Laïcards et Laïcophobes
Condamné pour sorcellerie, Abdul Hamid bin Hussain bin Moustafa al Fakki a été décapité ce 19 septembre 2011 à Médine (ou Madīnatu Rasûl Allah (مدينة رسول الله) « la ville du messager de Dieu »).
De bons esprits, sur le forum de Médiapart, dénoncent l’intégrisme laïcard ! « Pour sortir d'une série de confusions polarisantes », au nom d’un « bel idéal de laïcité (entendu comme séparation des pouvoirs religieux et politiques ainsi que garantie publique des croyances et incroyances) » qui serait « perverti par les brouhahas intégristes (intégrismes laïcards prétendant la défendre et intégrismes religieux la combattant)! » ces bons esprits recommandent d’approcher la laïcité d’un point de vue historique et non « intégriste ».
Tout à fait d’accord. Parlons d’histoire.
Alors demandons-nous pourquoi la loi de 1905 a été votée, dans quelles circonstances, et quelles sont ses sources.
- La loi de 1905 était-elle nécessaire ?
Pour le député du Nord Jean Plichon "L'Eglise (est) garrottée dans l'Etat tyrannique" 21 mars 1905.
Pour d’autres la Loi de 1905, c’est une victoire importante contre l'hégémonie catholique qui n'avait pas renoncé depuis 1789 à être la religion de l'état français. Faut-il rappeler l'histoire intolérante et féroce de 15 siècles de dictature catholique ?
Remontons le temps :
- Entre la chute de Robespierre et les lois « laïques » de Ferry, presqu’un siècle de réaction catholique. Rappelons l’intervention de Victor Hugo en 1850 contre la loi Falloux.
Le comte Alfred de Falloux plaçait les écoles primaires sous la surveillance de l'Eglise catholique, et dispensait les membres du clergé d'une qualification pour enseigner ; une simple lettre d'obédience leur suffisait.
Victor Hugo : "Ah ! nous vous connaissons ! nous connaissons le parti clérical. C'est un vieux parti qui a des états de services. (On rit.) C'est lui qui monte la garde à la porte de l'orthodoxie. (On rit.) C'est lui qui a trouvé pour la vérité ces deux étais merveilleux, l'ignorance et l'erreur. C'est lui qui fait défense à la science et au génie d'aller au-delà du missel et qui veut cloîtrer la pensée dans le dogme. Tous les pas qu'a faits l'intelligence de l'Europe, elle les a faits malgré lui. Son histoire est écrite dans l'histoire du progrès humain, mais elle est écrite au verso. (Sensation.) Il s'est opposé à tout. (On rit.) "
... C'est votre habitude. Quand vous forgez une chaîne, vous dites : Voici une liberté ! quand vous faites une proscription, vous criez : Voilà une amnistie ! (Nouveaux applaudissements.)
- Peu avant la Révolution de 1789 :
Le 1er juillet 1766, Le Chevalier de La Barre fut torturé et décapité pour "ne pas avoir salué une procession". Il avait 19 ans, et son corps fut jeté ensuite aux flammes avec un exemplaire du Dictionnaire Philosophique de Voltaire. Il a fallu attendre le 15 novembre 1794 pour qu’il soit réhabilité. Merci à la Convention révolutionnaire du 25 Brumaire AN II.
- De Giordano Bruno à Blanqui : où l’on voit que l’émancipation des esprits est un combat féroce.
La foule des aveugles ne vaut pas un seul voyant, non plus que la foule des sots ne peut égaler un sage. (Giordano Bruno, savant brûlé vif le 17 février 1600)
"C'est aux esclaves, non aux hommes libres, que l'on fait un cadeau pour les récompenser de s'être bien conduits." Baruch Spinoza (1632-1677) dans L'Ethique. Le 27 juillet 1656, Spinoza est frappé par un herem, terme que l'on peut traduire par excommunication, qui le maudit pour cause d'hérésie de façon particulièrement violente et, chose rare, définitive.)
"Je voudrais, et ce sera le dernier et le plus ardent de mes souhaits, je voudrais que le dernier des rois fût étranglé avec les boyaux du dernier prêtre." Curé Jean Meslier (1664-1729) extrait du Testament.
"Les imams et les muphtis de toutes les sectes me paraissent plus faits qu'on ne croit pour s'entendre; leur but commun est de subjuguer, par la superstition, la pauvre espèce humaine." Jean le Rond d'Alembert (1717-1783) philosophe, savant, extrait de Lettre au roi de Prusse, 14 juin 1771.
