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Vivre sans les riches : Mais qu'ils partent donc !...

« À 75 % les riches partiront ? »

– Mais qu’ils partent donc, ils ne nous manqueront pas. Ils sont très remplaçables, leur fortune est inutile à l’économie, et elle est un trouble à l’ordre public. Ah oui : en partant, qu’ils n’oublient pas de déposer leur passeport à la porte. Avant de la prendre.

Vendredi 16 mars 2012, par  Frédéric Lordon

Table des matières :

 

Les faux-semblants de la gauche serpillière

Il y a suffisamment de raisons d’être affligé de la campagne du candidat « socialiste » — qui ne trouve mot à redire au traité MES [1] institutionnalisant les principes de l’« ajustement structurel », promet de renégocier le TSCG [2] avec la franchise d’un trafiquant de voitures d’occasion, fait des moulinets contre la finance avant de se rendre à Londres jurer l’innocuité de ses intentions réelles — il y a, donc, suffisamment de raisons d’affliction pour ne pas noter le moindre tressaillement du gauchomètre, dont tous les tracés étaient restés jusqu’ici absolument plats. Sans doute l’oscilloscope n’est-il pas menacé d’exploser : le maniement de la fiscalité individuelle n’est le plus souvent qu’un instrument de correction d’effets dont on préfère ne pas attaquer les vraies causes.

Le candidat socialiste aurait-il vraiment le projet de s’en prendre aux inégalités, aux chutes dans la précarité des uns et à l’indécente explosion des fortunes des autres, il s’attaquerait à leur principe générateur même, à savoir : la libéralisation financière, l’ouverture du commerce international à toutes les concurrences distordues — bien faites pour déstabiliser les classes ouvrières des pays développés et attaquer les États-providences —, l’orthodoxie de politique économique qui commande de satisfaire les investisseurs d’abord et les corps sociaux s’il en reste, soit synthétiquement les structures de la mondialisation néolibérale, spécialement mises en valeur par la construction européenne — dont les prétentions de « bouclier » (« L’Europe est un bouclier contre la mondialisation ») inspirent au choix le rire ou le dégoût. C’est à cela que s’en prendrait donc un candidat de gauche, conscient que la gauche se définit plus par le projet de transformer radicalement le cadre des structures du néolibéralisme que par celui d’y passer la serpillière [3]...

Précisément, on reconnaît la gauche serpillière, la gauche pleurnicheuse, la gauche qui ne veut pas être de gauche, aux chaudes larmes qu’elle verse sur la souffrance sociale sans jamais vouloir interroger, et encore moins modifier, les structures qui ne cessent de la recréer. On la reconnaît par conséquent aussi à ses instruments : emplois-jeunes, éducation-formation — avec le double aveu implicite que l’éducation est surtout une formation professionnelle et que, si bien sûr on les y aidera, il appartient tout de même aux individus de se rendre « employables » —, fiscalité enfin, soit tout ce qu’il reste de leviers secondaires pour atténuer les effets à l’intérieur du cadre mais sans jamais y toucher.

De tous ces palliatifs, cependant, la fiscalité est le plus significatif — quand il n’est pas manié à la baisse à la façon du socialisme Jospin-Strauss Kahn-Fabius... Mais voilà que François Hollande, décidé cette fois à le pousser dans le bon sens, semble avoir empoigné le levier, et la chose est suffisamment étonnante pour être notée (sous les habituelles réserves de la jonction incertaine du geste à la parole...). Que le gauchomètre s’en ressente et donne une mesure fiable, est confirmé par le capteur complémentaire de l’éditorialomètre, machine corrélée, mais réglée selon un principe de variation inverse : sans surprise Jean-Francis Pécresse (Les Echos), Dominique Seux (Les Echos, again), Alexandre Phalippou (Huffington Post tendance Anne Sinclair) prophétisent le désastre, ainsi que Yves Calvi (C dans l’air) en charge de brancher l’expertomètre sur l’éditorialomètre (corrélation positive) et qui réunit un superbe plateau [4] à trois (plus lui) contre un pour bramer et faire bramer au désastre économique, avec parmi les bêtes à cornes l’inénarrable Philippe Dessertine, Christian de Saint-Étienne et surtout Élie Cohen, jusqu’à il y a peu conseiller économique de François Hollande, mais horrifié des nouvelles velléités de gauche du candidat qu’il croyait sincèrement de droite.

On doit toutefois à l’honnêteté de reconnaître que l’éditorialo-expertomètre, machine pourtant ultra-sensible en tout cas dans cette partie-là du cadran (depuis vingt ans, très peu de réaction sur bonus, fortunes et inégalités, non plus sur chômage, fin de droits et seuils de pauvreté), n’a pas fait exploser le scope comme elle l’aurait fait il y a cinq ans à peine.  Jean-Michel Aphatie, par exemple, a même éprouvé le besoin de démentir avoir pris parti pour les riches et n’avoir fait que de l’ironie à propos des 75% de Hollande. Il est vrai que l’époque commence à sentir fort le goudron et les plumes et pour la classe possédante et pour la valetaille médiatique qui jusqu’ici n’avait de cesse de lui servir la soupe avec force justifications économiques et admonestations à l’endroit du peuple envieux. Les temps ont changé et, jusque chez les riches, commence à se former la conscience « d’avoir un peu exagéré »... Pas suffisamment cependant pour désarmer complètement les réflexes incorporés qui font objecter instantanément à la fuite des talents et au bris de l’élan créateur de richesses — et l’on pense irrésistiblement à ce moment-là au parti qu’on pourrait tirer de la trouvaille des graphistes du film Les nouveaux chiens de garde [5] où l’on voit chaque éditocrate multicarte accompagné d’un phylactère faisant la liste de ses innombrables employeurs, combinée à la proposition de Régis Jauffret [6] demandant que chaque expert prônant le sacrifice salarial à l’usage des autres soit sommé de déclarer ses propres revenus...

