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Simone Weil

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"La science est un monopole, non pas à cause d'une mauvaise organisation de l'instruction publique, mais par sa nature même; les profanes n'ont accès qu'aux résultats, non aux méthodes, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent que croire et non assimiler".

.page 16

du livre de S. Weil, Réflexions sur les causes de la liberté de l'oppression sociale 1955

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Dans un précédent posts sur les origines du christianisme (le numéro (5) et dans le commentaire placé en 17ème position, répondant plus ou moins à quelques propos un peu polémiques, j'essayais de mieux éclairer la distinction entre le savoir et le croire.

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Je disais qu'elle n'était pas évidente, d'autant moins qu'il y a du croire dans le savoir, comme il peut y avoir aussi du savoir dans le croire. J'évoquais Wittgenstein.

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Simone Weil me vient en renfort avec la citation qui figure plus haut.

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Même les résultats de la démarche scientifique - le savoir - ne sont accesible au public "profane" que par les ressources du croire.

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Effectivement, je m'aperçois que je n'ai jamais vérifié que la terre tourne bien autour du soleil, ni qu'une molécule d'eau est composée de deux atomes d'hydrogène et d'un atome d'oxygène. Le jour où l'on faisait la démonstration en classe, j'étais malade. En rentrant, j'ai cru mes copains qui avaient cru le prof.

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jean-paul yves le goff

http://www.lelivrelibre.net

 

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. pourquoi ils marchent quand ils veulent, mes liens ? . 490075simone_weill.jpg" . Pourquoi la mise en page marche pas ? J'y comprends rien ! (Peut-être que j'ai pas la foi???) . jpylg

J'ai trouvé, et j'y reviendrai (lire)

. "La science est un monopole, non pas à cause d'une mauvaise organisation de l'instruction publique, mais par sa nature même; les profanes n'ont accès qu'aux résultats, non aux méthodes, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent que croire et non assimiler". .page 16du livre de S. Weil, Réflexions sur les causes de la liberté de l'oppression sociale 1955. . 490075simone_weill.jpg" . Dans un précédent posts sur les origines du christianisme (le numéro (5) et dans le commentaire placé en 17ème position, répondant plus ou moins à quelques propos un peu polémiques, j'essayais de mieux éclairer la distinction entre le savoir et le croire. . Je disais qu'elle n'était pas évidente, d'autant moins qu'il y a du croire dans le savoir, comme il peut y avoir aussi du savoir dans le croire. J'évoquais Wittgenstein. . Simone Weil me vient en renfort avec la citation qui figure plus haut. .Même les résultats de la démarche scientifique - le savoir - ne sont accesible au public "profane" que par les ressources du croire. . Effectivement, je m'aperçois que je n'ai jamais vérifié que la terre tourne bien autour du soleil, ni qu'une molécule d'eau est composée de deux atomes d'hydrogène et d'un atome d'oxygène. Le jour où l'on faisait la démonstration en classe, j'étais malade. En rentrant, j'ai cru mes copains qui avaient cru le prof. . jean-paul yves le goff http://www.lelivrelibre.net

Ah, que c'est compliqué, cher jpylg ! Tout va bien, on a tout ! Je ne suis pas calée, donc, je ferais mieux de ne pas faire de 2ème degré facile. N'empêche : votre réflexion, je la partage.

"Tant qu'il y aura une société, elle renfermera la vie des individus dans des limites fort étroites et leur imposera ses règles; mais cette contrainte inévitable ne mérite d'être nommée oppression que dans la mesure où, du fait qu'elle provoque une séparation entre ceux qui l'exercent et ceux qui la subissent, elle met les seconds à la discrétion des premiers et fait ainsi peser jusqu'à l'écrasement physique et moral la pression de ceux qui commandent sur ceux qui exercent". S.W. page 39

