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critique de la raison catholique (43) : la résurrection revisitée
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J'étais, avant-hier, dimanche de Pâques, 24 avril, à la messe dans l'église d'un petit village d'Eure-et-Loir
.© .En entrée, on chantait donc ce que vous pouvez lire ci-dessus, à savoir que le Christ était ressuscité, en effet : des femmes s'étant rendues au tombeau avaient rencontré deux hommes en blanc qui leur avaient donné la nouvelle de la Résurrection.
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Bien.
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Depuis longtemps, et d'autant plus aujourd'hui sous l'effet de la nouvelle évangélisation, l'Eglise catholique plaide pour l'accord entre la foi et la raison. J'abrège. Il se trouve que la raison a certaines exigences. On a parfaitement le droit de douter de la vérité ultime de la raison ; mais si l'on adopte la démarche de la raison, il faut accepter la raison telle qu'elle est et non pas vouloir qu'elle s'adapte à telles ou telles exigences, les exigences de la foi par exemple.
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La théorie est donc qu'il faut croire à la résurrection, dont les articles 639 et 643 du catéchisme de l'Eglise Catholique Romaine certifient qu'elle a eu lieu dans l'ordre physique, réel, historique, en raison de témoignages précis qui seraient eux-mêmes historiques. C'est là où le bât blesse. On le savait déjà dans l'antiquité : pour être crédibles, il faut que les témoignages concordent. S'ils divergent, il y a, pour le moins, doute et il est quasiment impossible, en l'absence de preuves matérielles, de décider parmi plusieurs témoignages divergents lequel serait le bon, et lesquels seraient faux.
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Or, les fidèles de cette petite église d'Eure-et-Loir, chantaient que "des femmes" avaient vu "deux hommes en blanc". Il faut donc penser que, dans cette église, on se référait à l'évangile de Luc (24,4). Pourtant, un peu plus tard, ce n'est pas le récit de la résurrection selon l'évangile de Luc qui allait être lu, mais celui de Jean.
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Le problème est qu'aucun des quatre récits ne ressemble aux autres. Dans Luc, donc, il s'agit "des femmes" qui voient "deux hommes en vêtements blancs" dans Matthieu (28, 2-5), il s'agit de "deux femmes" qui voient un ange au vêtement blanc ; dans Marc (16, 5), il s'agit de trois femmes qui voient un jeune homme vêtu d'une robe blanche ; enfin, dans Jean (20, 1), il y a une seule femme, qui ne voit personne mais se rend compte, apparemment d'elle-même, que le tombeau est vide.
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(à suivre)
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jpylg


Tous les commentaires
Ce qui m 'étonnera toujours dans la religiosité , c'est l 'acte , le simulacre.
Quand on a été saisi par le sens de la Résurrection , on saitque ce ne peut être en aucun cas une commémoration.
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Merci de votre commentaire ; je pense que je partage votre avis : une commémoration de nature historique est plutôt le signe d'un déficit de la foi que d'une foi véritable.
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Malheureusement, les gens ayant été formés - disons, formatés - à la réalité physique, matérielle, historique, ils sont assez réticents à croire autrement, ou bien, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, à croire quand même...
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Toutefois, j'émettrais un bémol sur l'acte, et le simulacre. Si la réalité de la résurrection est essentiellement d'ordre symbolique, l'acte ou le simulacre n'a rien d'inutile. Au contraire. La réalité symbolique s'active par l'acte et/ou le simulacre. Sauf que, peut-être, plutôt que de parler de simulacre, qui est connoté négativement il conviendrait mieux de parler de représentation ou d'évocation. C'est dans la représentation, dans l'évocation que doit se placer la foi.
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Mais cette foi, c'est la foi en Dieu, la foi en la transcendance ; non pas la foi en Benoît XVI.
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jpylg
jean_paul_yves_le_goff
représentation- 'évocation.
tout est utile en effet , sous le voile de l'art de la communication ,
qu ce soit Benoit , Pierre , Paul ou Jean
je dirai même que la mayonnaise prend toujours
il suffit de changer de vêtement de soie !
Pas été à la messe, mais j'ai revu Religolo (titre français tarte hélas) qui témoigne d'une absence totale de raison dans la plupart des églises, sauf au vatican où l'interview d'un curé catho à la retraite est pleine de bon sens!!! j'espère que benoit 16 n'a pas vu ça...
http://www.dailymotion.com/video/x7y60z_religolo_shortfilms
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Je poursuis. Si on veut accorder la raison et la foi, c'est à la foi de s'adapter à la raison et non l'inverse. La première exigence pour une démarche de raison, c'est de recueillir toutes les informations pertinentes relatives à un problème.
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En l'occurrence, si l'on veut réfléchir à la résurrection du Christ, il faut connaître le statut du phénomène de la résurrection à l'époque du Christ. Ce phénomène n'est pas du tout réputé impossible. Certes, le rationalisme commençant à s'imposer, il se trouve des gens qui en doutent ; mais pour beaucoup d'autres, la résurrection est possible, même si elle est exceptionnelle.
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Par conséquent, la résurrection d'un homme ne saurait en aucun cas être le point de départ d'une religion nouvelle et pas davantage la preuve que l'individu serait plus qu'un homme, mais aussi un Dieu.
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Je parlerai, dans la suite, du statut de la résurrection dans la littérature profane. En attendant, je signale qu'il n'y a pas moins de sept récits de résurrection, y compris celle du Christ, dans le nouveau testament, dont une collective.
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1) La résurrection du Christ
2) Le récit de la résurrection collective, au moment de la mort du Christ ; c'est dans Matthieu 27, 52-53 ; "Les tombeaux s'ouvrirent, les corps de nombreux saints ressuscitèrent ; sortis des tombeaux après la résurrection, ils entrèrent dans la ville sainte et apparurent à un grand nombre de gens". Cet épisode semble ignoré des trois autres évangélistes, qui n'en parlent pas.
3) La résurrection du fils de la veuve de Naïn. (Luc, 7, 11-17) (ignorée des autres)
4) La résurrection de la fille de Zaïre (Marc, 5, 21-44 ; Luc, 8, 40-56 ; Matthieu 9, 18-26) ;
5) La résurrection de Lazare (Jean 11, 1-46), ignorée des autres ;
6) La résurrection de Tabitha par Pierre (Actes 9, 36-43) ;
7) La résurrection d'Eutychès par Paul (Actes 20, 9-12)
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( à suivre)
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Voici quelques détails que je n'ai pas dits et qu'il convient d'avoir en tête avant d'aller plus loin.
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La résurrection n'a rien d'impossible, au temps du Christ, par conséquent, la nouvelle d'une résurrection ne peut pas provoquer de surprise particulière s'agissant d'un homme quelconque. Mais s'il s'agit du Messie, c'est-à-dire le Sauveur, c'est-à-dire le Roi qui rétablira l'indépendance (messie royal) ou le Grand-Prêtre qui rétablira l'alliance (messie sacerdotal), c'est tout autre chose. Le fait qu'il soit ressuscité, alors qu'il avait été crucifié signifie que rien ne peut l'atteindre ; on ne peut pas le tuer vraiment ; il est invincible.
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Mais s'agissant de la résurrection en tant que phénomène, il faut encore préciser que c'est un objet de vives controverses ; dans le judaïsme, certes ; mais aussi dans les autres religions et dans les philosophies courantes.
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En fait, il y a trois courants : ceux qui y croient ; ceux qui en doutent et ceux qui donnent à la résurrection un sens spirituel ; ce sont les ésotéristes et le christianisme primitif est, très probablement, pour une bonne part, un ésotérisme.
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Pour ce qui est de la résurrection spirituelle, il faut bien comprendre qu'elle ne concerne pas les morts ; mais elle concerne les vivants ; c'est aux vivants de ressusciter, c'est-à-dire de "renaître" à la vie de l'Esprit. Beaucoup de vivants sont des morts spirituels ; ce sont eux qui doivent ressusciter. (C'est, d'ailleurs, le sens du baptême juif).
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jpylg
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Je disais que le christianisme primitif est, pour une grande part, un ésotérisme ; autrement dit : une gnose.
