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Le pouvoir de la complexité

Le monde dans lequel nous vivons se complexifie jour après jour un peu plus. Ce processus conduit à le rendre incompréhensible pour le plus grand nombre. L'élite dominante dont le pouvoir repose sur un monopole de la production des normes administratives et techniques consolide sa propre position à travers ce processus. Le monde serait devenu complexe. Sa compréhension ne serait pas donnée à tout le monde. Seule une minorité partageant la connaissance de ses arcanes aurait légitimité à exercer un pouvoir qui procèderait lui-même de cette faculté supérieure.La majorité quant-à-elle est soumise à des décisions dont les déterminants lui échapperaient dans la mesure où elle n'est pas en capacité d'en saisir la complexité.Si cet argument ne suffit pas, il est toujours possible d'invoquer d'autres motifs qui mettent en jeu l'intérêt d'une nation, la sécurité ou tout autre élément susceptible d'indiquer au quidam à quel niveau existentiel il lui convient de consentir à se situer dans l'échelle d'un rapport au monde dont il n'est pas en capacité de saisir toutes les nuances. De toute façon, ceux qui pensent pour les autres, ceux qui contribuent à créer cette complexité pour mieux s'en considérer comme les seuls médiologues légitimes, ne s'intéressent à la majorité qu'à travers le prisme du savoir, qu'à travers des instruments d'analyse, des chiffres, des données statistiques, des généralités et des réductions d'une réalité qui leur échappe en définitive plus qu'à tout autre.La connaissance est utile à la construction d'une intelligence de cette réalité mais elle ne permet pas d'en saisir les véritables nuances. Celles-ci  procèdent de l'expérience et invitent à se garder de tout discours qui prétendrait rendre compte d'une réalité dont nous savons qu'elle n'est que la contrepartie de nos projections, actions et paroles individuelles et collectives. Quand à considérer que ceux qui en parlent le plus contribuent à la créer pour leur seul pouvoir, il n'y a qu'un pas qu'il convient peut-être de franchir.

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 Propos qui se réfère à la systémique, et à à un auto-didactisme des élites. Mais j'aimerais en savoir plus sur vos propres conclusions.

Ce qui est étonnant finalement, c'est que nous vivons dans une société dans laquelle l'information est devenue centrale. Nous sommes devenus des vecteurs plus que des acteurs, à la fois fin et moyen, nous sommes devenus des médias. peut-être est-ce là une des raisons pour lesquelles l'information dont nous disposons (grâce à Médiapart par exemple) ne se traduit par aucune mobilisation, aucun mouvement susceptible d'ébranler le pouvoir des élites. Nous savons mais de ce savoir, nous ne pouvons rien faire. Nous passons l'information pour mieux en dissiper les effets négatifs, pour mieux se défaire de la conscience de notre impuissance. Jamais dans l'histoire humaine autant de personnes ont eu accès à un tel savoir sur le monde, à une telle connaissance des mécanismes qui ébranlent nos sociétés, des processus qui menacent nos intégrités écologiques et psychologiques. Peut-être est-il définitivement impossible d'agir sur ce qui apparaît comme une néo-réalité, le produit de processus autoréférentiels qui excluent la majeure partie de l'humanité pour aménager un nouvel espace-temps de pensée et d'action réservé à une minorité ? 

 

 Jfcoffin, je partage vos inquiétudes. Une des solutions passe par la création d'un grain de sable dans l'horlogerie systémique. Par exemple créer quelque chose - matériellement - par soi-même. Voyons : un mur de construction non polluant, sans COV, à base de déchets, recyclable.

Cela peut vous changer tout un système, non ?

@ jf coffin, 

Plus simplement, l'impuissance que vous constatez est le produit de l'individualisme, du relativisme, du sentimentalisme tous trois piliers du libéralisme philosophique et politique.

Individualisme : 

Chacun à titre individuel se pense omniscient, omnipotent, c'est une sorte toute puissance de l'enfance qui n'est en fait qu'une illusion. Chacun se pense à parité avec n'importe qui ou n'importe quoi ; se rendant ainsi à la merci de plus fort ou plus malin que lui.

Bref, l'individualisme c'est la loi du plus fort, la jungle, la barbarie. 

Les malins en bandes organisées le savent très bien qui diffusent une pléthore d'informations faisant régner cette illusion.

La solution pour reprendre notre destin en mains est de nous regrouper autour de solidarités de proximité, d'intérêts catégoriels ou de groupements humains.

Bref sortir de l'individualisme. 

Relativisme :

A considérer que toutes les idées se valent, qu'il existe autant de vérités que d'individus, qu'il suffit de laisser le débat se faire et les idées se hiérarchiser entre elles sans notion d'ordre ni de vétité, on aboutit au triomphe de la pensée unique ainsi qu'à la vérité du plus fort ou du plus malin.

A considérer que tout est relatif, le dernier mot est à l'idée slogan la plus réductrice, celle du plus fort : Frappe ... chirurgicale, travailler plus pour ... , si on taxe les profits ... les emplois vont partir ... etc ...

Pour en sortir, rétablissement de la vérité. 

Sentimentalisme :

La primauté donnée à l'affect sur la raison permet toutes les duperies, toutes les manipulations. Ainsi, certains vont trouver bien pour leur sécurité de se foutre à poil devant un scanner et ainsi de suite, les mêmes vont accepter de se voir édicter toute une série de mesures liberticides, c'est bon pour leur sécurité.

le libéralisme qui n'a aucune valeur positive à proposer va pouvoir spéculer sur la haine, la peur, les oppositions catégorielles et ainsi détruire toute possibilité de résistance organisée. 

Le sentimentalisme et l'affect affaiblissent l'individu, primauté à la vérité. 

Individualisme, relativisme sentimentalisme sont les trois piliers du libéralisme triomphant, ils sont tous touis facteurs de destruction sociale.

Le libéralisme conduit à la jungle, à la barbarie, à la loi du plus fort. 

Solidarité sociale, vérité. 

 

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