Tous les commentaires

12/04/2012, 02:58 | Par JJMU

Les « impossibilités » du mauvais vouloir

Entre temps, et comme toujours dans ce genre de circonstances, le syndicat des malévolents monte en chœur au créneau, mais caparaçonné d’arguments « techniques » qui disent tous « l’impossibilité », et en particulier, délicieuse menace, l’inconstitutionnalité, supposée fatale aux 75%.

À cette dernière en particulier, comme en fait au parti des « impossibilistes » en général, il faudra rappeler que les déclarations d’impossibilité sont le plus souvent l’expression de leur mauvais vouloir. À eux qui, fondamentalement, ne désirent pas changer l’ordre des choses, il est bien certain que les difficultés semblent tout de suite immenses et les impossibilités immédiatement constituées. Il faudrait redire ce que la capacité de penser doit au désir de penser, et que l’imagination ne vient qu’à ceux qui en ont vraiment envie. Pour tous les autres qui ont surtout envie de conserver, la conservation est à coup sûr la solution de bon sens, et comme elle est l’attracteur de toute leur pensée il n’y a pas lieu de s’étonner qu’ils s’y rendent aussi vite — à moins que ne se produise un événement exceptionnel dont la force finit par leur arracher un doute. Ainsi des laudateurs de la mondialisation financière qui auraient tous déclaré « impossible » de toucher en rien aux structures de la finance, mais découvrent, à partir de 2007, et leurs tares congénitales et qu’il est finalement possible d’y faire quelque chose (au moins d’y songer…) ; ainsi également des bons apôtres de la construction européenne à qui il faut le bord du gouffre pour être dessillés mais avaient tout nié en bloc tant qu’on en n’était pas à la dernière extrémité — et que la réalité finira bien par forcer à bazarder leurs dogmes (celui de la BCE indépendante, celui de l’article 63, etc.).

De même, la fiscalité à l’époque de la mondialisation fera l’objet de semblable déni tant qu’on n’aura pas atteint le point ultime de l’écœurement, et tout y demeurera délicieusement « complexité » et « impossibilité » — providentielle anti-constitutionnalité, norme supérieure de l’impossibilité ! Mais c’est oublier que la constitution n’est qu’une forme de loi, sans doute supérieure dans la hiérarchie des normes mais, que l’on sache, encore dans le champ de la délibération démocratique — après tout on a bien su la changer quand il s’agissait de rendre la banque centrale indépendante ; se peut-il qu’il y ait des révisions constitutionnelles aisément concevables et d’autres qui ne le soient pas ? Les constitutions peuvent être changées d’un trait de plume en une nuit, et les Argentins qui ont envoyé à la poubelle leur currency board fin 2001 en savent quelque chose : comme toujours, il suffit qu’une envie collective suffisamment puissante se soit manifestée. Et puis il reste à qui trouverait la procédure de révision trop lourde tous les moyens légaux ordinaires envisageables par une imagination normalement débridée. Si le Conseil constitutionnel s’inquiète que la combinaison d’impôt sur le revenu et d’impôt sur le patrimoine en vienne à imposer certains (sans doute pas nombreux) à 100 %, il suffit d’instituer un seuil sous lequel le revenu net après impôt ne pourra pas descendre, plancher pour le fisc… mais plafond pour les intéressés, en une restauration (convenablement actualisée) du principe, apologie de Georges Marchais, « au-dessus de 40 000 francs mensuels je prends tout » — comme il n’est strictement aucun argument, ni celui du mérite ni a fortiori celui du temps travaillé, qui puisse justifier qu’un individu vaille, et gagne, trois cents fois plus qu’un autre, le revenu net maximal est décidément une idée qui a de l’avenir…

12/04/2012, 03:02 | Par JJMU

À négligeable, négligeable et demi...

Mais ça n’est pas tout que la chose puisse s’avérer possible, reprend alors le chœur, mise en place elle serait terriblement néfaste. Il est donc temps de rappeler une ou deux choses à propos des supposés bienfaits de la présence des riches. Et d’abord à propos de l’idée que, entre joyaux de la couronne et cœur battant de l’économie, les riches seraient simplement indispensables à notre prospérité collective. La transfiguration des intérêts particuliers en intérêt général est certes l’enfance de l’art idéologique, mais, s’il est des cas où elle est aidée par un certain état des structures économiques qui produit objectivement l’alignement des intérêts de tous sur celui de quelques-uns — à l’image du risque systémique bancaire qui force à venir au secours des institutions financières sauf à encourir une destruction sociale générale —, il en est d’autres où la revendication d’utilité sociale des dominants n’a pas d’autre consistance que celle d’un pur et simple coup de force propagandiste. Comme dans le cas présent.

Il conviendrait pour commencer que les libéraux prennent conscience du défaut de cohérence de leur propre argument qui écarte d’abord la taxation des riches par un argument de « second ordre » : bien sûr, on peut si l’on veut l’envisager, mais elle concerne si peu de monde et s’avérera si peu efficace — quelques centaines de millions d’euros supplémentaires pour se faire plaisir, définitivement pas à la hauteur de la centaine de milliards du déficit à réduire... Or l’argument d’échelle se retourne comme un gant : si les riches pèsent si peu en termes fiscaux, c’est qu’ils ne pèsent pas davantage en termes de capacité d’investissement ! Par conséquent le coût d’opportunité économique d’une taxation des riches est aussi négligeable que leur contribution fiscale — et, comme le souci symbolique  de l’équité à toute sa valeur (extra-économique), il ne faut surtout pas se priver.