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Dans la bibliothèque gnostique de Nag Hamadi (1945), on trouve un "Traité sur la résurrection" où on peut lire, notamment :
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"Comment s'est conduit le Seigneur à l'égard des choses du monde ? Alors qu'il était dans la chair et après qu'il se fut révélé comme Fils de Dieu, il a circulé dans ce lieu où tu demeures, parlant de la loi de la nature - je veux plutôt dire "la mort". Mais le Fils de Dieu, Rhéginos, était Fils d'homme et renfermait les deux choses à la fois, possédant l'humanité et la divinité, afin, d'une part, de vaincre la mort, du fait qu'il était Fils de Dieu, et, d'autre part, que, par le Fils de l'Homme, se produisit le rétablissement dans le Plérôme. C'est qu'il préexistait d'en haut, comme semence de la Vérité, avant que n'existât cet assemblage cosmique où des Seigneuries et des Divinités se sont multipliées.
(...)
Le Sauveur a englouti la mort - tu ne dois pas rester dans l'ignorance - car il a dépouillé le monde périssable, il l'a échangé pour un Eon impérissable et il est ressuscité, ayant englouti le visible par l'invisible, et il nous a vouvert la voie de notre immortalité".
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(Ecrits gnostiques, La Pléiade, Gallimard, 2007, page 100 et 101)
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Si je puis me permettre de commenter la dernière phrase, dans le prolongement de mon précédent message (22h09), c'est pour dire que c'est bien aux vivants de ressusciter et non pas aux morts ; c'est en ressuscitant tant que nous sommes vivants que nous devenons immortels ; mais nous devenons immortels dans l'Esprit; cependant que, tout immortels et tout ressuscités que nous soyons, nous finissons par mourir dans l'ordre de la nature.
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jpylg
L'auteur (inconnu) du "Traité sur la résurrection) qu'on suppose écrit vers le milieu du 2ème siècle connaît l'Evangile écrit, puisqu'il le cite, mais il n'en connaît qu'un, apparemment, et ne lui attribue pas d'auteur.
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Or, selon le passage que vous allez lire ci-dessous, la résurrection qui est racontée dans cet Evangile n'est pas celle qui suit la crucifixion (de celle-ci, il ne parle pas), mais c'est l'épisode que nous appelons la "Transfiguration", dans laquelle Jésus apparaît rayonnant entre Elie et Moïse, Jésus qui est, à ce moment, bien vivant, donc qui ressuscite en tant que vivant. (La transfiguration de Jésus est racontée dans nos évangiles en Matthieu, ch 17, en Marc, ch 9 et en Luc, ch 9).
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"Qu'est-ce donc que la résurrection ? C'est la révélation, à tout instant, de ceux qui sont ressuscités. Car, si tu te souviens avoir lu dans l'Evangile qu'Elie est apparu ainsi que Moïse avec lui, ne suppose pas que la résurrection est une illusion. Ce n'est pas une illusion, mais c'est la Vérité. Bien davantage, au contraire, convient-il de dire que le monde est une illusion plutôt que la résurrection, elle qui est arrivée par notre Seigneur, le Sauveur Jésus-Christ."
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Ecrits gnostiques. Pléiade, Gallimard, 2007, pages 105 et 106
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(à suivre).
Passionnante, cette revisite (je n'ose dire re-visitation, évidemment ...) de la résurrection. Je suivrai ...
(Elle est perlée sur Pearltrees, évidemment, mais il y a problème de classement et d'organisation logique, dans cette arbre des CRC ...).
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Merci beaucoup de faire suivre.
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Effectivement, tout ceciest dans le plus complet désordre, tout simplement parce que c'est la matière brute sur laquelle je travaille en ce moment. La mise en ordre viendra plus tard, et il y aura des mises en ordre partielles.
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L'idée générale, c'est "croire quand même", en "croyant autrement".
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Il ne faut plus croire, en prenant pour base l'ignorance. En revanche, on peut très bien croire, en se fondant sur sa propre expérience, sur sa propre relation avec la transcendance. Dans ce cas, il ne faut pas s'embêter avec toutes sortes de connaissances, nullement indispensables, plutôt au contraire.
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Mais, dans le cas où l'on choisit la connaissance, il ne faut pas la biaiser. Il faut l'affronter, même quand elle semble détruire la foi. Donc, l'idée, ici, est de chercher à comprendre ce qu'était la foi au temps de Jésus.
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Ces premiers chrétiens, que croyaient-ils, pourquoi croyaient-ils, comment croyaient-ils ? Manifestement, ils croyaient autre chose et autrement. Mais ces différences pourraient être, au fond, très secondaires.
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jpylg
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"Ceux qui disent que le Seigneur est mort d'abord, puis qu'il est ressuscité sont dans l'erreur, car il est ressuscité d'abord, puis il est mort" (…)
Il y en a certains qui ont peur de ressusciter nus ; c'est pourquoi ils veulent ressusciter dans la chair. Mais ils ne savent pas que ce sont ceux qui sont revêtus de la chaïr qui sont nus. (…)
Jésus les a tous pris grâce à un subterfuge, car il n'est pas apparu tel qu'il était, mais c'est tel qu'on serait capable de le voir qu'il s'est montré. C'est à tous qu'il est apparu, aux petits sous l'aspect d'un petit ; il est apparu aux anges sous l'aspect d'un ange et aux hommes sous l'aspect d'un homme. C'est pourquoi son Verbe est resté caché à tous. Certains l'ont vu en croyant se voir eux-mêmes (…)"
Ecrits gnostiques, Pléiade, Gallimard 2007, L'Evangile selon Philippe
(pages 349- 350)
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( à suivre)
"Après sa résurrection d'entre les morts, ses douze disciples et sept femmes qui étaient assidus à son enseignement, montèrent en Galilée sur la montagne dite "de moisson et de joie". Comme ils étaient perplexes au sujet du fondement du tout, de l'économie, de la providence sainte, de la vertu des autorités, au sujet de toutes choses que le Sauveur avait accomplies parmi eux - mystère de l'économie sainte - , le Sauveur se manifesta à eux, non pas sous sa forme première, mais en celle de l'Esprit invisible.
Son apparence était comparable à celle d'un grand ange lumineux. Je ne puis décrire son aspect ; nulle chair mortelle ne peut en être le support, sauf une chair parfaitement pure, d'un caractère spécifique, comme celle qui nous l'a fait connaître sur le mont dit "des Oliviers", en Galilée. Il dit : "Pai à vous ! La paix qui est la mienne, je vous la donne !" Ils furent tous saisis d'étonnement et prirent peur.
Le Sauveur sourit et leur dit : "Sur quoi méditez-vous Pourquoi êtes-vous dans le doute ? Que cherchez-vous ?" Philippe répondit : "Nous méditons sur le fondement du tout et l'économie du Sauveur". Il reprit : "Je veux que vous sachiez tous que les hommes engendrés sur la terre, depuis la fondation du monde jusqu'à maintenant n'ont pas trouvé Dieu, bien qu'ils aient pensé à chercher qui il est et comment il est. Parmi eux, les sages firent des spéculations basées sur le gouvernement du monde et (son) mouvement ; mais leurs spéculations ne sont pas parvenues à saisir la vérité.
(…)
Or, moi, c'est de la lumière infinie que je suis venu, moi qui la connais, pour vous enseigner l'exacte vérité (…)
(…)
Matthiu lui dit : "Christ, personne ne peut trouver la vérité, sinon par ton intermédiaire. Enseigne-nous donc la vérité". Le Sauveur répondit : "Celui qui est, l'Indicible, nulle principauté ne l'a connu, nulle autorité, nul pouvoir subalterne, nulle puissance, nulle crétaure depuis la fondation du monde ne l'a connu jusqu'à maintenant , si ce n'est lui seul et aussi celui qui lui plaît, grâce à moi qui suis venu de la lumière primordiale. Dès maintenant, il se fera connaître à vous par mon intermédiaire. C'est moi le Grand Sauveur. L'Indicible est immortel. Il est éternel parce qu'il est sans engendrement, car quiconque est engendré périra. Or, l'Inengendré n'a pas de commencement, car quiconque a un commencement a une fin. Et personne ne règne sur lui. Il n'a pas de nom, car celui qui a un nom est la rédemption d'un autre. Il est innommable. Il n'a pas de forme humaine, car celui qui a un nom est la rédemption d'un autre. Il est innommable. Il n'a pas de forme humaine, car celui qui a une forme humaine est la créature d'un autre. Il a une apparence spécifique, non pas comme vous en avez vu ni comme vous en avez reçu, mais une apparence étrangère, transcendant toutes réalités et supérieure aux totalités, dotée de perceptions illimitées, qui se contemple elle-même. Il est illimité. Il est incorruptible. Il est insaisissable. Il possède la pérennité. Rien ne lui ressemble. Il est bienveillant et immuable. Il est indéfectible. Il est éternel. Il est bienheureux. Il est inconcevable. Il se conçoit lui-même. Il est incommensurable. Il est inaccessible. Il est parfait puisque sans déficience. Il est bienheureux et sans impureté. C'est "le Père du tout" qu'on l'appelle".
