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May

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L'opinion publique est formatée (3)

Grâce à l'aide éclairée de Armel Le Bail, qui a fait exploser l'audimat, je déclare ouverte la troisième série de notre feuilleton :
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L'OPINION PUBLIQUE EST FORMATEE.
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jpylg

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Je me suis tenu à carreau sur ces passionnants fils, mais je voulais réagir au commentaire de Fantie B (le 9/12), notamment la conclusion: "M'appuyant sur cette distinction je dirais que le négationnisme, en tant qu'il commence par imiter la démarche scientifique en y laisser de grands trous béants, combat la démarche scientifique, et est un affirmationisme. Conduisant à un formatage pire que les idéologies ou croyances, car il discrédite la démarche scientifique en ne la menant pas à son terme." Oui. Le problème est de déterminer quand s'arrête la démarche scientifique et quand commence l'imitation, ou l'affirmationisme. C'est un gros problème car il faut être expert pour voir cette bifurcation s'opérer, et ceux qui ne sont pas expert dépendent de la capacité d'observation, de l'éthique et, souvent, du courage d'autrui pour découvrir le moment ou on est passé d'une science légitime au scientisme (qui pour moi est synonyme d'affirmationisme en science, et beaucoup plus facile à écrire). Et c'est selon l'endroit ou l'on place cet événement, avant lequel tout est probablement vrai et après lequel tout est probablement faux, qui détermine une prise de position. Je dirais donc que dans une discussion un peu polémique, il serait intéressant de poser la question: à quel moment situez-vous la bifurcation entre l'approche scientifique, et le scientisme que vous dénoncez?".

Je ne sais pas à quoi vous faites allusion en disant "Grâce à l'aide éclairée de Armel Le Bail, qui a fait exploser l'audimat," ; éclairez-moi ! Merci à vous.

@ Marielle Billy . Cela n'a strictement aucun intérêt. Si vous y tenez absolument, jetez un coup d'oeil aux derniers messages de la "série" (formatage - 2), ainsi qu'à une querelle qu'il me cherchait, dans le même fil, au début de novembre. . Ce type est exaspéré par mes propos depuis le début du club de Médiapart. S'il savait pourquoi, il pourrait le dire et nous pourrions en discuter. Car il pourrait y avoir des raisons en rapport avec les sujets traités. Mais il n'en sait rien et, sorti de la cristollagrophie, il a 12 ans d'âge mental. Je n'ai aucune vocation à lui faire prendre conscience de ses "hang-up". (Ni le temps pour ça). . Aucun intérêt. . jpylg

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Ce néo-pharisaïsme – « voyez comme je suis fidèle et impitoyable avec les impies » – témoigne de la nostalgie, toujours à l’œuvre, d’une vérité révélée, unique, incontestable. Semblable zèle porte un nom : l’intolérance. Robert Ménard, dans le fil "Vérité unique" Robert Ménard, fondateur de Reporter Sans Frontières, a initié un fil le 12 décembre, c'est-à-dire hier, intitulé "Vérité unique". Je pense que toutes les remarques qu'il fait, sont très justes en elles-mêmes, et tout particulièrement sa conclusion qui est de dénoncer le retour de l'intolérance (même si je pense inadapté le terme de "néo-pharisaïsme", car c'est se référer au pharisaïsme tel qu'il est faussement présenté dans les 4 évangiles et qui donna lui-même naissance à plus d'un millénaire et demi d'intolérance. Je pense , en revanche, que le titre choisi, et la théorie sous-jacente qu'il traduit est fausse. "Vérité unique". C'est absolument équivalent à "Pensée unique". . Dans les premiers articles de cette série sur le formatage de l'opinion, j'ai déjà eu l'occasion de dire que la pensée en France n'est pas unique; il y a une certaine diversité, non négligeable, dans l'expression de la pensée. De même qu'il y a un certain nombre de vérités qui sont dites, pouvant même parfois être, entre elles, contradictoires. En revanche, il y a des pensées et il y a des vérités dont l'expression est, sinon interdite, du moins à un tel point marginalisée, que le résultat est le même : elle ne parvient pas à toucher l'opinion. Ce sont les pensées, les vérités, les théories, je l'ai déjà dit, qui n'ont ni le droit de cité, ni le droit d'être citées. Qu'elles soient justes ou fausses est une autre question: elles n'ont pas le droit à l'existence (sauf clandestine). . Cependant que des théories, pour reprendre l'expression du socioloque Raymond Boudon, "fausses, douteuses ou fragiles", continuent, elles, à prospérer et bénéficier,- puisque l'on ne peut s'y opposer, d'un statut inattaquable -. Ce qui, dit Raymond Boudon, les rend indestructibles. Elles tirent uniquement leur indestructibilité, en fait, de l'empêchement qu'ont les opinions contraires de s'exprimer. . J'ajouterai un mot: les considérations que fait Robert Ménard tournent surtout autour du domaine moral. Autant que conclure sur le danger du retour de l'intolérance, il aurait pu le faire sur le danger du retour de l'ordre moral. Et c'est parfaitement vrai que la bien-pensance morale se nourrit du formatage systématique de l'opinion. Mais il n'y a pas que l'ordre moral qui s'appuie sur la bienpensance. L'ordre politique s'appuie aussi sur la bienpensance. Il y a aussi une bienpensance politique. Cette bienpensance politique n'a d'autre force que celle - en réalité toute puissante - du formatage. . J'espère que Robert Ménard ne fera pas comme les prestigieux "invités de Médiapart" qui, une fois qu'ils ont délivré, urbi et orbi, leur opinion s'avèrent avoir d'autres chats à fouetter et ne prennent jamais la peine de répondre aux réflexions qu'ils ont suscitées. . jpylg

Mais justement, vous faites ça couramment cher monsieur... 3 lignes par ci ou par là, un soupçon, un zeste de critique sous entendue et puis vous disparaissez... Et ça n'est pas très élégant, ce formatage.

kairos Le "formatage" n'est-ce pas une notion un peu "fourre-tout" (comme il en allait de "l'aliénation" dans les années 70?)? Notre entendement, avec les catégories kantiennes, n'y est-il pas, en toute rigueur, intégralement soumis? Ou voulez-vous parler de "l'horizon indépassable" à l'intérieur de laquelle toute génération pense et se pense? Ou le conditionnement "idéologique" par l'information qui se diffuse d'un média l'autre? Mais vous-même? comment échappez-vous à pareille emprise? Et si vous en étiez, de ce formatage tout puissant, la ruse suprême?

Qu'est-ce que le formatage ? Selon moi, le formatage est un terme qui renvoie à un processus purement formel et qui concerne des objets inanimés. On formate une disquette pour pouvoir y enregistrer des données, on formate un article pour le rendre publiable dans une revue en l'adaptant à ses critères. Que pourrait être une pensée formatée? Une pensée qui se coulerait dans une forme lexicale, syntaxique, sémantique, pragmatique convenue ? Mais n'est-ce pas nécessaire ? Sans ce respect d'une forme de code partagé, nous ne serions pas intelligibles. Cependant, les formes qui nous sont ouvertes sont très diverses, car nous pouvons nous exprimer de multiples façons: poétique, scientifique, littéraire... De ce fait, les modes d'expression de la pensée sont très riches. Pour ce qui concerne non la forme mais le fond, que pourrait signifier une pensée formatée ? Une pensée se déploie dans un univers dialectique de prescrits, de possibles, de virtuels, de proscrits. C'est bien parce que le système est mouvant, flexible, traversé par des relations de pouvoir et éminemment contradictoire, que nous pouvons non seulement penser, mais penser ce qui fonde notre pensée.

kairos Il y a aussi la question: qui formate? Quelqu'un de non-formaté, sinon le pourrait-il? Mais d'où sort cet être miraculeux? par quelle grâce échappe-t-il au grand matraquage? Que la pensée ait des limites signifie-t-elle qu'elle ne puisse en sortir?

@Art Reprenant l'exemple informatique, le formatage se situe à deux niveau: le premier niveau "système", qui définit par exemple le nombre de "bits" que contient chaque "mot", 8, 16, 32, 64,etc... C'est ce niveau qui fait la différence entre un langage structuré et du charabia. Le second niveau, disons "applicatif", implique que pour être lisible par une application (ou un courant de pensée, une culture...) l'expression doit intégrer à un certain nombre d'éléments spécifiques, dans un ordre spécifique, disons un référentiel spécifique. Ma compréhension de ce que JPY appelle formatage porte essentiellement sur ce second niveau, même si le premier niveau reste primordial dès que l'on passe d'une langue à l'autre. Dans ce second niveau, une expression parfaitement compréhensible selon le premier niveau (linguistique) n'est pas recevable au second car le référentiel n'est pas bon. En extrapolant un petit peu, plus le référentiel d'un groupe est large plus il sera ouvert et capable d'intégrer différents points de vue, plus le référentiel est étroit plus le groupe sera replié sur lui-même et ses propres certitudes.

@ Vincent, J'ai travaillé sur ces notions à propos de la folie, pour comprendre ce qui distingue une pensée "acceptée" (même dans les marges des marges) et une pensée "folle". Parfois, la forme langagière est conforme, mais ce que vous appelez le référentiel (le monde de croyances) n'est absolument pas intégrable dans le système symbolique de la société où vit la personne. Cette personne est rejetée et souvent taxée de folie. Quand en plus la forme langagière n'est pas intelligible (certains textes d'art dit "brut"), la personne est disqualifiée dès le premier niveau. Parfois, en se déplaçant d'un système symbolique à un autre, certaines personnes qui sont borderline peuvent retrouver des zones de partage et trouver à situer leur pensée dans des petites ouvertures symboliques. Enfin, pour rebondir sur votre dernière phrase, je rappelle que les travaux d'ethnopsychiatrie montrent que certains systèmes sociaux ont des références symboliques beaucoup plus ouvertes que d'autres et admettent donc davantage "l'étrangeté".

A Vincent : Je comprends le mot un peu comme vous. A Art : ce que je crois c'est que Jean Paul Yves veut traquer les effets de diverses idéologies. Enfin, je ne peux tout de même pas parler à sa place ! Pensez-vous que le système de pensée "dominant" à tel ou tel moment historique soit si mouvant que cela ? Moi, j'ai des doutes. Il me semble que la critique argumentée et nuancée d'une idée dominante n'est pas si facile à faire entendre. Ce que j'appelle "idéologie", c'est une sorte d'allant de soi qui semble s'imposer à tous sans analyse critique possible. Maintenant, il faut sans doute se méfier à son tour de ses propres "allant de soi". Un exemple qui, de mon point de vue bien modeste, illustre le "formatage" ou la "fabrique de l'opinion", comme on peut dire aussi : le mot "démocratie". C'est parce qu'on le voit fonctionner comme un mot-valise, que j'aurais tendance à dire qu'il véhicule du "formatage", de l'idéologie, de la fabrication implicite d'opinion. Un autre : les positions morales tonitruantes de M. Ménard sont à mes yeux à la fois courageuses sans doute, mais pétries d'idéologie non dite. Un autre exemple : le discours sur l'école, le rabâchage de l'égalité des chances depuis 30 ans, c'est aussi de cet ordre. Je tiens sous mon clavier un papier là dessus, mais il me faut du temps, et j'en manque ! Cordialement Marielle B.

Chère Marielle, . Mais il n'y a pas qu'un système dominant: il y a des systèmes "minoritaires" qui se développent dans les marges, dans les trous, dans les contradictions. La pensée straight (faite par et pour l'homme, blanc, chrétien, hétérosexuel, bourgeois) n'est pas la seule pensée que nous ayons en partage. Nous avons engrangé des foultitudes d'analyses depuis des millénaires sur la façon dont fonctionne le monde, aidés probablement par une forme d'élévation éthique, morale, transcendantale. Ces analyses, productrices de combats politiques et s'en nourrissant, ont permis l'émergence de nouveaux concepts. . "Tous les êtres humains sont libres et égaux en droit" , "Liberté, égalité, fraternité" n'auraient pu être formulés sans ces combats sociaux, idéologiques, moraux et transcendantaux. Dès lors que ces formules ont émergé, les êtres humains exploités, dominés, ont pu s'y adosser et formuler leur exigence d'être "des hommes comme les autres". . Aujourd'hui nous sommes un peu perdus parce que certaines analyses politiques battent de l'aile, parce que des notions sont récupérées et détournées de leur sens (technique Guaino), parce que nous confrontons les discours aux actes (exemple de l'égalité des enfants devant l'école: une vaste fumisterie!). Nous ne voulons plus que les slogans politiques servent de cache-misère à la réalité, avec des mots-valises complètement creux. Nous en sommes donc à débusquer l'immobilisme (voire la régression) caché derrière la prétendue "réforme". . Je suis évidemment d'accord avec vous sur le fait que la critique argumentée et nuancée d'une idée dominante n'est pas si facile à faire entendre et qu'il faut sans doute se méfier à son tour de ses propres "allant de soi.

Art, d'accord avec vous, il n'y a pas "un" système dominant bien réglé, bien identifiable, il y a plutôt, dirais-je, un "air du temps" dominant. Je repense à un exemple lointain : le sort de la littérature baroque au XVIIème en France, certes elle fut vigoureuse mais pour autant ce qui écrasa tout le reste, ce fut la forme classique (voir aussi en architecture). Et cet exemple qui paraît littéraire porte aussi en lui même des idées philosophiques, des "visions du monde", un rapport au monde, au "vrai", à la mort, ...et les tenants du baroque n'ont pas pu résister, ils sont passés dans "l'underground" ! Cordial salut Marielle B. PS : ne pourrait-on pas dire cela de notre époque (avec un moderato ces derniers mois !) à propos par exemple de la notion de classes sociales ? et pire, de lutte des classes ? Il était devenu grotesque, voire indécent d'y faire allusion, vous passiez pour un affreux je-ne-sais-quoi. Ce qui ne veut pas dire dans ma bouche qu'il faille reprendre telle quelle cette notion, mais au moins il faut la repenser, non la refouler. C'est ce fonctionnement là que j'ai baptisé un peu vite, système dominant.

kairos Ce que vous dites sur "la lutte des classes" est très intéressant... Il s'agissait d'une notion assez généralement admise au 19eme siècle et notamment par un pensuer libéral comme Guizot... Le problème, c'est que Marx en a fait "le moteur" de l'histoire, ce qui, de l'avis des spécialistes, extrêment discutable et discuté, mais, plus grave, donnerait une justification, pour ne pas dire une sanctification, à la violence sociale, qu'aucune société ne peut longtemps admettre sans verser dans le pire... Il en résulterait qu'aujourd'hui la Gauche use du concept avec une pudeur que n'a pas la Droite: celle-ci a clairement conscience que les intérêts de classe s'opposent et qu'il vaut mieux ne jamais oublier les siens...

