous arrive. Pour moi, ce ne sont que des écrans de fumée pour mieux cacher toutes les déconvenues sociales de sa politique et l'offrande qu'il est en train de faire de notre patrimoine aux copains et coquins. Au lieu de suivre des yeux le pigeon d'argile qu'il nous lance chaque jour et qu'il nous jette comme un os à ronger: amours, mariages, divorces, insultes, tapis rouge aux dictateurs et j'en passe, nous devrions rester concentrés sur l'essentiel et parler sans relâche pouvoir d'achat, service public, code du travail, bouclier fiscal, Ecole Publique, Hospitaux... et bien sûr, LAICITE et REPUBLIQUE. Ce que je veux dire, c'est qu'il faudrait s'en occuper moins de SARKOZY et ses pirouettes et plus de ce que nous voulons pour nos cellules de vie et pour notre société. Pour ce qui est des médias... ils rognent l'os. Ils sont alimentés chaque minute en direct, ils ont de quoi faire un papier et n'ont plus à faire d'enquêtes... tout bénéfice. Pourtant ils devraient en faire au moins une, identifier et signaler avec un drapeu bleu-blan-rouge la dernière fois qu'ils ont utilisé l'éthique de leur déontologie. Le salut ne peut venir que des actions citoyennes. Ne laissons pas tomber.
Vous avez raison, et votre métaphore de l'écran de fumée est juste. Pendant que Sarkozy s'agite avec un coup, puis un autre, son bilan désastreux passe confortablement au second plan. Merci de votre commentaire.
Merci Jean-Louis Legalery, pour cet excellent billet et merci d'avoir cité les catholiques fervents et pratiquants, dont je ne suis pas, mais que j'admire parce qu'ils sont de tous les combats sociaux de notre temps et qui ne se retrouvent pas dans ce cirque médiatique.
Merci Jean-Louis Legalery, pour cet excellent billet et merci d'avoir cité les catholiques fervents et pratiquants, dont je ne suis pas, mais que j'admire parce qu'ils sont de tous les combats sociaux de notre temps et qui ne se retrouvent pas dans ce cirque médiatique.
Merci beaucoup pour ce commentaire concis qui va droit au but de mon billet.
L'excuse qu'a donnée Patrick Devedjian serait qu'il a existé une "laïcité négative". Il y a un siècle il est vrai que l'outrance des laïcards qui n'étaient que des anticléricaux a pu accréditer cette thèse. Mais c'est faire injure aux tenants actuels de la laïcité que de vouloir assimiler leur conception à cette "négative". Le contraire de la "laïcité négative" de l'époque du grand-père de M. Devedjian c'est la laïcité tout court, nul besoin d'y ajouter le terme "positive" dont on ne sait toujours pas ce qu'il recouvre dans l'esprit du chef de l'Etat ou de ses conseillers. Une piste pour moi: dans le droit fil de la discrimination "du même métal", il pourrait y avoir une volonté de trouver un moyen pour favoriser les religions et se faire ainsi aider dans la lutte contre les sectes. Les attaches un peu floues du converti de l'Elysée à la blancheur papale après des signes plus troubles en faveur de Tom Cruise par exemple ne donnent pas un signe clair, mais c'est la seule interprétation que je vois de ce terme "positive", et que j'ai toujours bien du mal à faire cadrer avec la laïcité "ouverte" de Benoit XVI. Le pape est trop fin connaisseur de la langue française pour avoir fait un contresens ou une approximation, donc "ouverte" c'est à comprendre comme un reproche de "fermeture" de notre laïcité; or celle-ci se caractérise depuis 1905 par la séparation de l'église et de l'Etat (et je tiens à la majuscule du deuxième que la première n'impose pas). La notion de "séparation ouverte" étant aussi un oxymore que la grande culture littéraire du pape rend inconcevable, c'est donc qu'il souhaite nous faire comprendre que c'est une brèche dans la séparation qu'il nous invite à organiser. Le fait même que cette invite soit discutée et commentée par l'exécutif montre que Benoit XVI a gagné une manche importante: la courtoisie imposait de le recevoir, la séparation de 1905 interdisait à lui d'évoquer les lois séculaires de l'Etat français, comme au chef de cet Etat d'y répondre ou de faire des propositions. L'orchestration médiatique qui a motivé ce billet est donc à mon avis destinée à masquer cette brèche importante dans le principe de laïcité, en dirigeant les discussions vers des questions de terme qui vont créer des discussions sans fin, et M Devedjian en parfait porte-flingue relance le débat de 1905. Sur les forums ou en communication moderne, ça s'appelle lancer un troll pour faire diversion pendant une manoeuvre douteuse en coulisses.
Merci beaucoup pour ce commentaire détaillé, argumenté et extrêmement enrichissant. Vous dites que Benoit XVI est intelligent, on peut s'interroger. La caution qu'il a apportée, par sa visite à Lourdes, aux élucubrations de feu Bernadette Soubirous. Si cette enfant avait vécu au XXème siècle, on l'aurait soit internée, soit soumise à de sévères tests psychologiques. L'église catholique en a fait une sainte !
C'est du "grand" Jean.Louis!
Cher Jean-Louis, Je n'avais pas encore lu ton billet. Billet bien venu et nécessaire. En complément, dans la dérive sémantique, je mentionnerais l'utilisation quasi systématique, tant de la part des ouailles que des "officiels", du mot "chrétien" à la place de "catholique", comme si toute la chrétienté était contenue dans le catholicisme... Tout ça montre bien à quelle sorte de psycho-rigidité dogmatique nous avons affaire.
Excellente remarque, mon cher Labul, je te remercie.