Mer.
19
Juin

MEDIAPART

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Spécial jours de fête : Le feuilleton Cahuzac.

 

Merci, Monsieur Plénel pour cette haletante distraction.

 Alors que les média s’empressent de nous ouvrir leur lot habituel de boites de conserves avant péremption, voici que, petit coquin, vous nous sortez une bonne bouteille de derrière les fagots. Ça n’est pas un champagne millésimé, certes, mais ce n’est pas pour autant une piquette. C’est, semble-t-il,  un produit d’origine contrôlée, certifié du Lot et Garonne: le candidat malheureux d’une législative, Monsieur Jean-Louis Bruguière, battu par devinez qui : Jérôme Cahuzac en personne !

 Fichtre ! Voilà qui vient pimenter le feuilleton.

 Certes, petit cachotier, l’information cette fois n’émane pas de vous. Nous la tenons de RTL.fr, après avoir transité, je crois, par Paris-Match (le choc des mots) via peut-être l’AFP, mais elle n’en est pas moins intéressante. Doublement, même : 1. Elle paraît sérieuse et fait sortir de la boite un personnage ô combien médiatisé.  2 vous nous l’aviez cachée, nous privant ainsi d’une carte maîtresse, et ça, ce  n’est anodin.

Bien sûr, on peut comprendre que vous taisiez une source  dont l’eau ne semble pas très potable et même franchement infecte, polluée par ce qui paraît être une rancune féroce. Mais peut-être n’est-on pas très regardant lorsqu’il s’agit de nettoyer les écuries d’Augias, ( je veux dire assainir un Gouvernement). La fin justifierait ainsi les moyens ?

 Si la source est bien cet ancien juge qui avoue avoir possédé  l’enregistrement révélateur d’un forfait mais jure ne l’avoir ni écouté ni conservé, l’a-t-il détruit, comme selon Michel Gonelle, Bruguière l’aurait affirmé à un journaliste de l’AFP. Mais alors, quel type de preuve possédez-vous, une copie ? Un montage ? Le mystère s’épaissit.

 Plus ce feuilleton avance, et plus j’ai le sentiment que vous vous êtes fait avoir.

Tous les commentaires

Pas très malin, quand même, camarade!
Entre le second et le troisième degré, vous commencez tous à nous les brisez menus!

Ils ont tous écouté la bande à l'insu de leur plein gré, voyons!

De toutes les façons, qu'il soit en suisse ou à Singapour... c'est pareil, non!
Alors cherchons à Singapour puisque que nos amis suisses ne peuvent pas nous dire ce qu'ils n'ont surtout pas l'intention de nous dire.

Comme le rappelait le très oublié Henri Guillemin, l'histoire est écrite par les bourreaux. Alors Jérôme, attends un peu et ton mensonge sera oublié... et c'est l'UBS qui nous dira la "vraie vérité".

En attendant, dégage!

Camarade Theillac,

                             je suis allé voir votre blog qui est donc tout récent. Et je vous comprends mieux. Je comprends votre révolte face à ce Servier qui s'est servi de vous et de tant d'autres personnes pour s'en mettre plein les poches, qui a saccagé des vies, dont la vôtre, sans le moindre scrupule. Si votre souffrance est impartgeable, je comprends votre indignation, et celle-là je la partage. Et je comprends aussi votre immense méfiance envers une justice qui permets à un Servier et à son avocate de parader, sourire aux lèvres, semblant mépriser  la valetaille que nous sommes. Tout ça est à vomir.

Je comprends que, étant donné ce que vous vivez, vous puissiez craindre de voir une personne malhonnête s'installer au sommet de l'Etat. Je ne le souhaite pas moins que vous. Ce que je redoute, par contre, ce sont les procès staliniens qui condamnent sans  preuve ,et qui appellent au lynchage. Un innocent en prison, l'histoire nous apprend que c'est plus fréquent qu'on ne le pense. Et je ne voudrais pas qu'un monsieur Cahuzac, que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, mais qui porte, comme vous, je crois, un nom qui fleure bon le terroir, soit traîné dans la boue grâce à la vengeance sordide d'un homme, Bruguière, à la réputation silfureuse. Je ne pense pas défendre le riche contre le pauvre, je me tirerais une balle dans le pied, mais  je ne voudrais pas qu'un innocent soit condamné pour la seule raison qu'il est un ministre de gauche. Je sais que ça réjouirait la droite de la droite. ça n'est pas une raison.