Oui Kairos, l'enjeu c'est peut être de "penser" cette opposition des classes sans la réduire à une "sanctification" de la violence. Et comme vous le dites, les dominants eux, connaissent leurs intérêts et je rajouterai : recourent à une violence qui ne dit pas son nom. Merci à vous.

Chers Marielle et Kairos, La notion de lutte des classes est effectivement devenue un peu "tabou" dans certaines franges de gauche. Elle est assimilée non seulement à une idée de violence, mais également à un rêve de "grand soir" et de "révolution", c'est-à-dire de modification profonde de la structure sociale. Or, les "révolutions marxistes" dont nous avons eu des exemples concrets nous ont laissé pour le moins un goût amer. Aujourd'hui, nous sommes donc un peu perplexes sur le futur possible de sociétés moins inégalitaires (je reste modeste). Pour dire le vrai, quand je réfléchis sur ces futurs possibles, complètement hors de l'économie de marché, je ressens une impression d'utopie et d'irréalité. Je sais qu'il faudrait penser les fondamentaux de la lutte politique, comme tente de le faire Thierry Ternisien avec Hannah Arendt, mais j'ai la triste impression que cela va rester une riche réflexion, sans accrochage politique réel. Et que mon temps de vie sera fini avant que tout cela ne puisse être formulé. Suis-je la seule à ressentir cela ?

1) Je comprends très mal les remarques d'Alain Gillis et pour ce que j'en comprends, elles ne me plaisent pas; j'entends, à tort ou à raison, je ne sais quelles accusations et quand on m'accuse, avant même de savoir de quoi, je veux savoir à quel titre on m'accuse. . 2) @ kairos : des trois exemples que vous donnez de ce que serait le "formatage", c'est plutôt au "troisième type" que je pense; mais on a déjà parlé longuement de définir le formatage, dans les séries précédentes. J'ai proposé plusieurs définitions dont la principale était totalement subjective, sans aucune prétention scientifique et qui était : "le résultat de la relation entre le club de la parole et l'océan de l'écoute"; mais il fallait encore définir club de la parole et océan de l'écoute. (J'ai parlé également des "validateurs de formatage"). Ensuite, je suis revenu à des définitions plus classiques, comme "standardisation" et "normalisation". J'ai répondu aussi à une question telle que "et vous, qu'avez-vous à dire de votre formatage ? " (qui m'a déjà été posée) que, de toutes les façons, il était exclus de ne pas être, peu ou prou, formaté, à moins d'être, comme le signale Art Monika, fou. Quant à la "ruse suprême" du formatage, cher Kairos, cette notion de ruse suprême m'intéresse beaucoup. Le formatage est toujours l'objet d'attaque, notamment par les artistes (pas seulement, mais...) et je crois qu'une forme de défense du système est de porter au pinacle les auteurs des attaques les plus dangereuses, mais, en même temps, c'est ainsi que le formatage évolue; car, paradoxalement, alors qu'il est fixe par nature et fait pour fixer, il évolue. (La plupart du temps extrêmement lentement; exceptionnellement très brutalement). . 3) @ Art Monika : d'ailleurs, cette notion d'évolution est contenue dans les remarques d'Art Monika (message de 15h57); même réponse au second message de Kairos (17h54) . 4) @ Vincent Verschoore, il y a , en effet, non seulement des niveaux de formatage, mais des catégories de contenus formatés et des types de validateurs de formatage. Il y a nécessairement, un niveau qui englobe les autres, comme un ensemble qui contient d'autres ensembles. En cas contraire, c'est la folie dont parle Art Monika. Mais, personnellement, je limite ma recherche à cette catégorie déjà très vaste et très hétérogène qu'est "l'opinion publique". . 5)@ Marielle Billy : c'est tout-à-fait mes positions. Je souscris à chaque ligne : L'opinion formatée, c'est l'opinion qui va de soi; elle n'est pas pour autant fausse, mais, fort curieusement, elle n'a pas besoin non plus d'être vraie, il suffit qu'elle soit formatée comme vraie. Cependant que des opinions "vraies" - je sais que cela ne se définit pas simplement - vont être rejetées, considérées comme fausses, voire absurdes, ou tout autre appréciation péjorative, simplement parce qu'elles ne sont pas formatées. . Merci à tous. . jpylg .

M. Billy . C'est cela le problème ! C'est indécent, grotesque, affreux, ou je ne sais quoi, de nourrir dans son esprit une opinion, un jugement, un avis non formatés. (Et surtout de les dire). . Dans un autre article que je viens de poster sur le fil intitulé "Révélation, le prochain scoop" de Ségolène, je fais quelques remarques sur l'abstention électorale, remarques qui relèvent absolument du formatage de l'opinion. . Je suis, personnellement, partisan de l'abstention et il me serait agréable de pouvoir le dire sans me faire traiter, comme c'est le cas en l'occurrence, de "lepéniste". . Donc, je signale, une fois de plus, que je ne publie pas ces propos, que je veux parfois provocants (donc, évidemment, inexacts, sans nuance) pour prêcher je ne sais quelle théorie, mais pour réfléchir, avec l'aide de ceux qui s'y prêtent, à ce problème de la fabrication de l'opinion. . De ce point de vue, ce qui m'intéresse n'est pas seulement les mille et une façons dont la société promeut l'opinion formatée, mais aussi les mille et une façons par lesquelles elle combat l'opinion non formatée. Le discrédit porté sur la personne de celui ou celle qui émet une opinion, un jugement, un avis non formatés est l'une de ces façons. . jpylg

. Je sais qu'il faudrait penser les fondamentaux de la lutte politique, comme tente de le faire Thierry Ternisien avec Hannah Arendt Art Monika. . J'aimerais qu'on m'explique un truc. Sans me dire d'apporter d'abord la preuve que j'ai lu les oeuvres complètes d'Hannah Arendt et que je les ai parfaitement comprises et mémorisés, - alors que je n'en ai lu que quatre ou cinq titres, il y a dix ans quand je l'avais au programme de la licence de philosophie - (argument qui m'avait été opposé, il y a quelques mois, quand j'avais voulu dire deux ou trois mots à son sujet); donc sans qu'on m'oppose cet argument-massue, j'aimerais bien qu'on m'explique en quoi Hannah Arendt pense les fondamentaux de la lutte politique" , plus que, par exemple Simone Weil, ou, au XIXème siècle, Louise Michel ? . Et, puisque c'est le sujet de ce fil, je me demande si exhalter, à un moment donné du temps, tel(le) auteur(e) et oublier tel(s) autre(s) n'est pas l'un des moyens privilégiés du formatage de l'opinion ? . jpylg

Ben oui, Jplg, je me le demande aussi, c'est pourquoi je m'obstine. Même si on n'a pas beaucoup lu un auteur, on peut néanmoins questionner les quelques textes qu'on lit, qu'on a lus, le tout étant de ne pas prétendre énoncer des vérités gravées dans le marbre. Mais ça c'est valable même pour un spécialiste. Questionner, questionner, il en restera toujours quelque chose.

. Un très bon exemple des effets produits par le formatage de l'opinion publique nous est fourni, en ce moment même par les abonnés de médiapart, en particulier ceux qui s'expriment dans deux fils récemment ouverts par Etoile66; le premier s'intitule : La France... une Démocratie pluraliste ou une monarchie républicaine ? et le second : Le CUMUL des mandats ronge la vie politique française - Appel à mediapart ! . Dans ces deux fils, Etoile66 fait valoir ses opinions concernant l'inégalité de la représentation des sensibilités politiques (et la cause, c'est-à-dire les systèmes électoraux), ainsi que sur le cumul des mandats. . De nombreux abonnés répondent; que ce soit dans un sens ou dans un autre. . Les deux thèmes sont formatés : ils peuvent être sujets de discussion. . J'interviens avec mes gros sabots, en disant que, il m'est bien égal que les sièges du Parlement soient inéquitablements répartis entre les mastodontes de la vie politique professionnelle et que quelques miettes viennent aux petites formations, puisque, pour commencer, du point de vue socio-professionnel, les soi-disants représentants du peuple ne représentent absolument pas le peuple, pas ou peu de commentaires sont faits. . Ce thème n'est pas formaté. . De la même façon, en juillet dernier dans deux fils, l'un intitulé "Philosophie politique et politique professionnelle", l'autre "Discipline et politique: le temps des nouveaux notables", j'avais signalé la ré-édition (confidentielle) du petit ouvrage de Simone Weil qui a pour titre "Note sur la suppression générale des partis", ce fut l'indifférence (malgré les citations que j'avais faites). . On peut discuter, par exemple sur "la haine de la Démocratie" de Jacques Rancière, ou "Après la démocratie" d'Emmanuel Todd et on peut dire ce qu'on veut: on est dans le formatage. . Avec Simone Weil, on est hors du formatage, exception faite de quelques milieux hyper-spécialisés. . Simone Weil n'est pas formatée, en tous cas en philosophie politique. (Car dans le domaine de la spiritualité, "La pesanteur et la Grâce" sera "incontournable") . Nous sommes exactement dans le cas où un ordinateur refuserait de lire un CD ou un DVD gravé dans un format qui serait hors de la norme ou une imprimante refuserait une feuille de papier qui au lieu de 21x27,9 mesurerait 21,9x28, 3 . jpylg . 245421weil.jpg .

. Une thèse non formatée n'a pas à être discutée pour la simple et bonne raison qu'elle n'a pas à être dite. . jpylg

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. Vous êtes trop bon de vous soucier pour moi. . Il ne s'agit pas de cela. . Ma thèse sera soutenue, si Dieu le veut, dans le premier semestre de 2010 et j'ai décidé de la faire très classique. . J'entends thèse au sens de "proposition ou opinion qu'on s'attache à défendre" (d'après mon dictionnaire de poche). . Exemple : . "En taule, les usurpateurs de démocratie! Rendez au peuple la fonction de représentant du peuple ! " . Effectivement, une telle thèse serait probablement difficile à soutenir dans n'importe quel "science po" de France, devant n'importe quel jury de politologues. Mais dans le club de Médiapart aussi. . jpylg

"Rendez au peuple la fonction de représentant du peuple ! " En quoi n'est-ce pas une pensée formatée par une idéologie ?

. Si vous voulez dire par là, chère Fantie, qu'on n'échappe pas au formatage, c'est un aspect de la question, d'ailleurs tout à fait essentiel, que nous avons déjà vu. En effet, toute pensée, toute opinion est formatée, sauf à être incohérente. . Quand j'utilise l'adjectif "formaté", sans plus de précision, cela veut dire au format courant, au format admis, au format légitimé, validé, etc... etc... . Donc, dans ce sens, oui : envoyer en taule nos 577 usurpateurs, je maintiens que c'est une opinion non formatée. Vous n'êtes pas d'accord ? . jpylg

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. Il faut remonter au temps lointain de mon absolue naïveté en politique pour que j'aie contribué à l'élection d'un de ces usurpateurs. . Je fais, au contraire, tout ce qui est en mon pouvoir, c'est-à-dire, fort peu de choses, pour que, sinon ils aillent en taule, ils rendent au peuple la fonction qu'ils usurpent. C'est pourquoi, en 2007, j'ai publié un court opuscule, fort excellent, qui s'intitule "Quatre propositions simples pour améliorer la démocratie grandement", dont j'ai coutume de dire que ces quatre en feraient beaucoup plus que les 100 avancées par Ségolène à la même époque ou les 78 (ou quelque chose comme çà) d'Edouard Balladur. . A l'usage des bretons dont vous êtes, cher Armel, j'ai agrémenté mon excellent petit ouvrage d'un excellent annexe sur le cumul des mandats parlementaires en région Bretagne. . On s'aperçoit que sur les 24 députés, deux seulement n'ont qu'un seul mandat; neuf ont deux mandats, douze ont trois mandats, deux ont autre mandats; sur les 13 sénateurs, quatre ont un seul mandat, neuf ont deux mandats, six ont trois mandats, deux ont quatre mandats. . Le calcul du cumul des mandats dans la durée, par conséquent, la longueur moyenne d'une carrière politique, m'a semblé trop difficile et je ne l'ai pas fait; mais, en procédant par sondage, on s'aperçoit bien que quand ces usurpateurs s'emparent d'un mandat électif, ils ne le rendent plus plus; c'est-à-dire, qu'ils ne le rendent plus au peuple: ils le rendent seulement (de mauvais gré) aux adversaires politiques, également politiciens professionnels, jusqu'à la prochaine alternance. . Je conseille également aux citoyens de prendre directement contact avec son député pour lui demander depuis combien de temps il siège, combien il a de mandats, lesquels, combien il gagnait en moyenne dans les cinq dernières années qui précédèrent leur élection, combien ils gagnent en moyenne depuis. . Ce que vous pouvez faire, cher Armel. . Merci encore pour cette aide indéfectible que vous manifestez dans ma croisade contre le formatage de l'opinion publique. Je me demande bien comment je ferais sans vous. . jpylg

. En quoi n'est-ce pas une pensée formatée par une idéologie ? Fantie B . Au message d'hier 28/12/08 à 23h34 de Fantie B., je me rends compte que j'ai répondu sur le concept de "formatage", mais non sur celui "d'idéologie". . Même si les deux concepts sont proches, il faut distinguer: la réponse est un peu la même : c'est que l'on ne peut s'en passer. On ne se passe pas de formatage, on ne se passe pas d'idéologie. . L'idéologie qui est la mienne et qui préside au formatage de ma pensée est une idéologie de la rébellion. Je la revendique. Je ne l'ai jamais cachée. Au contraire: je suis un rebelle. . L'idéologie que j'attaque est l'idéologie de la soumission/domination. Ceux qui la pratiquent la cachent. Ils en ont honte. Ils se la cachent même à leurs propres yeux. . jpylg

Malgré mes 12 ans d'âge mental (ou à cause de ?), j'adhère tout à fait aux positions de JPY, anti soumission/domination. Ni dieu ni maître. Ne pas se laisser dominer et ne pas dominer. Au fond c'est simplement réellement respecter strictement ces trois mots à la lettre "liberté, égalité, fraternité." Cela dit, JPY est un don Quichotte des temps modernes. Espérer que les élus du peuple se comportent comme ils devraient se comporter est manifestement trop demander : ce sont des humains avides de pouvoir, puisqu'ils se présentent aux élections. Leurs intentions ne sont pas de servir mais de se servir, en général. C'est flagrant. En 2560, lorsque les idées de JPY auront triomphé, sa dépouille mortelle sera transportée aux Invalides sous les acclamations du peuple reconnaissant. Naturellement, les Invalides seront préalablement vidés de tous ces affreux imposteurs dominants. . Invalides.jpg

. Que serait ce fil sans votre humour, mon cher Armel ? . Toutefois, n'oubliez pas que dans la précédement série "L''opinion publique est formatée (2)", vous avez déjà beaucoup donné. . N'oubliez surtout pas que d'autres ont dépassé votre âge mental et font fonctionner leurs cellules grises sur autre chose que la cristallographie: par exemple, les mécanismes du formatage de l'opinion. . Ce serait sympa de votre part d'en rester là. Personne ne doute que vous ayez encore des photos dans vos albums. Bien évidemment, on passera à "L''opinion publique est formatée (4)" un peu plus tard, mais nous avons tout notre temps. . jpylg

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J'ai compris vos explications, cher JPY. Elles m'amènenent à une autre question, (sous entendue par la première) comment, dans votre rébellion, envisagez vous la prise de décision collective ?

