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Main-mise du secteur privé sur la santé publique

Suite à ses 18es Rencontres d'Aubagne, où étaient représentées 79 délégations, la Coordination nationale vous propose le communiqué ci-dessous (téléchargeable sur le site http://www.coordination-nationale.org/assemblee/Aubagne/Index%20Aubagne.htm)

La COORDINATION NATIONALE DES COMITÉS DE DÉFENSE DES HÔPITAUX ET MATERNITÉS DE PROXIMITÉ dénonce la main mise du secteur privé sur la santé publique. Notre santé n'est pas une marchandise ou un moyen de faire du profit individuel.

            Elle estime que seul un service public de santé, rénové et contrôlé par les principaux intéressés (usagers, personnels et élus locaux), et maintenant un maillage territorial de sites de proximité modernisés et confortés, est en mesure de satisfaire tous les besoins fondamentaux des populations et territoires, de la naissance à la perte d'autonomie.

 

1. Elle dénonce un esprit libéral de plus en plus égoïste, notamment :

- la liberté d'installation des médecins libéraux - financés sur l'argent commun de la sécurité sociale - qui se fait au détriment des territoires et des structures sanitaires

- l'intéressement (primes à la performance) des médecins qui ne concerne que leurs professions et pas la réelle prise ne charge des besoins

- les dépassements d'honoraires qui sont préjudiciables à toute la profession

- et la supercherie de l'encadrement des honoraires à travers le secteur optionnel pour le moment limité à quelques spécialités. Il s’agit en pratique d’une extension des dépassements qui s’étendra à d’autres spécialités et qui maintient tous les dépassements abusifs du secteur II. Pris en charge par les complémentaires, il ne peut qu’augmenter la masse des français qui n’ont aucune couverture.

-…

 

2. Elle dénonce la logique comptable et financière de la santé qui se répand partout, et qui oublie la vision humaniste et globale de la santé, notamment :

- les obligations des structures de santé à atteindre un équilibre financier, qui ne tiennent pas compte des besoins, et qui ne posent pas le vrai problème de l'accroissement des ressources

- la T2A-Tarification à l'Activité qui force à prioriser les seules opérations qui rapportent.

-…

 

3. Elle dénonce la main mise financière des groupes privés qui agissent pour leurs seuls intérêts sans forcément mettre en avant les nécessités sociales et sanitaires, notamment :

- les PPP-Partenariats Publics Privés qui mettent les établissements publics sous la coupe des financiers

- les emprunts toxiques

- la domination privée dans le secteur du médicament ou des laboratoires.

- le développement croissant de l’hospitalisation privée par des sociétés cotées en bourse en concurrence directe des hôpitaux publics…

 

4. Elle dénonce l'externalisation de maints secteurs du service public de santé, qui les fragilisent et leur fait perdre leur autonomie et diminue leur capacité de répondre au mieux aux besoins, notamment :

- tous les services généraux : buanderie, repassage, cuisines, parkings…

- des services de formation

- le service de stérilisation et les laboratoires.

-…

 

5. Elle dénonce la multiplication des regroupements entre services ou établissements sanitaires, qui profitent au privé et qui le mettent en concurrence de manière déloyale avec le privé, notamment :

- les maisons médicales libérales et sans contrôle, surtout parce qu'elles n'offrent aucune garantie contre les dépassements d'honoraires, et qu'elles ne sont pas obligées de réaliser l'accès le moins coûteux possible aux soins et à la santé au sens large du terme (tiers payant intégral)…

- les pôles, s'ils ne se font pas aux normes du service public.

- les GCS et autres regroupements généralisés depuis la loi HPST, notamment ceux qui associent hôpitaux publics et clinique privée avec mise en concurrence interne.

- et toutes les fusions qui se font, même dans le cadre du seul secteur public, car c'est toujours au détriment de la nécessaire proximité sanitaire et de l'égalité d'accès aux soins, pour toutes et tous, partout et à toute heure.

6. Elle dénonce une vision là aussi purement comptable qui entraîne le manque de personnel et le non recrutement à la hauteur des besoins, ce qui est une conséquence directe de l’application de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques.)

 

L'heure est à l'offensive pour l'amélioration et la promotion du service public de santé.

Il faut renverser la logique dominante actuelle.