Je ne sais pas si ma réponse vous éclaire, mais je ne pense pas que nos positions soient si éloignées que ça. Amicalement vôtre.

" quatre billets de Jean Marie Charron consacrés à la défense de Cahuzac. "

Et combien d'articles uniquement à charge ?

+1

Et recommandé.

Réédition

La chasse médiaparteuse au Dahuzac ne sent pas bon.

1) Certaines des "sources" sont des personnes qui ont des raisons d'en vouloir à Cahuzac.

2) L'enregistrement d'une conversation téléphonique de Cahuzac n'a, sauf erreur, pas été produite par Médiapart, contrairement à celui du majordome de Bettencourt.

3) Un des journalistes lancés sur l'affaire Cahuzac, Karl Laske, s'est illustré en publiant un brûlot anti Canard enchaîné farci de rumeurs qu'il n'a ni vérifiées, ni recoupées. Par exemple ses insinuations sur le fait que le journal de Carla B. aurait été écrit par une plume de l'Elysée et contiendrait des "confidences inédites" se révèlent totalement bidon : l'auteur de cette série d'articles est le journaliste du Canard Frédéric Pagès, par ailleurs auteur du canular Botul. En outre, le "journal de Carla B. ne reprenait que des échos déjà parus. Précisons que Laske a été viré du Canard pour faute déontologique majeure. Son brûlot bidonné n'est qu'une basse vengeance. Il est donc dans son élément quand il s'entretient avec d'autres personnes susceptibles d'en vouloir à Cahuzac. Vu, donc, que Karl Laske est un journaliste capable de ne pas vérifier ni recouper ses "révélations", on peut légitimement se poser des questions sur la fiabilité de son enquête uniquement à charge contre Cahuzac.

Un autre chien de chasse au Cahuzac, Fabrice Arfi, avait encensé le brûlot antivolatile de son confrère Laske sans davantage vérifier la véracité des affirmations de ce pamphlet. Un simple coup de fil au Canard (01 42 60 31 36) l'aurait renseigné sur le véritable auteur du journal de Carla B. Non, Arfi a repris sans sourciller les affirmations de son confrère bidonneur. Si son enquête sur Cahuzac est aussi rigoureuse...

Arfi s'est illustré dans l'affaire Bettencourt. C'était pas trop difficile : il disposait d'une pièce à conviction béton, l'enregistrement livré par le majordome Bettencourt.

Tout autre est l'affaire Cahuzac. L'enregistrement d'où est partie cette affaire n'a sauf erreur, pas été produit.

Un autre aspect de la chasse au Cahuzac crée un sérieux malaise : on reproche à Cahuzac d'avoir gagné des sous en exerçant la médecine. Ce n'est pas un délit, que l'on sache, et il apparaît qu'il a cessé de le faire sauf erreur, en 2007. S'il y a eu conflit d'intérêts, c'est à la justice de le dire. Si Cahuzac a blanchi de l'argent en Suisse, c'est à la justice de le dire, après une instruction sérieuse à charge et à décharge. Tout le contraire de ce que pratique Mediapart.

Bref, cette enquête pue le lynchage médiatique.

Quelle déception !

Je réédite un commentaire que j'ai posté sur un des autres multiples billets anti-Cahuzac, en précisant que ce politicien m'indiffère et que je n'ai pour l'instant pas d'opinion sur sa culpabilité ou son innocence, n'étant pas comme tant d'autres un procureur en charentaises. Mais je suis outré de voir ainsi bafoué le principe de présomption d'innocence et j'en viens à me poser très sérieusement des questions sur la façon d'Edwy Plenel de pratiquer le journalisme. Je suis en train de relire "La face cachée du Monde" de Péan et Cohen, sous l'éclairage actuel.

Le devoir d'informer et la protection des sources n'est pas incompatible avec la rigueur journalistique.

Le bientôt centenaire Canard peut donner des leçons à ceux de ses jeunes confrères qui ont une fâcheuse tendance à oublier certaines règles du métier.