. Il faudrait de longues discussions, d'abord pour que je sois bien sûr de comprendre exactement votre question, puis pour que j'y réponde... . Mais de toutes façons, la réponse passerait probablement par le recours à la relativité... . De toutes façons, ma rébellion est très relative : je ne suis pas un a-social, je ne suis pas un délinquant, il y a tout un tas de règles que je suis même si je les conteste verbalement. . Il faut des cas extrêmes pour que la rébellion soit absolue. La vie ordinaire est faite de tout un tas d'arrangements, d'accommodements, de négociations, de compromissions; j'irais même jusqu'à dire que la soumission des uns est souvent indispensable pour la rébellion des autres; j'irais jusqu'à dire que, sauf cas extrêmes, la rébellion est un luxe. . jpylg

Cher JPY, Si la rébellion était un luxe, donc par définition accessible seulement au Happy Few qui en ont à priori le moins besoin, je doute qu'elle soit à ce point la hantise d'un pouvoir centralisé comme celui installé en France. La rébellion est une nécessité vitale, que chacun met en œuvre selon ses possibilités et contraintes certes, mais je donnerais comme définition d'un peuple domestiqué (au sens péjoratif du terme) celui qui considère la rébellion comme un luxe qu'il ne peut pas se permettre. Le pouvoir se protège de la rébellion en remplaçant les notions de Valeurs par des notions de Droit. La rébellion par rapport à des valeurs que l'on ne partage pas relève du politique, transformez ces mêmes valeurs en Lois et la même rébellion relèvera de l'illégalité, nettement plus simple à réprimer.

. Cher Vincent, . Je ne retire pas ce que j'ai dit, mais vos remarques sont néanmoins très justes. . jpylg

@ Jean Paul Yves Françoise Giroud a écrit quelque part : "conforme-toi aux habitudes de la tribu (pour ne pas gaspiller ton énergie) sauf pour ce qui est de ta vocation". Je ne peux pas donner la référence. Je cite seulement de mémoire car c'est resté gravé dans le marbre de mes structures mentales. Cela dit, si quelqu'un a la vocation de remettre en cause les habitudes de la tribu, m'est avis qu'il faut avoir l'énergie d'Atlas. Cependant, un petit Atlas bien déterminé, mais limitant son action au périmètre d'un mouchoir de poche ou même d'un drap, pourquoi pas. Je n'avais jamais lu et encore moins utilisé le mot cristallographie. J'ai donc vérifié dans mon petit Larousse illustré maculé de mes traces de doigt. Du coup, cela me fait penser à l'œuvre du professeur Davidovits (1) qui a copernicisé (2) la compréhension du déplacement de super gros blocs de calcaire pour la construction de certaines pyramides d'Egypte. Il a été à deux doigts de se faire lyncher par des membres de la communauté des Égyptologues ayant pignon sur rue. Il me semble me rappeler qu'il estime qu'il faut attendre qu'une nouvelle génération arrive avec des structures mentales encore souples pour que sa thèse soit à son tour formatée. (1) http://www.geopolymer.org/fr/archeologie/pyramides/les-pyramides-sont-elles-faites-en-beton-1 (2) autre copernication (qui reste à être confirmée), due à la réflexion de ma pomme : http://www.mediapart.fr/club/blog/miradou/281208/toujours-vierge

. Pour l'opinion publique formatée, c'est évident que les fêtes se terminent. . Pour les déformatés, les choses se présentent différemment. . L'an 09 sera toujours l'an neuf. . Que la fête commence ! . Meilleurs voeux à tous. . jpylg

. Chère Marielle, Vos remarques dans le fil intitulé Pourquoi les membres de notre club participatif n'en ont-ils rien à foutre de l'Angolagate ? (message du 06-01-09 - 05h57) m'incitent à vous répondre plutôt ici, puisqu'il s'agit du formatage de l'opinion.. . Je suis à l'heure des aveux et je dois donc reconnaître, à ma grande honte, que je ne connaissais pas Michela Marzano, mais les quelques titres d'elle que j'ai aperçus ("soyez libres, c'est un ordre", "extention du domaine de la manipulation", "je consens, donc je suis") devraient me pousser à réparer cette lacune; cette lacune n'est malheureusement pas la seule: je n'ai pas lu non plus le bouquin de Noam Chomsky sur la propagande et, ce qui est pire, c'est que je n'ai pas lu le livre dont je vais vous parler tout de suite, c'est-à-dire "Les lois de l'imitation " de Gustave Tarde, écrit en 1890, republié en 2001. . La question que vous posez dans votre message, en plus de vos réflexions, a déjà reçu certains éléments de réponse (comme on dit), dans les échanges précédents; mais l'enquête se poursuit. Les travaux de Michela Marzano sont certainement de nature à donner du grain à moudre, de même que ce livre de GustaveTarde, ce dont vous vous convaincrez en allant voir l'article qui lui est consacré sur le site de la revue "Sciences humaines" (adresse : http://www.scienceshumaines.com/gabriel-tarde--1843-1904----les-lois-de-l-imitation_fr_21353.html) et dont je reproduis quelques lignes ci-dessous pour les gens pressés. . J'ajouterai comme commentaire personnel que, de même que la religion catholique nous dit que la plus grand ruse du diable est de faire croire qu'il n'existe pas, la plus grande ruse du formatage, ou de la manipulation, c'est de se faire accepter, je dirai même se faire désirer : les gens croient être libres, alors même qu'ils se font diriger : le besoin d'un chef, le besoin d'une identité unitaire, le besoin d'être imité par les autres autant que d'imiter les autres, voilà les processus mis en oeuvre. Il est essentiel de voir que ce sont les mêmes mécanismes qui sont à l'oeuvre dans la vie individuelle, dans le cercle de famille, dans la vie professionnelle, dans l'ensemble de la société. . En somme, ce sont des lois d'inclusion qui fonctionnent en en mettant d'autres en oeuvre, donc les lois de l'imitation dont parle Gustave Tarde. Il ne faut pas non plus oublier tout l'apport de Gustave Lebon sur la psychologie des foules. . C'est aussi, pourquoi, quand je lis sur Médiapart, comme c'est arrivé, tel ou tel article, vantant l'originalité, voire la profondeur d'un livre, tel que "Storytelling" de Christian Salmon, en oubliant de dire tout ce qui manque à cet ouvrage, à commencer par la connaissance de ses prédécesseurs, je me montre critique vis-à-vis de Médiapart et je dis que Christian Salmon et Médiapart font exactement la même chose : en prétendant nous informer, ils nous formatent l'opinion. Parce qu'ils sont eux-mêmes - tout christian salmon et médiapart qu'ils soient - totalement formatés. . En conclusion,les processus du formatage mettent en oeuvre des lois de l'inclusion qui, elles-mêmes, font appel à d'autres lois, l'imitation de G. Tarde, la reproduction de Bourdieu, et aussi, inévitablement des lois d'exclusion. C'est, en dernière analyse et pour revenir au sujet précédent, c'est-à-dire le billet d'Edwy Plenel sur Dieudonné. Ce n'est pas du tout que je le désapprouve, c'est qu'il m'a semblé manquer de profondeur et de nature à créer un consensus facile, par le recours à une espèce de bienpensance, du style : c'est vrai puisque Vidal-Naquet l'a dit, etc. . Mais si le billet d'Edwy Plenel, au lieu de faire de la "retape" avait fait de l'approfondissement, il aurait été moins lu et moins commenté. Il serait arrivé ce qui est arrivé à Fabrice Lhomme quand il nous a invités à lire le gros rapport du juge d'instruction, dans le procès de l'Angolagate. . Bien à vous. . jpylg ----- Extraits d'un article consacré par Sciences et vie aux "Lois de l'imitation" de Gustave Tarde - Mais que dit G. Tarde ? Considéré comme l’un des fondateurs de la psychologie sociale, il marque les sciences humaines de son temps. Il s’appuie sur la philosophie et la métaphysique pour construire une théorie de société. Contrairement à É. Durkheim, il choisit d’appréhender le social à partir de l’individu. La seule réalité sociale est pour lui l’existence de consciences individuelles liées les unes aux autres par les lois de l’imitation. Celle-ci agit comme une onde ou un courant magnétique, qui se propage d’individu en individu. G. Tarde voit là le principe fondamental du fait social. L’imitation est au cœur de toute vie sociale et explique aussi bien les relations humaines que l’histoire. Celle-ci n’est rien d’autre que le processus par lequel les individus inventent en s’imitant, d’une civilisation à l’autre. Dans L’Opinion et la Foule (1901), G. Tarde mobilise également sa théorie de l’imitation pour expliquer la naissance de l’opinion publique. Elle se forme par la cohésion mentale qui naît entre les lecteurs séparés. Cette cohésion, possible grâce à l’imitation, transforme une masse de lecteurs anonymes en public distinct. La presse a ainsi, aux yeux de G. Tarde, un rôle fondamental. Elle peut faire naître une opinion publique et devient donc garante du bon fonctionnement de la démocratie. Mais si cette théorie de l’imitation, fidèle à la mode de l’hypnose et du somnambulisme, a été un succès à l’époque de G. Tarde, elle n’a plus cours dans la sociologie d’aujourd’hui.

Merci cher Jean Paul Yves d'avoir pris ce temps pour répondre. Cette théorie de l'imitation est tout à fait éclairante, je ne connais pas ce G. Tarde, et mille autres choses. Je dois vous avouer que M. Marzano, je la connais par interview et non par lecture. Cette histoire de l'imitation parue en début de XXème siècle se met, pour moi, en lien avec la théorie freudienne, et en particulier celle de l'identification. C'est comme ça que des groupes se forment, comme par effet miroir. Et le groupe vient jouer le rôle du cocon protecteur, celui du lieu où on se sent moins seul car ressemblant à l'autre. (c'est ma façon d'extrapoler dans le commentaire). C'est un processus permanent comme vous le dites. La question, à partir de là, est multiple : * quelles "catégories" de pensée peuvent aider à discerner cette imitation (source du formatage rampant, non ?) ? je pense entre autre à la valeur du NON : sur quoi j'étaye ce non ? comment je n'en reste pas prisonnier (= savoir dire non, pour savoir dire oui) ? * existe-t-il quelques "principes" de base pour forger cette position de "résistance" au formatage (imitation) ? * comment déjouer sur soi cet effet-là (de l'imitation) ? comment à partir de là ne pas s'isoler et, faire avancer son point de vue ? * comment repérer les "imitations" à l'oeuvre dans la société, ou dans le groupe où on se trouve ? quelle serait cette position, un peu de "biais", pour repérer ces phénomènes ? etc... . Ce que vous dites de Salmon, par exemple, rejoint un phénomène observable sur lequel je fais une hypothèse : quelqu'un écrit un livre, et la réception du livre (forgée par sa médiatisation) lui donne l'aura du concept forgé (ex : story-telling). Il y a alors comme une cristallisation autour de la notion, et cette cristallisation l'embellit, l'ennoblit, en fait un "objet" de pensée novateur alors qu'il s'agit d'une simple contribution à une pensée qui court depuis des lustres ... On retrouve là une tendance contemporaine : vitesse (= se dépêcher de "produire" un objet éditorial monnayable) + simplification (= goût prononcé pour les "solutions" rapides et efficaces - j'utilise volontairement ce mot d' efficacité que les gens adorent employer pour tout justifier un tas de choses "c'est tellement pratique, tellement efficace, tellement commode ...") Amicalement.

