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Aux dernières nouvelles . . .

 

Ah tous ces camemberts roses à la une des journaux ! c’est le miracle de ces élections législatives placées après les présidentielles et de notre mode de scrutin majoritaire uninominal : une France qui vote au premier tour pour le Parti Socialiste à hauteur de 19,4 % des inscrits se retrouve, au lendemain du 2ème tour, avec un parti de gouvernement doté d’une représentation hégémonique. C’est aussi sans doute le résultat de cette fameuse sagesse populaire si souvent vantée par les candidats –qui bien évidemment flattent leur clientèle- et par les politologues, sondologues et autres sémiologues : au lendemain d’une élection présidentielle, le peuple souhaite donner à son chef les moyens de gouverner. Aujourd’hui, avec un Sénat à majorité socialiste, quasiment tous les  pouvoirs de la République sont désormais entre les mêmes mains. En France, compte tenu de la soumission du pouvoir judiciaire à l’exécutif  et de la faiblesse insigne des contre-pouvoirs et notamment du 4ème , le pouvoir médiatique, cette sagesse électorale  mérite sûrement d’être relativisée.

Au moins, la page du sarkozysme est-elle définitivement tournée ?

Eh bien non !

 Car, aux dernières nouvelles, il est tout à fait possible du faire du sarkozysme sans Sarkozy. Ainsi, notre politique migratoire  reste empreinte d’une grande  dureté et le  remplacement de Claude Guéant par Manuel Walls au ministère de l’Intérieur ne semble pas avoir eu, pour l’instant, beaucoup d’effet sur les pratiques quotidiennes de notre police. Les immigrés en situation irrégulière continuent à être traqués et expulsés dans des conditions scandaleuses. Jean-Pierre Allaux du GISTI n’hésite pas à déclarer au  micro de France Inter le 20/06 : « on est toujours comme si on était sous Sarkozy alors qu’on est sous François Hollande ». Inquiètes, vingt-six associations viennent d’adresser une lettre ouverte à François Hollandepour une nouvelle politique à l’égard des immigrés (http://www.gisti.org/). Espérons que Manuel Walls qui « s’est glissé dans les pantoufles de Claude Guéant », selon le bon mot de Dany Cohn Bendit, recevra bientôt des instructions fermes du Président.

Evidemment, une politique ne peut être totalement bouleversée du jour au lendemain et il ne s’agit pas ici de renvoyer dos à dos le PS et l’UMP. François Hollande et Sarkozy, ce n’est pas « bonnet blanc et blanc bonnet » : notre nouveau Président semble décidé à utiliser les leviers de l’Etat pour tempérer plutôt que pour accentuer - comme le faisait son prédécesseur- les dégâts sociaux du libéralisme mais nous savons aussi qu’il ne veut pas effrayer les marchés financiers et il est probable que le changement restera bien faible voire imperceptible dans beaucoup de domaines.

 S’il est d’ailleurs un domaine où le changement risque d’être particulièrement décevant  c’est celui de la politique écologique. Nos dirigeants qui classent l’énergie nucléaire dans la catégorie des énergies propres donnent à bon compte des leçons de morale et de développement durable au reste du monde mais sont souvent des adeptes d’une économie productiviste. Au moment où François Hollande déplore le manque d’ambition de l’accord finalisant le sommet de Rio+20, son incantation permanente à la croissance est symptomatique de l’incapacité patente des gouvernements à engager leurs pays sur la voie d’un autre développement, moins gourmand en énergie et répondant aux besoins prioritaires des populations.

Les écologistes d’EELV auraient pu, dans une autre configuration de l’Assemblée Nationale, influencer les choix gouvernementaux et promouvoir une économie articulant réellement l’écologie et le social. Aujourd’hui, ils ne sont pas en mesure de contraindre leurs camarades socialistes qui disposent d’une majorité confortable et entendent bien user et abuser d’un rapport de force aussi avantageux pour imposer leur programme. Et les élus verts semblent se satisfaire de cette situation ! C’est un paradoxe de plus : les écologistes n’ont jamais été aussi nombreux à l’Assemblée Nationale alors qu’ils n’ont jamais été aussi faibles dans leurs convictions et politiquement ; ils ne conservent de l’écologie que les éléments de langage. « C'est genre super cool, j'adore cette soirée électorale » : ce cri du cœur poussé dimanche dernier par Cécile Duflot, Secrétaire nationale d’EELV, résume bien toute la vacuité des ambitions de son parti.                                                                                                

François Hollande n’a pas de programme écologique mais, avec des ministres comme Cécile Duflot, il va sûrement pouvoir l’appliquer !

                                                                                                                               

 

 

 

 

 

 

 

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23/06/2012, 11:32 | Par guydufau

Bien vu, nous assistons à un numéro de prestidigitation dont nous ne sommes pas encore conscients

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