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PS: rose totem et noir tabou

Entre la pensée unique et la pensée magique, il y a un danger qui menace la gauche à chacun de ses pas : la pensée totémique. C’est le recours sacramentel à des formules qui protègent du doute et de l’inconnu tout en conférant à leurs auteurs un certificat indiscutable d’appartenance à un groupe identitaire. Aujourd’hui la « présidentialisation » du parti socialiste désigne le tabou par excellence. Une pente infernale où ce parti , pour ne parler que de lui à gauche, glisserait sous le regard sardonique d’un Sarkozy brandissant sa fourche. Bertrand Delanoé n’est peut-être pas le meilleur au PS, mais il semble, sur ce point au moins, le plus lucide sur les impasses du totémisme.


 

Il ne s’agit pas ici d’invalider toute réflexion sur les questions institutionnelles, de s’interroger sur les pesanteurs d’un parti politique qui porte essentiellement à gauche, que ça plaise ou non, la responsabilité d’une alternance de pouvoir. En essayant d’évaluer l’efficacité des moyens qu’il sedonne pour y parvenir.

Sur ce plan, Pierre Moscovici, est premier de cordée au sommet du « Totem » quand il écrit dans « Le Monde » ( édition du 27 août) qu’il faut « tourner le dos à la volonté de présidentialisation du Parti socialiste ».Evidemment on a compris déjà pourquoi l’intéressé a fait de son « désintéressement » ( vis à vis d’une investiture présidentielle) un argument de vente pour sa candidature au poste de premier secrétaire. Son texte est surtout intéressant en ce qu’il livre involontairement la clef de la contradiction. En effet, il énumère les objectifs de sa candidature en les plaçant à un tel niveau d’ambition, (passer des »principes » aux « actes », imposer une « direction resserrée, soudée », animer un « contre-gouvernement », etc…) qu’on voit mal quelle autre pourrait l’assumer qu’un leader ayant vocation à incarner tout l’opposition, donc l’alternance, en ayant une légitimité assurée au sein de son propre parti. Bref, pas vraiment le profil de Pierre Moscovici, même s’il est tout sauf médiocre.

Le PS doit arrêter l’angélisme sur cette « présidentialisation ». Présidentielle ou pas, les socialistes ont toujours eu besoin d’individualités fortes pour les pousser en avant, de Jaurès à Mitterrand.Ce n’est pas parce que le moule des grands hommes semble cassé, que la demande de surpassement a disparu. Parmi les raisons qui font que le PS est inaudible aujourd’hui, il y a celle qui tient au fait de ne pas avoir à sa tête quelqu'un dont la parole soit au-dessus de celles des autres, qui aux yeux des Français ( catégorie nettement plus large et plus opérationnelle électoralement que celle des militants de gauche) serve de référence, de contre poids et d’alternative à la parole du pouvoir en place. Les gens, comme on dit, sont moins compliqués que ceux qui prétendent les gouverner, ils auront tendance à penser que celui ( ou celle) qui est doté ( e ) de telles qualités a normalement vocation à muter d’une « présidence » des socialistes à la présidence des Français. Ce fut longtemps le cas de François Mitterrand, celui dont justement les lointains héritiers feraient bien de s’inspirer, pour s’en tenir à la seule question de la conquête du pouvoir suprême. C’est du jour où il a compris – et ce fut très rapide après 1962 – quela gauche ne reviendrait pas au pouvoir autrement qu’en s’adaptant aux nouvelles règles du jeu imposée par l’élection du président de la République au suffrage universel, que les conditions d’une victoire future commencèrent se mettre en place. Aujourd’hui ces règles ne sont pas sensiblement différentes, sauf que le quinquennat, l’hyper-médiatisation, la complexité accrue du monde, renforcent l’obligation de proposer au choix démocratique, des personnalités fortes, à l’expression simple, qui seront moinsjugées sur des programmes que l’on sait de plus en plus périssables, que sur leurs capacités à comprendre, communiquer, animer et décider. Des leaders identifiables à des valeurs – on peut croire encore qu’elles ne coïncident pas complètement entre droite et gauche - dont l’expérience du pouvoir gouvernemental, local ou partisan est à même d’offrir un aperçu de leur aptitude à occuper des fonctions supérieures.Un caractère de nouveauté ne peut pas nuire, les candidatures perpétuelles ne constituant plus cette présomption « d’expérience » qu’on leur conférait du temps de Mitterrand et Chirac.

A ce constat, il est opposé une démarche qui serait, elle, vraiment de gauche, en ce qu’elle ferait prévaloir le projet sur le candidat. Elaborons de bonnes idées et nous trouverons le bon candidat. Le fond, avant la forme, quoi ! Le collectifavant les individualités.

L’inconvénient est que ce fameux « projet » ( autre figure totémique du culte socialiste) est à bien des égards une chimère. Il serait amusant – mais fastidieux – de reprendre la bonne dizaine de « déclarations de principes » et de « projets » que le PS a produit depuis le début des années 80, et de constater qu’à peine leur encre séchée ils étaient déjà oubliés, car finalement plus utiles à coaguler les jeux internes de pouvoir qu’à la gouvernance d’un pays moderne. La gauche – du moins une partie d’entre elle- vit dans le subliminal d’un « programme commun » alors qu’aujourd’hui il est vain de vouloir plier des sociétés, des économies, à un cadre trop rigidede décisions préétablies.Mieux vaut des leaders animés de convictions solides dont les électeurs ont pu être juges, obligés seulement par quelques grandes orientations mais aptes à « conduire » les affaires du pays en fonction de tous les aléas de la conjoncture et les évolutions des mentalités. Cela n’exclut pas de formuler quelques saines propositions de révisions constitutionnelles « rééquilibrant » les pouvoirs ou étendant le champ de la démocratie « participative ». Mais il ne faut pas oublier ce petit détail qui est que pour agir en faveur d’institutions nouvelles, on doit d’abord se faire adouber dans le cadre des institutions existantes. Rien qui n’interdise – au contraire même - d’élaborer une batterie de projets de réformes particulières, susceptibles d’être mis en œuvre au cours d’un mandat, mais à condition de reconnaître enfin que la « sous-traitance » à des « think tanks » externes est aussi efficace aujourd’hui, que le recours à des « commissions » internes.

