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Verts : une baisse tendancielle du taux de crédibilité

"Nous allons bientôt manquer d'eau et c'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera...". René Dumont prononça ces paroles prémonitoires en 1974, lors de la campagne présidentielle de l’époque ; l’écologie n’était plus seulement une discipline scientifique mais devenait aussi un thème, une idéologie politique qui allait par la suite être représentée lors de chaque élection.

Quarante ans plus tard, alors même que les défis écologiques auxquels nous sommes confrontés ont considérablement grossi depuis le témoignage de René Dumont, l’écologie politique est en panne sèche : la candidate qui la représente « officiellement », Eva Joly, est créditée de scores microscopiques dans les derniers sondages d’opinion. Certes, l’élection présidentielle n’a jamais réussi au mouvement écologiste – ni d’une façon générale aux représentants de petits partis -  mais la déception actuelle est à la hauteur des espoirs suscités par les résultats prometteurs des dernières élections européennes ( plus de 16%) et par la popularité de l’ex futur candidat Nicolas Hulot.

Un certain nombre de responsables des Verts s’interrogent même publiquement  sur la pertinence du maintien de leur candidate.  Eva Joly  est un bouc émissaire tout désigné mais elle n’est assurément pas la première responsable de la désaffection de l’électorat à son égard.                              Comment en effet surmonter et assumer les contradictions inhérentes à la ligne politique d’EELV ? Comment concilier l’alliance contre nature entre une écologie politique qui fait de la préservation de l’environnement un objectif prioritaire et un social-libéralisme qui ne jure que par la croissance et l’augmentation de la compétitivité des entreprises ?  Le parcours d’Eva Joly dans cette élection présidentielle est un chemin de croix qui a commencé avec le parjure à la nation au sujet du nucléaire ( imposé par les caciques d’EELV) et qui s’achèvera  le 22 avril avec un ralliement sans gloire à François Hollande. Ce dernier sera alors certain de pouvoir compter, s’il devient Président, sur des députés et des  ministres «  verts » à sa botte . L’écologie politique est en train de mourir à cause de la baisse tendancielle de son taux de crédibilité.

Les thèmes écologistes eux-mêmes paraissent avoir déserté  la campagne électorale car les principaux médias les ignorent. Ce qui compte, ce n’est pas la pertinence du propos mais « l’importance » du candidat. La moindre déclaration imbécile, la moindre promesse démagogique  de N Sarkozy est aussitôt répercutée et reprise en boucle jusqu’à l’écoeurement. Il faut vraiment toute l’énergie et les formidables talents de bretteur de Jean-Luc Mélenchon pour bousculer de temps en temps la hiérarchie, attirer les projecteurs sur les personnalités de « second rang » et entretenir l’espoir d’une autre distribution la prochaine fois

En attendant, cette élection est décidément  une pièce de théâtre écrite  pour les deux premiers rôles. Les citoyens spectateurs attendent désormais avec impatience, désabusés, la fin de ce mauvais vaudeville. Et beaucoup d’entre eux vont encore devoir boire, au second  tour, une eau qu’ils ne goûtent guère . . .

Quant au verre d’eau de René Dumont, il est quant à lui de plus en plus pollué par des contaminants d’origine agricole. Un rapport du Commissariat général au développement durable ( qui dépend du ministère de l’Ecologie) sur « le coût des principales pollutions agricoles de l’eau »,publié en septembre 2011, évalue le surcoût financier global dû aux pesticides et aux nitrates pour l’approvisionnement en eau des ménages  à plus d’1 milliard d’euros par an ; la décontamination des eaux souterraines coûterait entre 522 et 847 milliards d’euros ! Nos deux principaux prétendants doivent s’en réjouir : il s’agit là d’un formidable marché et d’un vecteur de croissance verte pour les multinationales de l’eau, souvent françaises, qui sont réunies cette semaine à Marseille.                                                                                                                                                                                       Car, « le rôle du politique c’est d’aller chercher des capacités de croissance » (François Hollande lors de l’émission « Des paroles et des actes » sur France2, le 15/03/2012).   

                                                                                                                                    

 

 

 

 

Tous les commentaires

17/03/2012, 11:19 | Par melgrilab@yahoo.fr

Une politique de satisfaction des besoins en eau tout en ménageant l'environnement est en effet un important vecteur de croissance. Merci de le souligner. D'autres exemples sont disponibles.