La Coordination Nationale réaffirme :

·         Que la santé est un bien commun protégé,

·         Que la logique de libéralisation et de privatisation actuelle, contraire à l’intérêt général, doit être renversée,

·         Que l’État doit garantir l'égalité d'accès aux soins pour toutes et tous, partout et à toute heure, et que les fonds publics doivent financer exclusivement les hôpitaux et équipements publics,

·         Que la loi HPST-Hôpital Patients Santé Territoires (loi Bachelot) et celles concernant la tarification à l’activité doivent être impérativement abrogées.

·         Qu'il faut redonner à l’Hôpital public les moyens nécessaires à une politique de santé de proximité et de qualité, qui permette de lui fournir les personnels et les moyens nécessaires pour se moderniser.

·         Que le dispositif de financement de la Sécurité Sociale doit garantir le remboursement intégral à 100% des dépenses de santé et de dépendance.

 

Fait à Aubagne lors de nos 18° Rencontres Nationales le 25 mars 2012

 

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Tous les commentaires

04/04/2012, 13:55 | Par jamaiscontente

Poussée à l'extrême, cette dérive nous amènerait tout droit à ce qui se passe en Angleterre. Même les professionnels de santé là bas,  pourtant rodés à l'ultra libéralisme anglais depuis des années, sont attérés. La médecine fric. Qui ne profite et ne sert que les acteurs privés et qui n'ont que faire de leur responsabilité envers autrui.

04/04/2012, 14:19 | Par JJMU en réponse au commentaire de jamaiscontente le 04/04/2012 à 13:55

Oui.

Il faut renverser la logique dominante actuelle et continuer de défendre ces six points :

·         1. - Que la santé est un bien commun protégé,

·         2. - Que la logique de libéralisation et de privatisation actuelle, contraire à l’intérêt général, doit être renversée,

·         3. - Que l’État doit garantir l'égalité d'accès aux soins pour toutes et tous, partout et à toute heure, et que les fonds publics doivent financer exclusivement les hôpitaux et équipements publics,

·         4. - Que la loi HPST-Hôpital Patients Santé Territoires (loi Bachelot) et celles concernant la tarification à l’activité doivent être impérativement abrogées.

·         5. - Qu'il faut redonner à l’Hôpital public les moyens nécessaires à une politique de santé de proximité et de qualité, qui permette de lui fournir les personnels et les moyens nécessaires pour se moderniser.

·         6. - Que le dispositif de financement de la Sécurité Sociale doit garantir le remboursement intégral à 100% des dépenses de santé et de dépendance.

 

04/04/2012, 13:57 | Par dianne

"  Que la loi HPST-Hôpital Patients Santé Territoires (loi Bachelot) et celles concernant la tarification à l’activité doivent être impérativement abrogées."

S'il ne fallait garder qu'une seule injonction !

04/04/2012, 14:20 | Par JJMU en réponse au commentaire de dianne le 04/04/2012 à 13:57

Oui, oui, oui, cent fois oui, Dianne.

Jean-Jacques M’µ

04/04/2012, 18:46 | Par Anne Gentry en réponse au commentaire de JJMU le 04/04/2012 à 14:20

Voui, mais ça n'a pas été gardé pour la première année du règne éventuel de François III, visiblement ... Peut-être dans la deuxième ?

04/04/2012, 19:34 | Par dianne en réponse au commentaire de Anne Gentry le 04/04/2012 à 18:46

Il y a intérêt ! Sérieusement, comment voulez-vous en un an réparer dans tous les coins l'invraisemblable bordel qui a été installé à l'Hôpital Public ? Pas plus que pour l'Education Nationale, les solutions ne seront immédiates et générales... Parce qu'il faut commencer déjà par réformer l'organisation générale du pays, notamment en revenant sur la LOLF et sur la RGPP. Les critères de rentabilité présidant à toute décision désormais dans tous les domaines, impossible d'effacer en douze mois les conséquences d'au moins dix ans de saccage. Quiconque promet cela est un menteur ou une menteuse éhonté(e).