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Ecrits gnostiques, Pléiade, Gallimard 2007 -- Sagesse de Jésus-Christ, page 631, 632, 633.
(à suivre)
"Matthieu lui dit : "Comment l'Homme est-il venu à l'existence ?" Le Sauveur parfait répondit : "Je veux que vous sachiez que le Père né-de-lui-même, créé-de-lui-même, celui qui se révéla avant tout, dans l'infini, plein de lumière irradiante, indicible, a conçu le commencement pour que sa représentation accède à l'existence comme une grande puissance. Spontanément, la lumière de ce commencement se révéla en un premier Homme immortel androgyne, afin que, par cet immortel, les hommes pussent atteindre le salut et s'éveiller de l'oubli grâce à l'interprète envoyé qui est auprès de vous jusqu'à ce que prenne fin la pauvreté des brigands. Sa compagne est la Sagesse, la grande, destinée par le Père autogénéré, depuis le commencement en lui, à former une union.
(…)
Alors Barthélémy lui dit : "Comment a-t-on appelé l'Homme et le Fils de l'Homme dans l'Evangile ? Et ce fils, de qui est-il ? " Celui qui est saint répondit : "Je veux que vous compreniez qu'il est le premier Homme et qu'on l'appelle "le Génieur, leur Intellect". Il conçut avec la mère, la Sagesse, sa compagne et donna vie à son fils, le premier géniteur androyne, dont le nom masculin est "Premier Géniteur", "le Fils de Dieu" - c'est-à-dire le Christ. Son nom féminin est "Première Génitrice", "la Sagesse", la "Mère du tout" ; certains l'appellent l'Amour".
"Le premier géniteur, on l'appelle "Le Christ". Parce qu'il détient l'autorité de son père, il se créa une multitude d'anges innombrables pour son service, grâce à l'esprit et à la lumière.
Ses disciples lui dirent : "Christ, instruis-nous sur le Père appelé "L'Homme", afin que nous aussi connaissions exactement sa Gloire." Le Sauveur répondit : "Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! Le Père, le premier géniteur, on l'appelle "Adam, l'Œil de la lumière, parce qu'il a jailli de la lumière. Tout son royaume appartient à la lumière irradiante et à ses anges saints, indicibles et sans nombre.
(…)
A nouveau, ses disciples dirent :" Christ, dis-nous clairement comment les préexistants sont descendus depuis les immortels vers le monde mortel". Le Sauveur parfait répondit : "Le Fils de l'Homme se mit d'accord avec la Sagesse, sa compagne et se fit connaître comme une grande lumière androgyne. Son aspect masculin, d'une part, est appelé "Le Sauveur", "le Géniteur universel". Par ailleurs, son aspect féminin, c'est "la Sagesse", "La Génitrice universelle" ; certains l'appellent "La Confiance". Quiconque doit venir au monde est envoyé par lui comme une goutte venant de la lumière vers le monde du souverain universel, afin d'être gardé par celui-ci."
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Ecrits gnostiques, Pléiade, Gallimard 2007 -- Sagesse de Jésus-Christ,, pages 637, 639, 640, 641, 642.
"Or, le Seigneur ressuscita d'entre les morts, le troisième jour (…) Le dimanche matin, alors qu'il faisait sombre encore, les saintes femmes sortirent pour aller au tombeau : Marie de Magdala et Marie de Jacques, celle qu'il avait sauvée des mains de Satan, et Salomé la tentatrice et Marie - celle qui sert - et Marthe, sa soeur, et Suzanne, la femme de Chouza, l'intendant d'Hérode, qui s'était éloignée du lit conjugal, et Bérénice, celle dont l'écoulement de sang avait cessé à Capharnaüm, et Lia la veuve, celle dont Dieu avait ressuscité le fils d'entre les morts, et la femme pécheresse à qui le Sauveur avait dit : "Tes nombreux péchés te sont pardonnés, va en paix !" Elles se tenaient dans le jardin de Philogène le jardinier dont le Sauveur avait guéri le fils, Simon, au moment où il descendait de la montagne des Oliviers avec tous ses apôtres.
Marie dit à Philogène : "Si c'est vraiment toi, je ne te connais!" Philogène lui dit : " Tu es Marie, la mère de Thardamarimath, ce qui se traduit par "la joie, la bénédiction et l'allégresse". Marie lui dit : "Si vraiment c'est toi qui as enlevé le corps de mon Seigneur, dis-moi où tu l'as déposé et moi, je l'emporterai".
Philogène lui dit : "ô, ma soeur ! quelles sont ces paroles que tu prononces, ô vierge sainte du Christ ! Car, dès le moment où les Juifs ont crucifié Jésus, ils n'ont pas cessé de courir à la recherche d'un tombeau sûr pour l'y déposer, à cause de ses disciples, de peut qu'ils ne viennent et ne l'emportent en secret, de nuit. Alors moi, je leur ai dit : "Il y a un tombeau à proximité de mon jardin potager, apportez-le et déposez-le dedans. Moi je veillerai sur lui. Mais je pensais dans mon coeur : "Quand les Juifs s'en iront pour regagner leurs maisons, j'entrerai dans le tombeau de mon Seigneur, je l'emporterai et je lui appliquerai des aromates et une quantité de parfums". Alors, ils l'apportèrent et ils l'y déposèrent, ils scellèrent le tombeau et ils regagnèrent leurs maisons.
Alors, au milieu de la nuit, je me levai, je me rendis devant la porte du tombeau de mon Seigneur, et j'y trouvai l'armée entière des anges qui était déployée. Le premier rang, celui des chérubins, était de douze mille. Le deuxième rang, celui des séraphins, était de treize mille. Le troisième rang, celui des Puissances, était de vingt mille. Et le quatrième rang encore, celui des vierges, était de trente mille. Ils étaient des milliers de milliers, ceux qui l'entouraient, et des myriades de myriades, ceux qui étaient assemblés près de lui. Un grand char de feu se tenait là, resplendissant de lumière. Et douze vierges étaient debout sur le char, chantant des hymnes dans la langue des séraphins qui répondaient à toutes : "Amen ! Alleluia".
Alors, je vis aussi les sept firmaments du ciel s'ouvrir l'un après l'autre. Le Père sortit des hauteurs et de sa tente de lumière. Il vint au tombeau du Sauveur et le ressuscita d'entre les morts. Toutes ces gloires, je les ai vues, ô ma soeur Marie. Si je n'avais pas vu là Pierre, le grand interprète de Jésus, qui me saisit et me secourut, j'aurais certainement défailli et je serais mort, en raison de ces grands mystères et de cette grande gloire d'aspect multiple que j'ai vue. Ô, Marie, ma soeur, que vais-je faire jusqu'à ce que j'aille en ce lieu-là ?" Voilà ce que Philogène dit à Marie.
Le Sauveur vint en leur présence, monté sur le grand char du Père de l'Univers, il s'écria dans la langue de la langue de sa divinité : "Mari Khar Mariath !" ce qui se traduit par : "Mariham, la Mère du Fils de Dieu ! " Or, Marie comprit la signification de la parole et elle dit : "Hrambounei Kathiathari Miöth"", ce qui se traduit par : "Le Fils du Tout-Puissant, le Maître et mon Fils !"