"Le Dieu des chrétiens est un père qui fait grand cas de ses pommes et fort peu de ses enfants." Denis Diderot (1713-1784) écrivain, traducteur, philosophe et encyclopédiste, extrait de Pensées philosophiques.
"Les fruits du christianisme ? Guerres de religion, boucheries, croisades, inquisition, extermination des indigènes d'Amérique et introduction des esclaves africains pour les remplacer." Arthur Schopenhauer (1788-1860) philosophe.
"L'idée de Dieu et les religions sont source et maintien de l'ignorance, de l'abrutissement, par conséquent de l'esclavage et de la misère." Louis-Auguste Blanqui (1805-1881) penseur et homme politique communiste, persécuté par tous les régimes autoritaires du XIXème siècle.
extraits des débats :
http://observatoirelaicite95.org/resources/debat_04_19051.pdf
- D’où les positions combattantes des républicains et socialistes en 1905 :
"ce que nous poursuivons, c'est la lutte contre l'Eglise, qui est un danger politique et un danger social" et "Le christianisme est un outrage à la raison, un outrage à la nature" Maurice Allard (avocat et député socialiste) 10 avril 1905
"Par la séparation de l'Eglise et de l'Etat, nous enlevons à l'institution de l'Etat, au pouvoir de la classe dominante, à la constitution actuelle de la famille, au droit de propriété leurs garanties religieuses. Par ce fait, elles deviennent plus vuilnérables et nous pouvons mieux les attaquer et les vaincre" Edouard Vaillant (socialiste, docteur ès sciences, docteur en médecine) : 10 avril 1905.
« Nous voulons qu'à ceux qui parcourent les paroisses en essayant de susciter la guerre religieuse, aux prêtres qui, entraînés par la passion politique, tenteront d'ameuter les paysans contre la République en leur disant qu'elle a violé la liberté de conscience, vous puissiez répondre tout simplement: voici notre loi, lisez-là, et vous verrez qu'elle est faite de liberté, de franchise et de loyauté ». Aristide Briand (plutôt centriste, prix Nobel de la paix), 20 avril 1905.
Jean Jaurès (socialiste) : 21 avril 1905
"La France n'est pas schismatique, elle est révolutionnaire."
- Aujourd’hui en France, on peut ne croire à rien, Ou croire autrement, ça n'est plus un crime. Les croyances catholiques sont devenues une affaire privée comme tant d'autres…
Aujourd'hui, grâce à la République laïque, Mahomet, Bouddha, Jésus, Moïse, Raël, Ron Hubbard, Gilbert Bourdin, Père Noël, etc... peuvent cohabiter, tant mieux pour les amateurs de croyances.
Maintenant quand ces croyants affirment publiquement leurs certitudes, ils doivent savoir qu’ils prennent le risque que d’être contestés.
ENFIN le combat est loin d'être achevé:
Pour avoir promu la laïcité en Tunisie, Nadia El Fani est aujourd'hui menacée de mort. Voici son Manifeste
J'ai le droit de déclarer que je ne crois pas en Dieu.
Par Nadia El Fani, Réalisatrice.
Moi Nadia El Fani, réalisatrice de « Ni Allah Ni Maitre »! J'assume, je persiste et je signe...
Moi Nadia El Fani, fière d'appartenir à deux peuples qui ont inscrit dans leur histoire une révolution majeure... Pour l'un il y a deux siècles, pour l'autre la première du 21 ème siècle. Deux peuples qui ont lutté pour la liberté et la dignité!
Moi Nadia El Fani, femme libre je revendique le droit à la liberté de conscience, le droit de dire où je veux quand je veux comme je veux que je suis athée. Ce droit me concerne et nous concerne toutes et tous sur cette planète que nous nous devons de partager, religieux, agnostiques ou athées...dans un esprit de paix.
A rapprocher de la LETTRE OUVERTE A ANDRE GERIN de Djemila Benhabib le 23 novembre 2009
Djemila Benhabib, auteure de Ma vie à contre-Coran : une femme témoigne sur les islamistes, consacrée dans la catégorie “Femmes debout”, a adressé une lettre au député André Gérin, président de la Mission d’information sur la pratique du port du voile intégral.