Le PS a certainement besoin aujourd’hui d’une personnalité dont l’envergure lui permette d’incarner une autorité à la fois dans son parti et face au pays.Un des contre-arguments avancés est savoureux : si le PS met en avant aujourd’hui un « présidentiable » il va se faire « canarder » pendant quatre ans par la droite. Et par ses rivaux dépités au sein du parti. Pauvre petite chose ! Si on n’est pas capable de résister et riposter pendant quatre ans à de telles épreuves, il faut changer de métier, ou plutôt de vocation. Pour le job, mieux vaut être résistant avant, car il sera terriblement éprouvant pendant. François Mitterrand, encore lui, n’a pas coulé que des jours tranquilles entre les attaques de la droite et les critiques de Rocard

Ségolène Royal et Bertrand Delanoé ont été les premiers à comprendre qu’il fallait occuper au plus vite le vide créé au PS par l’indécision de commandement et la vacuité de représentation, depuis que François Hollande a annoncé qu’il passait la main. Une situation rendue d’autant plus aigue qu’elle laisse le champ médiatique libre aux écologistes derrière la figure de Daniel Cohn-Bendit et aux trotskystes relookés NPA derrière Olivier Besancenot. Ce dernier appliquant d’ailleurs à son parti en formation, une stratégie « présidentialiste »de la veine la plus pure. L’ancienne candidate à la présidence de la République semble néanmoins de moins en moins susceptible des’adapter aux contraintes cumulées de la prise en charge du PS et d’une stratégie de recours présidentiel, au grand dépit de beaucoup de ses partisans qui ont vainement attendu qu’elle fasse la démonstration qu’elle avait changé dans ses comportements, mûri dans analyses. Une anecdote récente en est l’illustration. Elle est allée rencontrer le Dalaï Lama à Nantes, en ignorant superbement que le maire de la ville – son camarade Jean-Marc Ayrault – avait organisé de longue date une réception dans sa mairie, bravant l’interdit stupide du préfet de faire flotter le drapeau tibétain du fronton municipal. Si l’on ajoute à cela un absentéisme systématique de toutes les instances de délibération du parti, on voit mal comment elle pourrait s’y imposer demain, indépendamment même de sa capacité à convaincre le pays de sa « présidentialité ».

Bertrand Delanoé paraît le plus à même de remplir ce rôle. Si les sondages le placent en tête des aspirants, c’est un signe, au moins, qu’on commence à lepercevoir déjà comme tel dans l’opinion. Un sondage n’est pas vérité biblique, le cas de Martine Aubry en est la démonstration.Distancée au hit-parade des « premier-secrétarisables », elle a assurément des qualités susceptibles d’en faire le porte-étendard d’un parti sous contrôle et d’une opposition sous pression. Ce n’est pas un hasard sans doute si elle partage, avec Bertrand Delanoé, une réputation flatteuse attachée à la capacité de diriger d’une main ferme une grande métropole. Le « socialisme municipal » ( sans doute aussi départemental ou régional) est probablement aujourd’hui le vivier privilégié des grands dirigeants de la gauche pour le pays. Mais à la différence de Bertrand Delanoé qui ne se cache pas derrière son petit doigt pour postuler à la plus haute responsabilité du parti, Martine Aubry semble empêtrée dans des jeux compliqués avec des gens et des courants dont tout l’a opposé jusqu’ici , et elle reste bien la fille de son père en guignant une responsabilité dont elle semble hésiter à assumer la conquête franche et opiniâtre.

Pourtant, Aubry contre Delanoé, cela donnerait au PS l’occasion d’un duel de bon niveau. Mais on entend déjà les lamentations devant une telle « dérive » présidentielle !

 

Jean-Michel Helvig

Tous les commentaires

Votre article décrit bien la situation actuelle du PS mais une forte personnalité cela ne s'improvise pas comme ça. Et même lorsque cela émerge, il s'agit encore d'un long chemin. Autant dire qu'il faudra encore être bien patient.

Long chemin ? Si vous prenez tous les postulants au titre de champion des socialistes ils ont tous été ministres, parlementaires, élus locaux depuis une vingtaine d'années. Les deux qui me semblent les plus "profilés" pour la responsabilité écrasante de tenir le PS et tenir à la tête de l'opposition, Martine Aubry et Bertrand Delanoé, ils ont dirigé des grandes villes, ce qui est un apprentissage incomparable du pouvoir. Même François Hollande, en phase d'investissement personnel dans la gestion locale, il faut lui reconnaître que dix ans à la tête d'une formation comme le PS qui a connu le pouvoir et l'opposition, ce sont des années qui comptent double. Ce n'est pas vrai de dire que les socialistes n'ont pas encore de leaders à la hauteur, c'est tout simplement qu'ils sont tétanisés devant le choix. J'ajoute un élément plaisant de comparaison : Barack Obama a eu son premier mandat électoral en 1996.

M Helvig, Je ne conteste nullement les qualités que vous attribuez aux uns et aux autres. Les personnalités assorties de qualités et d'expérience du pouvoir sont nombreuses au PS. Un leader qui s'impose doit disposer d'une dimension bien particulière qui émerge assez rapidement même si le chemin est long. Rocard, Delors avaient d'importantes qualités cela n'en a pas fait des hommes aptes à conquérir le pouvoir suprême. Il faut ce "petit plus" qui fait tout. Quant aux USA disons qu'il existe tout de même une différence. Ce pays a l'habitude d'élire régulièrement des hommes ayant un parcours politique locale depuis de longues années mais absolument inconnus du grand public. (Carter, Clinton, Bush fils). La comparaison entre les deux pays me semble difficile à faire. Aux USA également on ne voit pour ainsi dire jamais un candidat se représenter après un premier échec (à l'exception de Nixon). Il n'y a pas non plus de réel chef de parti qui devient le candidat naturel à la présidentielle. Bref comme je me veux optimiste, je me range à vos espoirs. Je pense également qu'un candidat dispose d'un contexte général qui le favorise ou non. Je ne pense pas, par exemple, que N Sarkozy aurait pu être élu il y a même 10 ans avec le discours et la campagne qu'il a mené en 2007. Bien à vous Dominique Gautier

