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Vers les Etats-Unis d'Europe
Nous empruntons directement, pour une fois, à nos amis du site Sauvons l'Europe, qui figure parmi les recommandés sur notre propre page d'accueil d'Europe solidaire, ces propositions très pertinentes dues à Pier Virgilio Dastoli, président du Mouvement Européen - Italie. JPB
"Le renforcement de l'Union européenne dans le sens d'une plus grande intégration économique et politique se trouve de plus en plus menacé. Si les États membres et les peuples européens ne s'engagent pas avec urgence dans la bonne direction, le risque est fort d'un retour à une Europe des nations en conflit les unes contre les autres, brisant ainsi 60 ans d'acquis et de succès communautaires (marché commun, libre circulation des personnes, politique agricole commune, paix, stabilité et prospérité, dont on mesure les bénéfices au regard des crises actuelles ailleurs dans le monde et souvent très proches de nous...).
Le Traité de Lisbonne, conçu et élaboré entre 2002 et 2007, a montré les défauts d'un compromis intergouvernemental, qui sont apparus encore plus évidents après la crise financière internationale.
Quelques mois après son entrée en vigueur, les gouvernements ont déjà décidé d'ouvrir une procédure de modification limitée du Traité afin de rendre pérenne le mécanisme de soutien aux pays de la zone euro, qui n'avait pas été prévu par le Traité et qui est apparu indispensable pour éviter son éclatement.
Cependant, les modifications décidées par les gouvernements ne sont ni en mesure de résoudre la question du gouvernement économique de l'Union européenne, ni appropriées pour répondre à la crise économique et sociale que traversent déjà plusieurs pays.
La proposition d'une réunion périodique des chefs d'États et de gouvernement de la zone Euro, avancée le 16 aout par le directoire franco-allemand, n'est pas en mesure d'assurer l'efficacité et le caractère démocratique du gouvernement économique dont l'UE a besoin.
Par ailleurs, après le début des révoltes populaires dans un nombre croissant de pays arabes, les Européens ont montré leur incapacité à réagir en leur proposant une vision et une politique ambitieuse.
Dans ce contexte, le débat sur les deux voies alternatives pour l'avenir de l'Union européenne est relancé au sein de nombre de pays européens :
- la voie qui doit conduire l'Union européenne à parachever ce qui était l'objectif à sa création, sa finalité fédérale, et donc son évolution vers les États-Unis d'Europe, seuls à même de donner à l'Europe un poids dans le monde face aux grandes puissances et de modifier ensemble la trajectoire d'une mondialisation débridée en lui imposant des règles d'abord civiques, sociales, environnementales.
- le chemin du retour en arrière, aux revendications des intérêts nationaux laissant place à des affrontements entre des groupes, plus ou moins volatils , de pays.
La place inquiétante laissée à la seconde voie est aujourd'hui évidente (cf l'absence de politiques économiques ou de sécurité communes, la montée des populismes et nationalismes divers, la mise en cause des immigrés, mais aussi la montée des "indignations"...).
Nous plaidons :
Dans une première étape :
L'adoption en urgence d'un budget européen fondé exclusivement sur des ressources propres auxquelles il faudra ajouter les « Euro-obligations ». Donc capable d'assurer en même temps les fonctions d'allocation de ressources, notamment dans les domaines clés pour le futur de notre Europe, ceux de l'innovation, de la recherche, de l'énergie et de l'environnement, et les fonctions de redistribution propres à garantir la cohésion sociale et aussi territoriale interne et la solidarité externe, en premier lieu vers les pays de la Méditerranée méridionale. Il s'agit d'établir une politique de « Projets Européens Partagés » destinés à entrainer une croissance répondant à des critères d'efficacité sociale, environnementale, civique autant qu'économique et financière.
Un Fonds de développement et d'investissement public/privé devrait également soutenir cette ambition.
Nous proposons aussi que la politique d'aide au développement et des aides alimentaires devienne une compétence exclusive de l'Union européenne et qu'une vraie politique commune d'immigration soit finalement mise en place. Il faudra inscrire dans le budget européen les ressources aptes à doter l'Union européenne des moyens indispensables aux politiques européennes de maintien de la paix («peace keeping») et de consolidation de la paix («peace building»). Ces politiques ont déjà montré la valeur ajoutée de l'Union par rapport à d'autres États, y compris les États-Unis, dans de nombreuses opérations sur plusieurs continents.
Dans une deuxième étape
Il faut aller rassembler tous les pays et les peuples qui partagent le principe de la supranationalité et acceptent le modèle fédéral dans un système constitutionnel nouveau : les États-Unis d'Europe.
La méthode que nous soutenons est celle d'une Convention constituante se réunissant à l'automne 2014 et garantissant le rôle central du Parlement européen et associant la Commission européenne ainsi que les parlements et les gouvernements des pays prêts à accomplir un pas décisif vers les États-Unis d'Europe. Le texte issu de cette Convention serait soumis à un référendum pan-européen.
L'agenda que nous suggérons est celui d'un avant-projet élaboré par le Parlement européen en temps utile avant le début de la campagne pour les élections européennes qui auront lieu en juin 2014 et une décision du Conseil européen au plus tard au début de la présidence italienne en juillet 2014. Face à la crise politique du projet européen seul le Parlement européen sera en mesure de donner une réponse politique adéquate comme il l'avait fait en février 1984 avec le projet Spinelli. .
Il faut oser plus d'Europe pour sortir de la crise tant sociale , économique que celle qui menace le fonctionnement même de nos démocraties."
