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Observatoire chrétien de la laïcité, racines chrétiennes de la France, un détail oublié.
13 Mars 2011
Par
jean_paul_yves_le_goff
L'observatoire chrétien de la laïcité a pris l'initiative d'écrire au président de la république, avec copie à chacun des députés, une assez longue lettre, suite au discours du Puy en Velay, au sujet des racines chrétiennes de la France.
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http://www.nsae.fr/2011/03/05/observatoire-chretien-de-la-laicite/
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Je suis loin d'être opposé à ce texte, pas plus qu'à cette initiative ; mais il me semble que l'Observatoire Chrétien de la Laïcité oublie un détail dans le paragraphe ci-dessous :
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jpylg


Tous les commentaires
Si le minaret est aussi élégant que la Giralda de Séville, si la mosquée est aussi belle que celle de Casablanca, que l'Aziza de Palerme ... au moins ils ne défigureront pas le paysage comme la basilique de Montmartre ou celle de Fourvière. Mais on s'y est fait et, sans comparer leur architecture à celle des abbayes cisterciennes, on les garde avec une certaine tendresse. Alors...
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On peut voir, en effet, dans ces questions, un problème esthétique.
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Egalement un problème économique.
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Egalement un problème politique.
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Egalement un problème métaphysique.
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Tout est dans tout.
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jpylg
Bonjour jpylg,
Je n'ignore pas que vous êtes largement plus cultivé que moi sur le sujet. Je n'ai cependant pas résisté à mettre un lien justifiant mon propos.
Contrairement aux autres cultes, les associations diocésaines ne sont en charge QUE de des frais d'entretien du culte, pas des autres frais. C'est ICI.
Etant entendu que nombre de monuments catholiques "faisant partie de notre histoire", leur entretien relève "bien sûr" de nos impôts.
A quand un - nécessairement très grand - Musée du Mensonge d'Etat ?
Cher Samines,
Ne vous excusez surtout pas d'apporter des informations sur la question. Je suis fort loin de tout savoir. D'autant que ce que je voudrais dénoncer, c'est justement une occultation systématique de certains points particulièrement sensibles dans les rapports ACTUELS entre l'Eglise et l'Etat.
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Les associations diocésaines gèrent, effectivement, ce que l'Eglise catholique appelle le "temporel", c'est-à-dire les finances et c'est le nom qu'on leur a trouvé, en 1923, pour éviter celui de "association cultuelle" qui avait été utilisé comme prétexte en 1906 pour rejeter la loi de séparation de 1905. D'ailleurs, ces "associations cultuelles", prévues par cette loi et rejetées par l'Eglise, ne faisaient que remplacer ce qu'on appelait les "conseils de fabrique", où - en théorie au moins - les maires des communes siégeaient (avant la séparation).
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Le détail oublié auquel je fais allusion dans ce titre est justement, ce que vous explicitez, mais où beaucoup plus de lumière encore serait nécessaire, c'est-à-dire à la participation financière des communes dans les frais de fonctionnement des églises.
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Ceci est extrêmement important et fait l'objet d'un véritable tabou ; mais il ne pourra pas toujours en être ainsi, d'autant que si cette prise en charge par les communes, c'est-à-dire, comme vous l'explicitez, par nos impôts, posait déjà problème quand les églises catholiques fonctionnaient, cela pose un autre quand chaque église locale ne fonctionne plus qu'une fois toutes les six, huit, dix ou douze semaines.
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J'ai le sentiment profond de manquer d'informations à ce sujet et, ce qui est pire, que ce type d'informations est systématiquement occulté. Très concrètement, j'habite, à temps partiel, en Bretagne dans la bonne ville de Morlaix qui possède trois églises principales (Saint Melaine, Saint Matthieu, Saint Martin), lesquelles ne fonctionnent plus que tour à tour ; mais restent toutes en état de marche, aux frais de la municipalité. J'aimerais savoir ce que cela coûte au contribuable morlaisien. Je ne me suis pas renseigné auprès de la mairie, n'étant pas fiscalement domicilié à Morlaix. Mais je doute qu'un contribuable morlaisien puisse avoir une réponse claire.
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En outre, j'aimerais savoir ce qu'il en est du Temple protestant, situé 32 rue de Paris, et ce qu'il en serait si Morlaix (comme Quimper et comme Brest) décidait de s'équiper d'une mosquée ?
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Je résume, pour qu'on ne dise pas que je ne suis pas clair : combien coûte aux Morlaisiens, l'entretien des trois églises catholiques, combien coûte l'entretien du temple protestant, combien coûterait l'entretien d'une mosquée ?