. Ces réflexions sont totalement en phase avec les miennes. Vous savez que j'archive la plupart des messages de ces fils sur le formatage de l'opinion pour une éventuelle synthèse ultérieure. . Les questions, idem. Evidemment, je n'ai pas les réponses. Mais, a priori, concernant la résistance au formatage, j'aurais tendance à dire que le moyen, c'est l'art. Mais, il y en a d'autres, sans doute, la fantaisie, la liberté, sous toutes ses formes. Et, aussi, il faut le dire, l'étude. Ce qui nous ramène à la distinction très ancienne due à Platon entre "l'épistémè" (c'est-à-dire la science) et "la doxa" (qu'on traduit justement par l"opinion). . A propos de Tarde, je me suis trompé sur le prénom: c'est Gabriel (d'ailleurs, il a une particule qu'il a laissé tomber). Je me suis laissé entraîner par Gustave Lebon avec lequel il a sans doute plus de rapport qu'avec Freud. C'est le début de la sociologie. Il s'oppose, paraît-il, à Durkheim. Mais vous trouverez tout cela sur Internet. . jpylg

Dans un autre fil, intitulé "pourquoi les membres de notre club participatif n'en ont-ils rien à foutre de l'Angolagate ?", Marielle Billy demandait dans un message daté de 06/01/2009 05h:57 : "quels sont les facteurs de ce formatage ? " Elle aurait pu demander aussi : "quels sont les ACTEURS de ce formatage ?" . Le but que j'assignerais volontiers à ces messages sur le formatage de l'opinion publique, c'est de mener une réflexion collective sur cette question, mais précisément d'une manière déformatée. . Je veux dire par là que beaucoup de choses ont déjà été écrites, par d'éminents esprits, présentés sous forme de livres bien ficelés par des éditeurs ayant pignon sur rue. Ce n'est, certes pas inutile de les connaître et je devrais, d'ailleurs, les lire de plus près; mais j'émets cette réserve, savoir que cette approche risque, justement, d'être formatée. Cela ne nous empêche pas de la commenter librement; mais je préfère, a priori, une réflexion partant sur des bases inédites, au sens propre. . Donc, rappelant la précédente question "quels sont les facteurs...etc..." je répondrai qu'il y a des facteurs, il y a des acteurs, il y a des processus, il y a des mécanismes, il y a peut-être même des lois. Il s'agirait, dans ma proposition, de les trouver et non pas de se les laisser expliquer. . Je trouve que le club de médiapart est un endroit idéal pour une telle recherche. . Puis-je rappeler que déja bien des choses ont été dites, depuis le mois d'août 2008 sur ce sujet dans les trois fils, et qu'entre autres, j'ai proposé une définition déformatée du formatage ou si l'on l'on préfère une définition inhabituelle de l'opinion publique, en disant qu'il s'agit du résultat de l'interaction entre le club de la parole et l'océan de l'écoute. L'océan de l'écoute, ce sont les anonymes qui ne peuvent s'exprimer qu'en privé; le club de la parole, ce sont ceux qui, de par leur métier, ou leur statut, ou leur fonction, s'expriment plus ou moins régulièrement et avec un impact plus ou moins grand aux premiers. Je les ai appelés aussi des "validateurs de formatage". Ils peuvent être des spécialistes reconnus dans un domaine ou un autre, mais ils peuvent être aussi bien d'autres choses. Tout cela a déjà été dit. Voici un peu du nouveau : . Une nouvelle fois - et c'est en soi - une excellente chose, aujourd'hui, un spécialiste des problèmes de l'Education adresse, sur Médiapart, une lettre ouverte au ministre de l'Education, en compagnie duquel, en d'autres temps, il avait publié un livre. Fort bien. A l'heure où j'écris et cette lettre ouverte n'est sur le forum que depuis quelques heures, six personnes se sont adressées audit spécialiste. Il n'a encore pas répondu. Il répondra peut-être. Ce serait bien. Même s'il répond, cela n'empêchera pas que la règle quasi permanente, c'est que ce type d'intervenant ne répond pas. Ce qui, d'ailleurs, ne semble en rien gêner ceux qui apportent leurs commentaires ou leurs questions. Cela semble être une chose normale. Personnellement, cela me choque profondément. Je l'ai déjà dit. . Qu'importe ! La conclusion que je veux tirer, c'est que quand on est validateur de formatage, quand on appartient au club de la parole, on veut bien que l'océan de l'écoute s'adresse à vous, mais on ne veut pas répondre aux voix individuelles qui, ici ou là, émergent de l'océan. . Deuxième question, serait-ce que l'autorité du validateur de formatage, c'est-à-dire l'autorité du spécialiste (ou de la vedette) court un risque à "entrer en dialogue" ? . D'ailleurs, ce n'est pas sans rapport avec d'autres questions portant sur le fonctionnement du club lui-même ... pourquoi si peu de participation dans un média qui se présente essentiellement comme participatif ? . jpylg

Je n'ai pas encore lu cette lettre ouverte sur l'éducation, je vais essayer de la trouver. Mais je voulais juste glisser une remarque personnelle sur l'attitude que j'adopte souvent dans un débat : je me demande le plus vite possible en quoi je peux n'être pas d'accord, ou au moins ce que je peux questionner, même s'il n'y a aucune raison apparente pour moi à ce désaccord et aussi sans me lover dans une posture de contradiction systématique (ne pas confondre). Je me demande aussi ce qui fait que je peux être d'accord. J'ai hérité ça de mon prof de philo en terminale qui nous incitait à tout questionner, même et surtout les "évidences". Alors dans une forme d'audace intellectuelle très culottée, je me faisais un malin plaisir à examiner de cette façon (comme je pouvais) chaque affirmation entendue, chaque thèse lue. Cela m'a beaucoup aidée à travailler l'argumentation de mon point de vue (et à dépasser ma timidité !), je suis infiniment reconnaissante à ce professeur et je "pratique" cette posture le plus souvent possible. J'y invite mes élèves aussi. Cela rejoint ce que je disais plus haut je crois : dire non, pour pouvoir dire oui. Ce qui fait dire à des gens sur mon lieu de travail que je suis celle qui n'est jamais d'accord ! Bien sûr, j'essaie aussi d'être celle qui peut être d'accord, après examen, j'essaie comme je peux de construire aussi. Au fait, avez-vous lu "Le manuel d'autodéfense intellectuelle" de Normand Baillargeon ? C'est un large survol des outils fondamentaux que doit maîtriser tout penseur critique : le langage, la logique, la rhétorique, les nombres, les probabilités, la statistique, etc. ; ceux-ci sont ensuite appliqués à la justification des croyances dans trois domaines cruciaux . l'expérience personnelle, la science et les médias. J'ai entendu un exposé de ce Baillargeon et c'est vraiment tonifiant !

. @ marielle . J'ai pris bonne note de la référence "Baillargeon". Encore un truc à lire ! . Mais le sujet était plutôt la non-réaction du validateur de formatage ordinaire. Cela ne vous gêne pas de lui faire part de vos positions sans savoir s'il a même le temps d'en prendre connaissance et sachant qu'il ne répondra pas (probablement) celui de répondre ? . En quoi cela peut-il s'appeler un "débat". (réel et audacieux...). . Moi, j'y vois un refus du débat, une fuite; d'autant plus significative qu'elle a pour théâtre un lieu où, théoriquement, on prône la participation. . jpylg

Mais on verra bien si Merrieu répond ou pas ; il n'y avait que des commentaires laudatifs, j'ai placé un commentaire qui aborde un autre angle de vue... à suivre, donc !

. oui, oui, on suit... . D'autant plus qu'une grosse pointure vient d'arriver : claude lelièvre ! . jpylg

Ci-dessous, une copie d'un message que j'ai posté sur un autre fil, que je replace ici, en raison de son rapport avec le sujet de ce fil : . jpylg . Fil . L'UMP mise sur Internet et veut se transformer en Facebook de droite! par Gérard Desportes Effectivement, à lire de plus près l'article de Gérard Desportes, on ne trouvera pas, au premier niveau, que la démocratie puisse être en cause. La tenue des Etats Généraux de la presse est une menace pour la démocratie, cela, on l'aura beaucoup entendu. Mais qu'internet, qu'on l'appelle Web 2 ou pas, puisse être une promesse pour la démocratie, cela on ne l'entendra jamais. . On n'entendra pas non plus, d'ailleurs, qu'Internet puisse être une nouvelle menace sur la démocratie, éventuellement bien pire que les mesures concernant les médias classiques... On n'entendra tout simplement pas évoquer le rapport entre Internet - c'est-à-dire la capacité absolument nouvelle offerte à chaque citoyen de prendre la parole, de dire son avis sur tout, d'interpeller qui bon lui semble - et la démocratie. . Se rapportant au problème, il sera seulement question de ce que peut apporter le Web dans la politique . Qu'en termes prudents cela est-il dit. . Cela étant, il est clair, à la seconde lecture, que c'est un appel à la méfiance qui est lancé : l'information est farcie de jugements implicites négatifs : l'ump deviendrait un "petit Facebook de droite", c'est une initiative, une de plus de l'hyperprésident, qui veut tout contrôler, le groupe de travail est constitué d'un spécialiste de la communication, de deux publicitaires et d'un journaliste peu recommandable (ancien de Minute). Et que va-t-on faire ? Copier ce qui se fait outre-atlantique. . Si c'est ainsi qu'on perçoit la chose au PS, chez Ségolène, ou chez Martine, je comprends qu'on ne veuille pas suivre : Quoi ! Internet donnerait au citoyen de base une voix qui serait autre que la voix par laquelle il nous élit, nous les pros de la politique ! Que jamais cela n'advienne ! . Cela étant, je ne suis pas assez naïf pour croire qu'à droite on conçoive véritablement Internet comme la voix royale vers une démocratie enfin réalisée. Le choix de Facebook comme modèle par le groupe de travail de l'UMP est, en effet, hautement significatif. . Il est significatif des liens extrêmement étroits qui unissent la démocratie et la démagogie. Que démocratie et démagogie soient soeurs jumelles, c'est ce que tous les politiciens professionnels, avec l'appui unanime de tous les politologues, s'évertuent, depuis toujours à cacher, surtout depuis le temps où ils ont compris quel bénéfice cela pouvait leur apporter. . jpylg . PS : je vais faire une copie de ce message et le placer sur le fil "L'opinion publique est formatée (3), puisque, bien évidemment, je suis persuadé que, moins que quiconque, l'UMP oeuvre pour la démocratie. Ma conviction est qu'à l'UMP on voit dans Internet un nouveau moyen de formater l'opinion. Malheureusement, en cela, on s'avère moins dogmatique et moins stupide qu'au PS et, effectivement, on prend de l'avance pour 2012. En 2012, les citoyens, bien formatés, diront en choeur à Sakozy : "Oui, président ! remettez en nous une couche!" CQFD 07/01/2009 11:11Par jean_paul_yves_le_goff

. Je les appelais "validateurs de formatage"; mais vaches sacrées, ce n'est pas mal non plus. . Voir la partie inférieure de cette couverture. . 605553marianne.jpg . La , substantif masculin, sixième note de la gamme, en do majeur. . Le diapason normal, dit G. Chouquet, institué en France par un arrêté ministériel du 16 février 1859, donne le la . Donner le la, expression figurée : donner le ton, avant l'exécution d'un morceau, en jouant la note la sur un instrument, en chantant ou en faisant vibrer le diapason... . Que se passe-t-il quand le la est faussé ? . jpylg

Le diapason est là pour donner le choc au la. Quand le la est faussé, diable...

. La parole, c'est un pouvoir. Un pouvoir limité, certes, mais un pouvoir. Il arrive même que certains s'en servent très bien. . Il arrive également que certains parviennent au pouvoir, et parfois y restent, par le pouvoir de la parole. . Bref, ce n'est pas de la parole en tant que pouvoir que je désire parler, mais de la parole en tant que partage. La parole partagée. . Pour parler de la parole partagée, il faut partir de la parole en tant que pouvoir. . Il est dans la nature du pouvoir de toujours vouloir s'accroître. Il n'est pas dans la nature du pouvoir de se partager.Un pouvoir partagé est un pouvoir affaibli. Par la force des choses, ceux qui obtiennent le pouvoir sont bien obligés de déléguer; mais c'est contraints et forcés. . Ce qui se passe avec Sarkozy, soit dit en passant, n'est pas du tout, ce qui est décrit par des médias indignés, style Médiapart. Je ne crois pas que Sarkozy veuille instaurer une dictature; il veut seulement déléguer le moins possible, s'imaginant que traitant tout lui-même, il gagnera en efficacité. . Mais ce n'est pas non plus de Sarkozy que je veux parler. C'est de la parole que je veux parler. . Mais de la parole, en tant que pouvoir, donc de la parole non partagée. . A force de nous suriner sur la démocratie, on est parvenu à nous faire croire que le pouvoir se partage. Tu parles ! Il se partage, quand on est contraint et forcé. Dans un tel cas, qui, à vrai dire est la norme, le partage ne peut pas être à part égale. Un partage à part égale du pouvoir entraîne la paralysie de ce pouvoir, l'inefficacité. Donc, dans le partage, une part est nécessairement plus importante que l'autre. . Le but de la part la plus importante ne sera jamais de réduire l'écart qui la sépare de l'autre, exactement pour la raison qui vient d'être indiquée. Son but sera d'agrandir cet écart. Celui qui a la plus grande part de pouvoir voudra avoir toujours plus de pouvoir et voudra toujours que celui qui a moins de pouvoir en ait toujours moins. . Jusqu'à la limite où l'écart devenant tellement grand, cela ferait scandale; c'est-à-dire constiturait un danger pour la plus grande part du pouvoir. La plus grande part de pouvoir le sait bien et c'est jusqu'à cette limite qu'elle fera tout pour réduire la plus petite part de pouvoir. . La parole, c'est pareil. C'est tout ce j'avais à dire. Excusez-moi de l'avoir trop utilisée. J'ajouterai seulement quelques mots et ensuite je vous laisserai parler (ou vous taire). . Comme illustration de mon propos d'aujourd'hui, faites attention à la rubrique "Les invités de Médiapart". Vous savez que ce sont toujours des experts, dans leur domaine. La plupart d'entre eux sont connus pour leur amour de la démocratie, tendance "participative". C'est pour cela qu'ils viennent exposer un point de vue. (Toujours, soit dit en passant, fort intéressant). Ils souhaitent, et c'est bien normal, vu le lieu où ils s'expriment, qu'un débat surgisse. Regardez comme ils y participent. . jean-paul yves le goff

"L'opinion publique est formatée !". . Encore !!! . Dis-moi ! Ne serais-tu pas toi-même formaté à penser que l'opinion publique est formatée ? . L'opinion publique n'est pas plus formatée que ceux qui pensent qu'elle l'est. . . Je ne sais pas si l'opinion publique est formaté mais... je suis sûr d'une chose : l'opinion publique bosse toute la journée et elle n'a pas le temps. . L'opinion publique fait ce qu'elle peut. A nous de lui proposer autre chose et de l'en ou de l'y convaincre. . __________ . Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

. Oui, je suis formaté parce que l'on ne peut échapper à quelque sorte de formatage, sauf à tomber dans l'incohérence ou l'autisme. . Cela a déjà été dit plusieurs fois dans les précédents messages. J'ai précisé que quand je parle de formaté sans autre indication cela veut dit, formaté selon les normes et les valeurs en vigueur et quand je parle, ce qui m'arrive de "non-formaté", c'est un peu impropre et il faut comprendre "non-formaté selon les normes et les valeurs en vigueur". . Maintenant, si tu trouves qu'il y a trop de messages sur le thème du formatage de l'opinion, il y en aurait déjà eu deux de moins si tu t'étais abstenu, puisque je ne t'aurais pas lu et je n'aurais pas eu à te répondre. . jpylg

