700 Indiens campent à Brasilia pour exiger leurs droits
Plus de 700 Indiens appartenant à environ 230 groupes distincts ont installé la semaine dernière un campement en plein cœur de la capitale brésilienne pour protester contre le déni de leurs droits.
Révoltés par l’avancée des projets d’infrastructure à grande échelle qui menacent leurs territoires, les Indiens ont défilé dans les rues appelant le gouvernement à prendre des mesures d’urgence pour empêcher cette destruction.
Les barrages en cours de construction sur la rivière Madeira, en Amazonie, soumettent les territoires des Indiens isolés à une forte pression en occasionnant une immigration importante et une déforestation massive. Les Indiens isolés dépendent étroitement de leur forêt et toute forme de contact avec des étrangers peut leur être fatale.
Le barrage de Belo Monte prévu sur la rivière Xingu menace la vie de milliers d’Indiens qui n’ont jamais donné leur consentement à sa construction.
Les manifestants ont déclaré dans une lettre ouverte : ‘Nous ne tolérerons pas d’être une fois de plus spoliés de notre Terre Mère que nous avons réussi à préserver depuis des millénaires, contribuant ainsi à l’équilibre socio-environnemental de notre pays et du monde entier, ou qu’elle soit détruite de manière irrationnelle’.
Le mois dernier, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a appelé le gouvernement brésilien à suspendre le projet du barrage de Belo Monte. La présidente Dilma Rousseff n’a pas suivi cet avis et a ordonné la rupture immédiate des relations du Brésil avec la Commission.
Les Indiens guarani qui protestaient lors de la manifestation ont déploré l’inertie du gouvernement dans le processus de démarcation de leurs territoires ancestraux, alors que des milliers d’entre eux sont actuellement contraints de vivre dans des réserves surpeuplées ou au bord des routes.
L’essor actuel des plantations de canne à sucre et de production d’éthanol reste une source de préoccupation majeure des Guarani qui ont été spoliés d’une grande partie de leur territoire pour faire place à cette industrie.
Survival International appelle le géant énergétique Shell et son partenaire brésilien Cosan à interrompre leurs plantations de canne à sucre sur les territoires ancestraux des Guarani.
Communiqué de Survival International http://www.survivalfrance.org/


Tous les commentaires
Merci pour cette information. Rappelons aux admirateurs béats de Lula et Dilma que les plans économiques en cours, qui vont faire du Brésil l'un des géants les plus agressifs du capitalisme mondial, sont une véritable catastrophe humaine et environnementale.
Rien que pour l'énergie hydroélectrique, le plan gouvernemental est de passer de 75 000 MW à 126 000 MW d'ici 2030, à travers un programme gigantesque de constructions de barrages, qui ne font évidemment aucun cas de la présence de populations indigènes, ainsi que le dénoncent leurs organisations, et Survival au niveau international.
Il faut également savoir que les ouvriers des chantiers sont employés dans des conditions terribles, sous-payés, trompés par les intermédiaires (les gatos), et que leur présence dans ces conditions engendre une épidémie de violence, prostitution, etc. 80 000 de ces travailleurs ont mené récemment une grève très dure, qui a paralysé les travaux pendant plusieurs semaines. Les affrontements les plus durs se sont déroulés à Jirau, contre l'entreprise Camargo Correa, connue pour ses pratiques esclavagistes. Des locaux et d'importants matériels ont été incendiés. Dilma Roussef a répondu par un envoi massif de policiers anti-émeutes.
On peut consulter à ce sujet l'excellent article du journaliste uruguayen Raul Zibechi, sur le non moins excellent site du "Programme des Amériques" (en espagnol, portugais et anglais) :
http://www.cipamericas.org/es/archives/4257
Merci beaucoup pour cette information !
Cordialement.