Il lui dit : "Salut ma mère ! Salut mon arche sainte ! Salut, toi qui as porté la vie du monde entier ! Salut mon vêtement saint, dont je me suis enveloppé ! Salut mon vase d'eau, plein et saint ! Salut ma mère, ma maison, ma demeure ! Salut ma mère, ma ville, mon refuge ! Salut, toi qui as reçu en toi les sept éons en une créature unique. Salut, ô ma mère, la tablesse assignée au Paradis du septième ciel", ce qui se traduit par Khömthômakh", le paradis entier se réjoui à cause d'elle". Je te le dis, ô ma mère, celui qui t'aime aime la vie ! Salut, toi qui as porté la vie de l'Univers dans ton ventre !
Ô, ma mère, lève-toi et va dire à mes frères que je suis ressuscité d'entre les morts. Dis-leur : "J'irai vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu et vers mon Seigneur qui est votre Seigneur. Et souvenez-vous de toutes les paroles que je vous ai dites. Car je viendrai vers vous demain, à l'aube, qui est aussi l'heure où j'étends ma main droite de lumière pour que le soleil se lève sur la terre. C'est aussi l'heure où, assis à la droite de mon Père, j'agite mon vêtement spirituel pour que la rosée du Paradis du septième ciel descende sur la terre entière, que celle-ci s'enivre et donne des fruits de vie".
Ecrits apocryphes chrétiens I. Pléiade Gallimard 1997 , Le Livre de la Résurrection de Barthélémy - pages 318 à 325,
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"Nous savons donc qu'il est celui qui a été crucifié dans les jours de Ponce Pilate et du prince Archelaüs, qui a été crucifié entre deux voleurs et avec eux il a été descendu du bois de la croix, et a été enseveli en un lieu nommé Qarânjo, où trois femmes sont allées, Sara, Marthe et Marie de Magdala. Elles ont apporté des aromates, afin d'en imprégner son corps, pleurant et se lamentant de ce qui était arrivé. Alors qu'elles approchaient de la tombe, elles trouvèrent la pierre à l'endroit où on l'avait roulée depuis la tombe ; elles ouvrirent la porte, mais ne trouvèrent pas son corps.
Tandis qu'elles se lamentaient et pleuraient, le Seigneur leur apparut et leur dit : "Ne pleurez pas, c'et moi qui suis celui que vous cherchez ! Que l'une de vous aille vers vos frères et leur dise : "Venez, le Maître est ressuscité des morts ! " Marie vint vers nous et nous informa. Mais nous lui avons dit : "Qu'y a-t-il entre nous et toi, ô femme ? " Celui qui est mort et a été enseveli, peut-il donc vivre ?" Et nous ne l'avons pas crue quand elle affirmait que notre Sauveur était ressuscité des morts. Elle s'en retourna alors vers notre Seigneur et lui dit : "Aucun d'entre eux ne m'a crue, quant à ta résurrection." Et il lui dit : "Qu'une autre de vous aille le leur redire." Sara vint et nous raconta la même chose, mais nous l'avons accusée de mensonge. Elle s'en retourna vers notre Seigneur, et lui parla comme Marie.
Le Seigneur dit alors à Marie et à ses soeurs : "Nous-mêmes, allons vers eux !" ET il vint et nous trouva tandis que nous nous voilions la face. Et nous avons douté, et nous n'avons pas cru que c'était lui. C'était lui cependant. Aussi nous dit-il : "Venez et ne craignez rien. C'est moi, votre Maître, que toi, Pierre tu as renié trois fois avant que le coq ne chante ; et maintenant, me renieras-tu à nouveau ? Ne me reconnaissez-vous pas, moi qui vous ai annoncé ce qui se rapporte à mon corps, à ma mort et à ma résurrection. Afin que vous reconnaissiez que c'est bien moi, Pierre, mets ta main dans le trou de mes mains, et toi, Thomas, dans mon côté, et toi aussi, André, vois si mon pied foule la terre et y laisse une empreinte. Car il est écrit dans le prophète : "Un spectre, un démon, ne laisse pas d'empreinte de pas sur la terre."
Nous l'avons donc touché pour reconnaître qu'il est vraiment ressuscité dans son corps. Puis nous sommes tombés sur notre face devant lui, en lui demandant pardon et l'implorant, car nous ne l'avions pas cru. Alors notre Seigneur et Sauveur nous a dit : "Relevez-vous, que je vous révèle ce qui est sur la terre et ce qui est en haut dans les cieux et votre résurrection qui a sa place dans le royaume des cieux. C'est pour cela que mon Père m'a envoyé, pour que, vous et ceux qui croient en moi, je les y fasse monter".
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Ecrits apocryphes chrétiens, Pléiade, Gallimard, 1997 - Epître des Apôtres -pages 369, 379, 371
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(à suivre)
"Or, les scribes, les pharisiens et les anciens s'étaient réunis à la nouvelle que tout le peuple murmurait et se frappait la poitrine en disant " Si à sa mort ces très grands signes se sont produits, voyez combien il était juste". Les anciens furent effrayés et allèrent chez Pilate le prier en ces termes : "Donne-nous des soldats pour garder son tombeau durant trois jours, de peur que ses disciples ne viennent le dérober et que le peuple ne s'imagine qu'il est ressuscité des morts t qu'il ne nous fasse du mal." Pilate leur donna le centurion Pétronius avec des soldats pour garder le sépulcre ; et, avec eux, les anciens et les scribes allèrent au tombeau. Et, ayant roulé une grande pierre avec le centurion et les soldats, tous ceux qui étaient là la placèrent ensemble contre la porte du tombeau. Et ils y apposèrent sept sceaux et, après avoir dressé là une tente, ils montèrent la garde. De bon matin, à l'aubre du sabbat, une foule vint de Jérusalem et des environs pour voir le tombeau scellé.
Or, dans la nuit où commençait le dimanche, tandis que les soldats montaient à tour de rôle la garde par équipes de deux, il y eut un grand bruit dans le ciel. Et ils virent les cieux s'ouvrirent et deux hommes, brillant d'un éclat intens, en descendre et s'approcher du tombeau. La pierre, celle qui avait été poussée contre la porte, roula d'elle-même et se retira de côté. Et le tombeau s'ouvrit et les deux jeunes gens entrèrent. Alors, à cette vue, les soldats réveillèrent le centurion et les anciens, car eux aussi étaient là à monter la garde. Et, tandis qu'ils racontaient ce qu'ils avaient vu, à nouveau ils virent : du tombeau sortirent trois hommes, et les deux soutenaient l'autre, et une croix les suivait. Et la tête des deux atteignaient jusqu'au ciel, alors que celle de celui qu'ils conduisaient par la main dépassait les cieux. Et ils entendirent une voix venue des cieux qui dit : "As-tu prêché à ceux qui dorment ?" Et on entendit une réponse venant de la soirs : "Oui". Alors, ils se mirent à débattre entre eux s'il fallait s'en aller et exposer ces faits à Pilate. Et tandis qu'ils réfléchissaient encore, on vit les cieux s'ouvrirent et un homme descendre et entrer dans le tombeau.
Après envoi vu cela, le centurion et son entourage se rendirent en hâte chez Pilate pendant la nuit, abandonnant le tombeau qu'ils gardaient ; et ils racontèrent tout ce qu'ils avaient vu, en proyer à une grande inquiétude et disant : "Vraiment, il était le Fils de Dieu". Pilate répondit : "Pour moi, je suis pur du sang du Fils d Dieu, c'est vous qui en avez décidé ainsi" (…) Alors Pilate ordonna au centurion et aux soldats de ne rien dire".