. Ah ! L'ami Serge Uleski ne m'a pas expliqué en quoi mes messages sur le formatage de l'opinion publique étaient plus encombrants que son abédédaire ! . C'est dommage ! Ca m'intéresse ! . Quoi qu'il en soit, en voici un de plus. Et, ce qui aggrave mon cas, c'est que c'est une copie d'une réponse faite à quelques questions qu'ont bien voulu me poser quelques abonnés dans un tout autre fil, intitulé "Les Français ne sont pas mûrs pour la démocratie". C'est le message du 12/01/09 à 10h24. Ce message semble partir d'un autre point de vue que le formatage de l'opinion, mais c'est là-dessus qu'il conclut. Je le reproduis donc ici parce que, en fin de compte, cela a tout à voir et que des personnes intéressées par cette rubrique risqueraient, éventuellement, de ne pas le voir. . Quant à Serge Uleski, il faut qu'il comprenne bien qu'il n'est pas tenu de me lire. Je considère, pour ma part, qu'il y a, sur ce forum de Médiapart, un très grand nombre de messages inutiles et, pour mon compte personnel, je m'en abstiens. Ses messages à lui ne font pas partie de cette catégorie et je les lis toujours avec intérêt , quoi que, souvent, en diagonale, car ils sont longs et mal adaptés à l'Internet. Toujours intéressant. Bien entendu, une évaluation positive telle que celle-ci n'a nullement besoin d'être réciproque. . Je veux bien que mes messages sur l'opinion publique finissent par lasser Serge Uleski. Mais qu'il ne me demande pas de les arrêter, sous prétexte qu'il en a lu assez. Qu'il arrête de les lire, lui. . jean-paul yves le goff . Copie du message du fil : Les Français ne sont pas mûrs pour la démocratie: . @ Fantie B, Art Monika, Melchior... . Ce n'est pas nouveau que je m'entende opposer une remarquer telle, "vous critiquez, mais que proposez-vous ?" (parfois amicalement comme ici, parfois hostilement). . Je dirai que dans mon attitude politique, il y a trois stades : 1) Le refus 2) La proposition 3) L'action . Je suis, tout particulièrement dans les interventions que je fais sur ce forum de Médiapart, au stade 1. Je dis mon refus. Dans d'autres lieux, il m'est arrivé de passer au stade 2. Ici, j'en suis au stade 1. C'est-à-dire l'expression de l'insatisfaction. Etoile66 a parfaitement répondu pour moi et je pourrais me contenter de sa réponse : "Sans insatisfaction, point de changement. L'insatisfaction est le moteur de tout changement. Les gens satisfaits ne changent rien. " Mais je peux aussi en dire un peu plus. A l'expression, me semble-t-il légitime de mon insatisfaction, j'entends et j'observe un certain nombre de réactions. Elles sont de l'ordre du rejet ou de l'incompréhension. Elles ont aussi, d'ailleurs, leur légitimité, sauf que cette légitimité peut, éventuellement, être en conflit avec la légitimité que je revendique pour mon compte de pouvoir dire mon refus, mon insatisfaction. Le rejet signifie que je n'aurais pas le droit de dire ce que je dis, ou bien que dit une fois ou deux, ça suffit. L'incompréhension signifie que je me suis sans doute mal exprimé puisque je suis mal compris. . J'ai tendance à penser - mais c'est peut-être une erreur, ou une trop grande simplification - que c'est l'expression de personnes qui, elles-mêmes, sont satisfaites et qui ne veulent pas que çà change. Quoiqu'elles disent. Leur argument, très souvent est de l'ordre du "ça a toujours été comme ça". Ce que je m'entends aussi opposer, c'est que mon point de vue est négatif, qu'il ne débouche sur rien, qu'il ne propose rien. Pour être négatif, il l'est ! Refuser, c'est par définition dire non. De là à parler de désespoir ou de nihilisme, comme c'est fréquent, il y a de grands pas, que beaucoup franchissent allègrement (Ce n'est pas le cas des personnes à qui, en ce moment, je m'adresse" . Conclusion provisoire : aussi longtemps que mon refus est perçu comme négatif ou bien est mal compris (admettons que cela soit par ma faute et du fait de la forme que je lui donne, car cet argument-là aussi, je l'entends), il manque de légitimité et il est parfaitement difficile de passer au stade n° 2, c'est-à-dire le stade de la proposition. . J'ai dit que ce stade, j'y étais parvenu dans d'autres lieux. Je fais allusion, par exemple (mais j'aurais éventuellement d'autres exemples) au petit livre que j'ai écrit en 2007 qui s'intitule "Quatre propositions simples pour améliorer la démocratie grandement". Quelle que soit la valeur, nulle ou grande, de ces quatre propositions, quelle que soit leur nature, utopiste ou réaliste, peu importe : les gens concernés ne veulent pas en entendre parler, aussi bien les élus que les électeurs. Je suis allé dans des salons du livre politique. Je vois bien les réactions. Je l'ai offert (par e-mail) aux députés du Finistère (puisque je fais un annexe sur le cumul des mandats en Bretagne). Une seule députée m'a fait l'honneur de l'accepter, l'a reçu et n'a jamais répondu. Quand il m'arrive, tout de même d'un vendre, par ci par là, et d'ailleurs, j'en ai vendu deux ou trois à partir de Médiapart, (sans compter que j'y ai publié plusieurs fois des fac-simile de certaines pages), c'est toujours la même réaction : le silence. . S'il y a un tel blocage, aux niveau 1 et 2, vous devez comprendre que je ne passe pas au stade 3. D'ailleurs, je n'ai peut-être pas les qualités nécessaires pour faire quoi que ce soit de bon au niveau de l'action. Peut-être même suis-je mauvais au niveau du refus et au niveau de la proposition, mais je suis comme ça. . J'en terminerai en disant que ce traitement qui est fait à mon, (disons plutôt à mes) refus ne se limite pas à la politique. Vous avez pu observer que je m'intéresse également à la religion, spécialement au christianisme et encore plus spécialement à l'histoire de ses origines. . L'histoire conventionnelle, que je prétends être complètement fausse, veut que le berceau du christianisme ait eu pour lieu Rome, (après s'être exporté de Jérusalem). Je dis (pour faire court) que ce n'est pas Rome, c'est Alexandrie. Cela change tout. Et tout le monde s'en fout. On ne veut pas le savoir. On n'entend pas. . C'est comme ça. . Cela peut vous expliquer l'insistance avec laquelle je nourris la rubrique "L'opinion publique est formatée", ce qui exaspère pas mal de gens. . Une opinion non formatée - serait-elle juste - n'est pas entendue, pas plus qu'une feuille de papier non formatée ne passera dans l'imprimante ou qu'un CD non formaté ne sera lu par l'ordinateur. . Et j'ai déjà dit, ce qui non plus n'est pas entendu, que non-formaté ne signifie pas sans aucun format, car aucune feuille de papier ou aucun CD ne saurait ne pas avoir un format quelconque, mais signifie non formaté selon les normes habituelles. . Ce qui est dramatique c'est qu'une vérité ne sera jamais entendue, dans quelque domaine que ce soit, politique, religion, science, si elle n'est pas formatée; alors qu'une erreur ou un mensonge, bénéficiera d'une vitalité sans limite dès lors que son format est accepté. . Je recopie d'ailleurs ce message pour le mettre dans la rubrique en question. . Cordialement. . jpylg

. Le formatage de l'opinion publique, c'est sa normalisation. Je l'ai déjà dit. . Que dit le Petit Robert ? . 1) Normalisation, action de normaliser. 2) Normaliser : soumettre à des normes. 3) Norme : ce qui doit être (du latin "norma", équerre) 4) Normatif : Qui constitue une norme. . Ma question est : qui fabrique les normes ? qui décide de la "normativité" ? . jpylg

. Formater plus pour chloroformer mieux ! . jpylg

Les normes se construisent avec l'évolution de la société, au fil du temps et des événements... mais une norme n'existe que par le fait que certains la dépassent, donc l'idée de formatage n'existe que parce que certains n'y sont pas soumis. Non?

. bonjour, Vincent, . Bien sûr ! A 100% d'accord. Il y a tant de choses à dire là-dessus. . Le formatage, c'est ce que, en épistémologie, Thomas Khun a appelé le "paradigme". . Bien sûr que le formatage est lié à l'état de la société à un moment donné. . Il existe à la fois par ceux qui y sont soumis et par ceux qui n'y sont pas soumis, de même qu'il ne peut y avoir d'intérieur s'il n'y a pas d'extérieur. . Mais dans le cas qui m'occupe, je pense surtout à l'opinion publique; le formatage résulte d'un travail qui fait l'objet d'une acceptation; c'est surtout le travail de formatage que j'aimerais bien comprendre; cette réflexion menée jusqu'à présent avec l'aide des commentateurs, m'a amené à parler des "validateurs de formatage"; c'est une catégorie; qui comme toutes les catégories se décompose en sous-catégories. . Le formatage de l'opinion publique, c'est le résultat de ce processus par lequel des tas de notions, ou d'affirmations, ou de théories, apparaissent vraies, comme à l'évidence, sans besoin d'être démontrées, la vérité allant de soi, par la simple répétition, alors qu'elles le sont peut-être, vraies, ou qu'elles ne le sont peut-être pas; tandis que d'autres notions, d'autres affirmations, d'autres théories n'auront pas l'occasion d'être examinées, sous l'aspect de leur vérité, qu'elles soient vraies ou qu'elles le soient pas, parce qu'elles ne sont pas formatées, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas pu se faire entendre, ni examiner ni répercuter par les validateurs de formatage. Les notions, affirmations, théories, non formatées n'existent tout simplement pas, pour l'opinion. . Pour prendre un exemple dans la politique, les positions d'un Besancenot, avant lui d'Arlette, sont parfaitement formatées. Je dirai même hyperformatées. A ce titre, au risque de le surprendre et de le décevoir, ou éventuellement ses partisans - car Besancenot n'est pas membre de Médiapart, - je dirai que Besancenot participe, comme un grand, au chloroformage de l'opinion. (En prétendant, faussement, faire le contraire). . jpylg

. Je suis très content ! Je viens de réussir à caser la phrase qui résume mon obsession favorite dans le prochain article que je suis en train de finir à votre intention et que j'ai déjà annoncé ici. . Cela a tout à voir avec le formatage de l'opinion publique, c'en est complémentaire, à moins que ça n'en soit la base, au choix. Il s'agit de ce que j'appelle "l'idéologie dominante" . Mais voici la phrase que j'ai réussi à glisser dans l'article que vous lirez bientôt : . " On n'échappe pas à l'idéologie. Sauf en se cachant soi-même à ses propres yeux cette réalité de base de toute vie sociale. Cela est d'autant plus facile que l'idéologie dominante est souvent assez imperceptible, tout simplement parce que nous en sommes pétris. On ne pense pas l'idéologie dominante davantage qu'on ne voit la lumière ambiante. Pour qu'on voit une lumière dans la lumière ambiante, il faut qu'elle soit hétérogène.On ne voit pas la lumière ambiante, pour la raison qu'on voit par elle. On ne voit pas plus la lumière qu'on ne peut voir ses yeux. De même on ne pense pas l'idéologie dominante. L'idéologie dominante peut nous servir à penser une idéologie différente, mais on ne pense pas l'idéologie dominante puisque c'est par l'idéologie dominante que l'on pense. " . Merci de continuer à suivre cette rubrique malgré l'énervement croissant qu'elle cause à beaucoup. . jpylg

. Avant de mettre en place éventuellement, un autre mode de "participation" . , pour des raisons que j'expose ici, et, parmi les conséquences, suspendre la poursuite de cette rubrique, je tiens à faire savoir où j'en étais arrivé en ce 31 janvier 2009, lendemain de la grande manifestation en faveur de la liberté de la presse, du pluralisme de l'information et du sursaut démocratique : . Voici donc où j'en suis , avec tous mes remerciements pour ceux qui m'ont aidé à mener cette réflexion. . Un point capital à prendre en compte pour qui veut comprendre les processus de formatage de l'opinion publique, c'est que l'opinion publique désire être formatée. . Il va de soi que cela facilite considérablement le travail des validateurs de formatage. . jpylg

"l'opinion publique désire être formatée". Cela correspond à une impression diffuse que j'ai souvent, qu'il s'agisse de la partie de l'opinion qu'on peut désigner comme "conformiste" ou "légitimiste" ou de la partie de l'opinion considérée comme "contestataire". Entendez moi bien, je ne veux pas seulement dire que ces deux parties de l'opinion sont formatées (en partie selon des formats différents, ce qui explique leurs dialogues de sourds; peut-être aussi avec des parties de formatage communes, ce qui expliquerait qu'on tourne en rond dans un face-à-face répétitif, oh ! Raymond Devos, comment on fait pour sortir du rond point ?) mais bien qu'il y a <désir d'être ainsi. Et la question que je me pose est : QUI DÉSIRE ? Avez-vous une idée d'une réponse où d'une piste ?

Qu'est-ce qui n'est pas formaté, hors la Divinité ? Mais il faut faire la distinction (pour la compréhension des choses, car dans la réalité cela se mêle) entre le format formatant et le format formaté (en d'autres termes, entre le formatage et la formatitude).

Quant à "l'opinion publique désire", c'est juste une facilité de plume. L'opinion publique n'est pas un sujet désirant. (Deleuze et Guattari ont parlé de "machines désirantes", je sais, je sais...).

"...c'est juste une facilité de plume" C'est vous qui le dites, Melchior. J'aimerais bien que jpylg nous explique lui même ce qu'il entend par là et comment il voit la chose.

"On ne voit pas plus la lumière qu'on ne peut voir ses yeux" 1) on ne peut pas voir ses yeux mais on peut dans un miroir découvrir l'image de ses yeux, comprendre donc qu'on a des yeux et réfléchir (!) à la manière d'en entreprendre l'étude. N'est-ce pas ce que vous avez entrepris, de trouver des dispositifs mentaux (des" miroirs") pour essayer d'apercevoir ce par quoi vous voyez, des modifications du logiciel pour le rendre receptif à des données qu'il n'était pas à l'origine en mesure de percevoir ? Une sacrée décentration.

