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La liberté de désirer

Petite réflexion (très) dérivée de la lecture de l'article de Max Dorra « La maladie de la valeur, moderne épidémie » paru dans Le Monde du 3 Mars 2010.

A quoi tenons nous le plus sinon à notre liberté de penser l'avenir à partir d'un univers des possibles le plus large qu'il puisse être, dans la limite de nos existences ?

Qui a-t-il de plus insupportable sinon d'être l'objet d'une volonté qui prétend exercer son dessein sur notre propre destin, sinon de devenir l'objet d'un fantasme devenu réalité, celui qui consiste à penser la vie de l'autre à travers sa propre volonté et ses propres représentations et à les lui imposer à travers un rapport de force ou d'obligation professionnel ou personnel ?

Comment se défaire de l'angoisse d'anéantissement qui procède de toute situation qui fige votre pensée pour lui attribuer un autre contenu ? Comment s'en défaire lorsque ce processus d'attribution s'inscrit dans un rapport de force défavorable, de domination subie ou de dépendance ?

Comment se défaire de l'impression que votre propre pensée à ce point réduite qu'elle n'est plus autorisée à se manifester, tout juste à se soumettre et s'oublier ?

Les dominants tirent leur force de cette disposition archaïque à l'effacement qui procède de la prise en compte du risque qu'il peut y avoir à manifester un désir qui s'oppose à celui qui dispose de la capacité de vous en priver pour mieux vous confronter à l'abîme intérieur qui vous pousse à aller de l'avant.

Le risque est grand de s'opposer et d'affirmer le droit naturel au désir, à une pensée originale dans le contexte de hiérarchies sociales qui affirment l'autorité désirante d'une minorité dont la préoccupation principale consiste à s'épargner toute remise en cause et à évacuer ou à réduire au silence toute parole dissonante.

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