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(à suivre)
Ecrits apocryphes chrétiens. Gallimard Pléiade, 1997 -- Evangile de Pierre, pages 251, 252, 253
"Le dimanche, au petit matin, Marie Madeleine, disciple du Seigneur - effrayée à cause des Juifs, qui étaient enflammés de colère, elle n'avait pas fait au tombeau du Seigneur ce que les femmes ont coutume de faire pour les morts qu'elles aiment - prit avec elle ses amies et se rendit au sépulcre où il avait été déposé. Et elles craignaient d'être vues par les Juifs et disaient : "Bien que, le jour où il a été crucifié, nous n'ayons pas pu pleurer et nous frapper la poitrine, qu'au moins maintenant nous le fassions à son tombeau ! Mais qui donc roulera pour nous la pierre placée contre la porte du sépulcre, afin que, une fois entrées, nous nous asseyions auprès de lui et que nous fassions ce qui se doit ? Car elle était grande, cette pierre ! Et nous craignions qu'on ne nous voie. Même si nous ne pouvons pas entrer, jetons au moins à la porte ce que nous apportons en mémoire de lui, pleurons et frappons-nous la poitrine jusqu'à notre retour à la maison". Et s'en étant allées, elles trouvèrent le tombeau ouvert et, s'étant approchées, elles se penchèrent pour y regarder ; et elles virent là, assis au milieu du tombeau, un jeune homme beau et revêtu d'une robe resplendissante, qui leur dit : "Pourquoi êtes-vous venues ? Qui cherchez-vous ? Ne serait-ce pas celui qui a été crucifié ? Il est ressuscité et s'en est allé. Si vous ne croyez pas, penchez-vous et voyez la place où il était déposé. Il n'y est pas. En effet, il est ressuscité et s'en est allé là d'où il a été envoyé." Alors, les femmes, effrayées, s'enfuirent.
Or, c'était le dernier jour des Azymes et beaucoup de gens s'en retournaient à la maison, la fête terminée. Nous, les douze disciples du Seigneur, nous pleurions et étions dans l'affliction. Et chacun, affligé par ce qui était arrivé, rentra à la maison. Quant à moi, Simon Pierre et à André, mon frère, nous prîmes nos filets et nous allâmes à la mer; et il y avait avec Nous, Lévi, fils d'Alphée, que le Seigneur…"
(Ici se termine la version dont nous disposons)
Ecrits apocryphes chrétiens. Gallimard Pléiade, 1997 -- Evangile de Pierre, pages 253 et 254
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Rappelons que, pour l'Eglise catholique Romaine, la résurrection est un phénomène qui s'est réellement passé dans l'ordre physique et historique et qu'on en a la preuve, en raison des témoignages crédibles qui l'attestent (articles 639 et 643) du catéchisme de l'Eglise catholique de 1992.
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J'ai fait remarquer précédemment, tout d'abord, que parmi les quatre évangiles, dits canoniques, pas un ne faisait de la résurrection le même récit qu'aucun des autres. Il y aurait lieu de dire beaucoup de choses sur la question de la "canonicité". Je le ferai éventuellement plus tard.
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Il y a aussi beaucoup de choses à dire sur la datation des évangiles canoniques et celle des évangiles dits apocryphes. Je remets éventuellement cela à une date ultérieure également.
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Ce que je veux dire toute de suite, c'est qu'il est particulièrement léger de souscrire à l'idée imposée par l'histoire conventionnelle qui voudrait que les évangiles canoniques aient été écrits les premiers, tous terminés avant l'an 100 et que les évangiles apocryphes en seraient des copies déformées.
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La réalité est que la plupart de ces textes ne sont pas datables à, au moins cent ans près. Toute cette littérature, canonique et apocryphe, doit être considérée comme rédigée (plus ou moins comme nous la connaissons) pour sa majeure partie entre 50 et 150. Avec des écarts dans un sens ou dans l'autre pour certains titres.
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Quoiqu'il en soit, concernant la résurrection, ce n'est pas de quatre récits dont nous disposons, lesquels divergeraient, mais d'au moins dix (et plus en réalité) qui sont tous divergents.
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Ceux que j'ai cités sont : l'Evangile de Pierre, l'Epître des Apôtres, le livre de la résurrection de Barthélémy, la Sagesse de Jésus-Christ, l'Evangile selon Philippe et le Traité sur la résurrection.
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Si l'on ne me croit pas sur la question de la date de rédaction des textes, peut-être croira-t-on les auteurs qui ont dirigé la publication des "Ecrits Apocryphes Chrétiens", François BOVON et Pierre GEOLTRAIN qui écrivent dans la page XIX de leur introduction générale (Ecrits Apocryphes chrétiens, Gallimard, 1997) :
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"On reconnaît volontiers aujourd'hui que maints apocryphes sont contemporains des textes canonisés et que certains peuvent même être plus anciens que ces derniers…"
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jpylg
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Avant de citer un certain nombre de récits de résurrections que l'on trouve dans la littérature antique profane, je rappelle les conclusions des épisodes précédents.
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La résurrection est considérée, dans l'antiquité, comme un phénomène exceptionnel mais nullement impossible. D'où l'invraisemblance de la thèse qui voudrait qu'une religion nouvelle débute sur la base du récit de la résurrection d'un personnage qui, par le même fait, montrerait sa nature divine. C'est insoutenable.
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Ce qui est, en revanche, à signaler c'est que le rationalisme commençant à faire sentir ses effets, la possibilité de la résurrection des morts commence à être mise en doute. Il n'y a pas, comme le dit l'histoire conventionnelle, une controverse uniquement entre les Sadducéens (qui n'y croient pas) et les Pharisiens (qui y croient). Mais cette controverse existe dans toute la culture gréco-romaine de l'époque.
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J'ai dit aussi, précédemment a) qu'il y avait sept récits de résurrection dans le Nouveau Testament ; b) que concernant les 4 récits de résurrection de Jésus dans les 4 évangiles canoniques , aucun ne ressemblait aux autres. c) qu'il y a au moins 6 autres évangiles parmi ceux qu'on appelle "évangiles apocryphes" qui font état de récits de résurrection de Jésus, encore également très différents les uns des autres, mais où l'historien n'a aucune raison de ne pas rechercher des éléments d'historicité aussi bien que dans les évangiles dits canoniques.
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Bref, avant de parler de la résurrection dans la littérature profane gréco-romaine, je rappelle qu'il y, évidemment, des récits de résurrection dans l'Ancien Testament, et tout particulièrement l'un qui aurait bien pu inspirer l'auteur de l'évangile dit de Luc, dans l'épisode dit de "la résurrection du fils de la veuve de Naïn" (Luc, VII, 11-17), épisode qui est, d'ailleurs et soit dit en passant, ignoré des trois autres évangélistes. (Je rappelle que Naïn est un bled de Palestine). Le récit de l'Ancien Testament qui aurait fort bien pu inspirer ledit Luc se trouve dans I Rois, XVII, 17-24. C'est la résurrection du fils de la veuve de Sarepta. Cette femme conclut, quand son fils retrouve la vie, s'adressant au prophète Elie : "Oui, maintenant je sais que tu es un homme de Dieu". (Et dans Luc : " Un grand prophète s'est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple".)
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Un autre récit de résurrection assez similaire se trouve dans II Rois, IV, 18-37) et concerne cette fois le prophète Elisée qui ressuscite le fils de la shounamite (habitante de Shounem).
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(à suivre)
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J'ai déjà eu l'occasion de publier sur ce forum le passage de la Lettre de Clément de Rome aux Corinthiens qui fait allusion à la résurrection du Phénix. (Clément de Rome est supposé être le 3ème successeur de saint Pierre, autrement dit le quatrième "pape" et la lettre aurait été écrite vers l'an 100).
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Je republie cet extrait, parce qu'il me semble que cela manquerait dans ce contexte. Il explique non pas qu'il faut croire à la résurrection parce que le Christ est ressuscité, mais qu'il faut croire à la résurrection du Christ parce que la résurrection existe ; c'est un fait d'expérience et, en matière de preuve, il allègue de la résurrection périodique, tous les cinq cents ans du phénix :
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XXV, 1. Considérons le signe prodigieux que nous offrent les régions de l'Orient, c'est-à-dire l'Arabie. 2. Il y a là bas, un oiseau qu'on nomme phénix. Il est seul de son espèce et vit cinq cents ans ; et lorsqu'il approche du terme de sa vie, il construit lui-même son cercueil où il pénètre, son temps accompli, pour mourir. 3. De sa chair corrompue naît un ver qui se nourrit de la charogne de l'oiseau mort, puis se couvre de plumes; et lorsqu'il est devenu fort, il soulève le cercueil remplides ossements de son ancêtre, et l'emporte loin de l'Arabie, en Égypte, jusqu'à la ville nommée Héliopolis. 4. Là, en plein jour, aux yeux de tous, il s'en vient à tire-d'aile le déposer sur l'autel du soleil, puis il reprend son vol pour le retour. 5. Alors les prêtres consultent leurs annales et constatent qu'il est venu après cinq cents ans révolus.