@ Jean-Paul-Yves : je persiste à penser que la discussion que vous avez ouverte sur le formatage est intéressante, sinon fondamentale. Mon souhait est donc que vous ne quittiez pas Mediapart. ********************************** La question du désir de formatage : Je dirais : Non seulement nous sommes tous formatés (sauf Dieu !) , mais aussi nous sommes tous des "format-eurs" en puissance. Imaginons que nous soyons l'enfant ou l'étranger découvrant, arrivant dans "le" ou "un" monde. Soit ce monde est formaté, avec un format unique (mettons, l'Egypte ancienne ou la Chine très ancienne ?) Ou bien, dans ce monde , il y a différents formats disponibles (exemple, la Chine ancienne avec Taoïsme, Confusianisme, et j'en oublie).
Ma question à ce débat : L'enfant, l'individu, va-t-il pouvoir choisir son format ? Et, pour revenir à la question centrale ici, va-t-il pouvoir choisir de ne pas être formaté? Pourra-t-il le faire sans se construire un format personnel? Si oui : Ne fera t-il pas alors partie des format-eurs en puissance, celui qui -comme les format-eurs majoritaires , ou comme les autres format-eurs minoritaires -va proposer son format à autrui ?
******************************** Ma position : je rêve que les humains soient doubles.
* Capables d'être individualistes, au sens d'une individuation qui ferait d'eux un individu singulier, unique,s'assumant comme tel : -leur format singulier, à nul autre pareil -(mais qui peut être le résultat d'un bricolage perosnnel à partir de formats existants et rencontrés) - capables donc de survivre "hors consensus", de survivre même dans la non-approbation de leur pensée : dans les dissensions.
Mais aussi, * Capables d'être socialisés , donc d'adopter aussi quelques "formats communs" afin de pouvoir - discuter avec autrui - agir avec autrui -construire du nouveau avec autrui. Ce qui leur demande une compétence au consensus social, quitte à parfois "parler pour ne rien dire". (les éthologues appellent ça la communication phatique).

. @ Fantie B, Virgil, Melchior . J'ai été occupé à autre chose, depuis ce matin, et le suis encore jusqu'à ce soir; je n'ai donc que quelques instants disponibles pour répondre, ce sera d'autant plus succinct que, comme je l'ai déjà dit, je ne délivre pas un message (prophétique) clé en main, mais je mène une réflexion, puissamment aidé par les commentaire de ceux qui acceptent un certain nombre d'acquis, ou de prérequis... . J'ai notamment dit, dans la première série, que beaucoup de choses avaient été écrites sur l'opinion publique - par Bourdieu entre autres - lesquelles n'étaient pas sans intérêt, bien au contraire, mais en marge desquelles je souhaitais que la nôtre soit faite, tout simplement parce que ces réflexions académiques étaient elles-mêmes formatées et participaient du formatage. . L'impossibilité de se passer de formatage est une chose qui a déjà été traitée... . Le qui formate qui a été un peu abordé, avec l'histoire du club de la parole et de l'océan de l'écoute. Mais, c'est grossier, il faut affiner : il y a, si l'on veut, ceux qui formatent et ceux qui sont formatés; mais non seulement chaque camp se subdivisent en sous-parties plus ou moins rivales ou complémentaires, mais surtout les champs peuvent s'interpénétrer, exactement comme le champ des dominants et le champ des dominés, chers à Bourdieu (d'ailleurs on pourrait dire que le rapport est très étroit entre la soumission/domination et le formatage des formatés); donc, disais-je, l'interpénétration des champs : bourdieu dit, qu'il y a des dominés dans le champ des dominants et des dominants dans le champ des dominés. . Il y a, bien évidemment des formatés non pas dans le champ de ceux que Fantie appelle les les format-eurs (qu'on pourrait aussi appeler "les formes-mateurs) et que j'appellent les validateurs de formatage; il y a des formatés dans les validateurs de formatage et des validateurs de formatage dans les formatés. (En fait, les formatés-validateurs de formatage sont un relais). . En attendant de reprendre ce fil ce soir, je dirai - puisque l'on me conseille si souvent de nuancer mes formules - que j'ai été beaucoup trop élémentaire en disant que "l'opinion publique désire être formatée". Puisque les nuances sont souhaités, je dirai désormais que l'opinion publique est formatée pour désirer son formatage. Quand, comment, par qui ? Voila les questions. . Mais bien que dans le formatage global il y a des formatages particuliers. J'ai dit, par exemple, un peu plus tôt que Olivier Besancenot et son courant, présentés comme contestataires, sont des exemples parfaits de formatage réussi. J'aime bien que Virgil explique le dialogue de sourd de cette manière. . A Fantie B... je n'envisage pas de quitter Médiapart, dans un avenir précis. Ce que j'envisage c'est de dialoguer autrement et de traiter autrement certaines objections. . A + . jpylg

Je ne reprendrai pas le vocabulaire format-formatage et dérivés avant d'être sûr des implications théoriques et sémantiques. Pour l'instant je m'en tiens à dire que les membres de l'espèce humaine sont conditionnés (hélas, ce vocabulaire est pourvu d'un fâcheux halo sémantique behavioriste) à penser, ressentir, être attentifs, agir, que les facteurs de ces mises en condition sont multiples mais que les situations de classe et de caste y ont leur part (qu'on a tendance à négliger ces temps derniers), et la psychologie tant individuelle que sociale aussi, ainsi que tous les sédiments dont sont constituées les mentalités. Le tout avec des angles morts et des points aveugles. . A vrai dire ce qui m'intéresse c'est moins la constatation (statique) du conditionnement que les conditions d'un déconditionnement libérateur durable (facteur de changement émancipateur). Etant entendu qu'on ne peut déconditionner qu'en reconditionnant: la liberté a ses contraintes...(*) Mais je mets peut-être la charrue avant les boeufs. . (*) Plus exactement: on ne peut aider un sujet à se déconditionner d'une adhésion au monde réductrice qu'en lui donnant accès à l'autoconstruction d'une adhésion au monde plus adaptée... à laquelle il n'est pas souhaitable qu'il s'arrête, et ainsi de suite.

A Jean Paul Yves et à chacun des derniers intervenants : comment parler in abstracto du formatage ? je crois que beaucoup de choses prennent du sens en mêlant des exemples. Ex : votre allusion : "J'ai dit, par exemple, un peu plus tôt que Olivier Besancenot et son courant, présentés comme contestataires, sont des exemples parfaits de formatage réussi", je trouve qu'elle n'est pas "intellectuellement satisfaisante. Je m'explique : certes il représente un parti politique, et toute organisation entraîne un certain "alignement", même si le dialogue est très libre (à la limite peut être de la désorganisation à la LCR parfois !), il faut aboutir à une position politique, c'est de l'ordre du pragmatisme ; le tout est que la structure politique permette de garder la critique ouverte. Certes, ces derniers temps, les médias ont tenté de "l'objectiver" pour en faire un centre d'intérêt (non politique d'ailleurs, plutôt, du genre, "connaissons un peu mieux le bonhomme"). Il y a donc dans tout cela des tendances "formateuses", cela n'empêche pas que certaines façons de poser les questions politiques à la LCR ne sont pas formatées, elles. Ceci se trouve ailleurs aussi. . Il me semble que la notion de formatage ne se comprend qu'en lien avec une société et ses "dominants". Je l'utilise plus volontiers pour parler des idées que des gens. Alors on court toujours à un certain moment le risque d'être formaté, l'essentiel c'est qu'il puisse exister des lieux d'idées autres, mais là est la difficulté : car ,et je finis par ça, je suis persuadée pour l'instant (mais OK pour en débattre) que le nerf de la guerre du formatage, c'est l'intérêt de classe.

En soutien et contrepoint à Marielle : Quant à moi, je suis persuadée pour l'instant , et tout aussi OK pour en débattre, que le nerf de la guerre du formatage, ce sont les intérêts de pouvoir. Pouvoir, territoire, savoir : pouvoir du savoir que l'on possède sur un territoire.

. Il est pratiquement 23 heures... je n'ai pas envie de me coucher à trois heures du matin... . je serai donc bref... d'autant plus que pour répondre à une remarque de Fantie B concernant un décrochage de ma part (passer en gris), je ne l'envisage pas dans les circonstances actuelles; mais ce que j'envisage c'est, peut-être, de répondre autrement... . l'idée du pouvoir du savoir sur un territoire me plait énormément... . Ca, c'est une sérieuse piste de réflexion, à propos des processus de formatage... c'est-à-dire, voir l'opinion publique comme un territoire ... un territoire à conquérir... puis un territoire à garder... donc, le contrôler... pour tout cela, première chose : le quadriller...établir des zones... c'est de ce quadrillage que dépendra la conquête et le contrôle... tout est dans cette affaire: créer des zones, des secteurs... les validateurs de formatage seront répartis par zones, ils auront à répondre d'une zone... ils auront un savoir sur cette zone du territoire et par conséquent un pouvoir sur cette zone, un pouvoir qu'ils détiennent de leur savoir... non pas sur d'autres territoires où ils n'ont ni savoir ni pouvoir... mais ces validateurs de formatage sectoriels seront sous la surveillance, le pouvoir et le savoir d'une instance supérieure... . Marielle Billy émet une réserve sur la réflexion "in abstracto"; je lui réponds que ce n'est pas si abstrait que cela. Virgil Brill a bien vu que ce que j'écris sur "le paradigme historico-théologique" est un exemple très concret de formatage (idem, d'ailleurs sur la démocratie et le suffrage universel). A propos du paradigme historico-théologique, je publie demain un troisième texte qui est à cent pour cent consacré au formatage en la matière... . Virgil Brill parle aussi des yeux qui ne peuvent pas se voir, sauf dans un miroir ou dans les yeux d'autrui. Le regard d'autrui, c'est cela qui me permet d'évaluer les performances (ou les insuffisances) de mon propre regard. Le miroir peut être déformant, mais la déformation porte cependant de l'information, si on la traite correctement. Pour bénéficier d'un tel effet, il faut que je dise ma façon de voir aussi précisément que je le peux (à supposer que j'en aie le temps, ce qui n'est pas le cas ce soir), même si je sais que je vais être mal compris, ou pas compris du tout, ou que je vais déplaire ou passer pour ceci ou cela. Je suis totalement indifférent à la réaction dans un premier temps; totalement attentif à cette réaction dans un deuxième temps. (ce qui ne veut pas dire que je changerai pour me faire mieux comprendre ou pour "passer" mieux...) . Il y aurait encore beaucoup de choses à dire... mais le fil continue... . Bonne fin de soirée. . jpylg

. Certains de ceux qui s'intéressent à la question du formatage de l'opinion publique ne suivent pas, j'imagine, tous les messages que je publie. . Je me permets de leur signaler que je viens d'en mettre un qui concerne très directement le rapport entre le formatage et l'entreprise Médiapart, dans un autre fil intitulé "Mise au point" ( la date est 1er février 10h12) . http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/300109/mise-au-point . Cordialement. . jpylg

Un petit passage pour signaler ce matin une pensée qui m'a semblée originale, et pas dans les formatages majoritaires de son territoire : Que voulons-nous, Guadeloupéens ?(Jacky Dahomay) Il y est question entre autres de citoyenneté et de société civile.
édité : Lejour est aux pensées originales sur la citoyenneté, et dans des territoires lointains : Je rajoute une invitation à lire le blog d'Eltrigo : Révolution malgache : sixième et probablement dernier épisode

Merci Fantie pour le lien avec J. Dahomey, passionnant. Et pour affiner ce qui s'est dit plus haut : ne pensez-vous pas Fantie et Jean paul yves que le pouvoir par le savoir, c'est une affaire de classe - qui détient, et le savoir et l'argent ? ceux qui pilotent les affaires du monde + tous ceux qui, à plus ou moins juste titre, pensent en récupérer des miettes. (du pouvoir et de l'argent) Voilà qui n'est pas très convenable dans les salons, n'est-ce pas ? Il me semble que le défi de notre temps, c'est de redonner tout son imaginaire créatif à la notion de classe, de lever des tabous, d'oser, de résister aux sirènes bien-pensantes qui vont rabattre ça sur la "lutte" violente des classes. (ouh ! c'est vilain d'être violent) De mon point de vue, on ne pourra pas se passer d'une certaine "violence" (je ne parle pas des armes !), certaines décisions à prendre pourraient être rudes pour certains ....Regardez en Bolivie, très instructif.

