Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer
 
 

Thématiques du blog

 

Police à l'école: crier avec les loups

Je crois que ce qui se joue, dans notre pays, aujourd’hui, n’est pas le fruit du hasard, mais rentre dans une stratégie globale d’instrumentalisation ou de pression des personnels de l’enseignement public (voir notamment l’affaire de la base-élèves, ou l’étude interne de veille des opinions commandée par l’éducation nationale pour identifier “les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau”.).

Sens moral au sens de l'éthique, déontologie par rapport à son propre rôle
D’ “éducateur” qu’on cherche sciemment à balayer, il me semble.

De ce point de vue la vidéo effarante de proviseurs assistants à une attaque de chiens et de policiers,

(à faire circuler de toute urgence!) applaudissant au triomphe de la violence censé venir au secours de la “vertu” en dit long sur l’affaissement de nos “humanités”, sur les dérives d’un certain nombre de personnels de l’Éducation Nationale.
Cette vidéo de préparation générale des “esprits”, annonce déjà ce qui va se passer dans le Gers.

 

Sur Libé Labo/interview croisé/papa de Zoé, Proviseur du Collège


Dans l’affaire du collège de Marciac, le directeur, se retrouvant sans doute piègé par l’intervention à laquelle il s’est trouvé de fait associé, tentera encore quinze jours après les faits, de la justifier, faisant semblant de ne pas comprendre, ce qu’un enfant de 14 ans, comme Zoé, elle, saisit très bien… le débarquement de la violence un beau matin dans une école de la république, au nom même des principes de la république… avec son cortège de vexations, de bêtise, pour se terminer en prise de pouvoir sur votre corps adolescent…

Et il faut saluer encore une fois, ici, le courage du papa de Zoé ou de ce professeur de BTS, premiers et si seuls dans leur réaction au commencement de cette affaire…

 

Comme si dans cette époque de renoncement généralisé, un problème de conscience était la chose la plus déraisonnable !

 

Il y a plusieurs années le dramaturge Bernard-Marie Koltés écrivait “Combats de nègres et de chiens”, dans cette pièce de théâtre, il était question d'après mes souvenirs d’une époque bien évidemment révolue, de colonisation des esprits et des hommes, de domination, d’arbitraire, de pouvoir, et de peur. Surtout de peur !

 

P.-S. Cette affaire par tous ses tenants est "fascinante" ou fascisante c'est selon ... Faut-il vraiment arrêter de “crier au loup… ou avec les loups” comme le demandent certains internautes dont je lis les contributions ce matin sur certains sites ? Plus choqués par nos réactions, que par l’attitude des institutions de notre République.
Pourtant l'utilisation de la métaphore du loup dans cette affaire, révèle bien chez ces blogueurs, la folie même de la situation, le malaise qui finit par les traverser eux aussi, inconsciemment.
Mais qu’est-ce qui avance “à pas de loup” pour insidieusement grignoter quoi? dans cette république-là ?
Bête, bêtise, rapport de la force et du droit, de la bêtise et de la justice. Qui fait la Bête ? Qui rend l’homme plus bête que l’animal ?
Le dernier cours du Philosophe Jacques Derrida qui vient de sortir aux Éditions Galilée intitulé “la Bête et le souverain”, interroge prémonitoirement, je crois, toutes ces notions…

Tous les commentaires

Ben voilà ! C'était simple, de créer un blog, et ça en valait la peine!

Je dirai même plus: la peine cela valait. Bienvenue au club. Intéressant billet.

"De manière discrète" elle dit dans la vidéo, la recherche de stupéfiants, ce ne devait pas être la même école que ceux dont parlent nos témoins, plutot de de loups, je crois que nous devrions plutot nous faire temoins... un témoin qui se mobilise pour dénoncer le manque de respect, car c'est bien de cela qu'il s'agit, il ne faudrait pas nous tromper. Quand la république manque de respect aux citoyens jeunes ou moins jeunes, est ce encore une république?

