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Universités populaire participative: Les pesticides suite

Serge Morin est un agriculteur, chargé par la région de l'action " Terre saine, zéro pesticides" en Poitou-Charentes

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Désolée, jusqu'à présent j'ai évité d'user de mon statut de résidente des deux Sèvres et donc du Poitou Charentes pour intervenir sur les Désirs d'avenirs locaux. Mais là, coup de colère. Ce discours lénifiant, dont les neuf dixième sont au futur - nous allons mettre en place, nous allons convaincre, la pédagogie c'est le meilleur moyen, etc - je vais le montrer, ici, aux habitants. Succès comique garanti. Depuis dix ans, la situation ne fait que s'aggraver. L'abus de pesticides est constant, en augmentation. Et pas via les jardineries... Qui d'ailleurs ont déjà toutes un rayon bio, avec produits afférents, contrairement à ce qu'a l'air de croire Serge Morin. Signalons-lui également que les filtres à eau anti-nitrates font un tabac dans les hyper. On ne peut pas dire que la Nouvelle République ait surtraité le sujet, mais le fait que Vendée et Deux Sèvres soient montrées du doigt par l'Europe, comme le fut la Bretagne il y a quelques années, pour qualité d'eau lamentable, a fini par filtrer, c'est le cas de le dire. Il est vrai que lorsque vous lisez dans le quotidien local que nourrissons et femmes enceintes doivent s'abstenir de boire l'eau du robinet, la question vous vient spontanément: euh, et les autres ? Ici, le maire est agriculteur; par exemple, chargé de veiller au non arrachage des haies. Il fut le premier à le faire. Ca n'arrête plus, depuis que l'élevage en l'espace de quatre ans a pratiquement disparu. Maintenant, c'est colza ( pesticides) et maïs ( forte consommation d'eau) tous les dix mètres. Prise de conscience ?" Tant que ça dure et tant qu'il y a les primes", fut la réponse de l'un d'entre eux, dument formé, dument conscient, alors que nous toussions tous dans un nuage blanc ( il double les doses parce qu'il habite loin, comme ça, il est tranquille). Et que fait-on ? De rares initiatives qui toutes visent le particulier et son jardin de 500m2, au milieu des hectares de colza...Halte au round up ! Mais quid du "Terminator" qui git dans la grange voisine, trente bidons au bas mot ? Rien, car s'en prendre frontalement aux véritables pollueurs, c'est perdre les élections, point. Or, rien ne bougera -hormis une poignée de bonnes volontés - tant qu'il n'y aura pas contrainte. Et pédagogie, on est d'accord. De même, pour la pollution de l'eau évoquée par Serge Morin: chacun en France,est supposé s'équiper en fosses toutes eaux ( hors agglomération), histoire de ne pas continuer à déverser dans ruisseaux et rivières ses déchets, lessives, etc... En Vendée ( Phillipe de Villiers, est-il nécessaire de le rappeler ?) nombreuses prises en charge, aides financières, etc.. Deux Sèvres: rien.Total, on s'arrange, difficile de tomber sur un couple d'agriculteurs en retraite. Là, ce n'est pas pédagogie, mais argent. Exemples à la pelle. Et si j'étais vraiment cruelle, je rappellerais qu'avant la mobilisitation des habitants, des écolos, etc, Ségolène Royal penchait pour un bel autoroute en plein marais poitevin , quitte à zigouiller un espace naturel unique...