Pier Virgilio Dastoli, président du Mouvement Européen - Italie


Tous les commentaires
Personnellement je rajouterais une Europe souveraine et indépendante monétairement parlant , avec un pouvoir d'émission de la Banque Centrale contrôlé par le politique ..
Car si c'est pour rester sous la tutelle des marchés financiers , je ne vois pas bien l'intérêt des Etats Unis d'Europe .. Ils seront de toutes les manières sans pouvoir , puisqu'ils seront toujours dépendants des bailleurs de fonds que sont les marchés financiers . Donc , ce seront les bailleurs de fonds , à savoir les banquiers privés, qui dicteront au nouveau Gouvernement Fédéral ce que devront être ses priorités pour les satisfaire , comme ce qui se passe aujourd'hui .
Une Europe sans souveraineté ni indépendance monétaire ne sera jamais que la variable d'ajustement des politiques américaines ou chinoises .
Vous avez tout à fait raison. Il faudra aussi une BCE contrôlée par la pouvoir fédéral - en gros comme la Fed aux USA. ...sans parler des autres administrations et agences rattachées au fédéral...
D'accord sur le principe. Reste à voir quels seront les Etats-membres partants. Un morceau de la zone euro ? Toute la zone Euro ? Les vingt-huit ou trente ? Une petite Europe fédérale vaudrait mieux que le statu-quo.
Je partage bien entendu le souci de Marie-Caroline de la souveraineté et de la mise au pas des institutions financières.
Itou.
Et re blabla! la souveraineté est considérée comme secondaire!
Et encore la soumission aux fricnanciers et un engagement supplémentaire avec les bonds!
Et ensuite, peut-être, si on a le temps, si on y pense, selon les échéances électorales, on pourrait éventuellement envisager de demander aux populations ce qu'elles en pensent.
" sauvons l'Europe" : OUI! mais pas l'euroPOURRITURE, et pas avec ou par des gens qui y ont contribué.
l'euro va mourir car la grèce va fair un referundum pour la sortie de la monnaie ainssi que l'italie!!
Enfin c'est fini car à part les grosse fortune sa n'a pas trop servi au peuple au contraire!
L'hypothèse du référendum vient d'être démentie officiellement par le Gouvernement Grec .
La dictature financière continue .. et les décisions démocratiques ne sont plus de mise .. la justice n'est plus respectée .
Imaginer un seul instant qu'il est possible de construire une Europe cohérente sur des Etats qui se conduisent comme les pires des Républiques Bananières est une utopie qui ne peut exister que dans des esprits profondément malades
Docteur,
Les esprits profondément malades persistent à dire :
"les États-Unis d'Europe, seuls à même de donner à l'Europe un poids dans le monde face aux grandes puissances et de modifier ensemble la trajectoire d'une mondialisation débridée en lui imposant des règles d'abord civiques, sociales, environnementales."
Gérard Bokanovski nous écrit, avec prière de vous transmettre:
"Voilà plus de 25 ans que Spinelli, au Parlement Européen, a lancé son initiative généreuse, et il faut saluer la foi de ses disciples, dont celle de charbonnier de mon ami Dastoli qui défend, avec constance, une thèse apparemment dépassée mais méritant d'être complètement reprise sous une autre forme.
Je ne crois pas du tout à un "Serment du jeu de paume européen" où une quarantaine de représentants des parlements nationaux se réuniraient sous la houlette du Parlement Européen, qui n'est pas armé pour cela, sans les gouvernements. Une telle réunion -souhaitable (cf Giscard à la Convention) ne peut découler que d'une solennelle procédure de ratification avec propositions d'amendements.
Il faut une initiative inter-gouvernementale, un "Messine II", à quelques Etats (pourquoi pas ceux qui viennent de se prononcer pour un Etat major européen indépendant de l'OTAN: FR; All; Esp; It; Pol) plus quelques autres, et un "Comité Spaak" devenu "Comité Von Rompuy" proposant une dizaine de mesures fortes et simples, notamment budgétaires. Fédération oui mais fédération d'Etats. "
Et restaurer les pouvoirs démocratiques ..
Vibrant plaidoyer pour la Grèce au Parlement Européen !!!
La Grèce sous la dictature de la Commission, de la BCE et du FMI - Nigel Farage
http://www.youtube.com/watch?v=OVG0U5GFcV4&feature=player_embedded
D'accord pour une Convention constituante (enfin!) et pour le rôle du Parlement élu par le peuple européen (la souveraineté c'est ça, chers amis) mais pas d'accord pour y associer la Commission, organisme illégitime (nous avons voté Non au traité qui l'instaure) et despotique. Cependant les commentateurs ont raison, tout ça c'était il y a 10 ans qu'il fallait le faire, aujourd'hui nous sommes aux prises avec le Moloch du capitalisme financier dévorateur, et on ne peut plus en faire abstraction.
Les Etats-Unis d'Europe ? Bullshit !
La France ne soit pas se refermer non plus sur elle même : ce qui serait une tentation nationaliste , déjà vue au cours du XXème siècle
Et qui rendrait notre petit pays , car nous ne sommes bien qu'un petit pays, totalement à la merci des mastodontes que sont les USA et la CHINE ..
Vous n'en avez pas assez d'être les invités du dîner de C... organisé entre ces deux parties ???
Je ne peux résister tellement cette scène est d'actualité
http://www.youtube.com/watch?v=Dq8CyzMJNWY