page 41 : "... arriver à saisir le mécanisme de l'oppression, à comprendre en vertu de quoi elle surgit, subsiste, se transforme, en vertu de quoi peut-être elle pourrait théoriquement disparaître. C'est là, ou peu s'en faut, une question neuve". Dans les lignes qui suivent SW écrit que, dans le passé, la puissance des oppresseurs a toujours été considérée comme une usupartion pure et simple, à laquelle il fallait mettre par la réprobation et/ou par la force. Grave erreur, selon elle, qui aboutit, notamment, aux Révolutions. Or, un tel moyen n'aboutit qu'à faire disparaître une certaine force d'oppression pour installer à sa place une oppression nouvelle. S. Weil, Réflexions sur les causes de la liberté de l'oppression sociale 1955. (à suivre)

Une citation très pertinente. Et je vois bien que mes blocages en Mathématiques et en Physique/ Chimie ont toujours résulté de mon refus d'admettre et d'appliquer sans comprendre.

. C'est comme moi : on avait oublié de me dire, en algèbre, que les lettres remplaçaient les chiffres. J'ai tout de suite fait de la résistance. . jpylg

page 43 : "Surtout, Marx omet d'expliquer pourquoi l'oppression est invincible aussi longtemps qu'elle est utile, pourquoi les opprimés en révolte n'ont jamais réussi à fonder une société non oppressive (...) et enfin, il laisse tout à fait dans l'ombre les principes généraux du mécanisme par lequel une forme déterminée d''oppression est remplacée par une autre". S. W.

page 56 " Un pouvoir, quelqu'il soit, doit toujours tendre à s'affermir à l'intérieur au moyen de succès remportés au-dehors, car ces succès lui donnent des moyens de contrainte plus puissants; de plus, la lutte contre ses rivaux rallie à sa suite ses propres esclaves, qui ont l'illusion d'être intéressés à l'issue du combat. Mais, pour obtenir de la part des esclaves l'obéissance et les sacrifices indispensables à un combat victorieux, le pouvoir doit se faire plus oppressif; pour être en mesure d'exercer cette oppression, il est encore plus impérieusement contraint de se tourner vers l'extérieur, et ainsi de suite. On peut parcourir la même chaîne en partant d'un autre chaînon; montrer qu'un groupement social, pour être en mesure de se défendre contre les puissances extérieures qui voudraient se l'annexer, doit-lui-même se soumettre à une autorité oppressive; que le pouvoir ainsi établi, pour se maintenir en place, doit attiser les conflits avec les pouvoirs rivaux; et ainsi de suite, encore une fois. C'est ainsi que le plus funeste des cercles vicieux entraîne la société tout entière à la suite de ses maîtres dans une ronde insensée". S.W.

Merci pour ces extraits qui me permettent de prendre, tranquillement, connaissance du travail de Simone Weil. Concernant les aspects relatifs à la "domination", un regard sur l'évolution de l'Homme, telle qu'elle est analysée de nos jours par la paléoanthropologie et l'éthologie, pourrait donner quelques clefs : pendant des centaines de milliers d'années, les humains étaient des animaux comme les autres, et les règles de dominants/dominés profondément ancrées dans les relations des groupes constitués ; Ces règles se transmettaient de générations en générations, au même titre que se transmettaient les innovations (qui se déroulaient à un rythme nettement moins rapide que celui auquel nous assistons aujourd'hui). Nos civilisations, au regard de l'échelle du temps de l'évolution sont très récentes, et forcément marquées par cette "hérédité" quasiment instinctive et relevant de la partie primitive de notre cerveau (champ des instincts : de réaction instantanées à la peur, de survie, de reproduction...) Voyez-vous ce que j'essaye d'exprimer ? qu'en pensez-vous ?

