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7. La cause du coeur : une femme exécutée, son fils et son avocat arrêtés et torturés

Illustration par l'horreur. Les extravances des administrations obsédées de la stricte application de leur propre code moral mettent mal à l'aise. Bien entendu, ceux qui dénoncent les errements de telles mécaniques accablantes ne s'achètent pas pour autant une conduite en réprouvant le voisin iranien ou taliban : dénoncer la condamnation d'ouvriers échappant au jeûne du ramadan, ou, pire encore les années de prison, sinon la mort, pour adultère, n'avalise aucunement d'autres crimes juridiques ou militaires au moins aussi atroces, s'il fallait établir des échelles à de pareilles horreurs institutionnalisées, en Israël, en Russie, en France, aux USA, en Corée, au Maghreb, en Afrique...

Les opprimés n'ont pas de frontière, et les efforts de chacun sont importantissimes parce qu'humains, trop humains face aux énormes énormités d'événements judiciaires nauséeux. Leurs sentences condamnent davantage le verdict des pouvoirs autoritaristes que ceux qui ont failli à leurs prescriptions.

Demain mercredi 3 novembre 2010, à 14h devant l'ambassade d'Iran à Paris, 4 avenue d'Iéna (métro Iéna, sur la ligne 9) ceux qui le pourront manifesteront pour protester contre le sort qui affecte Sakineh et son fils : hélas ! il y a de fortes chances qu'à cette heure, ils auront été précédés dans l'exécution de basses œuvres par ceux qu'ils auraient pourtant voulu arrêter, bien que la machinerie répressive soit en route depuis de très nombreuses années déjà.

http://www.avaaz.org/fr/24h_to_save_sakineh/97.php?cl_tta_sign=8584e6d337949759bf6e4dc9a2a57747

Nous joignons l'article de Bérénice Dubuc nous informant de ce qui se trame dans un pays isolé par l'opinion mondiale (article du 20mn de ce soir),

 

INTERNATIONAL - Sakineh Mohammadi Ashtiani pourrait être pendue et non pas lapidée...L’exécution est imminente. Sakineh Mohammadi Ashtiani, cette Iranienne de 43 ans condamnée à mort pour double adultère et pour avoir participé au complot qui a mené à la mort de son mari, doit être lapidée mercredi 3 novembre, selon le Comité International contre la Lapidation.

Demande d’exécution rapide«Les autorités de Téhéran ont donné l’ordre de l’exécuter à la prison de Tabriz [où Sakineh est détenue] le 1er novembre. Elle doit être exécutée ce mercredi 3 novembre», indique le Comité dans un communiqué. Selon un groupe allemand de défense des droits de l'homme cité par Reuters, Sakineh Mohammadi Ashtianidevrait être pendue et non lapidée mercredi.

Jointe par 20minutes.fr, la rédactrice en chef de La Règle du Jeu, Maria De França, confirme l’information et se dit «extrêmement inquiète». Elle précise qu’une lettre de la Cour Suprême de Téhéran a été envoyée à la branche d'application des peines à la prison de Tabriz, demandant «l'exécution rapide» de Sakineh. «Les exécutions capitales ont lieu seulement le mercredi, s’ils veulent l’exécuter dans la semaine, ils le feront demain.»

«Mascarade»L’inquiétude est d’autant plus grande que Sajjad Ghaderzadeh, le fils de Sakineh qui avait été arrêté le 11 octobre dernier en même temps que l’avocat de sa mère, Houtan Kian, a participé à une interview publiée sur le site Internet conservateur Raja News, un média très proche du pouvoir et des Gardiens de la Révolution. Il aurait avoué, «après 22 jours de torture et dans une véritable mascarade» selon Maria De França, qu’il a été manipulé et que toute l’affaire est un complot de l’Occident contre le régime iranien.

Pour tenter d’arrêter une nouvelle fois cette exécution, un rassemblement est organisé par le Comité International contre la Lapidation, à 14h, devant l'ambassade d'Iran à Paris. Des appels vont également être lancés à Nicolas Sarkozy, aux responsables de l'Union Européenne, ainsi qu’au Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon.

Article de Bérénice Dubuc, dans le 20mn de ce soir mardi 2 novembre 2010.

Tous les commentaires

02/11/2010, 22:26 | Par christian paultre

La haine des femmes, ce besoin permanent de les dominer, les priver de libertés, de les condamner... Faut il que la femme musulmane ait cette force pour justifier une telle peur.

02/11/2010, 22:41 | Par JJMU

Je ne sais pas bien ce qui peut pousser certains êtres humains à imposer une volonté sur le corps, sur les actes et sur les pensées des êtres. La violence manifestée est terrible, et depuis des millénaires.

J'imagine nos pouvoirs bien faibles et fragiles (ou très cyniques) pour continuer d'entretenir des relations avec des organisations aussi iniques.