12/04/2012, 03:07 | Par JJMU

De l’inutilité sociale de la fortune à l’époque actionnariale

Mais l’argument libéral a la logique incertaine, et une pratique plus éprouvée de la géométrie variable ; aussi persiste-t-il, contre toute cohérence, à soutenir que les riches sont utiles : nous leur devons tout le dynamisme financier des entreprises irriguées par les courageux réinvestissements de la fortune. Hélas, pas davantage.

Encore faut-il pour s’en apercevoir se faire une idée de la façon réelle, et non fantasmée, dont les entreprises financent leurs investissements et ce que, en cette matière, l’on doit à qui. Or, les choses ne se passent pas exactement comme le récit enchanté de la déréglementation financière voudrait le faire croire. Il faut bien reconnaître qu’en matière de contes et légendes, la libéralisation financière n’aura pas manqué d’imagination — et il est vrai qu’il en fallait pour tenter de rendre présentable l’ouverture du parc de loisir de la finance à l’échelle de la planète. Comme toujours dans ces cas-là, « rendre présentable » c’est présenter comme « avantageux à tous ». L’« avantage de tous », ce sont les entreprises — le public est invité à comprendre : emplois passionnants à profusion, innovations, marchandises bariolées et prospérité radieuse. La déréglementation, raconte l’histoire pour enfants sages, a été faite « pour elles ». Car les entreprises pour se financer ont besoin de fonds propres, la meilleure, la plus noble des formes de financement externe. Il fallait donc réveiller la Bourse et la rendre pétulante à nouveau, car c’est bien à la Bourse que se passe la merveilleuse rencontre des entreprises émettrices et des personnes souscriptrices, admirable alliance du capital et du travail qui nous offre une scène de genre propre à faire apparaître rétrospectivement les allégories de l’art pompier comme des modèles de discrétion allusive.

Le paradoxe de la libéralisation financière, mais cette fois impropre aux représentations édifiantes, consiste en ceci que l’énorme machine spéculative censément échafaudée en célébration des entreprises et à la gloire des fonds propres, n’aura que très marginalement modifié la structure d’ensemble de leurs financements — où les émissions d’actions tiennent une place toujours aussi faible, si bien que, trahissant la justification cardinale de la gigantesque opération, elles n’en auront tiré objectivement que des avantages infinitésimaux (et encore...). Sauf regrettable entêtement dans la pensée négative-critique, on se gardera bien de conclure par un « tout ça pour ça » désabusé car, de ne finalement servir aucune de ses finalités externes alléguées n’aura pas empêché la machine spéculative en question de prodiguer quantité d’autres bienfaits — évidemment à l’usage d’un nombre plus restreint de personnes et sans rapport aucun avec le dynamisme de l’investissement productif... Pas perdue pour tout le monde, la libéralisation des marchés d’actions l’aura cependant été au regard des objectifs dont elle s’était fait complaisamment un appareil de justifications. Mais à qui, ou à quoi donc aura-t-elle profité ? Au marché secondaire et à l’investissement spéculatif bien sûr.

Pour se montrer conforme à son concept, ou plutôt à son ambition imaginaire, il aurait fallu que le dynamisme boursier profitât exclusivement, ou majoritairement, au marché primaire, guichet de l’émission de nouvelles actions, c’est-à-dire lieu exclusif où s’opèrent les transferts réels de fonds (propres) des épargnants vers les entreprises. Hors de ces opérations de souscription, les entreprises ne voient pas la couleur des liquidités qui se déversent sur le marché secondaire, quand bien même ces liquidités prennent leurs titres pour support. Car le marché secondaire, marché de l’occasion où ne s’échangent que des titres déjà émis, met, par définition, en rapport non pas entreprises et apporteurs de fonds nouveaux, mais les investisseurs financiers entre eux, détenteurs de titres anciens désireux de s’en défaire et nouveaux acquéreurs qui leurs transféreront leurs épargnes, les uns comme les autres n’ayant rien d’autre en vue que la plus-value (présente pour les uns, future pour les autres), et les entreprises, au loin, observant ce jeu qui ne les concerne pas. Par construction, la circulation autocentrée des marchés secondaires n’offre aucune insertion aux entreprises demandeuses de fonds [7] et l’énorme masse des opérations qui s’y accomplit quotidiennement, faisant pour une part écrasante « l’activité de la Bourse », n’emporte aucune contrepartie en termes de moyens de financement supplémentaires de l’investissement productif.

C’est bien dans cette formidable disproportion des marchés respectivement primaire et secondaire, opportunément confondus dans le générique fourre-tout « La Bourse », que sombre l’argumentaire des bienfaits économiques de la déréglementation financière. Car voilà son admirable bilan en cette matière : le total des émissions nettes d’actions cotées (1650 sociétés) pour 2010 est de... 13 milliards d’euros [8]. Pour qui n’a pas les ordres de grandeur en tête, le caractère dérisoire de cette « performance » s’apprécie en la rapportant par exemple au volume total de l’investissement des sociétés non financières — 193 milliards d’euros [9] —, ou bien, dans un autre registre, au volume moyen quotidien des transactions opérées sur le seul CAC 40 — entre 3 et 5 milliards d’euros... Bien sûr, pour que cette deuxième référence ait du sens il faut se souvenir que les 5 milliards d’euros de transactions quotidiennes sur le CAC 40 doivent être appréciés en tenant compte de la vitesse de circulation de la monnaie, c’est-à-dire du fait que ce sont les mêmes liquidités qui tournent plusieurs fois par jour en ne faisant que changer de mains. Mais pour autant, et en redisant toutes les précautions qui doivent l’accompagner, la mise en regard ne laisse pas d’être frappante. En gros 230 jours de Bourse à 5 milliards d’euros d’amusement chacun, soit la fête annuelle à 1150 milliards d’euros pour, au final, 13 seulement de nouvelles émissions, c’est-à-dire de fonds effectivement dirigés vers les entreprises [10].