. Nos civilisations, au regard de l'échelle du temps de l'évolution sont très récentes, Corinne N . C'est presque le point fondamental de mes positions (qui exaspèrent parfois les gens). . Quand je dénonce "la culture du faux", quand je dénonce le bluff de la démocratie (débarrassée ou non de l'oligarchie comme le souhaitent Edwy Plenel et Jacques Rancière), je prends pour base, notamment, "La généalogie de la morale" de Nietzsche et d'autres oeuvres des "maîtres du soupçon", au rang desquelles c'est à tort qu'on ne place pas Simone Weil. . Il y a sur médiapart des connaisseurs de Nietsche, que je trouve bien discrets. Or, Nietzsche dit, sauf erreur de ma part, - je n'ai pas la référence sous la main -, que nous nous trompons d'échelle dans l'estimation de "la valeur de nos valeurs" . . Tout est là, à mon avis - à l'exception de la question de la transcendance. . Donc, non seulement l'histoire générale est fausse, n'en déplaise à nos historiens historiquement corrects, non seulement notre science politique est fausse, n'en déplaise à nos politologues politiquement corrects, non seulement notre philosophie est fausse, n'en déplaise à nos philosophes correctement corrects, mais notre sociologie universitairement correcte s'obstine à ne pas vouloir intégrer l'anthropologie. (Qui, effectivement, peut être peu ragoûtante). . Nous sommes, avant tout des animaux, lesquels sont des êtres sociaux. Et je ne pense pas qu'il y ait de société animale qui se passe du rapport domination-soumission. . Ce qui m'intéresse, c'est de comprendre ce "plus" que nous avons par rapport aux bêtes. J'ai bien la conviction qu'il existe mais il ne me saute pas aux yeux, en tous cas moins que notre parenté avec la bête. . amicalement. . jpylg

Pour continuer sur ma piste de l'évolution de l'humanité, j'ai constaté, au fil de mes lectures que la question du "propre de l'homme" est récurrente et changeante au fil des découvertes faites par les spécialistes du sujet, par exemple, on a longtemps dit : le propre de l'homme c'est l'outil, or, non d'autres animaux fabriquent et utilisent des outils, rudimentaires certes, pour se procurer de la nourriture. on a dit également : le langage est le propre de l'homme, or, on a découvert toute sorte de langages dans le reste du règne animal alors, la "préméditation" est-il le propre de l'homme ?, là encore les études éthologiques montrent cette aptitude dans d'autres espèces, la bipédie ? les chimpanzés sont également bipèdes, même s'ils sont nos proches cousins dans l'ordre des primates, ce ne sont pas des humains... etc. . Il reste peut-être notre cerveau, plus exactement le lobe frontal, acquisition la plus récente et par là-même peut-être, la moins bien "exploitée" encore par l'homme. Dans le cas du cerveau, les scientifiques pensent qu'en l'occurence, et comme c'est souvent le cas, c'est l'organe qui crée la fonction, et non le contraire. Qu'en est-il de cette partie du cerveau ? c'est elle qui gère, entre autre, le comportement moral/éthique. On cite souvent le cas de cet américain, Phinéas Gage, contremaître couvert d'éloge, respectueux de l'ordre établi, citoyen sans reproche ; un jour, par accident, une barre de fer lui a traversé le front. Fait extraordinaire, il se remit de cet accident, mais perdit tout son "sens commun", devint injurieux, ne respectant plus ses engagements etc... http://fr.wikipedia.org/wiki/Phineas_Gage * Peut-être aurions-nous avantage à connaître davantage cette partie de notre cerveau, peut-être enfin "le propre de l'homme" - [du moins par sa taille (en tenant compte des proportions naturellement, pour comparer avec d'autres espèces, on regarde le rapport poids-taille du sujet/poids-taille du cerveau)]... - c'est un sujet un peu ardu à développer, mais voyez-vous en gros ce que je suggère ? * http://www.hominides.com/index.html