Comme beaucoup d'analyste et de sondeurs vous semblez faire l'impasse sur les militants (que la plupart d'entre vous (comme de nombreux dirigeants du PS...) ignore superbement) qui in fine auront raison de toutes ces spéculations au moment du vote sur les motions puis sur les dirigeants... Une visite dans les sections serait probablement très instructive aux commentateurs et analystes et je suis pas du tout certain que votre duel préféré soit du goût du PS "d'en bas" et pas seulement sur l'air de la dérive présidentielle...!!!

kairos La pensée magique n'est donc pas "le recours sacramentel à des formules"? par exemple: Abracadabra! Et qu'est-ce ce qui la distingue de "la pensée totémique"? Le recours à une figure, et non à des mots, chez cette dernière? Il est passionnant de constater que tout un chacun sait le mal dont souffre le PS, en premier lieu lui-même et quelle médication apporter. Mais s'agit-il de guérir? Ou de renaître? Et pour renaître, encore faut-il savoir qu'on est mort... Sinon, il ne reste qu'à errer parmi les spectres, dans les limbes...

Monsieur Helvig Une fois de plus vos commentaires relèvent toujours d'une idée que le premier secrétaire et le président de la république devraient être élus par des personnes comme vous, exterueiru au parti socialiste. quelques questions pour vous connaître une peu mieux je suis militant socialiste depuis 1975, et vous ? 1- avez-vous votre carte d'adhérent au PS ? 2 - pensez-vous que c'est à vous de choisir notre secrétaire? 3- si nous sommes dans la même démarche pensez-vous que nous pouvons choisir le rédacteur en chef de médiapart ? enfin je constate une fois de plus que vous faites l'impasse de ce qui s'est passé en 2007, à savoir que le PS a recueilli 17 millions d'électeurs pour une candidate qui à vos yeux n'a pas la capacité de diriger le PS alors que vous faîtes référence à Mitterrand, J'ai fait les trois campagnes pour que la dernière nous remplisse de joie, et c'est grâce à sa persévérance que nous avons pu gagner en 1981....rappelez-vous les campagnes calomnieuses de la droite, mais à ce moment tout le PS était derrière lui, ce n'est pas le cas aujourd'hui tout cela parce que Ségolène Royal propose des idées que certain ne veulent pas . Alors, nous vous demandons de bien vouloir faite des comparaisons entre les candidats , d'écrire ce qu'ils écrivent, disent débattent, bref sur du concret, et non sur des suppositions, des interprétations faites par un journaliste. C'est à nous, militants de base, que nous devons choisir nos leaders, nous sommes capables de dire qui est le ou la meilleur(e) pour diriger notre parti. Si on veut nous faire avaler la pilule comme en Italie, sur des soit disantes primaires je croie qu'on nous trompe, la preuve, Berlusconni à gagner contre le candidat " de la gauche ..."

C'est étrange votre réaction. Comme elle en rejoint une autre, analogue, de Claude Picard, et qu'elle en précède peut-être de même inspiration, je vous répondrai très simplement que vous êtes libre de lire ou pas mon blog, vous êtes libre de le commenter, même en termes très critiques, vous êtes encore plus libre de penser par vous-même pour ce qui est des votes internes à votre parti, et moi je serais le seul à ne pas être libre d'écrire ce que je veux, sur les sujets de mon choix ? Je ne suis évidement pas membre du PS, je ne l'ai jamais été, la seule carte que je peux exhiber ( outre les documents administratifs) c'est ma carte de journaliste. Il se trouve que mon intérêt personnel et aussi expérience professionnelle, me portent plutôt à analyser les questions de pouvoir politique : son exercice et sa conquête. Désolé de vous rappeler que le PS est un acteur essentiel de la vie publique de ce pays et que, à ce titre, il est naturel qu'il soit observé et analysé de l'extérieur, notamment par les journalistes. La période aphasique qu'il traverse je ne l'ai pas inventée, sa difficulté à trancher entre des ambitions - ce n'est pas péjoratif dans mon esprit - contradictoires est de notoriété publique, c'est aussi une préoccupation plus générale qu'au pouvoir en place, ne réponde qu'une opposition désarticulée, sinon désincarnée. Je n'ai fait qu'exposer un point de vue - le mien - sur l'état actuel du PS et ce qui semble lui manquer au premier chef, un point de vue qui n'est pas "en l'air" mais résultant aussi des conversations professionnelles que je peux avoir avec certains de vos responsables, et pas tous de la rue de Solferino. Il m'arrive également d'écrire sur l'UMP, sans en être membre.

A Claude Ferra Bonjour, je vous cite : "enfin je constate une fois de plus que vous faites l'impasse de ce qui s'est passé en 2007, à savoir que le PS a recueilli 17 millions d'électeurs pour une candidate qui à vos yeux n'a pas la capacité de diriger le PS (...). Je suis un peu agacé par cet argument des 17 millions qu'on entend régulièrement...Vous savez bien que dans ces 17 millions, un certain nombre a voté conte NS et pas pour SR ou le PS, soyons honnetes...Je ne sais plus le nombre de voies du premier tour mais ca me semblerait déjà plus honnete de prendre ce nombre. Et encore car on sait très bien aussi que la crainte d'un "le pen au 2eme tour" a beaucoup joué. En tout cas, je peux vous dire que parmi ces 17 millions, je connais un certain nombre qui ont voté à contre coeur et qui ne le referont pas. Je pense que c'est à prendre en compte dans les analyses, quoi qu'on en pense. cordialement,

M. Johnburrow, Allez au bout du raisonnement et dites que cela était valable aussi pour Sarkozy : beaccoup n'ont pas voté pour lui, mais contre Royal. Sans se rendre compte de ce qu'il faisait en opérant de la sorte. Toujours est-il que ces élections étaient biaisées, par des promesses intenables, des soutiens médiatiques financiers déséquilibrés et un homme tellement décomplexé qu'il atteint la folie.

