Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Actualités de l'exploration spatiale

Ces actualités ont leur place sur un site géopolitique, compte-tenu de leurs impacts en termes de recherche et d'emploi à moyen terme.

 

3e conférence internationale sur l'exploration spatiale.

lucca.jpgLes représentants de 28 Etats, de la commission européenne et de l'Agence spatiale européenne se sont réunis le 10/11/2011à Lucca, en Italie, pour la 3e conférence internationale sur l'exploration spatiale. La conférence s'est accordée sur l'importance de cette dernière et ses retombées bénéfiques pour l'humanité. La coopération en ce domaine sert de moteur à la recherche et aux développements technologique, tout en favorisant les coopérations entre pays participants. Elle intéresse aussi les jeunes générations.
Il a été souhaité que des accords voient le jour dans des domaines tels que les infrastructures en orbite basse, l'exploration robotique et plus généralement les vols humains.
L'ONU a offert d'héberger la prochaine conférence. Observons que ces déclarations d'intentions seraient plus crédibles si elles s'assortissaient de financements communs. Or les crédits sont partout en diminution, au prétexte de la crise. Il s'agirait pourtant de secteurs où les financements et les investissements en résultant seraient essentiels pour créer de nouvelles activités rentables.

NB. Un bon exemple de cette ccopération, au niveau européen, est fourni par le rôle actif de la firme espagnole GMV dans le déploiement des 2 premiers satellites du programme Galiléo (GPS européen) . Mais celui-ci a pris 4 ans de retard compte tenu de désaccords de financement.
* http://www.esa.int/esaCP/SEM90KTWLUG_index_0.html


 

 

Un rover américain d'1 tonne en instance de lancement sur Mars

290px-Msl20110526_MSL_Artist_Concept_PIAPar un hasard de calendrier, au moment où Phobos-Grunt, la sonde russe, semble avoir échoué à atteindre Phobos, la Nasa annonce le très prochain lancement, prévu à partir du 25/11, d'un rover « géant » sur Mars. Celui-ci, baptisé Curiosity, est un laboratoire mobile doté d'un très grand nombre d'instruments. Sa taille, celle d 'une automobile, et ses capacités à tous égards surpasseront considérablement celles des rovers précédents, dont pourtant la longévité et la moisson d'informations rapportées surprennent encore les scientifiques.
Le rover emporté par un lanceur Atlas V décollera de la base militaire Cape Canaveral Air Force Station. L'objectif, qui devrait être atteint en août 2012, sera le cratère Gale où les scientifiques espèrent trouver des conditions qui auraient pu - ou seraient encore - favorables au développement d'une vie microbienne. Si tout se passe bien la mission durera 2 ans. Mais elle pourra, comme les précédentes, être prolongée beaucoup plus longtemps.
A une époque où les partis politiques aux Etats-Unis semblent décidés à couper court à tous les projets spatiaux importants, notamment le remplaçant du télescope en orbite Hubble, on peut se demander si cette mission ne sera pas une des dernières importantes engagées dans les prochaines années. Barack Obama parait vouloir poursuivre l'exploration de Mars, y compris à terme avec des missions habitées. Pour cela la Nasa a annoncé qu'elle était encouragée à étudier un super-lanceur. Mais la volonté présidentielle semble assez velléitaire. Les restrictions budgétaires actuelles feront sans doute privilégier les satellites militaires.
Quant aux projets martiens de l'Agence spatiale européenne, aucune précision n'est aujourd'hui disponible. Seuls les Chinois annoncent actuellement des objectifs ambitieux.
Nous reviendrons sur le lancement de Curiosity dans les prochaines semaines.
Pour en savoir plus
plantri.gif Sur Curiosity, voir un article détaillé de Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Mars_Science_Laboratory
plantri.gif Concernant la possibilité d'eau sur Mars, tout au moins dans le premier millénaire, voir Look underground to seek signs of life on Mars par Bethany Ehlmann, planétologue
http://www.newscientist.com/blogs/shortsharpscience/2011/11/look-underground-to-seek-signs.html