. c'est un sujet un peu ardu à développer, mais voyez-vous en gros ce que je suggère ? Corinne N . Certes et j'aimerais beaucoup avoir plus de temps pour m'y intéresser de près, mais tel n'est pas le cas pour l'instant. En tous cas, faites-nous part de vos réflexions... . En théorie, le propre de l'homme, c'est la capacité d'abstraction, c'est-à-dire, en dernière analyse "l'intelligence". Mis vous trouverez toujours des experts pour vous dire qu'elle existe aussi, peu ou prou, chez la bête. . Il y a une branche des sciences humaines qui s'appelle la "sociobiologie" qui s'intéresse aux animaux sous l'angle social et dans les rapports avec le comportement social de l'homme; elle a d'ailleurs été très critiquée. Mais, c'est pareil : les journées n'ont que 24 heures. . amicalement. . jpylg

page 58 D'une manière générale, entre êtres humains, les rapports de domination et de soumission, n'étant jamais pleinement acceptables, constituent toujours un déséquilibre sans remède et qui s'aggrave perpétuellement lui-même..." Simone Weil, op.cit.

page 62 : De temps en temps, les opprimés arrivent à chasser une équipe d'oppresseurs et à la remplacer par une autre, et parfois même à changer la forme de l'oppression; mais quant à supprimer l'oppression elle-même, il faudrait à cet effet en supprimer les sources, abolir tous les monopoles, les secrets magiques ou techniques, qui donnent prise sur la nature, les armements, la monnaie, la coordination des travaux. S.W.

page 65 A vrai dire, il faut toujours faire entrer en ligne de compte dans ce bilan les ruses grâce auxquelles les puissants obtiennent par persuasion ce qu'ils sont hors d'état d'obtenir par contrainte, soit en mettant les opprimés dans une situation telle qu'ils aient ou croient avoir un intérêt immédiat à faire ce qu'on leur demande, soit en leur inspirant un fanatisme propre à leur faire accepter tous les sacrifices. s.w.

. @ Pierre Ferron. . Excellent ! . De mon côté, je suis "philosophie et politique", "beauté et poésie" et je lirai le Gabrielle Fiori. . Ce sont des personnes comme Simone Weil et d'autres qui peuvent sauver le monde, même d'outre-tombe. . jpylg

Si je puis me permettre de me citer (ma propre pédanterie ne me fait pas peur) : trois éclats qui tombent sont déjà relevés. Il est "miraculeux" (c'est à dire que l'on peut l'ad-mirer si l'on est attentif) que la voix et la voie de certain(e)s absent(e)s les rend bien plus présent(es)s que certain(e)s présents. Vais-je ressortir ici mon vieil Héraclite? Non. "Faut qu'j'aille au taf." Bonne journée. Et faisons que notre "rêve soit plus long que la nuit" (Le Talmud). N.b. : il semble qu'il faudra que je revienne au vieux Bergson aussi, n'est-ce pas?

(doublon)

. " qu'il faudra que je revienne au vieux Bergson " . Très certainement ! mes souvenirs s'embrouillent (si du moins j'ai su quelque chose), mais il me semble qu'elle en était proche ? . De toutes façons, c'est le même esprit. . jpylg

Il y a certes, si je me souviens bien, une proximité d'approche de la pensée. Origines culturelles semblables, sans doute. Habitude de "gratter" les textes, et tentatives de penser l' "impensable".

@jpylg Merci pour toutes ces présentations des textes de Simone Weil. Que ne l'ai-je connue plus tôt ! Ca semble effectivement bien compléter Marx. J'y vois aussi quelques liens avec Nietzsche...

Il me semble, à moi aussi, qu'il peut y avoir quelques liens avec Nietzsche : ascension de la même montagne (ou descente dans le même gouffre) par deux faces différentes. Mais Friedrich a-t-il lu le Talmud (et son noyau, le Zohar)?

J'aurais tendance à penser qu'il a lu le Zohar ; comme il a lu Goethe...

. Marx, Nietzsche, il faut ajouter Freud, qu'on appelle "les maîtres du soupcon". On peut dire que Simone Weil aussi engage au soupçon; mais les maîtres du soupçon, divergent totalement quant aux directions respectives surlesquelles leur pensée débouche; avec Simone Weil, c'est encore autre chose. . jpylg

. Lettre à un religieux ... Dans ce texte, elle écrit : "Je vais vous énumérer un certain nombre des pensées qui habitent en moi depuis des années (du moins quelques unes) et font obstacle entre moi et l'Eglise. Je ne vous demande pas d'en discuter le fond. Je serais heureuse d'une telle discussion, mais plus tard, en second lieu. Je vous demande une réponse certaine - sans formule telle que "je crois que" - sur la compatibilité ou la non-compatibilité de chacune de ces opinions avec l'appartenance à l'Eglise." .