Mis à part le fait que J-M Helvig prouve encore dans cet article qu'il est sûrement un des analystes les plus pertinents qu'on puisse lire , l'interpellation qui est faite par kairo pour brève qu'elle soit est porteuse de riches questions. Moins peut être sur le distingo pensée magique, pensée totemique ( encore que le PS ne manque pas de totem entre Jaurès Mendès France et Mitterrand tous les 3 à la fois ancêtres mythiques et parents lointains de groupes vaguement hostiles les uns envers les autres) que sur la pertinente question de la "vie" même du PS, et celle du choix : médication ou renaissance ( mais n'est on pas là dans la pensée magique?). Oui le PS est-il encore vivant? Ou ne tente-t-il pas une renaissance sans que la mort fut constatée et le deuil accompli. L'Histoire semble lui avoir tourné le dos où, plus exactement, lui avoir fermé pour un temps indéterminé le pouvoir de diriger ce pays.C'est qu'il y a un vrai déclin de ce parti qui appartient d'ailleurs plus au déclin général des partis conservateurs en europe qu'aux partis ouvriers. L'exemple italien nous le prouve à l'envi.. En 2000 un grand journal allemand prévoyait le suicide programmé de la droite européenne ' (Sûddeutsche zeitung mars 2000). L'article commençait par cesmots : " le conservatisme politique a atteint le fond de l'insignifiance..". Justement vu sauf à ajouter que Khol et Chirac n'étaient plus a droite que Mitterrand l'était et que le compromis d'intérêts remplaçant la démocratie. Les partis conservateurs ne se sont, en effet pas reconstitués ( ils n'en ont pas besoin) on le voit aujourd'hui en France mais leur dérive entraîne la dérive de toute la démocratie représentative et parlementaire. Un exemple frappant dans ce pays n'est-il pas dans le parallélisme dans lur psychologie des candidats à la Présidence de la République en 2006? Si, donc le PS faisait son deuil de son identité ( sans changer de stratégie du matin pour le soir même comme ce fut le cas dans la campagne de SG vis-à-vis du MoDem sans autre vue que celle de phagociter des électeurs) cela permettrait sûrement d'entrer plus vite ( et donc d'en sortir plus vite aussi) d'une période transitionnelle qui n'a pas de nom mais qui assurément n'est plus une democratie de parti mais une democratie de compromis d'intérêts régulés par le droit. La démocratie chrétienne en Italie a cédé sous les coups de boutoir de cette " modernité", les tories n'on pas davantage résisté, la CDU vacille dans des alliances friables et chez nous le conglommérat UMP comme le PS présentent tel janus bifron la même ambiguïté et curieusement c'est le PS qui donne l'impression de courir le plus vite vers les lois du marché. Alors oui le PS est mort.Ce n'est pas une bonne nouvelle, c'est l'Histoire.La médiocrite de ses dirigeants vient de là ( et ils ne sont pas tous médiocres mais englués dans la médiocrité induite par ce décès)fait penser à celle des gouvernants radicaux socialistes de 1938. Mais comparison n'est pas raison

Jean Michel Helvig, Comme vous donnez le droit de critiquer, j'en userai donc. J'ai trouvé votre article, long, très long, alambiqué; j'aurais dû aller directement à la dernière phrase, j'aurais compris plus vite pourquoi vous paraissez si gêné, prenant des tours et des détours, que vous nommez "analyse", pour pas grand chose. C'est dommage. Vous êtes vous demandé une seconde si, au-delà de votre propre plaisir, votre "analyse" apportait quelque chose ? Ma réponse est non, et les commentaires ci-dessus vous indiquent que, sur Mediapart, nous sommes un peu plus exigeants que cela quant aux "analyses". Bien à vous.

Peneloppe, je partage votre sentiment. Ce n'est pas un hasard si Jean-Michel Helvig a écrit : "Ce n’est pas parce que le moule des grands hommes semble cassé, que la demande de surpassement a disparu". "Grands hommes": tout est dit. Delanoë est manifestement celui de J-M. Helvig. .. qui enterre bien vite les deux petites femmes qu'il cite. L'une qui ignore ses camarades et qui n'a manifestement pas selon lui la carrure, l'autre qui est par trop la fille de son père. Ces deux-là ne se surpassent pas.... Chacun roule pour ses totems, mais qu'au moins il le fasse sans masque et sans dénigrer de façon implicite, l'air de rien, les autres candidat(e)s. Bien cordialement.

A Art Monika, Bonjour, Vous arrive t il de lire et d'analyser des articles autrement qu'en voyant du machisme partout ? C'etait déjà le cas sur plusieurs articles précédent et ca continue... Ca devient ridicule...Pour votre gouverne, voici une définition de "homme" du dictionnaire : "être appartenant à l'espèce animale la plus développée, sans considération de sexe".

Jean-Michel Helvig a une qualité : l'ancien directeur-adjoint de la rédaction de Libération n'est jamais allé à la soupe à la différence de son confrère Laurent Joffrin qui est allé prendre quelques thunes en écrivant le bouquin de Delanoë "De l'audace !" Le titre est d'une nullité telle qu'il fait penser à un autre titre calamiteux de Libé sur Ségolène Royal "La gaffitude". Au moins les lecteurs de Libé savent-ils que le diecteur de leur journal roule, sans vergogne, pour le maire de Paris, plus bing-bling que la provinciale Ségolène dont on ne sait pas trop ce qu'elle fait dans sa région, Poitou-Charentes, tellement éloignée de Paris ! Mais en estimant que Delanoë est sans doute le candidat le mieux placé pour la présidence du PS, Helvig oublie un peu vite que Delanoë a été, en tant que premier lieutenant de Jospin, l'artisan de la défaite de la gauche en 2002, qu'aujourd'hui encore il ne prononce pas une phrase, un discours politique sans aller les faire valider par papy Jospin, installé dans la pièce d'à côté. Jospin, jouant le double jeu tro-tro jusqu'à 40 ans, jouant aujourd'hui le conseiller de l'ombre : il n'y a plus que Delanoë pour être en admiration béate devnt lui... J-M H oublie aussi qu Delanoë s'est fait baiser comme un bleu par les English pour la candidature de Paris aux JO. Il oublie aussi - c'est peut-être de l'histoire ancienne mais Helvig est bien placé pour la connaître en tant que pionnier des radios libres - que Delanoë a tué les radios locales indépendantes en favorisant l'émergence de NRJ avec son grand pote Guazzini - celui des rugbymen en rose - et Dalida, etc. etc. Merci ! Je préfère Ségolène.