Chère Dominique Conil, vous connaissez google? Vous savez que rien ne lui échappe et bien en ce qui concerne l'autoroute ce que vous dites s'avère complètement faux. Si vous avez vous aussi un peu de mémoire vous devriez vous souvenir qu'elle est devenue députée des deux sèvres en s'opposant justement à ce projet, toutes les gazettes de l'époque attribue à cette défense du marais poitevin son succés alors qu'elle était inconnue sur cette circonscription. Pour le reste de vos propos ce qui manque, comme souvent dans les commentaires à charge, ce sont quelques chiffres, quelques statistiques, qui viennent appuyer vos dires. C'est bien gentil de nous raconter votre petit bout de deux sèvres ou il semble qu'il faille encore lutter pour changer de mauvaises habitudes mais ce qui me gonfle un peu c'est ce genre d'affirmation " Depuis dix ans, la situation ne fait que s'aggraver" sans rien pour nous le prouver, pas même un petit lien sur un article de sud ouest, pas le début d'un pdf officiel, rien d'autres que votre bonne mine. C'est un peu facile vous trouvez pas? Sinon, juste un rappel, Ségolène Royal dirige la région que depuis 2004. http://www.poitou-charentes.fr/environnement/eau/qualite-production

Cher Jean Marie Padovani, la mémoire de google est une chose, bien imparfaite, bien récente, la mémoire des politiques , des écologistes et des habitants en est une autre. Oui, Ségolène Royal a surfé - ultérieurement - sur l'opposition au projet d'autoroute, mais elle a commencé par l'appuyer, au nom du désenclavement. Elle a même viré un de ses conseillers qui s'opposait. C'est pas sur Google ? Too bad. Quant à votre mépris pour le "petit bout de Deux Sèvres ", département mis à l'index par l'Europe encore l'année dernière en raison de la mauvaise qualité de son eau ( députée depuis quand ?), n'est-il pas, oh, juste un peu, contradictoire avec le participatif prôné ? Les libres doléances du citoyen ? Un poil méprisant ? ( je vous soulage: vous ne vous adressez ni à une deux sévrienne de souche, ni à une deux sévrienne,disons lambda, restez zen) Ce petit bout n'est pas plus représentatif que votre tout petit témoignage sur la bonne volonté ambiante, ni que votre tout petit témoignage d' agriculteur charentais intoxiqué par ses propres produits ( billet suivant). Pas étayé par des chiffres ? Comme l'indique la vidéo que vous venez de mettre en ligne: allez mettre la main dessus. Depuis dix ans, la situation ne fait que s'aggraver: venez. On vous montrera le "remembrement" new age , le colza à perte de vue, le maïs et les arroseurs qui arrosent indifféremment routes et champs en pleine canicule, on ne vous montrera ni mouton ni Parthenaises broutantes, quasi disparues, on vous montrera les exploitations bio qui rament ( sans aide...). Ca ne fera pas des chiffres, mais des éléments de réflexion.

"ce que vous dites s'avère complètement faux" Juste préciser que "s'avérer" veut dire "se révéler vrai, se vérifier", donc "s'avérer faux".... ne veut strictement rien dire. C'était juste un point de détail en matière de français. Mais bon. C'est exactement comme si vous disiez "est totalement vrai-faux"....

Je vous remercie grain de sel, vous m'avez forcé à descendre de son étagère mon petit Robert et ça semble très juste, mais pourquoi tellement de journalistes utilisent cette formule, ils m'ont donc enduit d'erreur les vilains.

sacré niveau de contradiction et de mauvaise foi, pour ne pas dire de simple enfantillage.

