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[Congo-Brazzaville] Sassou et la refonte de la grille salariale

Le dialogue social est le talon d’Achille de l’administration Sassou, n’eût été le fait que le mot soit sur toutes les lèvres. Longtemps promise par Sassou Nguesso, le PCT et les agents du « Chemin d’avenir  », la grande lessive  de la grille salariale de la fonction publique du Congo-Brazzaville n’est jamais venue. Cette réforme tant attendue par les agents de la fonction publique a sans cesse été jetée aux calendres grecques.  En cause : une classe politique souvent trop proche des resquilleurs en col blanc du PCT et qui, d’effet d’annonce en renoncement, ne s’est jamais attaquée à cette  réforme gigantesque avec courage et  abnégation. Denis Sassou Nguesso ayant opté pour une augmentation catégorielle et sélective des salaires. Les militaires d’abord, les magistrats ensuite et au diable les autres agents de l’Etat. Au Congo-Brazzaville, il y a comme un « Apartheid » des agents de la fonction publique. Le dernier renoncement remonte à la date du 31 décembre 2012 à l’occasion du message présidentiel à la nation. Cette fois, est-ce la bonne ?

Les laissés-pour-compte
Parmi les corporations négligées et vouées aux gémonies par Sassou Nguesso et les agents du « Chemin d’avenir  », figurent en très bonne place les enseignants. Un comble pour le Congo-Brazzaville qui aspire au statut de pays émergent. Sur l’air de « tout va bien, Madame La Marquise   », faisant fi de la démagogie passée,  Sassou Nguesso,  sans rire, avait pourtant martelé le 31 décembre 2012 :   « Pour le gouvernement, il n’y a aucun doute que l’Homme est et demeure le noyau central de cette œuvre. C’est pour cela que 2013 sera l’année de l’enseignement de base et de la formation professionnelle. Il ne saurait y avoir de bel avenir pour un pays sans une population bien éduquée, bien formée. » (Congosite.com, 31 décembre 2012). Contradiction, vous avez dit contradiction ?

Fonction publique sur le gril
Il aura fallu le courage et l’endurance du collectif pour la revalorisation de la profession des enseignants (CRPE) qui a porté l’estocade depuis le 25 février 2013 pour qu’enfin, contraints et forcés,  Sassou Nguesso, le PCT et le gouvernement, poussés dans leurs derniers retranchements, ouvrent les négociations et s’engagent dans la voie du dialogue. Pour l’occasion, Florent Ntsiba a ainsi revêtu le dimanche 21 avril 2013 les habits d’ancien porte-parole du CMP pour lire le communiqué du gouvernement annonçant l’ouverture du dialogue. Les négociations globales entre le gouvernement et les partenaires sociaux, en vue de la révision du statut général des agents de la fonction publique, ont été donc ouvertes le 22 avril à Brazzaville par le ministre d’Etat, ministre du travail et de la sécurité sociale, Florent Ntsiba. Une victoire obtenue de haute lutte au prix d’intimidations et d’arrestations des leaders syndicaux
 alors que le gouvernement  tablait sur le pourrissement du mouvement.
Qui a dit : « chacun aura sa part de Nkossa ? »

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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