Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Conférences gesticulées : les incultures dénoncées par Franck Lepage

Petits contes populaires et autres récits non autorisés. Petits CONTRE populaires :http://www.alpesolidaires.org/incultures-conference-gesticulee-de-franck-lepage

Ce mardi 8 mars 2011 à 20h au Grand Parquet : 20 bis, rue du Département – 75018 Paris (métro Chapelle ou Marx Dormoy) 

Il y a de la performance d’acteur. Mais un acteur qui puise au plus profond de la réflexion politique plutôt que dans la reconnaissance des émotions. Avec la conférence gesticulée, l’athlétisme du comédien réside davantage dans sa propre capacité à décrypter les systèmes pour s’en dépétrer que dans les complaisances cathartiques avec les grandes passions humaines pour s’en accommoder. Ce n’est pas que les passions n’appartiendraient pas au répertoire des conférenciers gesticulateurs (les illusions, l’ambition, l’espérance sont aussi le fond sur lequel il construit son personnage sur scène, devant le public), mais elles ne sont pas à réduire à des forces occultes, intimes ou divines. Bien au contraire, si passion il devait y avoir, elles seraient à identifier dans les comportements officiels et les protocoles, les arrangements, les contrats sociaux qui nous lient et nous contraignent à ce que nous ne voulons pas. Il faut distinguer le sujet de l’objet.

L’humiliation, c’est de se voir infliger ce qu’on ne veut pas avoir à subir.

Le harcèlement, c'est se trouver contraint à avoir à faire ce qu’on ne veut pas avoir à faire.

Dans le premier cas, on est perdant, ou on a perdu ; et l’on subit une action contre nous. Dans le second, on peut encore se révolter et tenir tête pour n’avoir pas à subir l’inacceptable.

C’est autour de forces pareilles que reposent les travaux des équipes du Grand Pavé, la coopérative créée autour de Franck Lepage, qui résiste à la souffrance au travail ou à celle de dispositifs aussi puissants que mensongers dans leurs principes et dans leurs raisonnements : il faut voir sur leurs scènes l’explication des retraites réformées par nos derniers gouvernements pour démonter les mécanismes de prévarication à l’œuvre contre les populations ; il faut voir Franck Lepage raconter que l’éducation populaire, “ils” n’en ont pas voulu, pour remonter le cours des événements qui ont conduit la république à se détourner de la politique d’éducation populaire soutenue par Jeanne Laurent sur les bases des idées du quartel, au bénéfice d’un portefeuille ouvert à la Culture au nom d’une suprématie des élites artistiques.

Les conférences gesticulées sont un genre théâtral puisé dans les ressources de chacun pour éviter le pire... – qui reste toujours à venir si on ne réagit pas !

Du grand art, on s’en était convaincu en assistant à la présentation de

En sortant de l’écolede Pauline Christophe, autour des questions liées à l’enseignement.

Ça, c'était samedi 5 mars 2011 à 16h30

au Centre d’animation 66, rue Binet, 75018 Paris, métros Saint-Ouen ou Porte de Clignancourt.

 

Et depuis, il y a eu cette conférence sur le sexisme. Techniques de débat en mouvement, de consultation populaire, d’expertise assistée par l’assistance... Il y a une réelle volonté de tenir par l’humour, de ne pas juger, et il arrive que, sur un pareil sujet, chacun, chacune peine à sortir du petit garçon et de la petite fille où les utopies font la guerre aux réalités du quotidien... C’est l'esprit des années 70, vous savez ? c’est là, au tournant, juste après mai 68.

 

Tous les commentaires

Il y a eu ce soir une conférence gesticulée, donc, sur le sexisme. Sur le féminisme, également, ou inévitablement. Curieux comme chaque chose qu'on dit à ce sujet-là fait craindre des réactions... réactives.