..© .
. Lorsqu'elle écrit ce texte, il reste à Simone Weil dix mois à vivre. . Les opinions en question sont au nombre de trente-cinq. Je mets la trente-cinquième et dernière sur un fil à part : . http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/090609/origines-du-christianisme-simone-weil . jpylg

. Mystère. Usage légitime et illégitime de cette notion ? Cela aussi est à définir rigoureusement, et c'est de la plus haute importance. (Saint Augustin, par exemple, en a fait un usage illégitime). . Il ne faut pas s'en couvrir au moment où on dit n'importe quoi - comme saint Augustin. Car alors cette notion devient l'instrument d'un pouvoir totalitaire. Tout ce qu'il plait à l'Eglise de dire est alors à accpeter, ou comme vérité reconnue par l'adhésion de la raison, ou comme mystère. autrement dit, adhésion inconditionnelle à l'Eglise. C'est ce que saint Thomas nomme la foi, ainsi que le catéchisme du Concile de Trente. . Il n'y a que trois amours inconditionnels : l'amour de Dieu, l'amour du prochain, l'amitié de deux saints. . L'amour inconditionnel de l'Eglise est de l'idôlatrie. On n'a le droit d'aimer inconditionnellement que ce qui et inconditionné. C'es-à-dire Dieu et la présence infuse de Dieu, soit actuelle dans un saint, soit potentielle dans toute créature pensante. Il y a une chose inconditionnée dans l'Eglise, mais c'est seulement la présence du Christ dans l'Eucharistie. L'Eglise, comme société émettant des opinions est un phénomène de ce monde, conditionné. . Simone Weil La connaissance surnaturelle (1950)

.

..© .
. (...) La notion de mystère est légitime quand l'usage le plus logique, le plus rigoureux de l'intelligence mène à une impasse, à une contradiction qu'on ne peut éviter,(...) Alors la notion de mystère, comme un levier, transporte la pensée de l'autre côté de l'impasse, de l'autre côté de la porte impossible à ouvrir, au delà du domaine de l'intelligence, au-dessus. . Mais pour parvenir au delà du domaine de l'intelligence, il faut l'avoir traversé jusqu'au bout en suivant un chemin tracé avec une rigueur irréprochable. Autrement, on n'est pas au delà, mais en deçà. (...) . Le mystère ainsi défini, les mystères de la foi sont contrôlables par l'intelligence. (...) L'intelligence ne peut contrôler le mystère lui-même, mais elle est parfaitement en possession du pouvoir de contrôle sur les chemins qui conduisent au mystère, qui y montent et les chemins qui en redescendent. Elle reste ainsi absolument fidèle à elle-même en reconnaissance l'existence dans l'âme d'une faculté supérieure à elle-même et qui conduit la pensée au-dessus d'elle. Cette faculté est l'amour surnaturel. La subordination consentie de toutes les facultés naturelles de l'âme à l'amour surnaturel est la foi. . Simone Weil La connaissance surnaturelle (1950)

C'est passionnant ! Bien qu'athée, je trouve chez Simone Weil bien des réflexions à creuser, à méditer.

. Merci pour ce commentaire, bref mais éloquent. Ca vole effectivement très haut, on peut le dire. (Suite demain). . jpylg

Il est intéressant aussi de voir que c'est publié dans la collection "Espoir", fondée par Camus.

