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Les services de renseignements continuent de faire couler beaucoup d’encre
De la seconde guerre mondiale à aujourd’hui, les services de renseignements et les histoires parfois abracadabrantesques qui leur sont associées n’ont pas fini d’échauffer les esprits et de fasciner l’imaginaire. Quels ouvrages de référence choisir pour appréhender avec fiabilité un sujet aussi propice aux dérives de la fiction ?
Pour un aperçu exhaustif et très documenté de l’histoire de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les plus hardis peuvent s’attaquer à l’ouvrage de 734 pages écrit par des spécialistes du renseignement intitulé L’histoire politique des services secrets français, édité chez La Découverte. Roger Faligot, Jean Guisnel et Rémi Kauffer y dressent le portrait de la descendante du Bureau central de renseignement et d’action (BCRA, services secrets de la France Libre) et du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece).
Le livre, pour être rédigé par des experts, n’en regorge pas moins d’anecdotes dignes des meilleurs thrillers. Les comptes rendus ont leur comptant d’actions souterraines, d’imprévus, de bourdes et de révélations. Les protagonistes de ces évènements clandestins n’ont rien à envier aux personnages de fiction les plus fascinants et/ou les plus répulsifs.
Il est entre autre question de la Sdece, organisme relativement méconnu ayant pourtant joué un rôle en Indochine en finançant des maquis de partisans locaux Hmong anti-Vietminh avec l’opium. Idem en Algérie, ou le Sdece a tenté des infiltrations toxiques au sein des wilayas du FLN.
L’ouvrage revient aussi sur l’autorisation que Nicolas Sarkozy a donnée à une opération relevant du service action de la DGSE, à l’occasion d’une réunion à l’Elysée le 17 juillet 2010, pour la libération de Michel Germaneau. Ce dernier, âgé de 78 ans, avait été enlevé par Aqmi en avril 2010 et a finalement été tué par ses geôliers.
Pour une approche moins historique mais davantage dans l’analyse des forces et des faiblesses de la communauté française du renseignement et des enjeux de l’espionnage français, Les services secrets sont-ils nuls ? (éditions Ellipses) est fortement recommandé et succède à celui, dans la même veine, de Constantin Melnik, Espionnage à la française. De la guerre froide à l'Algérie et au terrorisme international.
Son auteur n’est autre que le directeur du centre français de recherche sur le renseignement, Eric Denécé. La préface est rédigée par une plume non moins fameuse, puisque c’est l’ancien premier ministre Michel Rocard lui-même qui la signe.
Eric Denécé nuance son titre provocateur en rappelant que "la France figure très honorablement parmi les pays en pointe dans la discipline" (l'espionnage) et refuse de "croire à une incapacité française en ce domaine". Une analyse que pourrait confirmer Alain Bianchi, alors à la tête du service de la sûreté du Gouvernement militaire français de Berlin du temps de la Kommandatura, et qui a permis de contrer de nombreux attentats.
Si c’est davantage l’espionnage économique qui vous intéresse, Histoires d'espions, le renseignement à l'heure de l'espionnage économique (La manufacture de livres, 208 pages) écrit par Charles Pellegrini, ancien patron de l’Office central de répression du banditisme (OCRB), s’intéresse aux récents scandales qui ont rythmé l’actualité de Renault à Areva, en passant par Volkswagen.