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Concernant la mosquée, je ne parle pas de son minaret, mais de son coût de fonctionnement prévisionnel. Je ne parle pas non plus des frais de construction, que ceux-ci soient pris en charge par les services du ministre de l'intérieur Claude Guéant ou par un émirat arabe quelconque.
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jpylg
Nos impôts paient l'entretien des églises.
La loi de 1905 n'a pas tout à fait éradiqué la dîme...
Bravo pour ce billet.
PS - Il me semble que les temples protestants ne reçoivent pas un sou de l'Etat.
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C'est bien ce qu'il me semble aussi. Mais pourquoi ces questions sont-elles occultées, y compris par les organismes, comme "l'Observatoire Chrétien de la Laïcité" qui prétend informer et sensibiliser ?
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jpylg
Très bonne question.
Je vais essayer de me renseigner.
La question du "Pourquoi ?" me semble excellente, quant à la réponse...
Aujourd'hui (au sens large) la construction d'édifices religieux est masquée dans la comptabilité publique même. Ainsi certaines mosquées appraissent-elles en "Gymnase sans colonnes" dans les budgets municipaux (cela s'est passé à Lyon). Je ne crois pas qu'il y ait à proprement parler d'illégalité (même si je ne sais rien de futures activités sportives des bâtiments concernés), mais il y a clairement une peur des réactions que provoquerait l'officialisation de l'implication de fonds publics dans la construction d'édifices religieux non-catholiques.
Parlons d'opacité dans l'intention...
La question des édifices protestants est de la même nature. C'est en fait toute la politique d'aides publiques aux associations qui pose question (à ce sujet un ouvrage, rédigé par Pierre-Patrick Kaltenbach et en téléchargement gratuit est disponible ICI ). Sans compter les églises adventistes (désormais officiellement proches du protestantisme) qui, parait-il, voient leur nombre de fidèles croitre tous les ans (un peu sur le même schéma que son devenir américain au XIXème siècle). (un ouvrage en lecture gratuite ICI ).
Bref, tenter de répondre au "Pourquoi?" que vous formulez, c'est peut-être rien moins que tenter de démêler un embrouillamini de fils tissés entre deux manières d'exercer le Pouvoir : Conduire la Cité ou Conduire la Psyché.
@JoëlMartin
PS - Il me semble que les temples protestants ne reçoivent pas un sou de l'Etat.
Parfaitement exact (ce sujet est évoqué, de mémoire, dans cet article ICI).
. Doublon par fausse manoeuvre. Désolé.
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Merci à samines pour ces trois excellents liens. A archiver précieusement et à consulter à tête reposée et de manière approfondie.
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La notion d'embrouillamini me semble une clé. L'impression que j'avais eue, précédemment, c'est qu'on peut poser la question (des frais liés au culte catholique dans le budger municipal) aux maires ou aux conseillers, ils ne peuvent pas répondre, le voudraient-ils.
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jpylg
En tant qu'ancienne secrétaire générale de mairie, j'ai toujours vu voté dans ma commune, lors de l'établissement des budgets primitifs ou complémentaires, des subventions pour le fonctionnement des écoles privées et autres associations cultuelles, sans que cela ne soulève de vrais polémiques. Dans les grosses communes, les budgets sont tellement "embrouillés", "rationalisés" et "travestis" qu'il est parfois difficile de savoir où vont les fonds votés dans le domaine des subventions.
Pour ajouter à ces échanges, quelques exemples divers soulignant la complexité du problème (il semble que ce débat va ouvir la jarre de Pandore) :
1) construction d'une nouvelle église catholique 1991/1994, ouverte en 1995, inaugurée en 1997 : Cathédrale de la Résurrection d'Evry.
financement évalué à 90 millions de francs. Financement du ministère de la culture de 13 millions pour un centre d'art inclus dans le bâtiment. Le reste du financement : mécenat d'entreprises et dons faits par 400.000 fidèles. (?)
2) Une mosquée a été construite à peu près à la même époque près de cette cathédrale. (financement : donateurs privés et institutionnels > Fondation Hassan II et peut-être Arabie Saoudite)
3) Inaugurée en 2008 : Pagode Khanh-Anh (bouddhiste, vietnamienne) coût estimé près de 8 millions - financement principal la communauté bouddhiste de Bagneux.
4) La grande mosquée de Strasbourg :
2006 : le conseil municipal de Strasbourg vote une subvention de 610 000 euros (?) pour financer la construction de la mosquée.