. @ Marielle Billy. . Je ne sais pas ce qui se passe aujourd'hui en Bolivie. (Je l'ai connue du temps où le jeune Régis Debray, à son grand dam, y était). . Mais je souscris entièrement à ce que vous dites sur les classes qui possèdent le savoir, le pouvoir et l'argent (on pourrait dire l'avoir) + la classe qui veut récupérer des miettes de savoir, des miettes de pouvoir et des miettes d'avoir. . Je pense que dénoncer cette association entre d'une part les possédants du savoir, du pouvoir et de l'avoir et, d'autre part l'association des possédants avec les petits récupérants de miettes de savoir, de pouvoir et d'avoir, ne peut être perçu par les uns et les autres que comme une violence. . Je pense enfin que dans ces deux niveaux d'association se trouve l'une des principales clés du formatage. . jpylg

. Merci infiniment , Fantie, de m'avoir signalé cet article que je n'avais pas lu, et que je n'aurais pas lu parce que, je le cataloguais comme développant avec trop de précision un sujet sur lequel, comme tant d'autres, je n'ai pas la formation requise (bien que je sois allée plusieurs fois aux Antilles que j'ai particulièrement aimées.) J'avais, déjà, en revanche, apprécié Jacky Dahomay que je suivrai attentivement désormais. . Cet article a, en effet, tout à voir, avec le formatage de l'opinion. C'est le cas aussi pour toute minorité exclue du grand jeu majoritaire. Vous aviez été la première à dire que derrière cette histoire de formatage, ce qui était en cause, c'était la liberté. Bien sûr. L'Egalité aussi. . Je reproduis ci-dessous quelques phrases de Jacky Dahomay, (qui donnent une impression superficielle de décousu )en invitant le maximum de personnes, comme vous le faites, à lire cet article : . jpylg . "on peut même croire que, comme la Grèce, la Guadeloupe risque de faire école dans la France hexagonale. (...) cela donne au mouvement social un contenu nouveau. Pour moi qui depuis des années appelle à la construction d'un véritable espace public propre à une société civile digne de ce nom(...) Cela signifie que nous assistons à une crise de l'autorité politique dans notre pays qu'elle vienne de l'Etat ou des assemblées locales comme des mairies, dans le même temps ou le pouvoir social des organisation composant le collectif, effectif dans la rue, ne peut prétendre légitimement à imposer une autorité politique sur l'ensemble de la société (...) ce qui se joue aussi dans cette revendication sociale, c'est la question du changement de statut (...) Pour comprendre ma position, il faut revenir à l'histoire, celle de nos pays issus de l'esclavage et de la colonisation. Une telle histoire rendait difficile la constitution d'un véritable espace public. (...) Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas mon aversion pour le nationalisme et je me suis fait des ennemis à ce sujet et en Guadeloupe, et en Martinique. Il faudrait selon moi repenser la notion de peuple (...) En conclusion, en tant qu'intellectuel, je ne peux qu'espérer que les choses évoluent dans le bon sens en exprimant ici modestement mon point de vue qui je l'espère contribuera à enrichir le débat plutôt que ces attaques ad hominem stupides dont on peut être victime. Je ne prétends pas détenir la vérité (...) Car si nous ne savons pas vraiment ce que nous voulons, nous Guadeloupéens, il est clair aujourd'hui que nous voulons le vouloir. (...) Jacky Dahomay

. Un soupçon nouveau vient d'apparaître : . Le formatage résulterait d'un complot... . ??? . à suivre... . jpylg

Dans le fil initié par Ben Bouktache qui s'intitule MISE AU POINT, . http://www.mediapart.fr/club/blog/ben-boukhtache/020209/mise-au-point . j'ai noté hier et aujourd'hui (5 et 6 février) des échanges très intéressants entre Dahu, Melchior Ben Bouktache, Emmanuelle Caminade, sur le thème du REEL. . Ceci m'a amené à me demander ceci : le réel est-il formatable ? . Devons-nous considérer, au contraire, le réel comme ce qui ne peut pas être formaté, ou bien encore, considérer le réel comme l'étalon de tout formatage ? . Je remercie ceux m'aident à continuer cette réflexion. . jpylg

Pardonnez si je fais un contresens sur ce que vous appelez "le réel", mais pour moi il renvoie obligatoirement au plus "universel" possible, enfin c'est probablement ma vision possiblement limitée, mais voilà, moi je crois que la théorie de la Relativité d'Einstein est juste: Je crois qu'il ne peut exister un réel universel, je crois qu'il y a autant de réels différents qu'il y a d'angles de vue différents, c'est-à-dire une infinité.
C'est si lourd que ça ne peut pas ne pas provoquer le hors-sujet suivant: Tenter de réunifier les infinis, l'infiniment grand et l'infiniment petit, n'est-ce pas croire (ou serait-ce espérer?) en l'utopie d'UN réel qui serait unique? (en tous cas, qu'un hors-sujet se retrouve promu "naturellement en plein dans le mille", ce serait plutôt bon signe je trouve)

Le réel n'existe pas en dehors du formatage sensoriel et intellectuel de celui qui en fait l'expérience. Je dirais même plus: il n'existe que dans le cadre de ce formatage. La physique quantique l'a démontré au niveau des particules élémentaires. Nous constatons tous plus ou moins la même 'réalité' car nos formatages sont très similaires, mais moins ils le sont, plus nous constatons des réalités différentes.

. @ Axel et @ Vincent . D'accord à 100% avec les deux remarques. En philosophie (contemporaine), le réel, c'est l'Un, pour un philosophe comme François Laruelle. En physique, c'est effectivement, tout le débat sur la physique quantique qui a débouché sur des problèmes de philosophie pure, voire de spiritualité. (Voir, dans les années 1980 "Le réel voilé" de Bernard d'Espagnat.) . C'est le formatage qui fait voir le réel et c'est le réel qui créée le formatage... . Oui, d'accord... sauf que... c'est quoi, le réel ? . Quand je pose mes mains sur ma table et mon cul sur la chaise, j'ai bien l'impression que la table et la chaise sont réelles. Certes, sauf que les physiciens vont venir me dire que c'est du vide, à l'exception des atomes qui les constituent, lesquels eux-mêmes sont à peu près vides aussi, à l'exception des particules élémentaires... lesquelles...on ne les trouve plus quand il s'agit qu'on s'en empare. . Donc: retour à la case départ : l'opinion publique est-elle formatée de la même manière ? (*) . jpylg . (*) Je rappelle que c'est du formatage de l'opinion publique que l'on parle, pas du formatage dans l'abstrait.

"C'est le formatage qui fait voir le réel " Je dirais: qui fait voir une certaine réalité, liée au formatage
"et c'est le réel qui créée le formatage.." Ca, ca reste à prouver, vu que la notion même de réel est parfaitement subjective.
Si on connaissait le réel réel, on ne se poserai plus de questions. En réponse à ta question: les opinions de chacun étant soumises à leur propre formatage, et l'opinion public étant la somme de ces opinions filtrée par une fonction "media" que je ne vais même pas essayer de définir, il me semble évident que l'opinion est formatée au même titre que le réel, en pire.

. Je continue à être très d'accord, avec des nuances importantes : . es opinions de chacun étant soumises à leur propre formatage, et l'opinion public étant la somme de ces opinions filtrée par une fonction "media" . La fonction média est-elle seulement un filtre... encore faudrait-il savoir comment ce filtre fonctionne... ou le facteur "média", loin de seulement filtrer aurait une fonction de fabrication ? . Autrement dit, les opinions de chacun sont-elles le résultat de leur propre formatage ou bien d'un formatage qui leur est imposé? . Dit encore autrement, la réalité première de l'opinion est-elle à rechercher dans les opinions personnelles dont la somme ferait l'opinion publique, ou bien la réalité première n'est-elle pas l'opinion publique, où chacun puiserait, je ne sais trop comment, pour se fabriquer une opinion personnelle à sa façon ? . L'idée de l'opinion publique formatée comme le réel mais en pire m'intéresse fort : on ne peut pas soupçonner que le réel (quel que soit la "réalité", si j'ose dire qu'on met sous ce mot) soit prisonnier du formatage; mais on peut se demander si le formatage en tiendrait pas, d'une façon ou d'une autre, ET l'opinion pulbique ET les opinions individuelles dans une condition prisonnière ? . jpylg

Voir plus bas...

ET l'opinion pulbique ET les opinions individuelles dans une condition prisonnière ? J'ai fortement cette intuition ainsi que celle que vous fomentez une tentative d'évasion (ou au moins de passer la tête à la fenêtre).

. vous fomentez une tentative d'évasion . exactement. . jpylg

Doublon

. Je pense que ce que nous appelons l'opinion publique et ce que nous appelons la culture relèvent d'un même "réel", mais vus à des échelles différentes. . Par conséquent, ce serait simpliste que d'envisager l'opinion publique formatée seulement par les médias : les médias sont eux-mêmes formatés par la culture : . Question: qu'est-ce (et qui) qui formate la culture pour formater l'opinion ? . jpylg

Ne croyez vous pas qu'il y a aussi un fond anthropologique, parfois très ancien, qui continue à modeler un certain nombre d'attitudes inconscientes et de comportements qui paraissent évidents, tout naturels ?

. Bien sûr : l'atavisme... . C'est peut-être plus qu'un fond anthropologique, c'est un fond animal; l'homme est formaté en animal. . Développer l'intelligence et la spiritualité, c'est sans doute se déformater. Mais l'intelligence et la spiritualité sont elles-mêmes très vite formatées. . jpylg

Peut-être préciser un peu "la culture"? Aussi: vous parlez des gens en général, ou spécifiquement du cas français?

La culture, c'est comme le réel, c'est d'ailleurs une forme de réel; on sait que ça existe, mais on sait pas exactement ce que c'est. . jpylg

Qu'est-ce que le réel ? Moi, M'sieu, moi je sais ! On t'écoute, mon petit Virgil. Bon, ben voilà. Dans un cinéma d'art et d'essai du Vème arrondissement à Paris, une fourmi noire égarée par là est en train de chercher son chemin à la surface de l'écran. Un film est en cours de projection. C'est "Pierrot le Fou" de Jean-Luc Godard avec Belmondo et Anna Karina (et Devos, pour une apparition sublime). Certains des rayons lumineux qui vont constituer l'image mouvante sur l'écran vont toucher notre courageuse fourmi, de même que les ondes sonores :dialogues, musique, ambiance. Question : quelles sont les chances qu'a cette fourmi de comprendre où en est la relation de couple qui au moment du tournage existait entre le réalisateur et son actrice ? Réponse : elle est du même ordre que notre chance d'appréhender la réalité de l'univers.

Ah ouais, et elle en était ou, justement, cette relation de couple? Au cas ou je me retrouverais un jour à la place de cette fourmi...

@Vincent Verschoore Justement, j'ai jamais pu savoir. Formatage ou nature de la réalité ? Vivi la fourmi

. Je connaissais une autre histoire de cinéma et de fourmi. Ca n'a peut-être pas grand rapport, mais on ne sait jamais, ça peut toujours servir. . C'est un couple de fourmi qui sort d'une séance de ciné, par un beau soir d'été. Il y en a une qui dit à l'autre: "On rentre à pied ou en prend un chien ?" . jpylg

@ jean_paul_yves_le_goff C'est pas beau de tricher et de nous refiler une histoire de puces pour le prix d'une histoire de fourmi.

. hi hi ! . jpylg

@JPY
J'entends 'filtre' dans le sens d'une modification du 'signal' qui en enlève certains composants, et en renforce d'autres. Le filtre d'un média de gauche sera assez différent de celui d'un média de droite. Un filtre Mediapart appliqué au Club ferait que ni vous ni moi n'apparaîtrions dans le signal sortant. Bon c'est juste un exemple, pour rire.
A cela doit alors s'ajouter une boucle de feedback: le signal entre dans le filtre, en ressort formaté, et modifie le signal entrant, qui repasse dans le filtre, etc... Le niveau de signal sortant qui impacte le signal entrant est ce qu'on peut appeler le 'gain' du processus. Dans un système parfaitement transparent et démocratique, ce gain tend vers zéro: le signal entrant (la somme des opinions) n'est que très peu modifiée par le signal 'formaté' sortant du filtre. A l'inverse, dans un système totalitaire, le gain est proche de 100%: quasi tout le signal formaté se retrouve à l'entrée, il impacte fortement les opinions personnelles. Tout l'art d'un Sarkozy est de manipuler ce bouton de gain afin de faire monter le niveau de signal formaté, sans y aller trop vite pour éviter tout risque de Larsen (Larsen = manifestation générale en termes politiques, en audio c'est quand on parle dans un micro devant un haut-parleur, ca fait schriiiiiiiiiiiiiiik et mal aux oreilles). Avec un gain à 90% on peut dire, à mon avis, qu'on a les choses bien en main. A vue de nez je dirais que nous sommes aujourd'hui à un bon 60%, and climbing.
Vous me pardonnerez cette modélisation un poil électrotechnique....

En sciences sociales, et notamment en économie, c'est le phénomène autoréférentiel: par exemple j'ai confiance en la monnaie parce que je crois (ou crois savoir) que les autres ont chacun confiance, c'est-à-dire croient ou croient savoir que... (Et tout aussi brusquement je peux perdre confiance parce que...) Cela s'applique également aux fluctuations des cours de bourse et aux mouvements des bancs de poissons. Armel Le Bail pourrait sans doute nous dire des choses sur la manière dont les processus de cristallisation se propagent.

. cette modélisation un poil électrotechnique.... . je la crois très pertinente, y compris avec l'effet Larsen. . Je pense qu'on pourrait aussi gagner à réfléchir à la cybernétique, avec la notion de téléologie et de rétro-action. . Je pense que le formatage de l'opinion est un instrument à gouverner. . jpylg

Le réel pour moi c'est ce que chaque individu ressent. Le réel est non formaté et donc indicible. D'accord, c'est une interprétation tirée par les cheveux de Lacan (1), mais je trouve qu'elle rend compte de l'incommunicabilité des expériences vécues. (1) je n'ai pas dit c'est du Lacan. La pauvreté et la richesse ne suffisent pas à mon sens à définir le réel, parce que même dans les situations de pauvreté, il y a, en plus, des situations vécues peut-être intenses, de domination ou de soumission, de lien ou de solitude etc. , différentes selon chaque être, différentes en intensité ou même en orientation : (être dominant dominé dans un groupe ; être celui qui aime et celui qui est aimé, etc.). On pourrait approcher le réel, peut-être, en demandant déjà à chacun ce qui lui cause "souci".

. Pour vous, Fantie, en somme le "réel" serait l'intime. Oui. . Mais : c'est presque le contraire de l'opinion publique ou la culture (ce qui appartient à tous) que, à mon avis, on peut aussi qualifier de "réel". . C'est un peu le même rapport que la table sur laquelle j'appuie mes mains, qui me semble bien réelle, mais qui ne l'est pas plus que le moindre atome ou la moindre particule qui , avec d'autres, la constitue. (et que je ne sens pas). . jpylg

@ JPY : La culture, l'opinion, tels que vous en parlez, ce serait alors le réel du "social", d'une société". Mais le réel de chaque individu peut être différent de celui-là. L'exemple qui m'est venu est le suivant. Un adolescent grandissant dans une famille pauvre, dont un des parents exerce un métier stigmatisé. Qu'est-ce qui causera le plus de souci à cet adolescent ? Peut-être sa situation de pauvreté matérielle, peut-être sa sexualité, peut-la honte du métier de son ou ses parents. (etc.) Vu de l'extérieur, ces trois situations sont réelles toutes les trois (pauvreté matérielle, ressenti ou vécu de sexualité, honte par proximité). Vu de l'intérieur, l'un de ces réels "oriente" davantage l'individu singulier. Des frères et soeurs, par exemple, pourront se construire psychiquement différemment. Et peut-être là est une voie qui permet d'échapper au "formatage " social : la voie du singulier en chacun de nous.

Bonjour ! il me semble qu'on peut voir un intérêt à distinguer : réel / réalité. ...