Dominique Conil: Ce n'est pas en tuant le messager que nous allons régler nos problemes. Laissons-le au moins le mérite de sortir du fond de la malle ce thème de société. Je ne vous reconnais pas dans le ton très partiel de ce commentaire, quelque peu "parti pris" ou "à charge" dont l'accusée de tous les maux en Deux Sèvres serait, tiens, comme par hasard Madame Royal, l'ennemie public numéro un des extrêmes. . Pour clarifier et ne pas perdre du temps en polémiques inutiles sur les personnes, alors que votre apport (résidente et témoin averti d'un département français) et réactivité pour le moins passionnée pourraient aller dans le sens recherché par le choix du thème de la réunion et nous pourrions profiter pour continuer le débat sur les pesticides, je voudrais, donc, être sure que votre intervention n'est pas tout simplement et encore un réflexe épidermique TSSR. Si nous pouvions laisser de côté les sympathies ou réactions épidermiques, alors nous pourrions rentrer dans le vif du sujet grave qui nous occupe: le pesticides et sa répercussion dans le milieu ambiant, le milieu de culture, le milieu naturel. . "Ce discours lénifiant, dont les neuf dixième sont au futur - nous allons mettre en place, nous allons convaincre, la pédagogie c'est le meilleur moyen, etc - je vais le montrer, ici, aux habitants. Succès comique garanti." . Si vous aviez suivi les exposés puis les interventions du public et les réponses apportées, vous auriez constaté une grande humilité de la part de tous, politiques, experts, scientifiques. - Pas de Vérités ni de solutions clés en main mais le choix d'en parler, d'informer, de provoquer la réflexion et de responsabiliser tous les acteurs, vous et moi nous sommes aussi des acterus responsables.Vous le faites à votre manière, c'est bien. Si nous pouvions aller plus loin et ne pas mettre tout les maux de la planète sur le dos de une seule personne, ce serait encore mieux. - Vous auriez entendu l'aveu de ne pas savoir ce qu'il faut exactement en faire mais l'affirmation de savoir ce qu'il ne faut surtout plus faire. - Vous seriez tombée d'accord avec l'exemple avec l'amiante que vous donnez, c'est l'exemple de la loi du silence qui a été précisément évoqué lors des exposés. . Une fois que l'on aura fait tous les constats de notre inconscience commune à tous il faudra bien aller de l'avant et prendre de décisions d'avenir, qu'en pensez-vous?

Ou avez-vous vu que je tenais Ségolène Royal pour responsable de tous les maux ? ( Hormis la référence au marais poitevin, mais ça, ce n'est aucunement, en effet, le point central. En outre, changer d'avis, dans le bon sens, est plutôt positif. ). Il n'est que de se reporter à l'article publié hier par Jade Lingaard, sur les "réajustements" nitrates post Grenelle de l'environnement, et la façon dont on s'apprête, une fois de plus, à reculer devant la grogne des agriculteurs ( quelques bris de meubles dans la Vienne, donc en Poitou-Charentes auront suffi). Ne jamais froisser la FNSEA! Je n'ai pas assisté à l'ensemble des interventions, en effet, je ne me base que sur ce que vous donnez à voir via les vidéos mises en ligne. Et pourquoi celles-ci m'énervent-elles donc tant ? Quand je fais référence à 10 ans, il ne s'agit pas d'échéances électorales, mais de la date.. de mon installation ici. Avant, je n'ai pas vu, pas suivi. Mais depuis dix ans, j'entends ces discours sur le "nous allons", "il faut que", "pédagogie", convaincre les agriculteurs", etc.. Or, de ce que je peux voir, les agriculteurs ne sont pas sous informés sur les méfaits des nitrates et des pesticides. Tout comme les fabricants d'amiante n'étaient pas sous-informés. Le problème, une fois de plus est: intérêt immédiat, courte vue ( après moi le déluge), poids des habitudes contre intérêt collectif et durabilité. Quand on me dit "on va convaincre", antienne que j'entends depuis dix ans ici, je m'aperçois qu'on ne convainc pas. Ou très peu de monde. L'agriculteur que je mentionnais plus haut, qui n'est pas un cas isolé, loin de là, casque sur les oreilles, enfermé dans sa cabine à dix mètres de haut, arrose de produits phytosanitaires tout le pays en vrac... mais se protège, lui. Seules la menace de mesures coercitives peut faire avancer les choses dans, disons, les délais d'une vie humaine ? Ce qui n'empêche nullement la pédagogie. Mais ces mesures coercitives ( et là, d'accord, nous dépassons largement le cadre d'une région) personne ne les prend. Les légumes et fruits français, pour ne citer qu'un exemple, sont les plus "chargés" d'Europe. Personne, et là, Ségolène Royal pas plus que les autres, ne veut prendre le "monde paysan" a rebrousse-poil. Trop couteux électoralement, trop susceptible de déclencher une de ces bonnes vieilles flambées de colère qui vous bousculent les préfectures. Donc on "convainc" à un rythme tellement lent qu'il n'y aura plus grand monde à convaincre, au bout du compte. Car si je ne peux avancer de chiffres, je peux compter les enterrements, déjà. Et pardon, je me suis trompée dans le nom du produit cité hier: c'est TYRAN, le vrai nom. Accompagné, je viens de le vérifier de Rafale S, et de Round up Max par bidons de trente litres. Un vrai programme. Toutes les notices parlent de précautions d'emploi, tantôt pour ménager les cultures voisines, tantôt pour ménager les êtres vivants alentour. Et votre intervenant parle de désherbants en jardinerie ?