Pour mémoire, les subventions accordées par la Ville, qui a également cédé le terrain, le conseil général et le conseil régional, couvrent respectivement 10 et 8 % du montant initial
5) département de la Guyane : 27 prêtres sont payés par le conseil général de ce département (budget de 800.000 euros fonds publics). La Martinique, la Guadeloupe et la Réunion sont soumises à la loi 1905.
Alsace-Moselle : les prêtres sont payés par l'état.
La question serait donc : La loi 1905 peut-elle intégrer les traditions/identités confessionnelles et comment ?
(comme sont intégrées les traditions culturelles en France)
Merci pour votre contribution très illustrée, NIHILE.
Je souhaite en profiter pour expliciter mon commentaire précédent.
Le "masquage"du financement de bâtiments destinés à un culte n'est pas systèmatique en france, à ce que j'ai compris. Ce masquage est en fait le contrecoup de facteurs démographiques (poids de certaines communautés confessionnelles), sociologique (cohabitation plus ou moins conflictuelle de plusieurs confessions, avec la part d'amalgame liée à l'immigration) et le contexte purement politicien (nature des débats opposants l'équipe en place et leurs opposants).
Ces "petits arrangements" avec l'écriture comptable m'ont été présentés, au travers de plusieurs discussions, comme étant plus un "pis aller" lié à une posture de l'Etat passablement laxiste (indépendamment de la coloration politique de celui qui est à l'Elysée, d'ailleurs) qu'une volonté de noyer le poisson.
En résumé, donc, les élus que j'ai pu rencontrer - toutes tendances confondues à l'exception de l'extrême droite que je n'ai pas rencontrée - souhaitent surtout un dépoussièrage de la Loi de 1905 et des règles comptables applicables sur toutes les communes (quitte à distinguer ces communes par taille ou par typologie démographique). Faute de quoi "on se débrouille comme on peut" (sic).
@ Nihile
Merci pour votre très précieux témoignage. Mais, ce que je m'évertue à signaler, c'est combien l'embrouillamini qui préside aux questions de financement est pernicieux (et sert à nous cacher la réalité des problèmes).
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Le financement de constructions nouvelles, qu'elles soient catholiques, juives, protestantes, boudhistes ou musulmans est une chose ; le financement (ou l'aide au financement) de lieux de culte existants en est une autre.
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De même la participation de l'Etat aux divers budgets cultuels est une chose dans certains départements demeurés sous le régime concordataire et c'en est une autre dans la situation générale de la République laïque.
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J'ai signalé, dans un autre fil récent, intitulé "laïcité, abrogeons la loi de pétain du 25 décembre..." qui avait reçu quelque chose comme plus de cents commentaires que la législation sur le régime des cultes est extrêmement complexe ; j'ai mis la photo de couverture d'un gros livre de 1854 pages consacré à ce sujet, (voir dans le fil en question mon message du 05/02/11, 10h36).
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L'embrouillamini juridique est une chose ; l'embrouillamini financier en est une autre. Je propose qu'on essaie de bien distinguer les éventuelles subventions à la construction et les éventuelles subventions au fonctionnement.
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J'ai pris l'exemple d'une ville de 16 000 habitants qui dispose de trois églises catholiques principales qui ne fonctionnent plus qu'alternativement, qui dispose d'un temple protestant, qui n'a pas de mosquée, mais pourrait en avoir (d'autres villes voisines en ont). En l'occurrence, Morlaix.
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Pourquoi un morlaisien ne peut-il pas savoir ce qu'il paie pour l'entretien des trois églises ? Question subsidiaire : pourquoi un protestant morlaisien ne recevrait aucune subvention pour l'entretien de son temple, tandis qu'il est obligé de payer pour l'entretien des églises catholiques qui, en outre, sont généralement fermées le dimanche ?
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C'est, évidemment, partout pareil en France.
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jpylg
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A propos de l'expression "boite de Pandore" utilisée ci-dessus par Nihile, je rappelle que c'était celle, en 2006-2007, employée par Dominique de Villepin, alors premier ministre et s'opposant à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur et des cultes qui réclamait alors le "toilettage" de la loi de 1905.
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Je rappelle que Nicolas Sarkozy a abandonné cette idée une fois devenu Sarko 1er, de même qu'il a abandonné, l'idée de la création d'un Observatoire national de la laïcité, qu'il avait fait des pieds et des mains pour obtenir, avant de quitter son ministère des cultes et de l'intérieur. (Et qui avait été effectivement créé sur le papier quelques jours avant qu'il démissionne pour sa campagne présidentielle).
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Je rappelle tout cela dans le fil que j'ai cité précédemment (18h14) sur pétain et la laïcité.
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jpylg