Franck Lepage a reconnu à quel point, il est facile de dénoncer l'adversaire (l'oppresseur, les patrons, les traîtres...), quand l'adversaire est ailleurs qu'en nous-mêmes. Mais ce que c'est difficile, alors ! ce que c'est difficile d'aborder cette affaire de représentation de sexes et de genres, car les assignations des rôles d'hommes et de femmes nous sont bel et bien inculquées de manière idéologique, et, donc, implicitement intégrées, non menées à la surface, jusqu'à la prise de conscience qui serait nécessaire pour s'en départir. Nous véhiculons les stéréotypes comme nous vivons : l'essentiel reste encore à atteindre.

Je rajoute ceci, puisqu'il est question d'éducation populaire :

http://histgeo.ac-aix-marseille.fr/a/aro/aro007_texte.pdf

Et sur la Toile, les plus grandes voix internationales répercutent ces données, déjà fournies par l'éducation populaire :

http://fr.news.yahoo.com/54/20110308/video/ven-daniel-craig-se-travestit-pour-les-f-d34fe38.html

Comme le disait Xavier Renou, fondateur des Désobéissants civils hier soir :

« Les préjugés ont la vie dure : nous avons peur d'être victimes d'un inconnu la nuit, alors que les statistiques prouvent que dans la réalité des faits, ce sont des personnes connues que sont victimes les femmes et les enfants dans la sphère familiale. »

Le débat lancé il y a quelques années par Marcella Jacub dénonçant les limites d'un féminisme réduit aux seules lois prescriptives me fait dire qu'une réelle égalité ne peut se penser sans la liberté individuelle hors de la sphère familiale : j'insiste avec elle sur ce point : c'est l'institution familiale, héritage des lois patriarcales romaines, qu'il faut éroder, ne serait-ce qu'en réduisant sous une même appellation juridique et administrative : - le mariage, - le concubinat, - le pacs, - et même les associations, à la manière d'un contrat engageant deux parties à un projet éducatif NON SEXISTE.

Bon, je ne peux m'empêcher de penser à Gisèle Halimi par qui je suis entré en féminisme quand j'étais encore adolescent. Cette capacité à retourner l'horreur des hommes contre eux et ceux-là mêmes qui les ont soutenus : au-delà du scandale de leurs actes, la loi, la loi, la loi toujours transformée grâce à sa ferme détermination. Il y a , il y a eu (il y aura, hélas) des viols de femmes par rats interposés introduits dans leur vagin, et des soldats français ont perpétré de telles abominations parce que ce n'était pas encore reconnu comme crime !... est-ce que nous sommes toujours dans les lieux communs, là ?... dans le cabinet des curiosités ?... dans les jardins secrets ?...

 

Non, décidément, je le dis et je le pense au plus vrai de mes entrailles : l'homme est une femme comme les autres.

 

Djamila Boupacha (Gallimard, 1962) en collaboration avec Simone de Beauvoir et des témoignages de Henri Alleg, Mme Maurice Audin, Général de Bollardière, R.P. Chenu, Dr Jean Dalsace, J. Fonlupt-Esperaber, Françoise Mallet-Joris, Daniel Mayer, André Philip, J.F. Revel, Jules Roy, Françoise Sagan, un portrait original de Picasso et un hommage des peintres Lapoujade et Matta;

Les prochaines dates de la conférence "En sortant de l'école" en octobre :
samedi 8 octobre 20h30
à la MJC de Chilly-Mazarin
18 rue Pierre-Mendes-France
91380 Chilly-Mazarin
RER : Chilly-Mazarin à 40 minutes de Paris


Vendredi 14 octobre 20h30
au cinéma du Plateau d'Assy
par le FJEP de Passy (Haute-Savoie)


Samedi 15 octobre 20h30
au cercle laïque de Dreux
site du cercle laïque
Lundi 17 octobre 9h30
au SNUIPP de l'Oise
Beauvais (infos à venir)


Pour toutes les infos,
N'oubliez pas de vous rendre sur le
BLOG DE LA CONFERENCE En sortant de l'école

pour vous tenir au courant des prochaines dates de représentation

et des derniers événements survenus
dans et hors de l'Education Nationale !!!

A bientôt !
Pauline.
http://ensortantdelecole.wordpress.com

Newsletter
Je m'identifie