Rien à faire ici encore dans un autre style ça vole encore très bas, Ségolène remplit nos assiettes de diméthyl éthyl phosphonate de soude dans le seul but d'enrichir Mon Santo et de ne pas prendre le "monde paysan" a rebrousse-poil. Courage fuyons

Christian, je crois que Dominique Conil, même si ce n'est pas de la manière constructive que nous souhaiterions mais ce n'est jamais évident de débattre, est partie prenante et semble se sentir concernée par le sujet. Alors, ne soyez pas démotivé, ce qu'elle a à dire est important et intéressant, c'est son point de vue et que ce ne soit que pour démystifier ou démythifier certaines idées toutes faites, donnons-lui la parole, écoutons-la et essayons d'opposer avec des arguments ce qui nous semble portée à controverse. Personnellement, j'apprécie son intervention tout en n'étant pas d'accord avec pas mal de choses. C'est en parlant et en prêtant oreille attentive aux diverses expressions ou expériences que l'on peut arriver à mieux connaître un dossier que l'on tâche de nous rendre compliqué et insaisissable. En revanche, j'apprécie moins une intervention dans ce fil à propos d'un non sens grammatical alors que nous sommes dans un fil me semble-t-il, non, c'est plutôt un fait avéré, qui traite de l'utilisation de pesticides et non pas de l'utilisation du verbe avérer. Les pléonasmes et les non sens grammaticaux méritent d'être relevés, c'est vrai, mais c'est dommage de le faire de cette manière. Entre autres choses parce que cela peut détourner l'attention de l'objet initial du billet, c'est souvent ainsi que cela se passe. C'est peut-être une question d'éthique. . Dominique Conil, ne connaissant rien du monde paysan, ou si peu par belle-famille interposée bien implantée en terre corrézienne d'élevage, n'ayant donc pas les compétences requises je ne fais que m'informer pour tâcher de comprendre les tenants et les aboutissants d'un fait de société qui peut porter de graves répercussions à l'avenir de générations futures. Pour le "avant" nous pouvons sortir le fameux "je ne savais pas". Pour le futur, nous n'aurons pas d'excuse parce que nous savons ou commençons à savoir. Le travail de la terre doit être l'un des moins gratifiants à tous les niveaux en cette époque moderne de profit et de "m'as tu vu" que nous vivons: penibilité, dépendance des éléments comme de l'avidité humaine, non reconnaissance sociale de ce qui est pourtant la base de tout groupe de vie sédentarisé... alors, comment ne pas comprendre que le paysan ait essayé de profiter de toute l'aide extérieure apportée par les engrais, les pesticides et toute la ronde qui s'est avérée à la fin infernale? C'est la moindre des choses de tâcher de le comprendre et notre responsabilité dorénavant de travailler pour que l'évolution et la connaissance des dangers réels soient mises en lumière, sans exagérer mais sans rien occulter, le citoyen peut tout supporter et d'ailleurs je trouve qu'il supporte impassible bien trop de choses insupportables. Nous nous devons, c'est mon avis, d'être exigeants pour que les hommes et les femmes qui vivent de cette dure labeur soient accompagnés et aidés dans la révolution qui doit être faite pour un changement total d'entreprendre la terre et ses produits. Il y en a qui disent, d'ailleurs, que cela peut ramener la croissance locale... allez savoir. Que les politiques manquent de courage? oui, c'est connu, ou encore, c'est avéré. Mais depuis pas mal de temps, j'essaie de partager et d'assumer mes propres responsabilités, à mon petit niveau, et je me dis que nous avons les politiques que nous voulons, pour ne pas dire que nous méritons. En conclusion, les pesticides et ses répercussions me semble un dossier plus que prioritaire, pour lequel nous devons pousser et accompagner les politiques qui veulent s'en saisir sans pour autant nous décharger ni nous en dessaisir nous mêmes.