Un petit hors-sujet mais quand même , pour comprendre..claudefouchier, vous dites Delanoë, Helvig, Joffrin, Jospin, etc et deux fois uniquement son prénom à Mme Royal. Vous n'êtes pas le seul, mais je me demandais quelle était cette tendance à la nommer souvent par son prénom ? Cordialement,

A Claudefouchier Bonjour, je vous cite: "Delanoë a été, en tant que premier lieutenant de Jospin, l'artisan de la défaite de la gauche en 2002". (...)"Merci ! Je préfère Ségolène." Je trouve votre argumentation étonnante : Si on suit votre logique, qui a été l'artisan de la défaite de 2007 si ce n'est SR ?

Dans une démocratie ou dans une société évoluée qu'il y ait plusieurs candidats(es) à n'importe quelle élection, politique ou pas, devrait être et est, en principe, la norme. Que le PS comme première force d'opposition et comme parti ayant gouverné la France réveille l'ambition de plusieurs de ses cadres à vouloir prétendre à sa direction et à la gouvernance du pays, quoi de plus normal? Là où le bât blesse quelque peu c'est la déferlante d'explications du pourquoi tout le monde est beau, tout le monde il est gentil, tous sauf... chut..., ne réveillons les chats qui dorment. Là où l'on va trop fort dans ces thèses et antithèses, développées la plupart du temps par des amis du pouvoir en place ou par le pouvoir en place même - voire le sieur Raffarin déclarant sa flamme politique à Mme.Aubry(?) le Président Sarkozy, choisissant Mr.Delanöe - soient aidés de manière si éhontée par certains commentateurs dont nous les citoyens aurions espéré plus de pudeur ou de lucidité pour faire leur analyse indépendamment de la pensée unique, au nom de la confiance que nous les faisions. Là où cela devient ridicule, comme vous le dites si bien, Mr. Helvig, c'est quand pour disqualifier ses concurrents l'on se cache sous de formules bidon, exemple "les présidenciables"... Mais là où l'on aperçoit le cynisme extrême c'est lorsque l'on sort les formules de la peur "je suis inquiet pour le PS..", "je craint la mort du PS..." A ce propos, moi, je ressort une réponse de Royal à ces peurs et angoises qui ne cachent que le mépris extrême de certains envers les citoyens : "C'est l'ancien parti, l'ancien système qui agonise, c'est pour cela que la lutte est âpre. Si je gagne, je veux ouvrir portes et fenêtres..." Pour ma part, je rends hommage à tout ce que ce vieux parti à su apporter à la société, je m'incline devant toutes les personnes qui se sont battues pour les valeurs de solidarité et de justice, les unes sous l'éclat des lumières d'autres dans l'obscurité de la vie de chaque jour, et rappelle à tous ces Cassandres du malheur, que tous ces vieux socialistes s'ils vivaient en 2008, très probablement seraient en train de s'opposer tous azimuts au sarkozysme rampant au lieu de jeter le trouble et des prophèties de stand de cirque simplement pour disqualifier d'autres camarades et detourner des militants! Ce vieux parti ne meurt pas de mort naturelle mais sclérosé par des ambitions d'une autre époque, de celles des Maires de palais. Et d'ailleurs, ce vieux parti ne mourra pas, ses militants de base s'en chargent de lui redonner la vie en ouvrant les portes et les fenêtres pour qu'il respire! Je me suis égarée avec notre vieux parti si vilipendié ces temps-ci, mille excuses. Pour revenir à votre développement, Mr. Helvig, que vous ne soyez pas militant socialiste ne vous enleve en rien, effectivement, le droit en tant que français vivant et étant imposé en France de donner votre avis et d'exprimer vos souhaits. D'autre part, et sans enlever en rien les mérites et les qualités évidentes de Mr. Delanoë à prétendre et à déclarer son ambition pour le poste de premier sécretaire, voire plus si affinités, je voudrais plus de précisions de votre part à son sujet, afin de mieux déterminer mes propres choix, lorsque vous dites, je vous cite "B Delanoë n'est peut-être pas le meilleur au PS, mais il semble sur ce point au moins le plus lucide sur les impasses du totémisme" (?) ah! à moins que ce ne soit un jeu de mots et beaucoup d'ironie de votre part, je viens de me rendre compte, IMPASSE et TOTEM... aïe, aïe, aïe! Quant à la pensée unique et la pensée magique, je vous cite également "les gens comme on dit sont moins compliqués que ceux qui prétendent les gouverner..." pour moi la réponse est là. Un choix politique se fait aussi sur le ressentir des gens, les coups de coeur et les affinités sélectives, c'est bon pour vous, c'est bon pour nous tous. Chacun d'entre nous porte son totem et son tabou et lorsque nous nous trompons, ma foi, nous le payons. Combien parmi le 53% regrettent à l'heure actuelle leur choix? Mais l'on s'adapte et l'on continue. "Todo pasa y nada queda..." dit un poète de mon autre pays.

Et les mêmes causes reproduiront les mêmes effets! Ce qu'il faut c'est que le congrés de Reins désigne un premier secrétaire "Présidentiable" car la désignation en 2011 sera une gabegie comme en 2007 est bonjour les dégats !!! ce sont là les élucubrations d'un modeste militant de base.

Bonjour oued kniss, Pourquoi vous dévalorisez-vous en parlant "d'un modeste militant de base". ? D'abord vous êtes un militant ce qui est déjà un exploit de civilité au vu de la proportion dans la société des personnes qui se laissent mener au gré des médias (pour ne pas dire du vent). Ensuite vous assénez des vérités, en quelques mots, que beaucoup de supposés "élites" politiques feraient bien de s'inspirer. Enfin, pour rester bref, votre vote vaut tout autant que celui d'une première dame de France qui ne s'est même pas donné cette peine. Allez ! au "combat", et que la meilleure gagne, bon sang !