. Très juste ! . Et aussi chez Gallimard. Je ne sais pas si Gallimard publierait ça aujourd'hui. . jpylg

. " Quand même absolument rien de réel ne correspondrait à ce mot, Dieu, mais seulement des illusions puériles, en admettant qu'il en soit ainsi, néanmoins, même dans ce cas, j'aime mieux exécuter ce qui me semble être ordonné par Dieu, quand il en résulterait les plus affreux malheurs, que d'accomplir n'importe quoi d'autre. . Seul un fou peut penser ainsi. . Mais si on a contracté cette folie, on peut être tout à fait sûr de ne jamais regretter aucune action accomplie conformément à cette pensée. La seule difficulté est que cette pensée ne fournit que peu d'énergie, une énergie insuffisante pour l'accomplissement des actions. Comment accroître cette énergie ? La prière doit l'accroître. . (...) La prière n'est dirigée vers Dieu que si elle est inconditionnée. Prier inconditionnellement, c'est demander au nom du Christ. C'est cela, la prière qui n'est jamais refusée. . Que ta volonté soit faite, quelle qu'elle soit. " page 101-102 (la connaissance surnaturelle, simone weil)

. "Notre âme est une balance. La direction de l'énergie dont les actes est l'aiguille de la balance qui marque tel ou tel chiffre. Mais la balance est fausse. Quand Dieu, le vrai Dieu, occupe dans une âme toute la place qui lui revient, la balance est devenue juste. Dieu ne dit pas quel chiffre doit indiquer l'aiguille, mais du fait qu'Il est là, l'aiguille marque juste. . La balance est agitée en tous sens. Un clou en fixe le centre. Désormais, elle est juste. Le clou ne marque aucun chiffrre, mais par le clou l'aiguille marque juste. . Upanishad : Dieu n'est pas manifesté par la parole, mais ce par quoi la parole est manifestée. Il est ce par quoi tout est manifesté et qui n'est manifesté par rien. . Non pas des chiffres indiqué par l'aiguille, mais ce par quoi l'aiguille indique des chiffres justes. . C'est pourquoi l'être humain parfait n'agit pas pour Dieu, mais par Dieu, de la part de Dieu, et n'aime pas les êtres humains en Dieu, mais de la part de Dieu et à travers Dieu." . page 103 : (la connaissance surnaturelle, simone weil)

"Dieu n'est pas manifesté par la parole, mais ce par quoi la parole est manifestée. Il est ce par quoi tout est manifesté et qui n'est manifesté par rien." Ben oui. C'est aussi ce que dit le Zohar, différemment : "Qui? Cela. Quoi? Celui-ci."

. " Cela (le projet de Simone Weil) implique qu'on renverse l'histoire, le passé pétrifié dans les textes scolaies (...), qu'on refuse la routine de la soumission aux vérités officielles et qu'on exige de nous-mêmes un examen de conscience sur la véritable portée de nos actes politiques par rapport au mal et au bien, qu'on s'interroge sur des notions comme "barbarie" et "progrès" et qu'on fasse la "chasse aux entités", les faux absolus, les mythes et les monstres du vocabulaire politique et social" . Gabriella Fiori, Simone Weil, une femme absolue, Editions du Félin, 1987, page 59 .

Pile poil. C'est bon de revenir à la Simone, hein? Philosophe, communiste critique et religieuse critique. C'est tout ce que j'aime. L'intelligence. Mais, bon, un peu solitaire sur les bords aussi. (Il est vrai que l'époque n'était pas trés "gay")

. C'est rien de dire qu'elle est solitaire. . En tout respect, en toute admiration, en tout amour, j'ose dire qu'il me semble qu'elle est folle. . Je l'avais "découverte", il y a une vingtaine d'années; je ne m'étais pas senti particulièrement concerné. Aujourd'hui, oui. . Il faut absolument que je mette la main sur ses "Ecrits historiques et politiques". . jpylg

Il faut absolument que je mette la main sur la totalité de son oeuvre: 7 volumes chez Gallimard, (+ "La pesanteur et la grâce", que j'ai déjà, ainsi que "Les écrits de Marseille". Et si le temps de Simone Weil était enfin arrivé ? Une discussion chez un libraire, à qui je disais qu'elle était malheureusement peu connue, m'a appris que beaucoup de gens se mettaient à la lire. Il faut dire qu'elle décape. Peur de rien. Pas une béni-oui-oui, hein?