Monsieur,
J’ai longuement hésité avant de vous écrire. Peut-être, par peur d’être perçue comme celle venue d’ailleurs qui fait indélicatement irruption dans les « affaires françaises ». Au diable les convenances, je n’ai jamais été douée pour la bienséance surtout lorsqu’elle est au service des plus forts, des plus puissants et des plus arrogants. Puis, s’il avait fallu que je vive en fonction du regard des autres, je n’aurais rien fait de ma vie ou si peu. Lorsqu’il s’agit des droits des femmes, nulle convenance ne doit primer sur l’essentiel. L’essentiel étant : la liberté, l’égalité et l’émancipation des femmes. J’entends encore des copines françaises me dirent avec insistance : parle-lui, dis-lui, écris-lui. Étrangement, leurs propos me rappellent le titre de ce magnifique film d’Almodovar, Parle avec elle, où dès les premiers instants le rideau se lève furtivement, pendant quelques secondes, sur un spectacle de danse, mettant en scène le corps d’une femme, celui de Pina Bausch. Elle qui exprimait si bien dans ses chorégraphies crûment la violence exercée à l’encontre des femmes.
Monsieur Gérin, c’est à vous que je m’adresse, je voudrais vous parler, vous dire la peur que j’ai connue le 25 mars 1994 alors que j’habitais à Oran, en Algérie et que le Groupe islamique armé (GIA) avait ordonné aux femmes de mon pays le port du voile islamique. Ce jour-là, j’ai marché la tête nue ainsi que des millions d’autres Algériennes. Nous avons défié la mort. Nous avons joué à cache-cache avec les sanguinaires du GIA et le souvenir de Katia Bengana, une jeune lycéenne âgée de 17 ans assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son lycée, planait sur nos têtes nues. Il y a des événements fondateurs dans une vie et qui donnent une direction particulière au destin de tout un chacun. Celui-là, en est un pour moi. Depuis ce jour-là, j’ai une aversion profonde pour tout ce qui est hidjab, voile, burqa, niqab, tchador, jilbab, khimar et compagnie. Or, aujourd’hui vous êtes à la tête d’une commission parlementaire chargée de se pencher sur le port du voile intégral en France.
En mars dernier, je publiais au Québec un livre intitulé Ma vie à contre-Coran : une femme témoigne sur les islamistes. Dès les premières phrases, je donnais le ton de ce qu’est devenue ma vie en termes d’engagements politiques en écrivant ceci : « j’ai vécu les prémisses d’une dictature islamiste. C’était au début des années 1990. Je n’avais pas encore 18 ans. J’étais coupable d’être femme, féministe et laïque. » Je dois vous avouer que je ne suis pas féministe et laïque par vocation, je le suis par nécessité, par la force des choses, par ces souffrances qui imprègnent mon corps, car je ne peux me résoudre à voir l’islamisme politique gagner du terrain ici même et partout dans le monde. Je suis devenue féministe et laïque à force de voir autour de moi des femmes souffrir en silence derrière des portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur, pour étouffer leurs désirs et taire leurs rêves.
Il fut un temps où on s’interrogeait en France sur le port du voile islamique à l’école. Aujourd’hui il est question de voile intégral. Au lieu d’élargir la portée de la loi de 2004 aux établissements universitaires, nous débattons sur la possibilité de laisser déambuler dans nos rues des cercueils. Est-ce normal ? Demain, c’est peut-être la polygamie qui sera à l’ordre du jour. Ne riez pas. Cela s’est produit au Canada et il a fallu que les cours s’en mêlent. Car après tout la culture a bon dos lorsqu’il s’agit d’opprimer les femmes. Ironie du sort, j’ai constaté dans plusieurs quartiers que les jupes se rallongent et disparaissent peu à peu. La palette des couleurs se réduit. Il est devenu banal de camoufler son corps derrière un voile et porter une jupe, un acte de résistance. C’est tout de même une banlieue française qui est le théâtre du film La Journée de la jupe. Alors que dans les rues de Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus en plus, au péril de leur vie, dans les territoires perdus de la république française, le voile est devenu la norme. Que se passe-t-il ? La France est-elle devenue malade ?
Le voile islamique est souvent présenté comme faisant partie de « l’identité collective musulmane ». Or, il n’en est rien. Il est l’emblème de l’intégrisme musulman partout dans le monde. S’il a une connotation particulière, elle est plutôt politique surtout avec l’avènement de la révolution islamique en Iran en 1979. Que l’on ne s’y trompe pas, le voile islamique cache la peur des femmes, de leurs corps, de leur liberté et de leur sexualité.