Cher JNSPQD, merci de me donner la parole... sur un site participatif! Je n'ai pas réagi sur l'ensemble du monde paysan, l'ensemble des problèmes de la planète et l'ensemble des politiques. Très concrètement, voyant annoncée une video avec un orateur des Deux Sèvres, je l'ai visionnée de bout en bout. Passant plus de la moitié de l'année en plein milieu rural, dans les Deux Sèvres, j'ai réagi. Car, en dix ans, ici, bien qu'ignorante au départ des réalités des agriculteurs, j'ai eu le temps de poser des questions, de m'informer, de discuter avec lesdits agriculteurs, bref d'apprendre. Maintenant, je vote ici. Au final, je ne partage pas votre indulgence. Au demeurant le monde rural n'est pas homogène, situations bien différentes, et comportements aussi. Il y a belle lurette que l'on sait que les produits phytosanitaires ( je m'attache au sujet du billet, la video, afin d'éviter des déclarations englobant tant de choses en vrac qu'elles finissent par perdre tout sens) sont dangereux: il y a dix ans, les agriculteurs le savaient parfaitement. Ils le savent encore mieux aujourd'hui. En effet, comme le dit l'intervenant-vidéo, il y a eu prise de conscience, pour quelques uns. Une poignée. Cette poignée n'est d'ailleurs pas formée que de "bios", mais aussi de ceux qui pratiquent l'agriculture raisonnée. Très concrètement , sur le plan environnemental, la situation s'aggrave. Et dans la video, le discours lénifiant qui consiste, d'une part, à donner à penser que des gens qui exploitent des centaines d'hectares vont changer de pratique parce que leur enfant leur en parlera au retour d'école, d'autre part, et que le consommateur à jardinet doit veiller à faire les bons achats... C'est seulement hors propos. Impeccable pour une réunion parisienne, un peu ridicule ici. A quelques kilomètres, en cinq ans, le paysage a été métamorphosé: toutes les haies arrachées, les arbres abattus, pour faire place aux plantations à prime. Plus qu'une plaine, avec des terres saturées de produits, et qui vont bien sûr être lessivées: on le sait depuis environ trente ans. Pensez-vous que les associations de protection de l'environnement n'ont pas tenté de "convaincre" ? Mais si... Je ne suis pas d'accord, non plus, avec la "non-reconnaissance sociale". En milieu urbain, c'est sûr. En milieu rural, pas du tout. Le m'a-tuvuisme que vous dénoncez peut prendre d'autres formes, voilà tout. Le travail pénible d'antan, lié au peu d'équipement et à une polyculture ou un poly élevage qui occupaient d'un bout à l'autre de l'année sans trêve, ce n'est plus tout à fait ça. Même si ça reste difficile; comme pour bien d'autres. Donc oui, je me sens concernée, si vous voulez: avec cette différence, toutefois. Moi, je peux aller ailleurs, vu mon métier. Ceux qui vivent de la terre, non.Et donc, ayant lu, entendu, etc, nombre de déclarations d'intentions , il me semble que les choses ne changeront pas grace à une seule prise de conscience - qui a déjà eu lieu, il ne faut pas être naïf - mais aussi par des incitations financières réelles, pas des gadgets pour bios fauchés, et des mesures contraignantes pour ceux qui ont la prise de conscience ralentie et la distribution de pesticides rapide.