Merci Jean Paul, Après le visionnage de cette vidéo éducative, je reste effaré. C'est technique, le chien est magnifique et gentil, il mord mais uniquement si, probablement coupable, vous courrez pour vous enfuir, comme Zyed et Bouna. La policière affirme sans sourciller intervenir "toujours d'une manière extrêmement discrète". C'est vrai, partout où ils sont intervenus, ça s'est super bien passé. Tout ça démarre d'une excellente intention, comme toujours, la croisade contre le trafic de stupéfiants aux abords des collèges et des lycées ou à l'intérieur de ceux-ci. Et une proviseur de conclure : "il faut un maître-chien à la sortie de chaque établissement". Comme il y a 11.423 établissement scolaires du second degré plus les 3.500 établissements d'enseignement supérieurs, cela fait du recrutement dans les brigades canines ! Je propose que Neuilly-sur-Seine montre l'exemple, mais par surprise sinon c'est pas du jeu. Ne nous étonnons pas que les barbus organisent de leur coté la croisade explosive contre la bière, le gros rouge et le whisky. Pendant ce temps là, la coca fleurit en Colombie (pas touche à mon Haïti), les pavots en Afghanistan (pas touche à mes coquelicots), le cannabis au Maroc (pas touche à mon hélico) et le chanvre indien en Suisse (pas touche à ma tisane terroir), le tabac partout, surtout aux USA (touche pas à mon paquet). L'argent du trafic vient grossir les comptes bancaires dans les paradis fiscaux et sera blanchi sans trop d'états d'âmes car il faut bien que l'argent serve à quelque chose d'utile. Et que la finance gagne sa vie, hein Tony ? L'argent de Philip Morris, il sert à quoi depuis 1847 ? Je crois que je vais prendre un petit Lexomil ou bien refumer une petite clope légale à la fenêtre. Tout cela est d'une grande logique néo-libérale. (reprise de mon commentaire sur l'article de Claude Lelièvre)

Votre commentaire m'inspire deux reflexions complementaires et une broutille...
1- Il serait necessaire d'organiser la resistance, non? Je parle de resistance face a ce genre d'irrespect. Si les proviseurs laissent faire les flics sans broncher (la c'est un professeur qui denonce, mais ou est le proviseur de ce collège responsable de la securité et du respect des élèves au sein de son etablissement?) -Moi je crois que les educateurs devraient reagir en masse. Monter des groupes de prevention (et il y en a) qui ne soit pas dans ce repressif ignomineux, mais plutot dans un veritable dialogue d'apprentissage avec les jeunes. Montrer aux policiers que le chien n'est pas la solution. Personnellement je souffre d'une peur maladive des bergers allemands pour avoir ete mordue plusieurs fois. Si j'avais ete professeur, j'aurais même du sortir probablement en laissant ma classe, car je n'aurais supporté la présence d'un animal de ce type, même, ou surtout dressé à de telles pratiques. Ce que vous dites est vrai aussi, le problème de la drogue est aussi à relier au monde, en général, on oublie d'en parler dans les sessions de prévention, moi jamais. En général les débats suscités dans les classes sont interessants. 2- Et puis ma deuxième reflexion est plus générale, ce n'est pas avec des chiens repressifs (ou plutot leurs maitres : les chiens ne font qu'obéir) que l'on fera changer les mentalités sur la drogue, s'interroge t on dans l'histoire seulement sur le pourquoi de cette dernière, de ce qui amène à cette dépendance? Les cours à donner aux proviseurs seraient plutôt de cet ordre là s'ils veulent agir sur les causes pas les effets. 3- La broutille c'est que ce n'est pas une raison pour tous passer au lexomil et reprendre la cigarette quand même ! Mais de manière générale, il y a de la RESISTANCE à développer partout. Je n'aime décidément pas ce qui se passe chez moi. Je vais d'ailleurs probablement partir, par choix personnel, mais cela ne m'empèchera pas de me dire que tot ou tard, il faudra bien affirmer que ce n'est pas dans cette société que je souhaite revenir vivre !

Merci pour ce papier et la vidéo : je crois qu'on a là un bel exemple de la chute libre de l'encouragement à penser, à questionner, dans la formation des chefs d'établissement entre autre, qui n'est plus depuis longtemps qu'une "machine" à gérer des "flux", à afficher des "projets", et n'oublions pas - c'est plus vrai que jamais - à être le maillon de transmission des décisions gouvernementales. Après, comme partout, il y a quelques personnes encore habitées de principes, mais les temps sont durs pour les "principes", on leur préfère le pragmatisme.

Newsletter
Je m'identifie