04/04/2012, 19:46 | Par Anne Gentry en réponse au commentaire de dianne le 04/04/2012 à 19:34

Evidemment. Quiconque pourrait cependant s'exprimer sur l'abrogation de HPST et de la T2A, par contre ... L'a pas l'air d'avoir beaucoup envie, Quiconque, même pour les années suivantes, même quand on l'interpelle sur le sujet: http://blogs.mediapart.fr/blog/anne-gentry/040412/lamuf-interloquee-les-urgentistes-ne-manquent-pas-dair

04/04/2012, 16:17 | Par sourisgrise

Merci pour ce billet, et bien le bonjour, Jjmu.

C'est du vandalisme pur et simple.

Aux Etats Unis, les services pulics de santé, qui absorbent la totalité des patients qui ne peuvent se payer une assurance, sont dans un tel état de dénuement que les gens pauvres, atteints de graves maladies, qu'on va soigner, sont tirés au sort. On en meurt de cette gestion apocalyptique. On a des hopitaux flambant neufs, aux extérieurs somptueux, et personne dedans. Dans certains services, les matériels, les effectifs de soignants sont dignes de ceux d'un pays du Tiers monde.

Comment est-ce possible ?

Et puis il y a les gens qui travaillent dans ces hopitaux, dans ces cliniques. Qu'on ne cesse de démotiver en les mettant en permanence dans la gestion de l'urgence, en leur collant dans la tête qu'ils ne font pas assez bien leur boulot.

Le sentiment qu'ils ont de ne jamais pouvoir bien faire leur travail. C'est dur, ça plombe. Et ça culpabilise.

Donc, on va avoir un gros problème, parcequ' un pourcentage de plus en plus important d'infirmiers quitte le public, notamment pour devenir libéral. C'est beaucoup de travail, mais c'est plus rémunérateur. Et personne vous emmerde.

Il y a tant de choses à sauver. Pffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff !!!!

04/04/2012, 17:28 | Par JoëlMartin

Le secteur privé à l'hôpital public est un scandale.

04/04/2012, 19:35 | Par dianne en réponse au commentaire de JoëlMartin le 04/04/2012 à 17:28

Absolument d'accord avec vous. D'où ma stupéfaction, exprimée en un autre fil, de me retrouver à l'insu de mon plein gré en secteur privé d'un hôpital public sans que l'on ne m'ait expliqué cela en termes de choix...

04/04/2012, 19:42 | Par Anne Gentry en réponse au commentaire de dianne le 04/04/2012 à 19:35

04/04/2012, 19:44 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de dianne le 04/04/2012 à 19:35

Cela m'est aussi arrivé.

Cela s'est mal passé pour le portefeuille du praticien...

Je l'ai payé au tarif Sécu, vu qu'on ne m'avait pas parlé de dépassements d'honoraires. Cela n'a pas été simple mais je suis tenace et il n'y avait eu aucun devis.

Depuis, on m'a dit que le vorace se faisait payer d'avance.

Alors qu'il devrait ne pas pouvoir le faire si la morale, l'éthique, la loi Bachelot et le serment d'Hippocrate étaient respectés.

C'est une dérive à l'américaine où même aux urgences, on commence par demander quelle carte de crédit vous avez...

En revanche, à Lariboisière, le chirurgien chef du service de gastroentérologie est exemplaire.

C'est un homme de valeur...

04/04/2012, 19:10 | Par JJMU

Chers amis, chers signataires,

Le Défenseur des Droits a enfin rendu ses conclusions suite à la saisine collective, lancée par le collectif des Matermittentes, en juin 2010.

Constituée d’une trentaine de dossiers de femmes en majorité intermittentes du spectacle, la saisine portait sur l’absence d’indemnisation du congé maternité et la chute du taux d’indemnisation Pôle Emploi, à l’issue de leur congé maternité.

Le 15 mars dernier, il a donc été officiellement reconnu “que le dispositif d’attribution des prestations aux intermittentes du spectacle durant et à l’issue de leur congé de maternité n’est pas assuré”, et que cette situation constitue une discrimination fondée sur l’état de grossesse.

Nous vous invitons à fêter cette victoire le mercredi 11 avril prochain à 15h00, sous les fenêtres du siège de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS). C’est à l’adresse suivante : 50 avenue du Professeur André Lemierre, 75020 Paris (Métro : Porte de Montreuil).