XXVI, 1. Sera-ce donc à nos yeux prodige et merveille, que le Créateur de toutes choses ressuscite ceux qui l'ont servi
saintement, avec la confiance de la foi parfaite, Lui qui nous a montré dans un simple oiseau la magnificence de sa promesse ? 2. En effet, il est dit : " Tu me ressusciteras et je te louerai ! " (cf. Ps 27, 7) Et encore : " J'étais couché et je dormais (Ps 3, 6) ; je me suis réveillé parce que tu es avec moi " (Ps 22, 4). (Clément de Rome, lettre aux Corinthiens).
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Il n'est pas le seul dans le cas : d'autres pères de l'Eglise ont recours à la résurrection du phénix dans leur argumentation sur la résurrection de Jéus, Tertullien, Commode, Cyrille.
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Comme je le disais précédemment, le rationalisme faisant des progrès, plus le temps passe, plus la résurrection est l'objet de scepticisme ; on s'en aperçoit par exemple en lisant quelques lignes qu'Augustin d'Hippone adresse à un correspondant, dans un texte écrit en 419. Augustin croit à la résurrection du phénix, mais nourrit cependant quelques doutes :
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"Ce que vous dites du phénix, écrit-il, n'a aucun rapport avec ce qui nous occupe ; il prouve la résurrection des morts, mais ne fait rien au sexe des âmes. Puis, est-il bien certain que le phénix renaisse de ses cendres comme on le dit ? Vous avez voulu attirer à votre discours la faveur et les applaudissements par ces déclarations de jeune homme sur le phénix, voilà ce qui me semble de plus clair. Vous n'oserez dire de cet oiseau qu'il a les organes du sexe masculin ou féminin sans avoir le sexe lui-même ; or, faites attenion à ce que vous voulez dire, établir, persuader..."
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(L'interlocteur est, en effet, un jeune moine du nom de René qui fait son apprentissage). "De l'âme et du corps" IV, XX)
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à suivre
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jpylg
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J'ai dit plus tôt qu'au IV-Vème siècle, on commence à douter sérieusement de la résurrection (certains, d'ailleurs, en doutent même bien avant) et j'ai cité le cas de saint Augustin qui ne croit plus à la résurrection du Phénix. Par contre, il croit toujours que la résurrection intervient plutôt couramment, notamment grâce aux prières des chrétiens, puisqu'il cite une dizaine de cas dans La Cité de Dieu. J'y reviendrai.
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Mais je voudrais aborder la question de la résurrection dans la littérature profane gréco-romaine. Il y a d'abord le célèbre personnage d'Er, dans la République de Platon, qui mort, descendu aux enfers et ressuscité, reçoit pour mission d'avertir les humains de ce qui les attend dans l'au-dela.
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C'est dans le livre X de la République ; c'est Platon qui est supposé parler :
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" Ce n'est point, dis-je, le récit d'Alkinoos que je vais te faire, mais celui d'un homme vaillant, Er, fils d'Arménios, originaire de Pamphylie. Il était mort dans une bataille ; dix jours après, comme on enlevait les cadavres déjà putréfiés, le sien fut retrouvé intact. On le porta chez lui pour l'ensevelir, mais le douzième jour, alors qu'il était étendu sur le bûcher, il revint à la vie ; quand il eut repris ses sens il raconta ce qu'il avait vu là-bas. Aussitôt, dit-il, que son âme était sortie de son corps, elle avait cheminé avec beaucoup d'autres, et elles étaient arrivées en un lieu divin où se voyaient dans la terre deux ouvertures situées côte à côte, et dans le ciel, en haut, deux autres qui leur faisaient face. Au milieu étaient assis des juges qui, après avoir rendu leur sentence, ordonnaient aux justes de prendre à droite la route qui montait à travers le ciel, après leur avoir attaché par devant un écriteau contenant leur jugement ; et aux méchants de prendre à gauche la route descendante, portant eux aussi, mais par derrière, un écriteau où étaient marquées toutes leurs actions. Comme il s'approchait à son tour, les juges lui dirent qu'il devait être pour les hommes le messager de l'au-delà, et ils lui recommandèrent d'écouter et d'observer tout ce qui se passait en ce lieu. Il y vit donc les âmes qui s'en allaient, une fois jugées, par les deux ouvertures correspondantes du ciel et de la terre ; par les deux autres des âmes entraient, qui d'un côté montaient des profondeurs de la terre, couvertes d'ordure et de poussière, et de l'autre descendaient, pures, du ciel ; et toutes ces âmes qui sans cesse arrivaient, semblaient avoir fait un long voyage ; elles gagnaietit avec joie la prairie et y campaient comme dans une assemblée de fête. Celles qui se connaissaient se souhaitaient mutuellement la bienvenue et s'enquéraient les unes qui venaient du sein de la terre, de ce qui se passait au ciel, et les autres qui venaient du ciel, de ce qui se passait sous terre. Celles-là racontaient leurs aventures en gémissant et en pleurant, au souvenir des maux sans nombre et de toutes sortes qu'elle avaient soufferts ou vu souffrir au cours de leur voyage souterrain - voyage dont la durée est de mille ans -, tandis que celles-ci, qui venaient du ciel, parlaient de plaisirs délicieux et de visions d'une extraordinaire splendeur. Elles disaient beaucoup de choses, Glaucon, qui demanderaient beaucoup de temps à être rapportées. Mais en voici, d'après Er, le résumé. Pour tel nombre d'injustices qu'elle avait commises au détriment d'une personne, et pour tel nombre de personnes au détriment de qui elle avait commis l'injustice, chaque âme recevait, pour chaque faute à tour de rôle, dix fois sa punition, et chaque punition durait cent ans - c'est-à-dire la durée de la vie humaine - afin que la rançon fût le décuple du crime. Par exemple ceux qui avaient causé la mort de beaucoup de personnes - soit en trahissant des cités ou des armées, soit en réduisant des hommes en esclavage, soit en prêtant la main à quelque autre scélératesse - étaient tourmentés au décuple pour chacun de ces crimes. Ceux qui au contraire avaient fait du bien autour d'eux, qui avaient été justes et pieux, en obtenaient dans la même proportion la récompense méritée. Au sujet des enfants morts dès leur naissance, ou n'ayant vécu que peu de jours, Er donnait d'autres détails qui ne valent pas d'être rapportés. Pour l'impiété et la piété à l'égard des dieux et des parents, et pour l'homicide, il y avait, d'après lui, des salaires encore plus grands. "
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(à suivre)
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L'extrait ci-dessous est beaucoup plus tardif que le passage de Platon consacré à la descente aux enfers de Er, le pamphylien, puisqu'il est dû à Plutarque, dont la vie, assez mal connue se situe entre 46 et 126 après Jésus-Christ et se déroule sans doute entre Athènes, Rome, Alexandrie… c'est un philosophe rationaliste, formé à l'école d'Athènes dont l'oeuvre est faite d'importantes biographies (la vie des hommes illustres, d'ouvrages de physique (la lune…- et enfin de morale). C'est dans l'un des traités de morales, intitulé "Sur les délais de la justice divine" que l'on trouve ce voyage aller-retour aux enfers d'un dénommé Thespésios.
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Comme je l'ai signalé précédemment, à mesure que le temps passe, le doute se fait plus fort quant à l'authenticité des résurrections. Aussi Plutarque va présenter son personnage comme n'étant pas mort réellement. C'est justement ainsi que le scepticisme et le rationalisme commencent à s'exprimer. Mais pour les contemporains on peut être persuadé qu'il s'agit du voyage aux enfers d'un mort qui revient à la vie.
"Je repris donc mon discours en ces termes : Thespésius, natif de Soli, en Cilicie, ami intime de ce Protogène que nous avons vu ici
ayant passé sa première jeunesse dans le libertinage, eut bientôt dissipé tout son patrimoine. Réduit à la misère, il devint injuste; et, dans le regret d'avoir perdu son bien, il eut recours, pour s'enrichir, aux voies les moins honnêtes. (…) Aussi acquit-il en peu de temps, sinon beaucoup de richesses, au moins une réputation bien établie de méchanceté et de scélératesse.
