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Avis de coup de vent sur les Iles Britanniques
Nous évoquions précédemment, un peu sous forme de jeu d'esprit, la possibilité que la Grande-Bretagne, prise dans la tempête, vienne chercher abri dans la zone euro. Celle-ci, qu'il est devenu tendance sur le Continent de vilipender, continue à offrir un rempart solide aux économies qui s'effondreraient laissées à elles-mêmes. Il n'est pas impossible que les Britanniques s'en rendent compte prochainement.
Selon Ian Campbell, quatre cavaliers de l'Apocalypse menacent désormais le Royaume-Uni. Ils ont nom Croissance molle (0,7%au mieux pour le troisième trimestre de 2010), Inflation non négligeable (au moins 5% selon certaines estimations), Déficits budgétaire et de la balance des paiements records, Dette (ou besoin de financement de l'Etat) jugée vertigineuse (23 milliards de livres pour le mois de novembre).
Plus gravement, cette situation paraît sans issue car l'industrie est déliquescente et les services financiers de moins en moins compétitifs, sinon requérant d'être soutenus à bout de bras. Cependant la consommation de biens et services principalement importés provenant des classes aisées ne se ralentit pas, accroissant encore les déficits du commerce extérieur.
A cela s'ajoute le discrédit croissant de la coalition conservateurs-libéraux démocrates, se critiquant réciproquement de plus en plus sévèrement – sans pour autant que le Labour puisse sortir de son atonie pour proposer une alternative crédible. On peut penser qu'une crise sociale sévère se prépare, qui certes surprendrait tout le monde compte tenu de la résilience traditionnelle du peuple britannique. Mais des signes avant-coureurs tels que les derniers mouvements d'étudiants pourraient annoncer pire. Le gouvernement semble faire tout ce qu'il faut pour cela, appliquant désormais avec ce que l'on pourrait qualifier un entêtement de brute les remèdes de cheval toujours préconisés par le FMI: baisse des dépenses sociales, licenciements dans les administrations, reflux de l'investissement public en tous domaines. Ajoutons pour couronner le tout que le collapse progressif du modèle américain retire toutes perspectives à ceux pour qui ce modèle servait de guide.
Est-ce pour autant qu'une entrée dans l'euro susciterait l'enthousiasme outre-Manche? Sur ce point, nous serons clairs. Tant que les gouvernements européens n'auront pas engagé la vaste politique d'investissement et de reconversion économique que nous préconisons pour notre part, ajouter un canard boiteux de plus à l'attelage européen ne changerait pas grand chose. Si par contre un grand projet européen finissait par voir le jour, la participation des Britanniques, du fait de leurs éminentes qualités, serait un atout certain pour l'ensemble des peuples d'Europe. Ne désespérons pas.


Tous les commentaires
Vu la politique de ce gouvernement ça va surement saigner en 2011.
Le flegme britannique risque d'en prendre un coup!
les brits, avec 10% de deficit public, sont tres loin des criteres de Maastricht.
cela m'etonnerait que la GB rejoigne la zone Euro avant 10 ans au moins.
Parce que j'ai un beau-frère anglais et thatchérien et parce que je suis un affreux gauchiste, j'attends avec impatience une bonne manif bien musclée à Londres et ailleurs !
"Une sévère crise sociale" ?
Beaucoup plus que ça, une crise idéologique : La production n'existe plus, seule la finance avait pris le relais, mais entendez par là l'accueil discret des épargnes européennes; que reste-t-il alors ?
Va falloir changer de boussole : le marché c'était de la frime, alors quoi ?
L'État, habitué à subventionner, dégrèver, re-financer, tolérer les évasions… des entreprises libérales… l'État croule sous les dettes ?
Alors qui ? quoi ?
Mais rassurez vous, nous en France, on a madame Lagarde qui nous assure, depuis 2 ans, que la croissance revient, que le chômage baisse, que des entreprises se créent et que la crise est finie…
Alors l'EUROPE au secours du Sterling ?
C'est ça qui serait drôle.
Vision personnelle, en espérant me tromper, l'Allemagne sort de l'Euro et crée une nouvelle monnaie avec les britanniques et les russes !!!
@ Jean-Paul Baquiast
Quelle différence avec la France dans la zone euro.? Pour moi je n'en vois pas. Si, les British peuvent dévaluer la livre et relancer leur croissance économique. Nous, nous n'avons qu'une seule solution, s'accrocher aux Basques de l'Allemagne comme le fait Sarkozy car nous n'avons qu'un seul droit "celui de la fermer" de nous serrer la ceinture et de signer avec les Allemands tous les compromis qu'ils exigent.
@ Michel P
Je vois mal dévaluer la livre. Comme les Brits n'exportent pratiquement rien et importent pratiquement tout, y compris aujourd'hui le pétrole, ils partiraient dans une inflation à 2 chiffres. Alors la crise sociale ne serait plus une hypothèse. Si je me trompe, que l'on m'explique...
J-P BAQUIAST
La livre-sterling a perdu environ -20% contre euro
et -50% contre yen,
tout cela en un peu plus de deux ans.
Pas mal pour une monnaie dont vous dites : "Je vois mal dévaluer la livre".
D'autre part, si la livre-sterling part sur une inflation à deux chiffres, nous aussi, nous partons en vrille avec l'euro : regardez bien toutes vos factures et dépenses, et vous n'aurez plus aucun doute...
Par contre, comme c'est la BCE qui calcule les chiffres de l'inflation en zone euro, nous aurons officiellement une inflation de +2% pendant encore de nombreuses années... jusqu'à la prochaine modification du Traité de Lisbonne.
Notez aussi la performance de Eurostat : nous avons le résultat (taux d'inflation identique pour tous les pays et régions) le mois suivant (ouah! Ils sont fortiches, les gars d'Eurostat).
ALTER-EUROPA
Pour une Autre Europe...
Et (bien sûr) pour un Autre Euro...
Your tailor is rich!