. Bonsoir, Marielle. . On a forcément toujours intérêt à tenter de définir ce dont on parle; en l'occurrence, réel et réalité sont deux concepts flous. Mais la véritable difficulté, ici, est dans l'objet, non dans les mots. . jpylg

. @ Fantie B . Vous développez l'intuition que vous aviez eue très vite: cette affaire de formatage est une affaire de liberté. . J'ai l'impression que le réel individuel et le réel social sont aussi réels l'un que l'autre mais peuvent se trouver soit en harmonie soit en conflit, en tous cas, une question de hiérarchie se pose entre les deux. . Par rapport à l'exemple de l'adolescent, j'imagine que le réel individuel peut être lui-même composite et source de conflit interne; d'ailleurs, le réel individuel peut être le produit (plus ou moins) du réel social. . Ce qui me semble sûr, c'est que la source des névroses est souvent le conflit entre le réel individuel et le réel social. Se libérer (se guérir) ce serait redonner la priorité absolue au réel individuel. . jpylg

Je n'ai pas tant d'objection à la notion de formatage qu'à celle d'"opinion publique", qui me paraît désigner (tout comme celle de "communauté internationale") une sorte de fantoche de carnaval, une pure construction, une marionnette pour ventriloque. Reste à savoir qui est le ventriloque, ce qu'il dit, et pourquoi. . Quant au réel, ce vocable n'a de sens que par opposition à ce qui n'est pas désigné par lui. Or les couples d'opposés le réel/ce qui n'est pas le réel sont très nombreux. L'opposé peut être: numérique ou virtuel, irréel, imaginaire ou symbolique, monétaire et financier, idéal, fantastique ou surnaturel, imaginé, etc.etc. Il vaudrait mieux préciser à chaque fois ce qu'on a en tête, pour éviter les confusions.

Les binômes que propose Melchior sont sans doute commodes et opérationnels, permettant de sérier les questions (avec aussi le danger de dislocations abusives). Mais la distinction que Marielle propose d'établir entre réel et réalité me paraît également importante pour essayer d'y voir plus clair. Ce qui en me concerne ne serait vraiment pas du luxe !

@jpylg je copie cette remarque ici parce que là où je l'avais mise vous risquez de ne pas la voir. Je pense que ce que nous appelons l'opinion publique et ce que nous appelons la culture relèvent d'un même "réel", mais vus à des échelles différentes. . Par conséquent, ce serait simpliste que d'envisager l'opinion publique formatée seulement par les médias : les médias sont eux-mêmes formatés par la culture : . Question: qu'est-ce (et qui) formate la culture pour formater l'opinion ? . Ne croyez vous pas qu'il y a aussi un fond anthropologique, parfois très ancien, qui continue à modeler un certain nombre d'attitudes inconscientes et de comportements qui paraissent évidents, tout naturels ?

. @ Virgil Brill . J'avais vu cette réflexion sur le fond anthropologique et j'y avais répondu (message de 21h46); c'est peut-être vous qui n'avez pas trouvé la réponse... . Mais d'une part, je propose d'ouvrir une nouvelle série qui aura le numéro (4), puisque, justement ce qui se passe quand les messages dépassent la centaine, c'est qu'on ne les retrouve. . D'autre part, il faudra peut-être attendre pour cela que d'autres idées apparaissent, car si, vous, Virgil, dites n'y voir pas très clair, franchement moi non plus. J'ai tendance à penser que le rapprochement entre formatage de l'opinion et réel/réalité peut être fécond. Cela dit, il faut parfois calmer le jeu, car si après le réel on fait appel à la culture et puis à l'anthropologie, on va finir par voir du formatage partout. Et, en effet, c'est bien le cas ! Heureusement, d'ailleurs ! que serait un monde non formaté ? . Pour moi, j'aurais envie de recentrer essentiellement sur l'opinion publique. Vous formuliez précédemment l'hypothèse que je pouvais gêner et vous invitiez à ce que l'on se demande en quoi je gêne. Personnellement, je le sais : (ou je crois le savoir, je peux me tromper) : il me semble que le combat que je mène est un combat contre les "idées reçues" ( plus exactement contre les théories reçues, car les idées reçues, comme les fourmis ou les puces, ne vont jamais seules, elles s'organisent en "procession", (c'est l'étymologie de théorie). . Or, comme les gens (moi comme les autres) pensent par idées reçues ou théories reçues, attaquant celles-ci, la plupart des gens pensent que je les attaque. A leur tour, ils m'attaquent, suivant les cas je réponds ou je ne réponds pas. En général, quand je réponds, c'est parce que je trouve intérêt à l'objection, même si la forme ne me plait pas. La forme est souvent polémique. Il ne me semble pas du tout évident que ce soit toujours moi qui soit le premier à recourir à la polémique. Mais quand elle a commencé, en effet, je n'aime pas laisser à l'autre le dernier mot; ou alors, je le lui laisse définitivement, ce qui va d'ailleurs être le cas, avec l'interlocuteur au secours duquel vous avez volé, dernièrement. . Bon ! Voilà que je m'éloigne du sujet. J'y reviens : pourquoi attaquer les idées reçues ? Pour plusieurs raisons : d'une part souvent, elles s'opposent à la vérité et j'ai un petit faible pour la vérité, sans prétendre la détenir. Elles s'opposent aussi à la liberté. J'aime également la liberté. Je n'ai l'intention de libérer personne, mais je peux avoir un compte à régler avec un conditionnement social qui m'a été néfaste et que je voudrais affaiblir. . D'un autre côté, il y a énormément de personnes qui ont besoin d'idées reçues pour se protéger. Je reconnais tout-à-fait la "légitimité" (nous y revoilà) d'un tel système de protection. Pour un empire, je ne voudrais en priver personne. Ce qu'il faudrait que ces personnes comprennent, c'est que je ne m'adresse pas à elles. Malheureusement, elles sont souvent les plus intéressées. Elles débarquent dans la discussion, alors que très souvent elles ont compris de travers, et elles entreprennent (dans le meilleur des cas) de me démontrer mes erreurs (ce qu'elles comprennent comme telles) . Quand, dans un stade ultérieur, elles n'essaient pas de brouiller mes messages et de me faire taire. C'est comme ça que souvent ça s'envenime. . jpylg

OK. Bon on fait quoi, on continue ici, ou on attends que JPY poste la version (4)? Moi, j'adore attaquer les idées reçues; ma devise: tuez-les toutes, Dieu reconnaitra les siennes. Banzaï!

Quelques idées pour l'épisode 4 : Intéressant recentrage sur les idées reçues, Jean-Paul-Yves. Je dirais que nous recevons certaines de nos idées en héritage (exemple: "être de gauche, être de droite ?) Nous en construisons d'autres en réaction contre nos héritages (même exemple). (1) Mais ces deux sortes d'idées fonctionnent ensuite comme nos "idées reçues".
Réel et vérité : *La notion de réel est abordée en ce moment sur quelques fils. Je reprendrais bien une définition en termes de "mondes vécus" -réalité : ce que chacun "vit", ce que chacun appelle "monde réel" ; -réel : le "monde réel", l'ensemble des réalités conscientes et inconscientes de chaque être humain ou être vivant. Inatteignable, inconnaissable en totalité (seul "Dieu" le connaît ! pourrait-on dire). *D'où le problème de "la vérité" : autant de réalités vécues, autant de vérités pour chacun. Mais une seule "Vérité" celle du monde réel, qui les englobe toutes. Inconnaissable, sauf en sciences de la matière. Ou par la "foi".
La notion de liberté : Je la rapproche de la notion d'émancipation. (1) L'émancipation serait une sortie relative de l'aliénation - ou du formatage.- ou de nos "idées reçues".
(1)Je viens d'écrire quelque chose à ce sujet dans le billet de Farid, Qu'est-ce qu'être de gauche.

. Merci beaucoup, Fantie, pour ces remarques précieuses, avec lesquelles je ne peux qu'être d'accord. . D'autre part, j'avais fait le lien avec le billet de Farid, qu'est-ce qu'être de gauche, et ce que vous y avez écrit. . C'es remarques sur la question d'être de gauche ou d'être de droit sont très liées au formatage, mais iraient dans le sens inverse de ce que j'ai tendance à dénoncer. . Si l'on est (ou si l'on naît) de droite ou de gauche spontanément, il n'y a pas de formatage. A moins de considérer que nos idées sont un"héritage". Mais c'est ce dont je ne suis pas sûr du tout. Je me demande si dans le positionnement de droite ou de gauche spontané, où vous voyez une question de "sensibilité", il n'y a pas une sorte de prédisposition, un peu comme les talents qui constituent notre capital de départ dans la vie. On peut considérer ces talents comme un héritage, certes, mais alors ce serait un héritage génétique... ou autre ??? Pourquoi un petit enfant voudra-t-il être peintre plutôt que musicien ? Pourquoi un enfant musicien voudra-t-il jouer du piano plutôt que du violon? Ce n'est pas nécessairement parce que les parents ou les profs le lui disent. . Idem pour les idées reçues : . En amont des idées reçues, il y a notre prédisposition à les recevoir. (ou à les rejeter) . Il y a aussi, et surtout, le fait que nous allons nous identifier à elles et que nous recevrons une attaque contre nos idées reçues comme une attaque contre notre personne. . Enfin, concernant l'émancipation dont vous parlez, et avec quoi je suis complètement d'accord, il y a peut-être lieu de considérer que cette émancipation n'est pas nécessairement le rejet des idées reçues, dans la mesure où elles ne nous ont pas été imposées, mais où nous sommes allés à leur devant, ce qui arrive donc aussi, et de considérer que dans ce cas, l'émancipation par rapport aux idées reçues c'est de comprendre leur mise en place. . Se connaître, autrement dit. Etre SOI, et non pas être comme l'on vous dit qu'il faut qu'on SOIT. . Amicalement. . jpylg

Tant qu'à passer aux aveux, je continue ! Je l'avais d'ailleurs déjà fait il y a quelques jours dans un fil qui avait ce titre "je passe aux aveux" ou je confessais ma "paranoïa", ce que certains (certaines) ont pris au premier degré, pour me le renvoyer ensuite dans la figure: . L'aveu, c'est que j'ai, comme tout le monde une axiomatique, c'est-à-dire un système de valeurs de base, non démontré, non démontrable, ayant la force de l'évidence : . Ce système de valeurs de base, que je n'ai pas toujours connu, mais que j'ai toujours eu et qui a toujours fonctionné et m'a fait fonctionner, dont je ne peux pas savoir s'il est faux ou vrai, que je ne peux pas évaluer, puisque c'est par lui que j'évalue, c'est tout simplement l'idée, chère à Nietzsche, que nous sommes dans une culture du faux et une culture inachevée. . Nous sommes des menteurs. Nous sommes formatés pour mentir. Cela se sent particulièrement en politique, mais plus ou moins partout. . Mais nous ne sommes pas que des menteurs. Ce serait trop simple. Nous aspirons aussi à la vérité. C'est tout le problème. Nietzsche le dit très bien. . Tout paranoïaque que je sois, il le dit beaucoup mieux que moi. Lisez-le. . jpylg

Ouille ouille ouille ! Mon maître, Hubert-Hégésippe Huchappin, dont je chéris la mémoire, avait coutume de dire que les axiomes sont au-delà du Vrai et du Faux. Il ajoutait, énigmatique et sentencieux: "Mais l'ivraie n'échappera pas à la faux". . Je pense, quant à moi (mais qui suis-je pour penser, après h-h h et jpylg ? et Nietzsche, à vos souhaits !) que si nous sommes dans le faux et le mensonge, alors c'est que nous sommes victimes d'un grand complot universel dont seule peut nous tirer la Grâce divine sans laquelle même le Cogito ergo sum du père Descartes est inopérant. En attendant, il faut adopter la posture sceptique: . "D'un côté la vérité, et de l'autre le mensonge. Au milieu, les bras croisés, Chiffonnet calme et serein." (Eugène Labiche Le Misanthrope et l'Auvergnat).

Si certains sont paranoïaques, moi je suis monomaniaque. Je suis obsédé par l'idée d'une république terrienne dont tout le monde se fiche complètement pour l'instant. D'où mon idée de travailler au formatage de l'opinion publique en vue de lui faire prendre en compte cette utopie-là. D'où mon intérêt pour tout ce qui est dit dans ce billet et tout autre semblable, histoire de forger l'outil de formatage propre à contaminer de proche en proche les boîtes crâniennes, au fur et à mesure de l'écoulement du temps. Le problème, c'est le côté ingrat ; ça commence toujours par un prêche dans le désert (heureusement, ça ne mange pas de pain). Mais Voltaire est très encourageant : "mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose", que je traduis par "utopisez, utopisez, si c'est réalisable ça finira bien par se réaliser". Pendant cette génération ou les suivantes. Le plus dur, c'est de commencer. Il va falloir que je m'y mette avant Pâques, sans attendre la Trinité. Foi de Malbrouk.

Je viens de rapprocher (chez Farid) deux citations: Spinoza: "la liberté c'est la nécessité comprise", et Marx: "quand une idée s'empare des masses, elle devient une force matérielle". A nous de voir à quelles conditions une idée juste (du genre: on ne se débrouillerait pas plus mal sans Sarko) peut "s'emparer des masses". . Pour ce qui est d'un gouvernement terrien, on pourrait commencer par réunir les îles, puis les rivages, de l'Océan indien. Mironton mironton mirontaine. Qué dolor, qué dolor que pena. Membru se fué a la guerra. No sé cuando vendra. (j'espère que je ne fais pas de faute, sinon JNSPQD me corrigera).

L' ingéniosité rhétorique du grand Rebelle JPYLG nous préfère manipulés et formatés par plus menteurs et vils que nous-mêmes. La mixture de l'opinion publique mitonnée dans le grand chaudron de la domination généralisée serait distribuée comme un élèxir maléfique à de pauvres innocents… Quelques doutes me tiennent. Chacun de nous ressent parfois l'ivresse de la rébellion et peut au contraire, en d’autres moments, être consciemment moins glorieux, intègre et convoiter le lâche repos à l’abri du formatage en cours et même y mettre du sien. Nous traversons des temps de résistance au formatage et d’autres fois, désabusés, cyniques, abrutis succombons au formatage le plus éhonté. Le souci c’est que cela vient autant de nous-mêmes que de la force réelle de l’opinion publique. Nous faisons selon les évènements et à notre mesure couple avec elle ou menons féroce vigilance et dénonciation. Notre véhémence est à chaque fois la même. La résistance et l’opinion publique formatée ont trop souvent les mêmes mots et les mêmes réseaux de propagation pour se faire connaître. D’où nos anbiguités avouées ou non.

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