Mais rien ne le rendit plus fameux que la réponse que lui
fit faire l'oracle d'Amphiloque. Il avait, dit-on, envoyé demander au dieu s'il vivrait mieux à l'avenir qu'il n'avait fait par le passé. L'oracle répondit que cela irait beaucoup mieux après sa mort. La prédiction s'accomplit en quelque sorte peu de temps après. Étant tombé d'un endroit assez élevé, la tête la première, il n'eut point de blessure grave, mais seulement une contusion qui le fit s'évanouir. On le crut mort ; mais trois jours après, comme on se préparait à l'enterrer, il revint à lui. Il reprit en peu de jours ses esprits et ses forces, et il se fit dans sa vie le changement le plus merveilleux. Dans toute la Cilicie, on ne connut point de son temps d'homme plus juste dans les affaires, plus religieux envers les dieux, plus sûr pour ses amis, et plus redoutable aux ennemis. Tous ceux qui l'avaient connu désiraient de savoir la cause d'un changement si prodigieux, qu'on ne pouvait attribuer à un motif ordinaire. Et cela était vrai, comme on peut en juger par ce qu'il raconta lui-même à Protogène, et à d'autres amis non moins estimables. (…)
descente aux enfers
De là ils allèrent voir les supplices des criminels; ils furent frappés d'horreur à la vue de tant de maux et de douleurs. Bientôt Thespésius y reconnut, avec la plus grande surprise, plusieurs de ses parents, de ses amis et de ses proches, qui, condamnés aux tourments les plus cruels et les plus ignominieux, l'appelaient en gémissant, et versaient des torrents de larmes. Il y vit enfin son propre père, qui, sortant d'une caverne profonde, couvert de plaies et de cicatrices, lui tendait les mains.
(…)
Thespésius, saisi de frayeur, n'osa pas demander grâce pour son père; il voulut même retourner sur ses pas et prendre la fuite. Mais tout à coup, au lieu de ce guide complaisant qui l'avait conduit jusque-là, il aperçut des figures hideuses qui le poussèrent en avant et le forcèrent de parcourir le reste de l'espace.
(…)
Jusque-là Thespésius n'avait été que simple spectateur de tous ces objets ; mais comme il était sur le point de s'en retourner, il éprouva toutes les angoisses de la frayeur. Une femme d'une beauté et d'une taille admirables le prit par la main, en lui disant : « Approchez, je veux que vous conserviez parfaitement le souvenir de tout ce que vous venez de voir. » En même temps elle fit mine de le toucher avec une petite baguette rougie au feu, et semblable à celle dont les peintres se servent
(…) ; mais un autre l'en empêcha. Alors il se sentit saisi par un vent violent et impétueux qui, l'entraînant avec force, le fit rentrer dans son corps, et il ouvrit les yeux au moment même où on allait l'ensevelir . "
Plutarque, Sur les délais de la justice divine (XXII et suivants) traduction de Philippe Remacle)
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Au cas (comme je l'espère et le pense) où il y aurait quelques personnes qui suivraient ce fil, je souhaite apporter quelques précisions qui seront, en partie, des redites : ce n'est pas le phénomène de la résurrection en général dans l'antiquité qui m'intéresse particulièrement, mais celle de Jésus-Christ, fondement de la religion chrétienne.
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J'ai signalé que deux articles du catéchisme de l'Eglise Catholique Romaine de 1992, affirment l'historicité de la résurrection de Jésus-Christ (630 et 643) ; ceci en dépit du fait que bien des chrétiens, depuis longtemps, ont plaidé pour une interprétation symbolique de cet épisode.
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Ce qui n'est pas dit dans le discours religieusement correct des catholiques, c'est que la croyance en la résurrection en général est largement répandue à l'époque, même si elle commence à être sujette à controverse, donc à être niée. Ce qui implique beaucoup de conséquences. Je l'ai déjà dit. Je n'y reviens pas en détail.
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Dans cette controverse, une tendance apparaît qui consiste à dire que la mort n'est pas réelle, mais seulement apparente. C'est le cas dans le récit de Plutarque, ce sera le cas dans d'autres récits que nous verrons. C'est le cas aussi pour Jésus-Christ. D'après les textes canoniques et d'autres, sans oublier le Coran, beaucoup plus tardif, Jésus-Christ n'est pas mort réellement.
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Ce que je tenais à souligner, à propos de ce récit de Plutarque, c'est la descente aux enfers qui inspirera Dante beaucoup plus tard, mais qui était assez courant aussi dans l'antiquité.
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Or, si la descente aux enfers de Jésus-Christ figure bien dans le Credo, elle ne figure pas dans les quatre évangiles canoniques. Jésus-Christ demeure bien mort entre le vendredi après-midi et le dimanche matin, mais il n'est pas dit qu'il visite les enfers. Il est suggéré, plutôt, qu'il soit au paradis :
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Crucifié entre les deux larrons, pendant que le premier l'insulte, le second dit à Jésus : "Souviens-toi de moi quand tu reviendras comme roi". Et Jésus lui répond : "En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis". (Luc, XXIII, 42-43, paroles qui ne se trouvent pas dans les autres récits canoniques).
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(à suivre)
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jpylg
Il y a, il y a, Jean-Paul-Yves, je suis ...
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Après l'extrait de Platon et celui de Plutarque, en voici un de Valère Maxime, historien et moraliste contemporain de Tibère, c'est-à-dire de Jésus.
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"Rome ne vit pas non plus sans étonnement les funérailles d'Acilius Aviola. Regardé comme mort et par les médecins et par la famille, il était demeuré quelque temps exposé à terre avant qu'on le portât sur le bûcher. Dès que le feu eut touché son corps, il s'écria : "Je suis en vie", et il implora le secours de son gouverneur qui était resté seul auprès de lui. Mais éjà, enveloppé par les flammes, il ne put échapper à son destin".
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Valère Maxime, Faits et paroles mémorables, I, VIII, 12
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(à suivre)
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jpylg
Je suis toujours JPYLG, je suis toujours...
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@ anne gentry, @ le concombre masqué.
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OK. Merci.
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jpylg
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Pline l'Ancien, est un encyclopédiste romain (né en 23 après Jésus-Christ, mort en 79). (Oncle de Pline le Jeune, l'un des premiers témoins romains de l'existence des "chrétiens". Dans le livre VII, chapitres 52 et 53, Pline l'Ancien parle de la mort et de l'âme et fait allusion à certains cas qu'on appellerait aujourd'hui "border-line" :
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"Aviola , personnage consulaire, revint à la vie sur le bûcher funéraire; et, comme on ne put le secourir à cause de la violence de la flamme, il fut brûlé vif. On en dit autant de L. Lamia, qui avait été préteur: quant à C. Aelius Tubéron, qui avait exerce la préture, il fut retiré du bûcher, au rapport de Messala Rufus et de la plupart des auteurs. Telle est la condition des mortels : nous naissons pour ces caprices du sort, et dans l'homme il ne faut pas même croire à la mort. Nous trouvons dans les livres que l'âme d'Hermotime le Clazoménien, quittant son corps, allait errer dans les pays lointains, et qu'elle indiquait des choses qui n'auraient pu être connues que par quelqu'un présent sur les lieux ; pendant ce temps : le corps était à demi mort : mais ses ennemis, qui se nommaient Cantharides, saisissant ce moment pour brûler son corps, enlevèrent, pour ainsi dire, l'étui à l'âme qui revenait.
[2] On dit même que l'âme d'Aristée a été vue à Proconnèse, s'envolant de sa bouche, sous la forme d'un corbeau ; récit singulièrement fabuleux, comme le suivant. Car je me fais la même idée pour Épiménide de Gnosse : enfant, et fatigué par la chaleur et la marche, il dormit dans une caverne pendant cinquante-sept ans; au bout de ce temps il se réveilla comme sil n'avait dormi qu'une nuit, étonné de voir tout changé : puis en cinquante-sept jours il devint vieux, de telle façon cependant qu'il atteignit l'âge de cent cinquante-sept ans. Les femmes paraissent être particulièrement sujettes à ces morts apparentes, à cause des déplacements de la matrice : quand on remet cet organe en place, la respiration revient. Cela fait le sujet d'un livre célèbre chez les Grecs, qui est d'Héraclide, où on lit qu'une femme qui était restée privée de sentiment pendant sept jours fut ramenée à la vie.