Les riches ne font donc pas autre chose que d’alimenter, à fin de plus-value sans rapport avec le soutien de l’investissement productif, la gigantesque machine dissipative. Et si leur pesant financier per capita est assurément bien plus élevé que celui des épargnants moyens, rien ne permet de dire qu’ils répartissent différemment du commun leurs fonds entre marché primaire et marché secondaire. À quoi sert donc l’argent des riches ? Mais à rien d’autre qu’à faire tourner la machine entropique qui soutient à peine 7% de la FBCF annuelle [11] et, des énormes masses financières qu’elle enfourne, n’en convertit qu’une portion ridicule en investissement effectif. Pour le dire plus simplement : l’argent des riches ne sert à rien — qu’à s’augmenter lui-même.

12/04/2012, 03:08 | Par JJMU

Le capitalisme actionnarial, naufrageur de sa propre idéologie

On dira que les apports en capitaux propres ne se limitent pas aux actions émises par les sociétés cotées et que, sous la cote, il est tout une masse de petites entreprises qui opèrent des levées de fonds par d’autres moyens — certaines réputées prometteuses comme les start-up, financées par « amorçage » ou venture capital. Malheureusement, là encore, la mythologie « nouvelle économie » des garages, des incubateurs et des business angels réunis n’est pas tout à fait à la hauteur de la réalité, en tout cas de celle du compte financier des ménages dont l’INSEE nous dit que, pour 2010, il ne s’augmente que de 8,6 milliards d’euros d’actions non cotées et de 6,7 milliards d’euros de divers autres titres de participation... et fatale rechute dans le dérisoire.

Une dernière protestation objectera que les actions n’épuisent pas les possibilités de financement offertes aux entreprises par les marchés de capitaux en général. Car, à côté de la Bourse stricto sensu, il y a aussi tous les marchés de crédit. Mais par définition on n’y lève que de la dette (obligations), c’est-à-dire qu’on n’y réalise aucune opération qualitativement distincte d’un ordinaire crédit bancaire, par conséquent susceptible d’être réalisée dans un tout autre environnement institutionnel que celui des marchés. Pour les PME d’ailleurs la chose est réglée : n’ayant pas la surface réglementaire suffisante les autorisant à se présenter sur les marchés obligataires, elles sont bien forcées de n’avoir à connaître des charmes de la modernité financière que par presse économique interposée — et pour le reste de se présenter au seul guichet qui leur soit ouvert : celui de la banque. Les grandes entreprises jouissent-elles vraiment de possibilités plus étendues ? Formellement sans doute, mais peu exercées en réalité. Car elles aussi savent bien ce qu’il en coûte de s’en remettre aux foucades des marchés de crédit, qui peuvent céder à la panique sans crier gare, interrompre tous les financements, en général au plus mauvais moment, alors que le crédit bancaire à la papa peut parfois donner lieu à des partenariats de long terme qui permettent de voir au-delà des fluctuations conjoncturelles et de garantir une relative continuité des financements.

Le plus étonnant étant, à la fin des fins, que même les grandes entreprises cotées, a priori les mieux placées pour faire appel à l’épargne-action, ne s’y résolvent qu’avec une extrême parcimonie. Non pas qu’elles en auraient une réticence de principe... mais parce que ce sont leurs actionnaires eux-mêmes qui les en découragent ! C’est que les émissions de nouvelles actions ont, pour les actionnaires dans la place, le mauvais goût d’être dilutives, c’est-à-dire, à court terme en tout cas, de répartir le profit existant sur un plus grand nombre de parts, donc de faire baisser mécaniquement le bénéfice par action... et le cours de Bourse avec lui.

Paradoxe suprême : c’est le capitalisme actionnarial lui-même qui ne veut pas des émissions d’actions ! — de là d’ailleurs cette aberration monumentale qui voit les entreprises sommées par leurs actionnaires de racheter leurs propres actions, selon la simple logique que, si les émissions ont de mauvaises propriétés dilutives, les buy-back [12] ont les propriétés dites « relutives » exactement inverses. Résumons-nous : la Bourse a été déréglementée au prétendu motif d’encourager le financement par actions des entreprises — et porter à son plus haut l’utilité sociale de la fortune privée —, mais la logique profonde du capitalisme actionnarial qui s’est édifié sur la déréglementation financière décourage absolument ces émissions... Pendant ce temps la spéculation continue et l’on continue de clamer que les riches qui envoient leurs épargnes à la Bourse sont la providence de l’économie réelle !

12/04/2012, 03:09 | Par JJMU

Trickle down... ou trickle up economics ? 

Les riches ne servent à rien qu’à eux-mêmes. Et c’est toute la magie du discours de la trickle down economics, l’économie « du ruissellement », que d’avoir tenté de nous faire croire le contraire : laissons les riches s’enrichir ; par une cascade de retombées bienfaisantes ce sont de proche en proche toutes les couches sociales inférieures qui finiront par en profiter. Car après tout les riches investissent, sans doute on vient de voir ce qu’il faut en penser..., mais au moins ils consomment et font tourner le petit commerce, disons plutôt le gros, mais qui fera tourner le moyen, etc. Un quart de siècle d’expérimentation en vraie grandeur devrait faire un délai suffisant pour tirer le bilan — rigoureusement nul — de cette idée à laquelle continuent de s’accrocher la défense et illustration de la vertu sociale des riches. Et l’on finit par se demander s’il ne reste plus que le moyen de la dérision pour balayer enfin ce fatras mensonger, comme celui choisi par le Daily Show de Jon Stewart montrant de quelle manière la trickle down economics a inopinément muté en trickle up economics, les canalisations censément dirigées vers le bas prenant soudain un tour biscornu pour se retourner vers le haut...