. Et si le temps de Simone Weil était enfin arrivé ? . Peut-il arriver ? bien sûr, on en parle ces temps-ci, en raison du centenaire de sa naissance. Les éditeurs ont publié différentes choses, comme les journalistes sont de connivence avec les éditeurs, comme ils sont de connivence avec les usurpateurs professionnels politiciens, tout le monde suit. . Mais que peut-on réellement tirer de Simone Weil ? Les individus beaucoup; mais la société ? je ne sais... et je ne me satisfais pas de me dire que la société est faite d'invidus, j'ai peur que non... la société est un gros animal, assez laid. . Quand je disais qu'elle est "folle", je fais allusion au côté utopiste de son inspiration; certes, comme elle, en même temps, extrêmement réaliste, il y a un fort paradoxe. . Le problème demeure: simone weil rêve d'une humanité idéale, d'une humanité saine et sainte; or l'humanité, ce n'est pas cela... . jpylg

Le passage ci-dessous extrait de la biographie de Simone Weil par Gabrielle Fiori, "SW, Une femme absolu (de la page 75 à la page 83" me semble avoir un rapport avec un autre fil où il est question de la connaissance et de la vérité, les limites de la raison, comme moyen de connaissance et la possibilité de l'expérience mystique d'aller au-delà des limites de la raison (lire notamment le msg que j'ai placé dans ce fil le 28 juin à 19h15 ) . http://www.mediapart.fr/club/blog/renarblanc/210609/propos-des-concepts-de-%C2%A0verite%C2%A0-et-de-%C2%A0connaissance%C2%A0 . " A Pâques 1938 (le 17 avril), Simone décide de suivre les rites de la semaine sainte à l'abbaye de Saint-Pierre à Solesmes, réputée pour la beauté de son chant grégorien. Ce sont dix jours qui marquent un tournant dans sa vie. La recherche du sens des choses qu'elle avait poursuivie au travers des circonstances exemplaires de l'époque, au carrefour individu-société, en horizontale, s'éclaire par l'intérieur, au « hasard d'une renconte le Christ, qui est est un contact réel » et imprévu « de personne à personne, ici-bas, entre un être humain et Dieu" (6) C'est là, dans la pénombre de l'église, au milieu de ses « maux de tête intenses » où chaque son lui faisait mal « comme un coup" ,qu'elle a pu, par un « extrême effort d'attention», sortir de cette "miserable chair » et trouver « une joie pure et parfaite dans la joie inouïe du chant et des paroles». (...) C'est depuis cet instant que commence son apprentissage conscient de la lecture audelà de la raison, audelà de l'intelligence discursive. Le contact entre « l'infiniment petit » au centre de son être et le transcendant a eu lieu. « Le nom de Dieu et celui du Christ» commencent à se mêler «de plus en plus irrésistiblement » à ses pensées. Elle commence à absorber la lumière la lecture de textes religieux qu'elle pratique intensement à côté des textes historiques et poétiques (...) Ce contact avec le mystère, l'essence sacrée de la vie, des événements, des êtres, nous fait reconnaître en Simone Well justement un de ces déchiffreurs du monde dont on a parlé plus haut: les mystiques (...) Après ce tournant qui, à mon avis, ne peut pas être défini comme une conversion mais plutôt un approfondissement du chemin pris depuis l'adolescence, Simone intègre à sa pensée philosophique et sociale, à son travail manuel et à ses projets et réalisations de collaboration pratique au monde (tout se tient chez elle) un ingrédient nouveau de transformation substantielle: « la part du surnaturel" (...) Elle part de la sensation. C'est notre point d'appui sur la réalité. « En un sens », nous ne pouvons jamais « penser * que des sensations, mais elles ne naissent pas dans notre esprit. « Nous lisons à travers elles » : ce que nous lisons n'est ni casuel « à notre gré » ni totalement indépendant de nous" (12) . Nous devenons alors conscients « qu'il y a un mystère dans la lecture, un mystère dont la contemplation peut aider, sans doute, non à expliquer, mais à saisir d'autres mystères dans la vie des hommes" (13). En même temps, nous nous percevons comme présents, de cette présence qui est audelà de notre moi intelligent et actif et qui, à la fois, l'englobe. C'est la présence qui ressort à la lumière du contact avec le transcendant, dont on a « l'expérience ». «Cela semble contradictoire, et pourtant le transcendant ne peut être connu que par le contact, puisque nos facultés ne peuvent le fabriquer" (14 ) C'est cette expérience qui, telle une pierre de touche, nous révèle les qualités et les rôles respectifs de l'intelligence et de l'amour dans la lecture. . Simone Weil distingue l'intelligence discursive, cette « partie de nous qui affirme et nie, qui pose des opinions" (15), celle qui « a besoin d'une liberté complète, y compris celle de nier Dieu », de « l'amour surnaturel » qui « constitue une appréhension de la réalité plus pleine que l'intelligence ». Ce qui est connu par le moyen de l'intelligence ellemême, « dans l'âme où l'amour surnaturel existe" (16) . Cette âme, la nôtre, peut savoir désormais que ce que l'intelligence n'appréhende pas est "plus réel » que ce qu'elle appréhende. C'est la manière de penser qui change, mais pour que ce changement ne soit pas illusoire, il faut un travail. « Le monde est un texte à plusieurs significations, et l'on passe d'une signification à une autre par un travail. Un travail où le corps a toujours part, comme lorsqu'on apprend l'alphabet d'une langue étrangère, cet alphabet doit rentrer dans la main à force de tracer les lettres » (17) II y faut un apprentissage. (...) " .... .... . Note 6 : Attente de Dieu, page 45 Note 12: Cahier I, page 132 Note 13 : Essai sur la notion de lecture, paru dans la Revue philosophique 1946, pge 13 Note 14 : Cahier II, page 135 Note 15 : Cahier II, page 130 Note 16 : Cahier II, poage 134-135 Note 17 : Cahier I page 132