18/03/2012, 15:44 | Par Jean-Luc GASNIER en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 17/03/2012 à 11:19

Sur ces problèmes et notamment pour mieux connaître l'état exact de la ressource, il existe un site très documenté que vous connaissez peut-être : eau- évolution. Le site du WWF est aussi très bien

17/03/2012, 11:26 | Par Ourse Blanche

Et oui Dumont nous manque c'et la seule fois ou j'ai voté,Joly fera l'affaire sans ces dirigeants iniques des verts qui torpillent les primaires  EELV et ne respectent pas les ecologistes qui ont voté en masse pour elle ,et pour cause,et comme dab ,un accord vaseux avec le PS qui les veux a la botte,minable tactique qui empêche Joly de faire campagne,l'eau ici en France manque,les necroculteurs touchent prime a l'arrosage,prime au captage,non seulement ils polluent et tuent tout le vivant et en plus ils pompent les fleuves,les riviéres ,les nappes  profondes,et touchent du fric pour cela,cette eau  aussi est toxique les nitrates c'est rien,Glysophate 60% des eaux polluéés a ce desherbant cancerigene,phosphate ,uranium,cobalt,medocs,etc et tout ca :nettoyér ca rapporte  au lobbies privés Veolia and co,et ca coute aux communes,plutot que de preserver les nappes et interdire les pesticides autour,comme partout en Europe,au lieu de changer de façon de vivre,nous on fait gaffe a chaque goutte,alors cette PAC est criminelle.EELV 30% les verts et les restes,des ecologistes qui ne sont pas ex adherants les verts,cooperative,et ces dirigeants sapent Joly,ils veulent des postes,ils se foutent de nous,mais les sondages c'et une chose,les votes ecolos une autre.On ne manque pas de le dire a Dufflot,Mamer,Liepietz,Placé,etc qui se repandent dans les medias en la degommant,ils doivent la soutenir,mais les verts ne sont pas des ecolos,les ecologistes,les vrais;sont furieux  et vont voter Joly mais quittent EELV,dommage,encore et encore les verts sous marins du PS coulent le mouvement important ecologiste en France!

17/03/2012, 14:51 | Par MVDP

EELV-Les Verts portent dores et déjà une énorme responsabilité dans le désintérêt envers l'écologie qui s'avère dans la campagne électorale, et qui risque d'avoir des effets à long terme.   Le choix d'Eva Joly au détriment de Nicolas Hulot montrait un total manque de pragmatisme et de sens du réel. Depuis la candidate -sans expérience ni légitimité autre qu'opportuniste- n'a cessé de ridiculiser l'écologie politique. Cela s'est fait au seul profit de quelques ambitions personnelles et au détriment de la cause écologique - donc à l'avenir de la planète. Ils en seront comptables.

17/03/2012, 22:51 | Par Crampon en réponse au commentaire de MVDP le 17/03/2012 à 14:51

"Le choix d'Eva Joly au détriment de Nicolas Hulot  montrait un total manque de pragmatisme et de sens du réel" : il n'était pas celui de l'appareil d'EELV (suffisait de voir leurs tronches lorsque le résultat s'est confirmé). Il est le fait des militants qui n'ont pas voulu de "l'opportuniste" vedette de TF1.

Le "pragmatisme et le sens du réel" des "opportunistes" d'EELV les ont conduits à se vendre au PS "au seul profit de quelques ambitions personnelles et au détriment de la cause écologique - donc de l'avenir de la planète."

La combine a "ridiculisée l'écologie politique" et plombé la campagne de la candidate, qui tient sa "légitimité" des militants et son "expérience" d'un parcours professionnel que l'on ne retrouve chez aucun autre candidat.

Les citoyens sont dégouttés des politiciens, alors, oui "EELV-Les Verts portent dores et déjà une énorme responsabilité dans le désintérêt envers l'écologie qui s'avère dans la campagne électorale, et qui risque d'avoir des effets à long terme", mais accuser une non-politicienne non-opportuniste non-hypocrite d'être la cause de tout ce merdier, c'est tout simplement dégueulasse. 

17/03/2012, 20:38 | Par Patrig K

très bonne analyse, les zigs zags confondant

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