Il faudrait dire bien d’autres choses pour être complet, dont certaines ont été évoquées ailleurs [13], et notamment, entre autres :

— que, dans leur bilan d’ensemble, l’inutilité économique des indécentes fortunes s’accompagne de leurs effets sociaux dissolvants, car l’opinion est frappée, au point que le trouble à l’ordre public est constitué, quand devient apparent que les mêmes causes de la finance sont au principe de l’extravagante richesse des uns et des difficultés matérielles des autres, exploités de la valeur actionnariale, licenciés de la récession post crise financière, déremboursés des plans d’austérité, prolongés des retraites différées au nom du triple-A, etc. ;

— que les arguments du mérite à « justement rémunérer », dernière ligne Maginot de la pensée libérale, peinent de plus en plus à masquer les formidables ratages des supposées élites, lesquelles continuent néanmoins de jouir d’une sorte de droit de repêchage inconditionnel et de crédit illimité pour mieux entretenir le mythe des « irremplaçables » ;

— que, par une incohérence de plus, dont il est décidément coutumier, le discours libéral, pour faire l’apologie de l’allocation efficiente (!) du capital par les marchés, n’a de cesse de vanter la « sagesse des foules », des milliers d’opérateurs financiers composant une allocation d’ensemble tellement mieux avisée que toutes les décisions du Léviathan de la politique industrielle. Curieusement cependant, la « sagesse des collectifs » s’évanouit pour laisser de nouveau la place aux « grands hommes » quand il est question de direction d’entreprise... Quand bien même, dans l’ensemble des patrons supposés providentiels, on aurait fait le tri des vendus aux actionnaires, des illuminés et des naufrageurs pour ne garder que les raisonnablement compétents, il n’en est probablement pas un auquel ne puisse se substituer la démocratie récommunale [14] des producteurs assemblés, sagesse des (petites) foules qui vaut au moins celle des marchés...

12/04/2012, 03:10 | Par JJMU

Déchéances de l’évasion fiscale

Mais on voudrait pour finir évoquer ceci, qui semble prima facie sans aucun rapport avec la question — et pourtant... Il y a décidément lieu de s’affliger des effets durables du débat sur la déchéance de la nationalité qui, dans un de ces accès typiques de racisme d’Etat, spécialement quand il est sarkozyen, avait fait le charme particulier du discours de Grenoble, à l’été 2010 ; discours doublement regrettable, d’abord pour les raisons intrinsèques qu’il est inutile de développer, mais ensuite pour avoir préempté le thème de la déchéance de nationalité et l’avoir détourné de son seul usage pertinent : l’évasion fiscale.

On n’en finit donc plus de parcourir les incohérences de la pensée de droite car, comme l’avait fait remarquer Badiou [15], c’est un étonnant paradoxe que, dressé sur ses ergots patriotiques, Nicolas Sarkozy n’a pourtant jamais eu de cesse que de vouloir aligner servilement la France sur des modèles étrangers, au fil d’ailleurs des inspirations successives de l’air du temps : américain, danois, allemand [16]..., et c’en est un autre, très semblable dans sa forme, que ses apologies de la nation s’accommodent de toutes les désertions fiscales — même si, drame des écritures lentes vouées en période de campagne à être dépassées par les événements, Nicolas Sarkozy vient de s’en prendre soudainement à l’évasion fiscale, et ne veut plus être le « président des riches » — momentanément...

De même qu’il n’y a pas d’amour mais seulement des preuves d’amour, l’appartenance à la nation pourtant si bruyamment revendiquée par la droite sarkozyenne, est en définitive moins affaire de tonitruantes déclarations que d’actes tout à fait concrets comme... payer ses impôts ! L’acquittement des impôts, comme contribution proportionnelle aux charges collectives qui vont nécessairement avec la vie d’une « communauté », quelle que soit son échelle, vient peut-être en tête des manifestations réelles de l’appartenance. Et ça n’est sans doute pas un hasard que les travailleurs sans-papiers se prévalent si souvent de leurs cotisations payées, ou revendiquent le droit d’être soumis à l’impôt sur le revenu, dans une compréhension de ce qu’est l’appartenance nationale qui fait visiblement défaut à Johnny, à Liliane Bettencourt et à tous les exilés fiscaux de leur engeance, exil fiscal qu’il serait urgent de sanctionner de l’exil tout court.

La droite (et l’extrême droite) ferait donc bien de se méfier de l’idée (déjà en soi douteuse) des « vrais Français » — qui ne sont pas ceux qu’elle croit. Autrement Français les clandestins qui aspirent à être régularisés c’est-à-dire à vivre régulièrement, d’une « régularité » à laquelle les riches s’efforcent en permanence de se soustraire. Qu’ils ne veuillent plus des charges de la collectivité signifie par le fait qu’ils ne veulent plus de l’appartenance à la collectivité. Or, la frontière de la collectivité devrait fonctionner selon un principe de porosité symétrique : de même que quiconque désirant y apporter sa capacité contributive (productive, fiscale, vitale) devrait y être admis, quiconque manifestant son désir de ne plus y contribuer ne devrait pas y être retenu... Il se pourrait même que la nation ait beaucoup plus à y gagner à régulariser ceux qui veulent vivre régulièrement sur son sol qu’à tenter de retenir les Florent Pagny, les Alain Delon, et tous les faux indispensables du « dynamisme économique ». À ces derniers en tout cas il faudra expliquer le principe simple de la corrélation entre la nationalité et l’impôt. Et puis les inviter à faire leur choix — mais pour de bon. Qu’ils fuient sous d’autres cieux à la recherche des taux d’imposition qui accroissent encore un peu plus leur fortune, c’est leur affaire. Mais prière en partant de déposer passeport, carte d’électeur, carte de sécu, et d’aller définitivement se faire pendre ailleurs.