Si cette décision fait avancer la cause des salariés à emploi discontinu, les dysfonctionnements n'en sont pas moins "continus" : non-application des textes existants, refus non signifiés ou non motivés, instructions éteintes après revirements sans nouveau motif de la Commission de Recours Amiable, délais exorbitants...

Nous remettrons en main propre les conclusions du Défenseur des Droits à la CPAMTS. Nous marquerons ainsi notre veille sur le sujet, notre volonté de mettre en lumière la maltraitance de nos droits et notre détermination à faire évoluer la législation.

Nous voulons une protection sociale cohérente quelle que soit la forme de salariat (intermittence, intérim, piges, vacation...). Nous affirmons que le modèle d'une société divisée, concurrentielle et comptable, pour laquelle la protection sociale n’est qu'un enjeu purement marchand, est un modèle caduc.

Rassemblons-nous !
Solidairement,

Les Matermittentes.

-- 
matermittentes@gmail.com
www.matermittentes.com
http://7468.lapetition.be/

04/04/2012, 19:23 | Par espoir en réponse au commentaire de JJMU le 04/04/2012 à 19:10

Bien sûr de tout coeur et de toute raison avec toi JJMU , pétition signée, tu nous maternes si bien!

04/04/2012, 19:58 | Par JJMU en réponse au commentaire de espoir le 04/04/2012 à 19:23

Oui, Espoir, il y a déjà  long long temps que la chère Hélène C. m'avait briffé sur les méandres de son parcours de jeune mère. J'ai participé à certaines de leurs réunions quand j'ai pu : elles ont une pèche d'enfer, ces femmes !.. La HALDE n'a qu'à bien se tenir (plus de deux ans déjà que le recours avait été remis, c'est dire !... Nous avons un gouvernement de voyous aux comportements de prédateurs.)

Jean-Jacques M’µ

 

10/04/2012, 22:17 | Par JJMU

DROIT DE L'HOMME

Un Vrai Travail, un Vrai Salaire, Un Revenu pour Vivre Dignement pous Tous !

Un Vrai Travail, un Vrai Salaire, Un Revenu pour Vivre Dignement pous Tous !

237 signatures

Auteur :

stephane_octeau@hotmail.fr

A l'attention de Pôle Emploi

Le 27 Mars 2012, si le gouvernement et Pôle Emploi continuent à ignorer notre demande d'ouverture de négociation, nous pourrions faire appel au "conseil constitutionnel" et à la "justice" pour faire respecter nos droits !

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dudh/declara.asp#art23
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

En vertu des alinéas 5 et 11 du Préambule de notre Constitution, si «Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi», alors «Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler, a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence».

STOP aux diminutions d'indemnisation, aux suppressions et aux refus d'allocations;
STOP aux retards de traitement des dossiers;
STOP aux radiations/sanctions injustifiées et intempestives;
STOP aux contrôles abusifs et aux convocations multiples;
STOP à la dématérialisation des courriers qui dématérialise les chômeurs;
STOP au travail gratuit via les EMTPR et consorts;
STOP au travail obligatoire pour les allocataires du RSA;
STOP aux contrats précaires CDD, CUI, CAE CIE...
STOP à la stigmatisation des sans emploi et aux discriminations sociales !

Le gouvernement "Sarkozy" nous invite à partager le chômage au lieu de partager le travail !

Chômeurs, précaires, salariés, nous sommes tous concernés : Voilà pourquoi nous devons nous mobiliser !
Gérer l'exclusion, ce n'est pas la combattre. Précariser le salariat, ce n'est pas lutter contre le chômage.

Le développement du rapport de force qui doit nous permettre de regagner nos droits sociaux et à vivre dignement tous, dépend de chacun d’entre nous.

LE 27 MARS 2012, Faisons nous entendre !

Faisons "Signer la pétition" et "occupons Pôle Emploi"

"la dignité d'un seul homme ne s'aperçoit pas, mais la dignité de milliers devient un combat"

30/04/2012, 17:51 | Par JJMU

Myret Zaki revient sur la conférence "L'état et les banques, les dessous d'un hold-up historique"

www.youtube.com

NOUVEAU : VERSION "ENRICHIE" DE LA CONFERENCE / PREMIERE PARTIE DISPONIBLE ICI : http://www.youtube.com/watch?v=3AUbvQIdxy8 Interview d'une heure de Myret Za...

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