J'approuve tout à fait le commentaire de JNSPQD.
C'est à nous, citoyens, qu'il appartient de dire clairement ce que nous voulons, et ce que nous n'acceptons plus.

Le problème des risques technologiques car c'est bien de cela qu'il s'agit, est d'abord un problème scientifique difficile à géométrie très variable selon que l'on parle de nucléaire,de pesticide, de réchauffement. Un des grandes difficultés que l'on rencontre est le manque de recul.Mais c'est ensuite un problème politique où des conflits d'intérêt sont inévitables et c'est dans le mélange des deux que l'on dit et que l'on entend beaucoup de conneries. Quand on a le recul suffisant il est souvent très difficile de faire reculer le pouvoir économique. Quand on a pas le recul il faut alors tout interdire d'entrée et c'est très difficile. Il faut faire admettre aux consommateurs comme aux industriels que tout est provisoire et peut être remis en question sans que l'on en fasse des drames idéologiques, au nom d'une réalité scientifique.

Les consommateurs sont aussi les citoyens... et les travailleurs.

@ dominique conil, en dehors de Paris et des Deux-Sèvres, (et un petit peu la Vendée voisine, et un petit peu la Bretagne, car on y a beaucoup parlé de la pollution de l'eau aux nitrates dans les medias traditionnels, ce qui fait qu'il n'y a aucun mérite à la citer),,vous ne connaissez pas grand chose, visiblement, à la France dans son ensemble face aux problèmes de pollution des sols et de l'eau. Sachez que la situation s'est dégradée sur tous les territoires, depuis plus de 20 ans. Sachez qu'un président de Région n'a pas le pouvoir d'imposer aux agriculteurs de diminuer ou supprimer les intrants, ceci étant de la compétence de l' Etat. Sachez que le Ps, lorqu'il fut aux responsabilités, n'a rien fait dans le bon sens, et que DSK, ministre de l'Industrie et du Commerce, s'est opposé à SR, lorsqu'elle fut ministre de l'Environnement, celle-ci ayant perdu face à l'arbitrage du 1er ministre de l'époque, P. Beregovoy, sur le traitement de déchets, notamment. Paris ne s'est pas fait en un jour, les réticences sont très fortes à un meilleur respect de l'environnement; SR est la mieux placée pour faire évoluer les choses, comme cette Université Populaire le montre : la politique par la preuve, et le dialogue, étant les meilleurs moyens pour sortir du poujadisme rampant encore très présent de nos jours, et dont vous êtes, inconsciemment, une expression dans vos posts ci-dessus. Vous auriez pu citer, si comme moi vous aviez atterri à Reims, la dégradation qui sévit dans les vignes de vins de champagne, qui traitent par canadair chargés de pesticides, jusqu'à 9 fois par an, soit 2 fois plus qu'il y a 15 ans; il en est de même pour les champs de betteraves sucrières de l'abominable industrie Beghin-Say, et autres industries cosmétiques, dont, je l'espère, vous n'achetez jamais les produits ! Je ne peux que vous engager à mettre tout votre talent au service de la cause que vous voulez défendre ici, de manière plus constructive, et plus sereine.