[3] Varron rapporte que, pendant qu'Il était un des vingt commissaires chargés de la distribution des terres à Capoue, un mort qu'on portait en terre revint de la place publique chez lui à pied; qu'il en arriva autant à Aquinum; qu'à Rome aussi, Corfidius, mari de sa tante maternelle, le prix étant fait pour les funérailles, revint à la vie, et que celui qui avait commandé le convoi fut mis en terre par lui. II ajoute des détails fort singuliers : qu'il convient de rapporter de point en point : Corfidius et son frère étaient de l'ordre équestre ; l'aîné parut avoir expiré, et ouvrit son testament ; son frère cadet, qui était institué héritier, commanda les funérailles ; pendant ce temps, celui qui paraissait mort appela ses esclaves en frappant des mains, et raconta qu'il venait de chez son frère, qui lui avait recommandé sa fille, et qui en même temps lui avait indiqué une cachette où il avait enfoui de l'or en secret, demandant à être enterré avec les funérailles qu'il avait commandées lui même.
[4] Pendant ce récit, les domestiques du frère accoururent en toute bâte, et annoncèrent qu'il venait: d'expirer : on trouva l'or à l'endroit indiqué. Le monde est plein de pareilles prédictions; mais il est inutile de les recueillir, car elles sont le plus souvent fausses, comme nous allons le montrer par un grand exemple. Dans la guerre de Sicile Gabiénus, brave marin de César, fut pris par Sextus Pompée, qui le fit égorger; il resta tout le jour sur le rivage, le cou tenant à peine au tronc;
[5] sur le soir, il demanda avec des gémissements et des prières à la multitude qui était réunie, que Pompée vînt vers lui ou lui envoyât quelqu'un de confiance, disant que les enfers l'avalent relâché, et qu'il apportait des nouvelles. Pompée y fit aller plusieurs de ses amis, auxquels Gabiénus déclara que la cause de Pompée et ce parti honnête plaisaient aux dieux Infernaux ; qu'en conséquence l'événement serait conforme à leurs désirs; qu'il avait reçu l'ordre d'apporter cette nouvelle, et qu'en preuve de la vérité de sa prédiction, il allait expirer aussitôt après s'être acquitté sa commission; ce qui arriva en effet. On apporte aussi des exemples d'apparition des morts: mais nous nous occupons des oeuvres de la nature, et non des miracles."
Pline L'Ancien, Histoire Naturelle, VII, 52-53
(à suivre)
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jpylg
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Je vais achever ici cette petite série sur le statut de la résurrection dans l'antiquité. J'espère avoir démontré que pour la mentalité antique, la résurrection peut être mise en doute par certains mais n'a rien d'impossible pour beaucoup d'autres, qu'on soit juif, chrétien, païen, oriental ou occidental.
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Je pourrais encore citer plusieurs autres récits de résurrection, ou références , chez Pline l'Ancien, d'abord ; mais aussi Lucien de Samosate, Diogène Laërce, Hippocrate, Asclépiade, Jamblique, Philostrate, Artémidore, Celsus. (D'ailleurs, dans certains cas, l'auteur en parle pour en nier la réalité ; mais s'il éprouve ce besoin, c'est qu'il y en a qui y croient). Je voulais simplement dire que la résurrection de Jésus de Nazareth est tout sauf un événement inouï (au sens étymologique : dont on n'aurait jamais entendu parler). Et je pose aussi, par la même occasion, cette question. Pourquoi, l'homme du XXIème siècle devrait-il penser que toutes ces résurrections alléguées étaient le fruit de l'imaginaire, à l'exception d'une seule, celle de Jésus qui aurait réellement eu lieu ?
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Ou encore, si la résurrection était considéré comme un phénomène possible, pourquoi les apôtres de Jésus n'y auraient-ils pas cru ? Pourquoi, y croyant, auraient-ils dû être si bouleversés ? Le fait qu'ils y aient cru constitue-t-il une raison suffisante pour que l'homme du XXIème siècle y croie ?
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Mais j'en reviens à saint Augustin. Les récits de résurrection sont nombreux dans la Cité de Dieu, au moins une dizaine et il y en a certainement beaucoup d'autres, disséminés dans ses traités, discours, lettres. Je n'en donne donc qu'un petit échantillon.
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Saint Augustin est le prince de l'ambiguïté. Il consacre le XXIIème et dernier chapitre de la Cité de Dieu au thème de la Résurrection. C'est surtout de celle de Jésus dont il parle, disant à plusieurs reprises qu'elle est incroyable. Cependant comme il faut que ses auditeurs y croient, il n'est nullement gêné pour dire qu'il a quantité de témoignages de nombreuses résurrections, dont plusieurs se sont passées, selon lui, récemment dans sa bonne ville de Hipone, en Numidie.
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"Alors qu'un dénommé Bassus, un Syrien, priait, à Hippone, à la chapelle du même martyr (*) , pour sa fille malade et en danger, et qu'il avait apporté avec lui, à la chapelle, une tunique de cette fille, voilà que des serviteurs accourent de chez lui pour lui annoncer sa mort. Mais, cependant qu'il priait, des amis à lui arrêtent les serviteurs et les empêchent de le faire, de peur de voir sa douleur éclater en public. Quand il revint dans sa demeure déjà bruissante des lamentations des siens, il jeta sur sa fille son vêtement qu'il rapportait et celle-ci revint à la vie.
Chez nous encore, le fils d'un certain Irénée, collecteur d'impôts, mourut de maladie. Alors que son corps gisait inanimé et que l'on préparait ses funérailles, au milieu des plaintes et des lamentations, l'un des amis d'Irène lui suggéra, au moment des consolations, d'oindre le corps avec de l'huile du même martyr (*). On le fit et il revint à la vie.
Chez nous toujours, l'ancien tribun Eleusinus plaça sur le tombeau des martyrs qui se trouve dans un faubourg, son tout jeune fils mort de maladie et, après une prière accompagnée de flots de larmes l'y releva vivant".
(*) Il s'agit du martyr Etienne.
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Augustin, La Cité de Dieu, Livre XXII, chapitre VIII; Pléiade, Gallimard, 2000, page 1042.
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Parler de raison à propos du catholicisme, c'est finalement assez drôle.
Tout l'édifice religieux de St Pierre repose sur une conception qui s'apparente au "magique".
Le Christ est fils de Dieu, parce qu'il a réalisé des miracles et qu'il serait ressuscité.
Objectivement et d'un point de vue raisonnable, c'est défendable dans une société où l'on ignore certains fondamentaux scientifiques que l'on connaît mieux aujourd'hui.
Si l'on admet que le Christ est d'abord un prophète, alors on redonne un sens au christianisme. Et là effectivement, en tant que philosophie de vie, qui ne s'appuie plus sur une question de magie, on peut retrouver un sens objectivement raisonnable. C'est l'un des intérêts des écrits gnostiques que vous citez.
Un Christ, même fils de Dieu, marié, et père de famille, qui a une hauteur et une profondeur de conception unique, est recevable.
Dans ce sens la raison efficace est parfaitement lisible dans l'Islam. Ce qui lui permet de subsister plus facilement dans une société intellectuellement en demande.
Seulement voilà, la raison n'est qu'une faculté, quand la foi en est une autre, l'une incline au doute qui fait avancer, l'autre à la certitude qui donne le sentiment d'avoir atteint tout ce qu'il y avait à trouver.
Les mélanger, c'est introduire une tension, qui désavantage forcément l'une par rapport à l'autre.
Or le voyage d'une tension d'un pôle à l'autre s'appelle déséquilibre, et c'est la seule manière d'avancer.
Pour avancer d'un pas, il faut tomber en avant avant de se rattraper sans y penser.
Le message chrétien est fascinant, mais il n'est plus crédible.
Alors pourquoi continue-t-il, malgré deux mille ans, d'exister?
C'est qu'il n'y a pas que la raison et la foi.
Et que lorsque l'on commence à chercher, elles passent au second plan.
Comme si les jambes et le mouvement avaient tout dit du corps et de sa vie.
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Je vous remercie pour ce commentaire.
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jpylg