12/04/2012, 03:57 | Par JJMU

Notes

[1] MES : Mécanisme Européen de Stabilité.

[2] TSCG : Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance.

[3] Voir « Gauche de gauche, gauche de droite », Télérama, 2 mars 2012.

[4] C dans l’air, 1er mars 2012.

[5] Les Nouveaux chiens de garde, documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Jem Production, janvier 2012.

[6] Ce soir ou jamais, France 3, 17 janvier 2012.

[7] Sauf lorsque celles-ci s’y présentent pour racheter leurs propres actions...

[8] Données Banque de France.

[9] INSEE, Comptes de la nation 2010.

[10] Et encore les 13 milliards d’euros concernent les levées de fonds de toutes les sociétés cotées, au-delà du seul CAC 40...

[11] FBCF : Formation brute de capital fixe. La FBCF permet de mesurer l’investissement productif.

[12] Les rachats par les entreprises de leurs propres actions.

[13] Voir « Bonus et primes : le (résistible) chantage des “compétents” », Blog La pompe à phynance, mars 2009.

[14]   Comme on dit « république », la chose publique, on peut parler de « récommune » pour signifier que l’entreprise, comprise non plus comme la chose patrimoniale des actionnaires, est la chose commune (res communa) de tous ceux qui y travaillent — les salariés !

[15] Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Lignes, 2007.

[16] À propos des contresens de la frénésie des modèles étrangers à importer, voir l’entretien de Robert Boyer, lefigaro.fr, 13 mars 2012.

12/04/2012, 09:24 | Par marie laure veilhan

Merci JJMU, ... j'ai imprimé, et j'en suis à la page... euh... je n'ai pas fini cette lecture passionnante. A laquelle j'emprunte d'ores et déjà une belle formule pour exprimer mon choix de vote "inutile" (Mélenchon) au 1er tour: refuser de me faire dicter mes choix et mes actes par la peur, et oser croire que m'exprimer selon ce en quoi je crois vraiment, permettra -pour peu que nous ne cédions pas tous à cette peur dont ceux qui font, et surtout défont nos vie, usent et abusent pour nous manipuler- que se manifeste une envie collective suffisamment puissante pour faire avancer le Schmilblick: un jour, pouvoir vivre heureux, une vie simple, comme tu dis. Merci à toi, et à F. Lordon, pour cette contribution essentielle.

12/04/2012, 10:10 | Par JJMU en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 12/04/2012 à 09:24

Oui, Marie-Laure, nous sommes à même de produire en auto-suffisance, sans passer sous les fourches caudines de leurs règlements qui nous étouffent.

Exemple : des communes ont géré l'eau de manière souveraine, en payant directement les techniciens, sans passer par le coûteux intermédiaire de Veolia ou de Suez et autres banksters !...

Pareil pour l'électricité, nous pouvons nous passer d'EDF et du nucléaire.

Nos travailleurs peuvent faire autre chose que participer à l'industrie et au commerce des armes.

Nos journalistes peuvent informer sans recourir aux rédactions qui leur dictent leurs papiers et contrôlent leurs expressions. Nos journalistes ont des organes pour mettre en relation les réseaux et les agendas. Internet existe, et nous aussi.

Tout est possible de ce que nous pouvons quand nous le voulons.

Et je ne suis ni dans le lyrisme ni dans le romantisme : la volonté, c'est nous, nous tous et chacun.

Jean-Jacques M’µ

12/04/2012, 09:40 | Par JJMU

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2429

 

Excellente émission de Mermet aujourd'hui et demain à Là-bas si j'y suis…

Les financiers au coin du bois

mercredi 11 avril

S'il est élu Monsieur Hollande n'ira sans doute pas au Fouquet's, mais le Fouquet's viendra à lui. Certes, Monsieur Hollande a dit qu'il renégocierait le traité européen qui impose la rigueur budgéraire. Certes. Mais quelques-uns ont des doutes.

Prenez une heure… À écouter absolument pour comprendre ce qui nous attend dans les mois qui viennent…

Histoire de s'y préparer :-)

Jean-Jacques M’µ

13/04/2012, 08:27 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de JJMU le 12/04/2012 à 09:40

Un peu de culture dans cette page :

Le terme « bankster » (mélange de « banker » et « gangster ») est une création du rexiste Léon Degrelle qui date de 1936, inventeur également des premiers meetings payants (une pratique extrêmement courue à l’extrême droite) puis fondateur pendant la guerre de la Légion Wallonie, unité belge de la Waffen-SS.

Bon je vous ai viré :))))) Pas de quartiers pour les fachos

13/04/2012, 08:45 | Par JJMU en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 08:27

BANKSTER c'est un néologisme pertinent pour dire les véritables hold up par les banques. Autrement dit les stratégies de hauts vols de la Haute finance d'affaires.

Maintenant si vous vous référez chaque fois à qui a créé un néologisme pour savoir si vous vous autorisez à l'utiliser, bien à vous.

Pour ma part, je n'ai bien évidemment rien à voir avec les fachos etj'ai tout mais alors tout tout tout contre les résultats catastrophiques sur nos populations : asservissement par la précarité, par la pauvreté, par le système démerde, par la casse des solidarités, par la délation, par l'exclusion, par l'intimidation... Ça, c'est fabriqué par nos banksters : banque de Suez, par exemple au centre, et la myriade autour de Giscard d'Estaing qui en est un des rejetons.

Parlons plutôt de ça, Bob, maintenant, tiens ! comment se débarrasser d'eux ? une fois que nous avons avec vous identifié l'origine national-socialiste du mot qui les qualifie si bien pour identifier la nature de nos maux et les risques qui nous menacent.

Jean-Jacques M’µ 

13/04/2012, 08:59 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de JJMU le 13/04/2012 à 08:45

13/04/2012, 09:11 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 08:59

"je n'ai bien evidemment rien à voir avec les fachos". Je vous mets le nez dans vos contradictions ou plutôt je vous révèle. Rigolant

Je ne vais pas me gêner pour vous enfoncer... N'insistez pas.