On peut être journaliste ..et partisan, sans adhérer au P.S, nous le savions déjà; l'ennui c'est que derrière une belle(et interessante) démonstration"objective", il nous est proposé un duel entre deux personnalités estimables, que beaucoup de français, socialistes ou sympathisants,ne souhaitent pas; ceux là approuvent le commentaire clairvoyant de "INSPQD" et pensent que la candidate Ségolène Royal, a fait la démonstration de ses capacités , de sa ténacité, de son énergie, qualités qui s'appuyent sur des équipes fortes et dévouées, sur des idées également fortes et simples, qui redonnent l'espoir que la France,, puisse reprendre sa marche vers plus de justice, et, de solidarité dans le respect de l'ordre juste parce que choisi par le plus grand nombre.

Vous avez peut-être raison. Mais, pardonnez-moi, ce n'est pas si évident que cela vu de l'extérieur.

Jean-Michel Helvig, tout dépend peut-être de la fenêtre que vous avez choisie pour regarder l'extérieur ? Ceux qui regardent depuis la Mairie de Paris n'ont pas la même vue ni la même perpective que ceux qui scrutent l'horizon depuis la Mairie de Lille ou la Maison de région du Poitou-Charente, ne croyez-vous pas ?

Vous me poussez dans mes derniers retranchements métaphoriques : l'idée serait plutôt de pendre de l'altitude pour mieux embrasser du regard l'ensemble des forces à la manoeuvre.....

A Pippo: Bonjour, "Des équipes dévouées" effectivement : vous avez bien appris votre récitation et avez placé toutes les formules magiques en quelques lignes! Désolé, ce matin je suis un peu sur les nerfs... Plus sérieusement, si vous voulez que le plus grand nombre vote ou revote pour SR, arretez d'employer des formules type "ordre juste" à tout bout de champs, et abordez un peu plus le fond des problèmes... bonne journée

La question de fond, qui est de plus en plus posée, est bien celle-ci : un parti socialiste - réformiste, et selon la déclaration de principes adoptée du bout des lèvres par certains, d'un réformisme radical - ou un parti démocrate ? En nous parlant d'un parti ancien agonisant, ce qui n'est pas tout à fait faux, Ségolène Royal et ses cosignataires veulent emmener le PS vers un parti démocrate à l'américaine ou à l'italienne (ils ne le cachent guère par leurs références). Delanoé, plus subtil, laisse entendre que telle pourrait être sa position tout en le démentant. C'est une conception du PS qui est en jeu : aller vers une "social-démocratie" préoccupée par le rassemblement des classes populaires et moyennes, revisitée par l'écologie et quelques autres courants de gauche, capable d'être un pôle d'attraction vers la gauche, ou aller vers un parti de centre-gauche, prêt à s'allier avec le centre droit, voire se fondre avec lui à terme, compte tenu de l'existence de l'UMP bien ancrée à droite. Les questions de personnes, de dirigeants se poseront très naturellement et les leaders s'affirmeront, que JM Helvig se rassure. Et il se pourrait bien que de nouvelles têtes apparaissent, ce qui justifie, en cette circonstance précise, que l'on ne désigne pas par avance un candidat à la présidentielle de 2012.

Toute cette discussion montre qu'il est urgent de changer de constitution, car la présidentialisation à outrance que nous subissons fait oublier le fond pour la forme. On s'en fout que le futur président soit à l'écoute des électeurs, qu'il ait un programme positif pour la grande majorité de la population, ce qui est important est qu'il présente bien, qu'il ait l'art de la belle formule. Si c'est ça le modèle de démocratie que l'on nous concocte, merci bien, cela ne correspond absolument pas à l'idée que je m'en fais.

dianne Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres et inversement. M. Helvig nous propose du grain à moudre, alors on moud... Mais il est vrai qu'on gagne un temps fou en commençant l'article par la fin. Si la raison de la publication de ce sujet est de démontrer que Bertrand Delanoë est l'homme de la situation, il faut éviter d'y aller par quatre chemins. C'est plus loyal avec le lecteur. bien cordialement

Ce soir, M. Aubry au JT de 20H de France 2. A la question "serez vous candidate au poste de 1er secrétaire", elle répond en substance que là n' est pas la question. Quel suspense ! Vous verrez bien, circulez : de qui se moque t-on ? C'est pour dans moins de deux mois ! A la question : "R. Dély, dans son livre, dit que vous avez confié à F.B. avoir voté pour lui au 1er tour". M.A. répond : "je n'ai pas vu F.B. depuis l'élection présidentielle" (voilà bien une preuve indiscutable), "et ai voté pour S.R." (sans préciser à quel tour ). Donc, quelqu'un ment. Je me demande : quel intérêt R. Dély et/ou F.B. auraient à éventer un bobard aussi énorme, en prenant le risque d'être déconsidéré ? La fin de l'interview laisse apparaître un malaise de la part de M.A., très perceptible... Cerise sur le gâteau : elle a beaucoup parlé du collectif.

