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La confusion comme effet de médiations aliénantes
L'institution est un sac de nœuds. Le possible, le nécessaire et le contingent se mêlent aux pensées, fantasmes et manifestations de l'inconscient.
La confusion règne dans l'ensemble. Les affinités et les incompatibilités induisent des conduites dégagées de tout rapport à une conscience qui aurait à voir avec la prise en compte de l'altérité comme support d'une relation et non pas comme objet d'affrontement et de défiance.
L'archaïque se mêle à la raison la mieux formalisée, la plus étayée par des normes de conduite, d'action et de pensée.
Défaire un nœud revient bien souvent à produire les condition de réalisation d'un autre nœud encore plus résistant à l'intelligence et la raison.
S'en mêler ajoute à la confusion, inhibant toute distance, créant les conditions suffisantes pour que la pensée ne trouve plus aucun espace d'élaboration d'une compréhension relative de la réalité du moment.
S'en distancier pour ne pas s'y mêler inquiète ceux qui ont renoncé à se défaire de ces liens multiples qui entravent la pensée et l'action tout en créant les conditions nécessaire à la corruption de l'esprit et de l'intelligence.
L'époque est à la confusion, à un rapport à la réalité qui s'épuise à expérimenter des médiations sous influence, ancrée dans des dispositifs qui visent à maintenir en l'état la perméabilité des consciences.
Ces médiations viennent à rebours d'un processus plus général d'ouverture au savoir qu'elles contribuent à compenser pour que la connaissance ne puisse pas être le vecteur d'une quelconque volonté émancipatrice.
Il paraît vain dans pareil contexte de travailler à l'expression libre des consciences.


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Internet est un lieu de réunion des "Confusionistes"
"Confusionistes de tous les pays unisez vous !"
Et les avatars et pseudos transforment les débats en "Carnaval idéologique"
Bonjour,
Excellent début...
On attend la suite ?
Peut-être faut-il être très sélectif pour ne pas subir l'influence de ceux qui utilisent les médias dans le seul but de créer des liens de dépendance (consommation) et de sujétion (représentation de notre place dans la société, de notre rôle social, suggestion orientée vers l'intériorisation d'un état induit par le discours avant que d'être le produit d'une réalité)....?
J'ai uine mission de travail institutionnel dans un service de psychiatrie, je trouve tes propos particulièrement pertinents, et si tu poursuis ton idée, arriveras-tu à le rester autant, je l'aurai souhaité. y a-t-il une perspective de proposition de travail qui puisse tenir autrement qu'en renforcant la confusion et permettent comme tu le dis l'expresion libre des consciences pour une quelconque émancipation.
Je n'ai pas en effet cherché à prolonger la réflexion qu'il m'a été donné de mettre en forme dans ce billet. Je suis moi-même confronté à une situation que tu es probablement amené à rencontrer.
Il paraît impossible de parvenir à ce qui serait une représentation commune de ce que participer au même projet pourrait vouloir dire. Les noeuds ne sont pas conflictuels : ils bloquent les processus de pensée collective. Ils ne tolèrent aucune élaboration commune à partir de laquelle il pourrait être possible de se positionner en accord ou en désaccord sur la base d'un point de vue raisonné.
Les noeuds, situations de blocage, sont le produits de résistances individuelles qui trouvent à s'unir à travers le seul dessein de ne pas autoriser l'émergence d'une parole commune et la définition d'un projet collectif à partir duquel les points de vue de chacun prennent un sens particulier. Ils ont pour fonction de maintenir en l'état un certain ordre.
Je réfléchis aux moyens à mettre en oeuvre pour les défaire, pour faire sauter ces situations de blocage qui visent à maintenir en l'état un certain équilibre de l'institution. Que cet équilibre soit chaotique, cela importe peu. Le désordre n'est lui-même pas pris en compte. Il est pleinement intégré au fonctionnement d'ensemble. S'en priver confronte à l'obligation de donner un véritable sens à l'action collective et à accepter que les raisons pour lesquelles nous sommes présents dans le groupe soient en partie fondées sur la prise en compte d'un intérêt et d'une temporalité qui fondent notre action et nous dépassent. Nous ne sommes pas cause de nous même, produit de notre seule volonté, agissant selon nos seuls desseins.
Lorsque j'évoque la possibilité d'une véritable implication personnelle dans ce qui serait l'exercice d'une volonté de débloquer ce qui résiste d'autant plus que l'on s'y affronte, je pense à ma propre situation et à la tentation qu'il y a à se dégager ce que je vis comme une obligation.
Lorsque j'évoque la nécessité de s'en distancier, je pense aux conséquences prévisibles et constatées de cette posture.
D'un côté le bain d'une confusion institutionnelle où se mêlent toutes les contradictions et toutes les ambivalences, de ce côté ce que nous sommes tous amenés à vivre comme une forme de folie collective sans cause ni objet identifiable.
De l'autre côté un écart qui rend impossible toute suggestion, toute action de la pensée, toute action qui viserait à évacuer les éléments les plus toxiques d'une pensée collective ivre de son impuissance à prendre la réalité pour objet.
J'entends certains discours : "nous avons peur de nous entendre".... Crainte de se perdre dans l'indifférencié, dans une parole commune dont les déterminants ne seraient plus personnalisés.
Voilà pour le travail institutionnel qui n'est pas indissociable du contexte dans lequel il peut avoir lieu.
Nous vivons tous sous influence. Nous sommes tous sous l'effet des informations qui nous sont communiquées. Nous modifions nos propres représentations, laissons notre opinion évoluer à partir de la prise en compte des points de vue extérieurs. La question posée renvoie à la façon dont ils se présentent à nous. Notre ouverture à l'information modifie en profondeur la perception que nous avons du monde sans altérer celle que nous avons de nous même. L'information nous est adressée et a pour objet de renforcer notre disposition à agir sans prendre en compte le point de vue et l'intérêt d'autrui. Il est possible de conditionner une opinion sans que le doute vienne compromettre l'efficacité du processus. Le doute est une disposition qui se trouve bannie du rapport que nous sommes sommés d'avoir avec nous même. Le doute est suspect, il indique à la fois une faiblesse et une menace. Douter n'est pas craindre ou redouter, s'est exprimer une réserve, c'est se réserver la possibilité de vérifier une information ou d'interroger la valeur de sa source.
Nous vivons tous dans nos institutions la libre expression de points de vue et de posture qui n'engagent que leurs auteurs. Il est question de tenir coûte que coûte, de ne rien lâcher, d'affirmer l'éminence de sa seule opinion.
Dès qu'il est question d'inscrire cette expression dans un travail de réflexion collective, dans un doute organisés, dans un travail de production collective d'opinion et de représentation, c'est la défiance qui semble l'emporter, l'incapacité à se fier à la parole d'autrui considérant qu'il s'inscrit lui aussi dans un rapport de pouvoir et de domination.