Bien. Je ne connais pas grand chose au sujet: mais voyez-vous, lorsque s'exprime un orateur sur un lieu que je connais, j'ai au moins compétence citoyenne, non ? Vous citez la Bretagne: il me semble bien que partie d'une situation gravissime de pollutions des eaux ( et de la mer, soit dit en passant), la Bretagne a justement redressé la barre, et non sans menaces... L'année dernière, les deux départements stigmatisés par l'Europe , en France, furent la Vendée et les Deux Sèvres. Ces deux-là. Est-ce à dire que la situation est florissante ailleurs ? Sans doute non, mais je ne parle, ici, que de ce que je connais, constate. Est-ce du poujadisme , ça ? Désolée, je croyais que c'était.. du participatif. Le poujadisme, la défense de l'intérêt particulier à court terme, je les vois s'épanouir ici, ceci dit. Je n'ignore pas que les pouvoirs d'une présidente de région sont limités. Simplement, lorsque je visionne une vidéo où il m'est expliqué qu'il faut convaincre en douceur, cela me paraît aussi aléatoire que convaincre les patrons de renoncer au profit. Dans l'exemple cité plus haut, sur l'arrachage de haies: j'ai appelé l'association départementale, joyeusement nommée Prom'haies, pour connaître la marche à suivre. Convaincre, m'a-t'on répondu. Le temps de dégotter le type sur son engin de vingt mètres de haut, de l'en faire descendre pour parler: il n'y avait plus rien à sauver. Et de toute façon il m'a répondu: tant que ça dure.

Chère dominique, je vois que vous connaissez les joies et les douleurs du militantisme, avec votre anecdote de Prom'haies et "le type sur son engin de 2 mètres de haut", qui n'en a rien à faire -;) A la suite de l'article de Libé, sur l'agriculteur qui est tombé dans sa cuve, et qui, maintenant, milite, le 1er commentaire "je suis agriculteur, elle est pourrie sa cuve !". La Bretagne, vous l'aviez citée. Je suis étonnée que la Marne ne fasse pas partie des régions pointées par l'Europe. Les pouvoirs du président de région ne sont pas "limités", mais nuls. Il ne reste que des incitations, des aides, et de la pédagogie : c'est long, j'en conviens. Je peux vous dire que les Verts sont très attentifs, et que la Région Poitou-Charentes a la meilleure présidente qui soit, selon leurs critères.

Trop tard pour la pédagogie. Ici aussi, remembrement il y a moins de vingt ans, extension des parcelles et destructions des haies, traitements en augmentation (avec parfois des produits dorénavant interdits stockés dans les endroits les plus improbables, par exemple la chambre froide où sont conservés les fruits !) et collusion des agriculteurs criminels. Il faudrait disposer du temps d'une génération et demie pour arriver à faire marche arrière. "Qu'est-ce que vous leur mettez, à vos tomates ? – Juste de l'eau et du soleil." Tu parles… Les plus conscients disent : "On nous a appris que c'était mieux comme ça." Mais ce n'est pas pour autant qu'ils sont prêts à faire machine arrière. Disparus, les vers de terre qui témoignaient de la richesse de la terre. Disparues, les fleurs et les feuilles des plantes adventices, habitats et réservoirs de nourriture pour de nombreuses familles d'insectes, dont les abeilles. Expérience menée dans un tout petit bout de terrain, mon jardin : il faut dix ans pour que quelques espèces réapparaissent naturellement, angélique, chélidoine, reine des près, dont les plans sont maintenant vendues en jardinerie. Comme les larves de coccinelles ! Péneloppe, tu parles du traitement de la vigne. Cela fait plus de trente ans que des viticulteurs se battent pour faire du vin "biologique". Pendant vingt ans, ils ont été la risée du voisinage et des œnophiles. On vient maintenant les consulter, pour savoir comment c'est possible. Mais il n'y a actuellement pas plus de 2% des vignobles qui sont cultivés en bio. Pendant ce temps, depuis 1984 chez Rhône-Poulenc-Aventis-Sanofi, on parle ouvertement (motus à l'extérieur) du "cancer du vigneron".

Chère Anne, je ne bois plus que des vins bio, depuis 4 ans, l'épouse de mon neveu est viticultrice en conventionnel dans le bordelais; je suis entièrement d'accord avec toi, sauf sur un point. Il n'est jamais trop tard pour la pédagogie, et battons nous pour avoir une présidente écologiste en France, au lieu de critiquer un peu sottement comme le fait dominique conil, la seule présidente de Région vraiment engagée, enfin, quoi !

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