Quel contraste entre le spectacle du PS et celui du Parti Démocrate. Où l'on s'aperçoit que choisir un leader n'est pas contradictoire avec susciter un élan collectif, qu'autoriser un espoir ne se réduit pas à rédiger un projet, qu'incarner un possible ne se réalise pas en gagnant une bataille de congrès, que donner à rêver n'est pas synonyme d'égrener des promesses irréalisables. Où l'on s'aperçoit aussi qu'une véritable campagne interne, sans merci voire cruelle, n'empêche pas que le perdant joue le jeu. Et et même si personne n'est dupe, quel contraste entre la classe d'Hillary Clinton et la mesquinerie des soi-disant présidentiables du PS au sortir de leur bien primaires primaires, leur quant à soi et leurs arrières pensées. Quelle contraste aussi dans la qualité des discours avec ceux des politiques français (pas seulement ceux du PS). Je n'ai pas entendu ceux de Barack mais même lus ils avaient une réelle force. J'ai entendu Hillary et quelle leçon dans la manière de délivrer un discours. Les mots et la syntaxe sont simples (aisément compréhensibles de quelqu'un dont l'anglais n'est pas la langue maternelle) mais il y a du fonds, de la conviction, de l'habileté bien sûr mais pas cette roublardise de bateleurs ce côté "l'ai je bien descendu" et "miroir mon beau miroir" de nombres de nos politiques. Et puis, surtout le sentiment, très étrange, qu'elle croit à ce qu'elle dit. Quel contraste aussi dans la capacité à faire émerger en 4 ans (la première apparition significative de Barack date des dernières élections présidentielles) un leader neuf là où le PS persiste dans son bonneteau pathétique entre dirigeants usés et mécaniques. Quel contraste enfin dans la prise de risque. Le parti de la gauche américaine (quand on pense que ce terme fut une insulte au PS, quelle ironie) se choisit comme porte drapeau un Noir, qui il y a 45 ans seulement n'aurait pas pu voter dans le Mississipi. Quarante cinq ans c'est très long diront certains. Certes, a peu près ce qui nous sépare de la fin de la guerre d'Algérie. La gauche américaine et la démocratie américaine plus généralement donnent une sacrée leçon à tous les contempteurs de l'Amérique, maurassiens de toutes obédiences et de tous les partis. Tiens donc, voilà une gauche qui donne envie d'être optimiste

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Parfaitement exact ! la comparaison n'est pas flatteuse pour le PS. La question difficile pour le PS n'est pas de savoir lequel des prétendants sera choisi, mais pourquoi le parti démocrate américain laisse régulièrement apparaître des leaders nouveaux de grande qualité - Clinton, Obama, qui ont surgi en outsiders provinciaux et l'ont emporté, alors que le PS persévère dans son être, et perd les élections présidentielles trois fois de suite. Le PS est paralysé par un groupe de quinquagénaires +, jaloux, frustrés et méchants qui empêchent le renouvellement des personnes, qui est en politique la condition au renouvellement des idées. Aucun d'eux n'est en mesure de rivaliser avec N Sarkozy. S Royal comme B. Belanoe, c'est pain bénit pour la droite. Seul les "jeunes" du PS qui ont reçu leurs brevets de fidélité doctrinale (la doctrine PS étant connue pour sa profondeur), n'ont aucune aucune légitimité personnelle, et ont inscrit leur existence dans le sillage des anciens seront appelés à jouer un rôle - mais dans les conseils généraux et les mairies ! N Sarkozy aura même la joie de réitérer ses propositions aux plus brillants des quadragénaires du PS, qui sont marginalisés dès qu'ils sont originaux (Valls en particulier). Toute question de génération laissée de coté, la qualité des leaders démocrates est quand même impressionnante. Hilarry Clinton sur les questions de couverture-santé, Al Gore sur l'écologie, qui eux ne sont plus des outsiders, c'est quand même autre chose que ce que le PS nous offre, de S. Royal à H. Emmanuelli.

Parfaitement exact ! la comparaison n'est pas flatteuse pour le PS. La question difficile pour le PS n'est pas de savoir lequel des prétendants sera choisi, mais pourquoi le parti démocrate américain laisse régulièrement apparaître des leaders nouveaux de grande qualité - Clinton, Obama, qui ont surgi en outsiders provinciaux et l'ont emporté, alors que le PS persévère dans son être, et perd les élections présidentielles trois fois de suite. Le PS est paralysé par un groupe de quinquagénaires +, jaloux, frustrés et méchants qui empêchent le renouvellement des personnes, qui est en politique la condition au renouvellement des idées. Aucun d'eux n'est en mesure de rivaliser avec N Sarkozy. S Royal comme B. Belanoe, c'est pain bénit pour la droite. Seul les "jeunes" du PS qui ont reçu leurs brevets de fidélité doctrinale (la doctrine PS étant connue pour sa profondeur), n'ont aucune aucune légitimité personnelle, et ont inscrit leur existence dans le sillage des anciens seront appelés à jouer un rôle - mais dans les conseils généraux et les mairies ! N Sarkozy aura même la joie de réitérer ses propositions aux plus brillants des quadragénaires du PS, qui sont marginalisés dès qu'ils sont originaux (Valls en particulier). Toute question de génération laissée de coté, la qualité des leaders démocrates est quand même impressionnante. Hilarry Clinton sur les questions de couverture-santé, Al Gore sur l'écologie, qui eux ne sont plus des outsiders, c'est quand même autre chose que ce que le PS nous offre, de S. Royal à H. Emmanuelli.

Ne croyez vous pas qu'on ne peut juger de l'action, de la vie même d'un parti politique qu'au sein de la société dans laquelle il est sensé agir. La comparaison avec le parti démocrate là encore n'est pas raison! Ce qui se passe avec le PS se passe dans des sociétés comparables ( engros les pays fondateurs de l'Europe et quelques autres) son identité liée aux grands combats du 19es est en grand péril. Ses atermoiements ( largement dûs à l'attitude de Fr Mitterrand et aux 14% que pesait en 1981 le PC) sur sa nature même, sur l acceptation des règles du marché "libéral" ( au sens économique) et le fait qu'il court encore en criant " eh regardez moi j'accepte le marché" vient de la culture politique du XVIIIe siècle qui est celle de sa naissance ( même s'il naît environ 80a apres la réaction bourgeoise après la terreur ( réaction qui se reproduira en 1830 en 1848 et en 1870 ainsi qu'avec la législature de 1936 dont la période gauche dura environ 6 mois). Relisez le discours de Besançenot sur le "pacifisme" vous lirez exactemen ce que disait la gauche extrême entre 1920 et 1938, le pacifisme et ce qu'il entraîne! Les discours ne changent pas, l'action non plus d'ailleurs. Il y a quelque 50a que le capitalisme financier a triomphé. Il a triomphé quand en 1946-47 les Etats Unis se sont emparés de l'économie d'une europe ruinée. Petite pieuvre elle est devenue gigantesque parce que les politiciens de tous bords n'ont jamais trouvé la parade culturelle. L'Europe ne devait jouer ce rôle que pour les naïfs et le Vatican! Ne portons pas de jugement de valeur. Il fut bien sûr meilleur d'être sous la tutelle de coca-cola que sous celle de Staline ( surtout avec le PC dont la France était dotée en 1945 quelque respectable que fut sa résistance). Mais cessons de pousser des cris d'orfraie : l'Italie (sous la tutelle de l'Amgot en 1945-46) l'Allemagne, la France et l'Angleterre durablement affaiblie par son effort de guerre ( abandon de l'Empire dès 1947) ne pouvaient survivre qu'en allant remuer la sebille sous les yeux du président américain. C'est comme ca que l'Europe ( ou plutôt son apparence purement économique) re-vécut. Il reviendra à d'autres d'écrire les grandes synthèses de cette période. On ne renaît pas de ces grandes fractures. Churchill le savait en trainant la France derrière lui à Yalta, à Posdam sous le regard indifférent de Roosvelt et de son successeur ainsi que celui de Staline! Ces petits pays à grande histoire ne peuvent produire qu'un personnel politique qui pète plus haut que son cul. C'est notre cas. L'élection d'un Delanoë ou d'une Aubry voire d'un DSK fera bouger de O,OOO1% le balancier des politiques "possibles"! L'Histoire est tragique et aucun de nos pretendants ne semblent s'en rendre compte