Pire encore, la perversion est poussée à son paroxysme en voilant des enfants de moins de cinq ans. Il y a quelques temps, j’essayais de me rappeler à quel moment précisément, en Algérie, j’ai vu apparaître ce voile dans les salles de classe. Pendant mon enfance et jusqu’à mon entrée au lycée, c’est-à-dire en 1987, le port du voile islamique était marginal autour de moi. À l’école primaire, personne ne portait le hidjab, ni parmi les enseignants, surtout pas parmi les élèves.
Voilà 12 ans que j’habite au Québec dont la devise inscrite sur les plaques d’immatriculation des voitures est « je me souviens ». A propos de mémoire, de quoi la France devrait-elle se souvenir ? Qu’elle est porteuse des Lumières. Que des millions de femmes se nourrissent des écrits de Simone de Beauvoir dont le nom est indissociable de celui de Djamila Boupacha. C’est peu dire. Il ne fait aucun doute pour moi que la France est un grand pays et ceci vous confère des responsabilités et des devoirs envers nous tous, les petits. C’est d’ailleurs pour cela qu’aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers votre Commission et que nous attendons de vous que vous fassiez preuve de courage et de responsabilité en interdisant le port de la burqa.
Pour notre part, au Québec, on se souvient qu’en 1961, pour la première fois dans l’histoire, une femme, une avocate de surcroît, est élue à l’Assemblée législative lors d’une élection partielle. Son nom est Claire Kirkland et elle deviendra ministre. En invoquant un vieux règlement parlementaire qui exigeait des femmes le port du chapeau pour se présenter à l’Assemblée législative, on la force à se couvrir la tête pendant les sessions. Elle refuse. C’est le scandale. Un journal titre : Une femme nu-tête à l’Assemblée législative ! Elle résiste et obtient gain de cause.
Il faut comprendre par là que nos droits sont des acquis fragiles à défendre avec acharnement et qu’ils sont le résultat de luttes collectives pour lesquelles se sont engagés des millions de femmes et d’hommes épris de liberté et de justice. J’ose espérer, monsieur Gérin que la Commission que vous présidez tiendra compte de tous ces sacrifices et de toutes ces aspirations citoyennes à travers le monde et les siècles.
Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de mon respect le plus profond.
Proposition de Loi pour la promotion de la Laïcité présentée au Sénat par le Parti de Gauche.


Tous les commentaires
Je ne suis pas d'accord avec la deuxième phrase d'Allard*. Elle ne passerait plus aujourd'hui, et c'est tant mieux.
Aristide Briand n'était pas centriste, mais socialiste indépendant.
* je ne parle pas du contenu, mais du fait de la prononcer à la tribune, quand on est représentant du peuple.
Le combat de ces femmes est courageux, mais, ne correspondant pas aux stéréotypes qui dominent encore la pensée occidentale, ne seront pas repris par les médias qui préfèrent véhiculer des images orientalistes de femmes voilées bien titillantes pour une majorité perdue dans la nostalgie inavouée d'une société où les femmes sont "à leur place".
mhjozoux
sans vouloir faire l'apologie de la pensée occidentale, je ne partage pas votre analyse.
Trouvez-vous ailleurs de meilleures conditions, de plus grandes libertés pour les femmes?
Je précise : je pense que bon nombre de personnes qui soutiennent le combat islamiste pour le voile regrettent justement la place qu'a prise la femme sur la place publique, et cet espace est le seul où peut s'exprimer, voire s'épanouir, une telle nostalgie réationnaire.
Merci de cet excellent et percutant Billet, Jean-Michel.
Il faut affirmer notre laïcité dans son histoire, et non pas dans l'histoire qu'en racontent les actuels laïcs auto-proclamés "laïcs historiques" pour mieux rejeter dans l'"intégrisme" ceux qui pensent différemment d'eux.
Ces laïcs auto-proclamés historiques sont eux mêmes des intégristes, en miroir du FN et de Riposte laïque. Devenant islamophiles contre les islamophobes et traitant de fascistes ou racistes les citoyens républicains qui défendent leur socle de valeurs.
Monica
depuis des années, je suis plongé dans l'histoire des "matérialistes" du XIXème siècle, et je suis familier des discours réactionnaires qui n'ont pas beaucoup changé depuis Emile de Girardin.
Parmi les adversaires de la laïcité, il y a des gens très subtils et très dangereux. De Gaulle et Debré en ont été de bons exemples.
