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Numérisation à la BnF: indépendance et intégrité?

Numérisation: l’indépendance et l’intégrité de la BnF remises en cause. Le syndicat FSU pointe plusieurs petites irrégularités inquiétantes...Rédigé par Cecile Mazin, le mercredi 02 mars 2011 à 11h58

Qu'en est-il du fameux accord-cadre que le ministère de la Culture a signé avec l'interprofession de l'édition, et notamment le président de la BnF, Bruno Racine ? Le projet est simple : numériser des oeuvres sous droit « à partir des collections issues du dépôt légal conservées à la BNF », avec le financement du Grand Emprunt.
Cependant, si sur le papier tout est beau, difficile de s'en contenter. Selon le syndicat FSU, « une telle opération nécessite des moyens sans précédent au moment où l’établissement public, saigné à blanc par des mesures insensées de réduction de l’effectif et du budget ». (notre actualitté)

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© Didier Plowy-MCC

Et puis, quelques questions restent : qui établira la liste de ces 500.000 ouvrages - ou encore, combien les éditeurs apporteront-ils financièrement pour ce projet ? S'il était dangereux de laisser à Google la main mise sur ce projet, comme l'estimait Frédéric Mitterrand, le syndicat estime que le ministre a pour le coup cédé au lobbying des éditeurs, qui considèrent alors Gallica « dans les faits comme une rampe de lancement pour leurs propres produits ».
« Il n'est pas question de nous laisser déposséder de notre patrimoine au bénéfice d'un grand opérateur aussi sympathique soit-il, aussi important soit-il, aussi américain soit-il », avait également déclaré Nicolas Sarkozy début décembre, en évoquant cette solution.
Gallica = Amazon ?
En effet, le FSU redoute que la bibliothèque numérique ne serve de relai commercial aux éditeurs, puisque l'on trouvera tout à la fois des fonds patrimoniaux libres de droit, des fonds privés, des ouvrages payants sous droit et du gratuit... « Le mélange des genres deviendra la règle et la mission de service public de l'établissement sera “marchandisée” et dévoyée en se mettant ainsi au service d'intérêts particuliers. »
Dès lors, le syndicat estime que la transition vers le numérique de l'établissement « est un échec », et en prend pour preuve le fameux Labo BnF, que le public boude depuis son ouverture, alors que la direction « se refuse à investir dans le traitement et la valorisation des collections numériques nouvellement acquises ».
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Le Labo BnF


Si l'on met ces arguments bout à bout, on déboule sur une évidence : le FSU entend s'opposer à cet accord-cadre, puisque les seuls à en profiter seront les groupes financiers, lesquels transformeront la mission de la bibliothèque en simple outil marchand. « Au-delà du soutien insuffisant de l’État, qui ne permettra ni les créations de postes statutaires dont nous avons tant besoin, ni le maintien de l’offre documentaire et des services auxquels sont habitués nos lecteurs, c’est le principe même d’indépendance de la BnF et l’intégrité de ses missions qui sont remis en cause. » (notre actualitté)
D'autant plus que les conditions de l'accord-cadre sont secrètement conservées, et que personne n'en connaît publiquement les conditions. Et le FSU entend bien tenir en échec le projet, dans ces conditions.

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Rédigé par Nicolas Gary, le mercredi 09 mars 2011 à 11h31  

Les Archives nationales n'ont pas dit leur dernier mot, alors que le personnel s'est de nouveau emparé de l'établissement, situé en plein quartier du Marais, à Paris. L'intersyndicale a en effet décidé de reprendre sa lutte contre la présence de la Maison de l'histoire de France au sein de l'Hôtel de Soubise.

Le 31 janvier dernier, nous apprenions que la fin du blocage de l'endroit avait été arrêtée, parce que le gouvernement décidait enfin de négocier trois points centraux des revendications. (notre actualitté)