Ségolène Royal a essayé de couler "Mediapart" en ordonnant à ses groupies de prendre un abonnement au site. C'est donc courageux de mettre en avant ici les candidatures alternatives d'Aubry et Delanoe. Sur Mitterrand, cette crapule ornementée de la francisque qui a eu le mérite en 1964 de sortir un livre condamnant à l'avance son exercice du pouvoir ("le coup d'Etat permanent", quoique je ne me souviens pas s'il avait prévu une dérive de type "Papamadit"), je suis dubitatif. Certes l'échec de Jospin montre qu'il ne suffit pas d'être bon gentil et honnête pour être élu, et que même il faut peut-être avoir les traits de caractère inverses. D'un autre côté il nous faudrait aussi quelqu'un qui ait le courage de revenir sur la toute-puissance du président de la république, une fois élu. Certes Aubry et Delanoë paraissent avoir un meilleur profil que Royal sur ce point, mais je suis devenu très méfiant. La "personnalisation" du candidat à la présidence passerait par quoi ? Mitterrand a surtout réussi parce que c'était un énorme menteur, dénué de scrupules, et une nullité en économie. Nos énarques ont l'inconvénient d'avoir des bases en économie et de ne pouvoir donc dire n'importe quoi avant d'être élus (quoique Fabius est assez bon dans cet exercice). Et on les voit mal remonter le FN pour embêter la droite, comme l'avait fait Mitterrand, ou se lancer dans n'importe quelle manoeuvre de ce type (ou même du type "Irlandais de Vincennes").

La tonalité de votre commentaire sur François Mitterrand vous appartient, elle n'est pas la mienne, mais peu importe. En revanche, je ne peux pas laisser passer sans mise au point votre première phrase qui m'attribue un "courage" imaginaire. Comme il a été maintes fois expliqué par le directeur de Mediapart, les blogs sont un espace d'autonomie éditoriale qui n'engagent que leurs auteurs. Au risque de devoir ramer encore et toujours contre un courant de pensée qui veut voir derrière chaque mot, chaque ligne d'un journaliste, la main machiavélique et cachée de stratégies inavouables, je conteste cette assertion selon laquelle Mediapart, par mon entremise, rachèterait un pseudo péché originel de "royalisme" par une dévotion nouvelle pour le couple Aubry-Delanoé. Pour ce qui est des rapports entre Mediapart et les partis ou personnalités politiques, Edwy Plenel s'est suffisamment expliqué sur ce site de façon convaincante pour ne pas avoir à y revenir ici. Quant à moi, je n'ai aucun lien organique de dépendance vis à vis de la hiérarchie rédactionnelle, et quand bien même en aurais-je, je la connais assez pour ne pas imaginer un seul instant qu'elle puisse suggérer un calcul aussi idiot que celui que vous me prêtez.

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gdufau Quand Sarko s'offre le luxe de dénoncer les dérives du capitaliste, il profite de la grande faiblesse du PS. En ce sens, on peut bien annoncer, à la suite d'Yves Lemoine : "alors oui le PS est mort". Vivement une scission ou une auto-dissolution qui permettrait la résurrection d'un parti socialiste.

Je crois sincèrement qu'il ne faut pas miser sur M. Aubry en tant que telle. Il vaut mieux dire, si l'on en est convaincu, Delanoë/Dsk, car le duel de cet "axe" se situe sur ce plan. Vous imaginez M.A. candidate à la présidentielle ? Moi pas. D'ailleurs ce matin, à La Rochelle, Cambadelis, "chef de file" des strauss-khaniens- a déclaré " nous nous sommes pacsés avec Martine". Le scoop est enfin dévoilé, que nous connaissions depuis le début. Quand à S.R., elle a laissé les manoeuvres habituelles d'appareil se dérouler, rappelant que le choix ne devait pas se faire à ce niveau, mais au niveau des militants, et est allée rencontrer d'autres socialistes, en Italie.

gdufau Quand Sarko s'offre le luxe de dénoncer les dérives du capitaliste, il profite de la grande faiblesse du PS. En ce sens, on peut bien annoncer, à la suite d'Yves Lemoine : "alors oui le PS est mort". Vivement une scission ou une auto-dissolution qui permettrait la résurrection d'un parti socialiste.

catastrophée par la teneur de certains commentaires où les acteurs politiques semblent réduits à des marionnettes qu'on déplace et agite et balaie au gré des annonces médiatiques... Je ne suis qu'une électrice libre de tout engagement politique, une française donc qui voudrait pouvoir retrouver dans vos marionnettes, celle qui s'occupera vraiment des pbs de tous les Français et pas seulement de la catégorie qui serait susceptible de voter pour elle. Assez des luttes intestines dans cette pauvre Gauche! et des supputations qui alimentent vos commentaires! Merci STA de penser à ces jeunes talents qui doivent bien exister et parfois ont la chance d'en placer une!

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