Art Monica
Je trouve votre analyse simplificatrice. Qui sont donc ces laïcs historiques ? C'est dans l'histoire concrète que la laïcité a pu s'imposer, grâce à des acteurs historiques prenant des décisions souvent très mal perçues par les mouvances religieuses.
La simplification de problèmes complexes fait le jeu du FN, suprême simplificateur.
Dans l'histoire concrète effectivement.
Un témoignage entre mille. Quand la démocratie effrayait autant que les attaques des "barbares" contre la religion:
Le 23 octobre 1841 l’éditorialiste du Journal des débats politiques, inquiet de voir le célèbre avocat Berryer défendre Ledru-Rollin devant la Cour d’Assises, écrit ceci en première page : « ce que M. Berryer va défendre c’est la souveraineté électorale en vertu de laquelle, selon la Gazette, un candidat aurait le droit de dire devant un collège d’électeurs tout ce que bon lui semblerait sans être sujet à la vindicte des lois. Nous n’examinons pas la thèse du point de vue constitutionnel ; elle est absurde et insoutenable. Les députés n’entrent dans la Chambre qu’en prêtant le serment de fidélité au Roi et d’obéissance à la Charte constitutionnelle. Les électeurs avant de voter, le prêtent également. Comment donc le candidat aurait-il un droit que n’ont pas les électeurs auxquels il s’adresse, un droit qu’il n’aura pas s’il est nommé député, le droit de mépriser les lois, de se moquer de la Charte, d’insulter le Roi ? Mais voyez les conséquences de ce beau principe, elles sont faciles à saisir. Quoi ! le premier venu, se portant lui-même candidat, aura donc le droit, à ce seul titre, de professer publiquement les principes du plus pur jacobinisme ! S’il est athée, il aura le droit d’insulter par ses blasphèmes tout ce qui est sacré, de dénoncer les prêtres, de demander que les églises soient fermées et le culte aboli ! S’il est communiste, il aura le droit de soulever les pauvres contre les riches, d’attaquer la propriété, de proclamer le partage des biens et de pousser peut-être à l’égorgement des propriétaires ! »
Grâce à cette propagande, la réaction catholique a permis aux monarchistes d'être majoritaires à l'assemblée constituante d'avril 1848, puis plus tard une énorme majorité à Bonaparte qui rétablira le pape sur son trône et brisera la dynamique républicaine en Italie.
@ mhjozoux
Merci de lire ce que j'ai écrit: les auto-proclamés laïcs historiques.
J'ai découvert hier cette terminologie sous la plume de Philippe Corcuff, qui oppose historique et intégriste.
Justement, dans mon commentaire, je prétends qu'ils n'ont pas l'apanage de l'histoire, et qu'ils ne sont pas exempts d'intégrisme.
Nous nous rejoignons vous et moi sur le caractère très dangereux de ces simplifications binaires.
Merci. C'est vrai que j'avais un peu survolé le terme 'auto-proclamés' - et c'est vrai aussi que nous nous regoignons sur les simplifications. Pourtant je ne suis pas d'accord avec l'opposition de Philippe Corcuff entre 'historique' et 'intégriste' et je la trouve même un peu trouble.
Nous sommes aussi d'accord sur le caractère trouble de cette opposition corcuffienne
Laïcité un néologisme créé par le protestant Ferdinand Buisson.
Selon Wikipédia : Ferdinand Buisson, né le 20 décembre 1841 En 1927 le prix Nobel de la paix lui fut attribué conjointement avec Ludwig Quidde. Célèbre pour son combat en faveur d'un enseignement laïque à travers la Ligue de l'enseignement, fonctionnaire, député, proche de Jules Ferry, il a créé le substantif de « laïcité »
Pour aller plus loin dans l'histoire du concept,
http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/images/banniere.jpg
Merci Koszayr
http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/
Bien entendu de nombreux "croyants" ont soutenu ce combat. Victot Hugo notamment. Deux fervents catholiques, Buchez et Lamennais, ont lutté contre les régimes réactionnaires de la Restauration et de la Monarchie bourgeoise.
Je ne suis pas d'accord avec la lettre de Djamila Benhabib à Gerin. Si la rue est une sphère publique alors il est interdit par exemple aux indignés de s'y trouver (pas de signe, pas d'expression privée dans les lieux publics, comme à l'école où il faut être neutres . ) Attention à ce qu'on demande !