13/04/2012, 09:29 | Par JJMU en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 09:11

Je n'ai pas plus à vous convaincre, puisque vous vous êtes convaincu vous-même que je serais, moi, un fasciste.

Je sais que non seulement je ne le suis pas, mais tous mes actes, toute ma vie s'est construite sur la peur et sur la haine que m'inspirent les autoritarismes, les nazismes, les stalinismes, les fascismes de toutes sortes (à commencer par les catalogages systématiques sans connaître vraiment ceux dont on parle jusqu'aux persécutions et aux éliminations physiques).

Maintenant, vous pouvez toujours taper du pied par terre, vous égosiller, faire un caca nerveux, dire tout ce que vous voudrez, je continue mon combat pour ce en quoi je crois : le réveil du peuple opprimé.

Jean-Jacques M’µ

13/04/2012, 09:38 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de JJMU le 13/04/2012 à 09:29

Vous continuez surtout à infilter les indignés. Je vois que Occupy Oakland n'est pas une référence pour vous, je ne m'en étonne pas. Vous pratiquez avec un certain talent le confusionnisme politique, mais vous dérapez un peu trop, ce qui m'a ouvert un angle d'attaque et je me suis fait plaisir, j'attendais cela depuis quelques temps.

13/04/2012, 09:23 | Par gonetoufar en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 08:59

Bob 92 . Etienne Chouard dit des choses extrement interressantes , votre charge est idiote . Ecoutez quelques heures de présentation de ses idées , ( par lui meme ) ....et faites vous votre propre opinion ! 

Vous avez peut etre raté un épisode , mais à la question " quel est le candidat que vous préférez pour 2012 "  il a répondu : Mélenchon... Alors  :  " Si tous les Fafs du monde voulaient se donner la main........."

13/04/2012, 09:30 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de gonetoufar le 13/04/2012 à 09:23

Ouais ben ça veut dire que les fachos s'incrustent partout. Technique habituelle.

13/04/2012, 09:31 | Par JJMU en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 09:30

Il y a un côté parano chez vous qui me fait de la peine.

Épuisez-vous tant que vous voulez, vous ne m'avez pas prouvé ce que vous avez de mieux à proposer que ce que je suis en train de travailler pour que chacun prenne conscience de l'énergie d'un peuple en marche contre ses oppressions.

Jean-Jacques M’µ

www.abceditions.net 

13/04/2012, 09:47 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de JJMU le 13/04/2012 à 09:31

Me faites pas rigoler, moi je ne dis pas que vous êtes fou, un peu facile comme attaque, vous êtes légèrement embêté, mais j'ai vu que rien ne vous arrête, vous reccupérez tout, vous n'avez aucune limite. Mais venant de votre part, celà ne m'étonne pas du tout. Non, vous savez très bien ce que vous faites. Je vous laisse les attaques faciles, je vous donne des faits, vous utilisez des mots qui viennet directement des SS, et vous vous en vantez, vos référence viennent de l'extrême droite, ce sont des faits.

13/04/2012, 09:36 | Par gonetoufar en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 09:30

Bob 92 zinn . Vous êtes surement quelqu' un de sincère .....mais il ne faut jamais être totalement sur de soi , laisser une part au doute pour toujours chercher plus loin ....

13/04/2012, 09:48 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de gonetoufar le 13/04/2012 à 09:36

Je ne suis pas sûr de moi, j'aime pas les fachos.

13/04/2012, 13:23 | Par sourisgrise en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 09:30

Ben qu'est ce qui vous prend, Bobzin ?

C'est carrément grotesque d'insinuer que jjmu ait une quelconque commnauté d'esprit avec les facho ? Allez sur son blog ! 

Je suis en général assez d'accord avec vous, mais là, vous déconnez complètement.

Vous cédez à la paranoïa tous azimuts, on dirait. 

Un facho infiltré, jjmu ? 

Ca doit être une blague dont le degré de second degré m'échappe !

13/04/2012, 09:14 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de JJMU le 13/04/2012 à 08:45

Bla bla bla, vos références sont hautement toxiques, votre verbe sent la peste brune.

13/04/2012, 09:36 | Par JJMU en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 09:14

Pensez ce que vous voulez, que voulez-vous que je vous dise ! si vous n'entendez rien de ce que je vous dis. Si vous refusez d'entendre mes réponses, pourquoi donc me poser des questions ?..

Mes actes répondent de moi. Je n'ai pas à me justifier. D'autant que vous êtes parfaitement inconnu et ne vous placez pas dans une optique de dialogue argumenté. À part les procès d'intention et les invectives ou le mépris, jusqu'à présent, vous n'avez pas vraiment débatu, mais au contraire éructé quelques semi-vérités étymologiques (que je n'ai pas pris la peine de vérifier, puisque, vous voyez, je vous fais confiance, moi) et des contre-vérités sur ce que je dirais ou ferais.

Je ne suis lié à aucun parti, à aucune organisation.

Et vous aurez perdu le peu de raison qui vous reste à chercher à me mettre dans le camp de ce que je combats depuis que j'ai un peu de conscience dans ce monde.

Jean-Jacques M’µ

13/04/2012, 09:51 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de JJMU le 13/04/2012 à 09:36

Vous combattez le fascisme en le prennant pour référence idéologique, si ça c'est pas du foutage de gueule. Bon, j'ai dit ce que j'avais à dire. Je vous laisse. Pour ceux qui auraient des doutes, il y a google. Ciao !

12/04/2012, 11:05 | Par JJMU

Passionnant Bernard FRIOT : distinguer la PROPRIÉTÉ D'USAGE de la PROPRIÉTÉ LUCRATIVE, pour étendre la première et interdire la seconde.