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Mais entre temps, un licenciement - celui d'Isabelle Neuschwander - suivi d'une élection - celle d'Agnus Magnien pour la remplacer - ont relancé le débat. En effet, si la première était opposée à la cohabitation de la Maison au sein des Arvchives, la seconde se montrait manifestement plus consensuelle sur la question, et plus commode, pour le président Sarkozy. (notre actualitté)
La rue de Valois met le dawa
Néanmoins, la CGT-Culture a averti l'AFP qu'elle avait été « informée le 2 mars par le cabinet du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, de la poursuite du projet de musée de l'histoire de France sur le site parisien des Archives nationales ». Pas question donc de supporter cela sans broncher. Dans ce contexte, une lettre ouverte, expédiée dare-dare au président fait état des revendications, toujours les mêmes, à savoir demander à Nicolas Sarkozy « de bien vouloir confirmer que la Maison de l'Histoire de France ne s'implantera pas sur ce site ».
Selon l'intersyndicale CFDT-CFTC-CGC-CGT, le président, en se foulant un peu, ne manquera pas de trouver d'autres endroits. « Il ne manque pas de lieux évocateurs de notre passé dans lesquels la Maison de l'histoire de France pourrait naître, comme par exemple l'Hôtel de la Marine. »
C'est que, hormis la position géographique centrale des Archives, il n'existe aucune raison logique ni efficiente justifiant l'installation de la Maison de l'histoire de France à cet endroit précis. Et dans ce cas, pourquoi pas l'Hôtel de la Marine, justement, dont VGE a récemment obtenu la garde ?
Contacté par ActuaLitté, les Archives nationales n'ont pour le moment pas de déclaration à faire sur le sujet. L'occupation a été constatée de fait par les employés, sans que l'intersyndicale ne communique d'autres informations pour l'heure.

Numérisation : la BnF aliénée aux intérêts privés d'éditeurs

Le syndicat FSU tire une sonnette d'alarme – Rédigé par Nicolas Gary, le vendredi 11 mars 2011 à 20h21 Mais pourquoi ? Le syndicat FSU ne comprend pas. L'accord signé entre la BnF, le SNE et la SGDL, permettra la numérisation de 500.000 ouvrages épuisés encore sous droit - en piochant dans le grand emprunt pour y parvenir. C'est bien, mais que contient cet accord ?

« Depuis la signature de l'accord, nous avons assisté à une large communication sur la réalisation, mais pour ce qui est du contenu de cet accord, la direction de la BnF refuse de nous le communiquer », nous explique le syndicat. « Il y a quelque chose de pourri au Royaume de Danemark. »
L'accord reste étrangement secret
Dans un communiqué, le syndicat pointe que cet accord, tenu secret « remet en cause la maîtrise de ses choix en matière de numérisation et, surtout, compromet comme jamais les conditions d’un accès libre et gratuit de l’ensemble de ses collections à tous ses lecteurs, sur place comme à distance, avec, pour seules limites, celles du droit de propriété intellectuelle ».


Une opacité insupportable, intolérable, qui laisse clairement envisager, estime le syndicat, que « la possibilité d'un accès universel aux textes » numérisés n'est absolument pas garantie. « Par trois fois, la direction nous a refusé la communication du contenu de l'accord. C'est troublant, et choquant, pour tout un chacun. La numérisation des 500.000 ouvrages va avoir un coût très lourd. Que l'on prenne dans l'argent alloué par le Grand Emprunt ne change rien : la somme dédiée à la BnF pour la numérisation du fonds patrimonial suffisait déjà à peine. »
« Avec ce refus, nous assistons à une immense aliénation du bien public. C'est du jamais vu. C'est le contribuable qui paye : il a le droit de savoir ce qui va se passer. »
Dans ce contexte, le syndicat rappelle également que des collusions ont lieu. Après tout, Antoine Gallimard, président du SNE siège également au Conseil d'Administration de la BnF, depuis avril 2010. (
notre actualitté)
Un vrai marché de dupes
De quoi laisser croire à un lobbying qui tenterait de profiter de l'avantage financier gigantesque que représente cette numérisation, financée par les deniers publics, et dont profiteront des sociétés privées. Cependant, c'est la dure loi du code des marchés : à compter qu'un des contractants refuse de dévoiler le contenu de l'accord, ce dernier reste secret.
Un recours juridique est toujours envisageable, mais ne change rien. Pour le syndicat, il devient inacceptable qu'un tel marché de dupes soit mis en place, attendu que la BnF se retrouverait aliénée à des intérêts privés.
Néanmoins, apprend-on, l'administration de l'établissement semble tout à fait consciente de problèmes qui se posent et l'on nous confie que le président Bruno Racine n'aurait manifestement pas eu toute latitude de pouvoir refuser l'accord.
Ce qui est clair, estime le syndicat, c'est que les ouvrages numérisés doivent être accessibles gratuitement, et pour toute personne qui se connectera alors que site de la BnF. Et surtout, que Gallica ne devienne pas « une rampe de lancement pour les oeuvres des éditeurs ». (
notre actualitté)

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