 

Puisque le moteur de recherche de Mediapart semble fonctionner, je vous propose un retour d'esprit comme je les aime...

Comme dit Pierre : "C'est bon de revenir à la Simone, hein?"

Oui

 

.

Oui, pet de nonne ; la dernière contribution à ce fil remontait à plus d'un an; mais comme disait un titre de film, il y a longtemps, le ciel peut attendre...

.

Que voulez-vous nous dire sur la Simone ?

.

jpylg

Oui. Toujours d'actualité.

Quoi !? Une philosophe qui ose s'emparer du mot "Dieu" ? Que les mules du pape me broutent !

(ceci écrit, sans importance, pour marquer la page et y revenir.

Marquer aussi "le déroulé du rouleau". )

 

"retour d'esprit", oui, Pet de Nonne.

.

J'admire beaucoup Simone Weil, surtout pour ses prises de position politiques; je connais plutôt mal sa philosophie et sa philosophie religieuse, notamment, alors que j'aimerais, je devrais, la connaître.

.

Je crois que l'étonnant n'est pas qu'une philosophe s'empare de Dieu, selon la formule de Pierre; beaucoup de philosophes s'emparent de Dieu.

.

Ce qui est important, c'est le dialogue qu'elle a avec l'Institution Eglise, via un ecclésiastique dont je n'ai plus le nom en tête. Et surtout les questions qu'elles lui posent, auxquelles il est incapable de répondre.

.

Je crois même qu'elle soumet un éventuel baptême à la réponse à ces questions; elle ne les obtient pas. Ce n'est pas très difficile de retrouver cela, mais cela demande du temps.

.

Quelqu'un aurait-il ces éléments biographiques (et théoriques) sous la main ?

.

jpylg

Et puis là aussi.

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