PS - Il y a deux ou trois ans, j'avais parlé de cet article de Pascale Kremer à Edwy Plenel. Il m'avait dit qu'il était absent la semaine où cet article, qu'il désapprouvait, avait été publié. Dont acte.

Seulement voilà, l'école mise sur le grill avait envoyé un droit de réponse. Il a fallu faire la très grosse voix pour qu'enfin la rédaction du Monde que dirigeait à l'époque E. P. publie ce droit de réponse au bout de six mois.

E. P. n'avait quand même pas été absent six mois...

Signalons que Pascale Kremer s'était par ailleurs illustrée comme cheville ouvrière du lynchage médiatique de Hervé Le Bras accusé de harcèlement sexuel à l'encontre d'une de ses étudiantes. L'affaire avait fait "pschiiit".

http://www.liberation.fr/societe/0101509622-non-lieu-pour-le-bras-accuse-de-harcelement-sexuel

Et voilà depuis 2008 le grand journaliste Edwy Plenel aux commandes d'un autre journal qui pilote un nouveau lynchage médiatique...

De quoi vraiment se poser des questions.

Merci pour ce beau témoignage. J'ai la même réserve que vous concernant le journalisme. Dans ma jeunesse, je suis passé par là (Républicain Lorrain) et en suis sorti écoeuré.

Quant à Jérôme Cahuzac, je ne le connais pas suffisamment pour exprimer la même opinion que vous. Il est vrai que je fais confiance au résultat des  élections présidentielles qui a mis à la tête du Pays un homme de gauche, François Hollande. On peut, étant de gauche, le trouver trop à droite, mais c'est lui qui a été élu, je m'en réjouis, même si l'on peut imaginer que d'autres feraient mieux, ce qui reste à prouver. Je lui fais confiance. Il a déjà eu le grand mérite de nous débarrasser de Sarkozy, ce qui n'est pas mince affaire. Lui reste à redresser un pays détruit pas cette Droite. Je crois la tâche très difficile, mais pas impossible.

Jérôme Cahuzac tient une des postes-clés de ce Gouvernement. J'espère qu'il en est digne, et qu'il agit avec compétence. Cependant je garde en tête vos remarques et d'autres convergentes qui m'invitent à plus de circonspection. Je prends note. Mais pour l'instant, je reste confiant. En tous cas, merci pour cet avis, qui me parait solidement assis, et honnête. Et ça, c'est important.

Quand on lit les articles du Canard et ceux de Mediapart sur Cahuzac, on mesure la différence entre les deux journaux d'investigation.

Prudence et mesure du côté du Volatile dont les articles sont à charge et à décharge (certains le lui reprochent), lynchage médiatique du côté de Mediapart dont les articles sont uniquement à charge.

Autre différence entre ces deux journaux : Mediapart a besoin de faire de l'Audimat du fait de sa situation financière en équilibre "métastable" puisque sa rédaction indique que pour être stable, il faudrait que chaque abonné qui part soit remplacé par plusieurs autres. Le Canard, en revanche, fort de plus d'un demi-million d'acheteurs hebdomadaires fait son métier sans surenchère. Résultat : le Volatile est quasi-centenaire.

Je souhaite pareille longévité à Mediapart.

On ne va quand même jouer les vierges effarouchées avec Jerôme Cahuzac. Quand le PS aura reglé toutes ces casseroles, il sera temps d'être clément. Et quand je lis les commentaires illuminés pro-Hollande "homme de gauche" etc, je me dis que l'intoxication idéologique n'est pas de notre coté! Celui de ceux qui s'evertuent à vouloir un avenir décent pour le plus grand nombre!

Hollande a quand même quelques années comme politicien et quelques mois comme président de preuve à charge de la nullité de son socialisme.

Cahuzac qui dit sur Public Sénat, le 4 octobre 2012 : « Mélenchon est d’une certaine manière à gauche ce que Marine Le Pen est à droite» est insultant. Oui le PS est à répétition pour la gauche! Il a peur d'une gauche qui rend les coups, il a raison d'avoir peur. Il ne serait pas absurde de prévoir que les conséquences des choix idéologiques du PS soit sa ruine. Les partis, les régimes ne sont pas éternels. Partout en Europe, les partis socialistes sont en pleine décrépitude. Les gauches rénovatrices unitaires qui dénoncent partout cette droitisation dure sont le lieu du changement.

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