Thématiques du blog
État de crise pour l’école primaire en France
Rythme scolaire, illettrisme, formation et revalorisation des enseignants, nouvelles réformes, etc. Ces derniers temps, on n’en finit pas d’entendre les maux de l’école primaire, surtout après la publication d’enquêtes internationales qui montrent combien la situation est alarmante en France et nécessite des réformes.
Des études reflet d’un échec
Publié le mardi 11 décembre dernier, le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS) est affligeant pour la France. Cette étude est réalisée tous les 5 ans par l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite scolaire (IEA) et a mesuré les compétences de lecture de 300 000 élèves de 45 pays, à la fin de leur quatrième année de scolarité obligatoire (niveau CM1).
Dans cette enquête, la France se situe seulement au 29e rang mondial, avec un triste score de 520 points, loin derrière Hong Kong (571 points), la Russie et la Finlande (568 points), qui occupent le haut du classement. L’apprentissage de la lecture en France rencontre clairement des difficultés, en affichant des performances moins bonnes que la Pologne (526 points), l’Australie (571 points) ou la Lituanie (528 points).
Les bases de la lecture sont simplement mal acquises dès l’école primaire. Ce constat ne fait que confirmer ce que révélait déjà la dernière étude de référence PISA (Program for International Students Assessment) de 2009. Organisée par l’OCDE, cette enquête évaluait les compétences des élèves âgés de 15 ans et montrait que les collégiens, « en grande difficulté de lecture », étaient passés de 15 à 20 % dans notre pays, entre 2000 et 2009.
Vers de grandes réformes ?
Le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, a rapidement fait acte de cette nouvelle étude affligeante pour la France, expliquant que « l’enquête PIRLS rappelle plus que jamais l’urgence d’une évolution de l’école et nous oblige aussi à réussir cette refondation de l’école qui est un enjeu majeur pour le pays ».
Le gouvernement est bien conscient des grands enjeux à venir autour de l’école primaire, car c’est bien là que se situent les premiers jalons décisifs pour l’ensemble de la scolarité des enfants en France. Dévoilée le 5 décembre dernier, la loi d’orientation sur l’école sera présentée en janvier au conseil des ministres et affirme clairement sa priorité à l’école primaire.
Ce texte dévoile la création de 140 000 postes supplémentaires d’ici à 2017, dont 3 000 seront consacrés à la scolarisation dans les zones difficiles des enfants de moins de trois ans, et 7 000 à la prise en charge des difficultés scolaires. Le ministre de l’Éducation souhaite « refonder » l’école par la pédagogie en instaurant une meilleure « progressivité des apprentissages ».
Quelques points-clés : rythme scolaire, formation et revalorisation des maîtres
La question du rythme scolaire soulève de vives réactions. Le mercredi 5 décembre dernier, les syndicats d’enseignants ont été reçus au ministère de l’Éducation nationale, pour une concertation sur le projet de décret concernant le retour de la semaine de 4,5 jours (une demi-journée supplémentaire fixée le mercredi).
Outre le problème du bouleversement de l’organisation pour les collectivités et les parents d’élèves, ce nouveau rythme scolaire devrait cependant alléger les enseignements sur le nombre de jours scolaires annuels. Rappelons que la France est actuellement l’un des pays européen où le nombre de jours de cours par an est le plus faible : 864 heures réparties sur 180 jours.
Dans ce projet de loi, Vincent Peillon a également fait de la formation des maîtres une de ses grandes priorités, avec la création des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), qui devront s’ouvrir dès la rentrée 2013. Une réforme des concours de l’enseignement est aussi à l’étude, pour une entrée en vigueur dès l’année 2014.
Invité sur RMC-BFMTV lundi dernier, le ministre de l’Éducation s’est aussi déclaré prêt à ouvrir les discussions sur « la question de la revalorisation », dès le mois de janvier 2013. On sait que « le plus beau métier du monde » est en sérieuse perte de popularité, avec de moins en moins de candidats aux concours. Vincent Peillon compte faire évoluer « le traitement » des enseignants, dont le métier est encore aujourd’hui défini par un décret datant de 1950.
« Ça ne peut pas se faire en 2013, on peut ouvrir les discussions en 2013. Ma porte est ouverte, je suis prêt à partir de janvier à ouvrir la grande négociation qui n’a jamais eu lieu dans ce pays sur la refondation du métier d’enseignant. (…) on vient de mettre en place les écoles, la deuxième phase c’est les carrières, le développement de carrière… », a-t-il expliqué.
Plus de professeurs, un nouveau rythme scolaire, une meilleur formation, un changement du métier d'enseignant, etc. Espérons que ces réformes entamées soient suffisantes pour améliorer les compétences des élèves en France.


Tous les commentaires
Il conviendrait d'établir des priorités et de ne pas s'en tenir à un catalogue à "géométrie variable"... L'échec scolaire est une plaie, donc mettre la lutte contre ce fléau en tête des priorités:
- Reconstruire le secteur de l'éducation spécialisée lequel a été détricoté pendant des années, former des maîtres, embaucher des psychologues scolaires, des médecins et infimières scolaires...
-Former vraiment les enseignants, avec une formation théorique et pratique qui les rendent capable de repérer un enfant dyslexique assez tôt par exemple...
- Mettre en place des CP à 15 élèves avec des enseignants spécialement formés...
Je rappelle que j'ai fait toute ma carrière comme instituteur avec , entre autres, 30 ans dans l'éducation spécialisée...