La situation évoque un grand malaise : car nous ne sommes pas exempts de sauvagerie non plus. Le sort des prévenus de Guantanamo, nos envoyés spéciaux travaillant l'uranium enrichi qui va appavurir et détruire des pays entiers d'Afrique, nos gouvernants qui font du détournement de mineures aux frais des contribuables... j'y vois moins de haine que d'exploitation éhontée des êtres humains issus des populations fragile, par des profiteurs sans vergogne... Ceux-là même que nous avons mis au pouvoir.

 

02/11/2010, 23:19 | Par Luciole Camay

On peut être abasourdie en tant que femme d'imaginer le calvaire de Sakineh l'Iranienne, exemple de la misogynie de ses frères humains (on sait bien qu'il y a d'autres victimes de par le monde tout aussi représentatives des affres de la barbarie, mais elle marquera nos esprits parce qu'il en faut une)...

Pour son cas à elle, les cris de révolte quant au supplice prévu (que la presse a classés un peu hâtivement comme discutables parce qu'émanant de personnalités soucieuses de leur image), auront eu pour seul effet de recourir à la pendaison plutôt qu'à la lapidation. Et nous sommes au 21ème siècle !

02/11/2010, 23:23 | Par Christel

Le 21ème siècle n'existe malheureusement que pour une petite partie de l'humanité qui a parfois du mal á se rappeler que c'est le cas, merci de ce rappel à l'auteur du billet. Je crois qu'ils vont l’exécuter, ce régime est un délire que personne ne va pouvoir arrêter...

03/11/2010, 08:29 | Par JJMU

Des régimes que nous reconnaissons délirants, comme ceux des Iraniens, des Lybiens ou des Talibans, sont effectivement à défaire. Ce qui m'inquiète davantage (et l'exécution de Sakineh, son calvaire et celui des siens depuis de très nombreuses années éveille cet immense malaise en moi), c'est à quel point nous-mêmes entretenons des régimes délirants : il ne s'agit pas de morale ou de moralité, comprenons-nous bien, mais ceux qui s'offrent des parties carrées avec les mineures ont, chez nous, et pour eux, non seulement la presse mais l'opinion entière qui les porte et les entretient au pouvoir : l'Italie berlusconnienne est dans un autre registre de délire, mais c'en est un, aussi.

Tyrannie au-delà l'Adriatique, despotisme financier en-deça ?...

03/11/2010, 08:46 | Par samines en réponse au commentaire de JJMU le 03/11/2010 à 08:29

Je souscris entièrement à votre propos.

C'est notre capacité à se révolter, à ne pas accepter l'inacceptable, qui est interrogée.

Hier, un ado français a été mis en danger de mort par des policiers et leur flash-ball : hormis l'indignation écrite, il s'est passé quoi ?

Quant aux exactions gynophobes de toutes sortes, elles sont quotidiennes, ici, en France.

J'ai beaucoup aimé votre Billet

03/11/2010, 12:38 | Par Dominique C en réponse au commentaire de JJMU le 03/11/2010 à 08:29

Pour tout un tas de refoulés, je suppose que Berlusconi représente ce qu'ils rêvent de faire, de la même façon que des smicards français rêvent d'avoir la fortune de tel ou tel "pipole".

C'est atterrant, désespérant.

Le sexe convoité, le sexe marchandisé, le sexe instrumentalisé, le sexe craint et dénoncé comme un péché... et les hommes, les femmes qui n'ont pas les mêmes droits... et les mères qui transmettent trop souvent ces valeurs frelatées à leurs fils parce que, opprimées elles-mêmes, elles ne peuvent supporter l'idée que d'autres femmes soient libres et épanouies. Elles ont intégré et fait leur la logique de l'oppression. Quand cela s'arrêtera-t-il?

Quand je lis des choses commes ce billet, soudain je me dis que j'ai été bien trop prudente et gentille chez "homme libre" qui dissertait sur un certain "féminisme" castrateur, oubliant au passage la nécessité de rappeler encore et toujours que la principale violence, depuis des siècles, est exercée par des hommes contre des femmes, et non l'inverse.

03/11/2010, 10:48 | Par dianne

C'est une énième démonstration de force de ce pouvoir sanguinaire et dictatorial. "Tout l'Occident s'est mobilisé ? La belle affaire ! Nous sommes maîtres chez nous, pas vrai ?" Le tout étant d'envoyer en interne des signaux suffisamment forts pour que l'idée ne vienne pas à certains qu'une aide internationale puisse changer quoi que ce soit.

Tant que l'on considèrera que des raisons religieuses, ici déguisées en raisons pénales par la manipulation et la torture, sont recevables où que ce soit dans le monde pour asservir qui que ce soit, il y aura d'autres Sakineh. C'est si commode...

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