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Question d’honneur

 

 

 

Mort pour rien ?

 

 

 

 

 

 

J’ai connu personnellement le capitaine Robert Krotoff.

C’était un bonhomme extraordinaire, de la trempe d’un Saint-Exupéry.

 

Il dirigeait le camp de Cercottes, dans le Loiret. Ce camp était (l’est-il toujours ?) un lieu où venaient s’entraîner le personnel du SDEC, ceux des groupes « action », plus communément appelés barbouzes.

C’était un homme d’honneur qui avait une très haute idée de la France et s’il mettait sa science de la guérilla au service du pays, il exigeait de lui-même et des autres le respect d’une éthique rigoureuse :

 

Il condamnait, entre autre, la torture.

 

En novembre 55, il laisse au capitaine Flamand le commandement du camp pour prendre la responsabilité du GLI (groupement léger d’intervention) du 11ème choc.

 

 

 

C’est alors qu’il eut connaissance des tortures et exécutions sommaires que pratiquaient des collègues à Alger, et n’ayant pas le pouvoir de les faire cesser, il se trouva face à un dilemme :

 

+ Rompre publiquement le secret de polichinelle et dénoncer ces pratiques ?

 

Ça aurait été perçu par l’opinion publique de l’époque comme une trahison, un passage à l’ennemi qui, en matière de torture n’était pas moins expert.

 

C’eut été enfreindre le silence qu’impose l’armée, la grande Muette, à tous ses militaires, se mettre « hors la loi » et affaiblir son message.

 

Il n’était pas d’accord, et s’aperçut que le dire ne servait à rien : Les oreilles très chastes faisaient mine de ne rien entendre, c’est la guerre n’est-ce-pas, or « à la guerre comme à la guerre » !

 

+ Déserter comme un lâche, impensable ! Se désolidariser de collègues, même pervers, leur laisser le champ libre ? Pas question.

 

+ Le suicide ? Sa mort, en tant qu’individu, n’aurait aucun sens et serait considérée comme une fuite.

 

+ Aussi, refusant de cautionner le pire, il choisit de se comporter en vrai soldat, de ceux qui meurent pour l’Honneur.

 

Le 9 mars 1956, il partit en opération dans les Nomentchas, et lui, le spécialiste de la guérilla, affronta à découvert l’ennemi, l’arme au poing mais orientée vers le sol.

 

Et il se fit tuer.

 

Ainsi il préféra mourir au combat plutôt que de cautionner la lâche barbarie des collègues pervers qui déshonoraient l’armée et la France.

 

 

Les obsèques solennelles du Capitaine Krotoff aux Invalides en 1956

 

 

En couvrant d’honneur les pervers, partisans de la torture, Sarkozy, non seulement insulte le sacrifice d’un homme qui, pour moi, reste à jamais un héros, mais il invite à mépriser tous ceux, qui depuis la nuit des temps, ont défendu la France les armes à la main, abandonnant aux lâches les inhumaines pratiques.

 

 

 

 

 

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