 

 

Echec très probable d'une mission russe vers Phobos

phobos.jpg

 

La Russie comptait beaucoup sur le lancement d'une sonde (petit satellite, notre image ) vers Phobos, une des lunes de Mars, afin d'assurer son grand retour dans l'espace. Malheureusement, à la date du vendredi 11 novembre, la mission s'avère être un échec.
Dans la nuit de mardi à mercredi, le lanceur à deux étages Zenit 2 avait lancé avec succès la sonde, baptisée Phobos-Grunt. Pour une raison inconnue, les moteurs de celle-ci ne se sont pas allumés. Elle n'a donc pas pu s'extraire de la gravité terrestre, pour prendre la route de Mars. Elle se trouve actuellement en orbite basse autour de la Terre à quelque 200 kilomètres d'altitude. Elle perd progressivement de l'altitude, si bien qu'une chute sur Terre pourrait se produire dans quelques jours.
Les causes de l'échec semblent dues à la défaillance des moteurs de la sonde qui ne se sont pas allumés. Il faut distinguer ces moteurs de ceux du lanceur qui avaient parfaitement fonctionné. La sonde s'est mise en mode de sauvegarde et a déployé ses panneaux solaires en direction du Soleil. Ceci lui a permis de suppléer à l'énergie de ses batteries qui n'avaient que 3 jours d'autonomie.

La fenêtre de tir vers Mars se fermant le 25 novembre, les ingénieurs de Roscosmos ont jusqu'à cette date pour reprogrammer la sonde, lorsqu'elle se trouvera dans les zones de radio-communication. Mais jusqu'à présent, ces tentatives n'ont rien donné. L'agence Interfax annonce ce soir que les tentatives de contact sont restées sans réponse.
La mission était très ambitieuse. Il s'agissait de mettre le vaisseau en orbite autour de Mars, faire atterrir un engin sur Phobos, le plus grand des satellites de Mars, récupérer du sol à la surface de Phobos et le rapporter sur Terre. En cas de succès, la mission aurait servi de référence pour d'autres missions sur Phobos et éventuellement sur l'autre satellite de Mars, Deimos, y compris avec le débarquement de cosmonautes sur l'un d'eux. L'accès aux satellites de Mars est beaucoup plus facile que celui de Mars lui-même, y compris le retour, compte tenu de leur faible pesanteur. Il n'est pas exclu qu'à terme, une plate-forme intermédiaire y soit installé, en vue de missions habitées sur Mars.
On comprend la déception des Russes, partagée par la communauté spatiale. Phobos Grunt emporte un petite sonde chinoise, Yinghuo-1, qui devait elle-aussi se mettre en orbite autour de Mars. Il s'agissait d'une grande première dans la coopération russo-chinoise On peut soupçonner cependant que les Chinois, grands rivaux pour le moment des Russes dans cette aventure martienne, ne soient qu'à moitié attristés.

Un échec à lui seul n'est pas significatif. Mais celui de Phobos-Grunt s'ajoute à une longue série de difficultés et d'avortements. Certains observateurs occidentaux soupçonnent qu'il révèle d'importants retards pris par les Russes dans la réalisation des diverses composantes matérielles et communicationnelles de telles missions. Peut-être aurait-il fallu, après les succès de l'ère soviétique, depuis longtemps oubliés, se donner un objectif moins ambitieux.
L'Agence spatiale européenne, qui envisage toujours d'accentuer ses coopérations stratégiques avec la Russie, devra en tenir compte.

Post scriptum au 14/11. Un expert militaire russe pour RIA Novotsi, Konstantin Bogdanov, considère que cet échec révèle des faiblesses désormais fondamentales des politiques russes de vols interplanétaires: insuffisance de fiabilité des matériels et logiciels, absence de stations de suivi au sol et surtout en orbite. (voir article de SpaceDaily )

Newsletter
Je m'identifie