Communiqué par Étienne Chouard, jeudi 12 avril 2012 à 10:39 - Approche économique de la souveraineté - #204rss

Passionnant Bernard FRIOT, qui nous dit : 

il est essentiel de bien distinguer la PROPRIÉTÉ D'USAGE de la PROPRIÉTÉ LUCRATIVE, pour étendre la première et interdire la seconde.

Je trouve cet homme lumineux, épatant.


Faut-il fixer des limites à la propriété ? par ConfUtopia

L'expression "PROPRIÉTÉ LUCRATIVE", que j'ai découverte dans les conférence de Bernard il y a quelques mois, me paraît opérationnelle, efficiente, pour diagnostiquer correctement (une partie de) la maladie dont notre corps social est atteint, et donc pour imaginer des solutions intelligentes.

Il faudra sans doute interdire au plus haut niveau du droit ce type de propriété aliénante, dans une Constitution digne de ce nom (c'est-à-dire un texte qui serve de protection au peuple, plutôt que de prison), mais cela ne se fera que si cette Constitution est d'origine Citoyenne, évidemment.


Merci à Sheeldon d'avoir signalé cette conférence sur Agoravox.

12/04/2012, 11:28 | Par Gilbert Pouillart

Moi aussi, j'ai imprimé le texte de F.Lordon. Merci de nous l'avoir communiqué.

Il est quand même étonnant que ces données toutes simples n'aient pas encore fait le tour des chaumières. Pas besoin d'avoir "fait" une grande Ecole pour saisir les contradictions que nous avons devant notre nez ...ni même de se sentir "de gôche"(ce qui, entre parenthèses, n'est pas honteux, ni sot).

Ce qui est plus mystérieux pour moi, c'est le goût du pouvoir. Je ne parviens pas à comprendre que, pour cela, on se mutile, on se contraigne chaque jour, chaque minute. Et c'est cepoendant cela! J'ai connu des puissants, des ambitieux de tout poil. Leur trait commun, c'est qu'"ils ne pensent qu'à ça", plus ou moins habilement. Et se privent du reste, qui a fait mes délices, et continue de les faire...

.

12/04/2012, 11:42 | Par Hélène Genet en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 12/04/2012 à 11:28

Merci JJmu, on respire, on espère... mais le pire reste possible, tant il est savamment organisé. Il ne faut pas oublier que ces mécanismes de verrouillage, destinés à assouvir la jouissance des puissants, procèdent de la libido dominandi, la plus dangereuse de toutes les passions. J'ai bien peur quant à moi que la raison ne suffise pas à la contenir.

12/04/2012, 13:11 | Par JJMU

 

Reporterre.net - Les socialistes français ont été d’ardents libérateurs de la Finance

www.reporterre.net

Reporterre.net - Consommer moins, répartir mieux - Le site d'Hervé Kempf, auteur du livre Comment les riches détruisent la planète et journaliste au Monde

12/04/2012, 21:59 | Par Dominique C en réponse au commentaire de JJMU le 12/04/2012 à 13:11

Hervé Kempf c'est bien en général!!!

12/04/2012, 22:03 | Par Dominique C en réponse au commentaire de JJMU le 12/04/2012 à 14:37

Tu sais ce que j'en pense... Pour s'unir efficacement, nous, le peuple de gauche, sommes handicapés par le manque d'efficacité linguistique...

12/04/2012, 14:40 | Par JJMU

Étienne Chouard et les Indignés face à la Constitution le 14 juillet 2011 © ?

12/04/2012, 16:37 | Par JJMU

du vendredi 13 avril 2012 au samedi 14 avril 2012 - 20h30 - Entrée: 15€. tr 10€

POLITIQUE Documentaire théâtral

Création collective, mise en scène de Florian Sitbon Avec Jean-Paul Bezzina, Jean-Marc Coudert, Nadine Darmon, Samantha Markowic, Valentine de Montalembert et Florian Sitbon Où en est l'idée politique ?

SPECTACLES À L' OLYMPIC

du vendredi 23 mars 2012 au samedi 14 avril 2012 - - Entrée: un max !

L'olympic-café est ouvert de 18h à 2h -restauration africaine de 19h à minuit du mardi au samedi!! Inscrivez vous sur

en attendant la dernière heure... l'olympic est mort vive l'olympic !

________________________________________________________________________________________________________________

jeudi 12 avril 2012 - 19H - Entrée: libre

PARTI PIRATE ILE DE FRANCE : réunion ouverte

Le plus jeune parti Européen, pour la défense des libertés culturelles : réunion d'information et candidatures aux législatives

 
retrouvez toute la programmation sur le site rueleon.net

12/04/2012, 21:49 | Par Dominique C

Merci de ce billet Jean-Jacques

13/04/2012, 09:38 | Par gonetoufar

Merci Jean-Jacques de faire connaitre E.Chouard .

13/04/2012, 09:40 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de gonetoufar le 13/04/2012 à 09:38

n'allez pas trop loin, gonetofar Rigolant

13/04/2012, 10:06 | Par JJMU en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 09:40

Quoi, Bob ?... Que Gonetoufar me remercie des liens que je propose sur Étienne Chouard vous ferait supposer qu'il irait trop loin ?... Vous êtes sûr que vous laissez les gens s'exprimer, vous ?... Vous êtes sûr que vous défendez la liberté d'expression, en prenant un discours négatif ?

Les limites ne sont pas les vôtres, Bob. Les limites, ici, c'est la charte de Mediapart, et là, c'est vous qui y dérogez. Je vous le dis en simple dialogue. Restez-en au dialogue. Argumentez tant que vous voulez. Et réfléchissez en vous documentant aussi sur ce que vous voudriez attaquer. Prenez donc si vous voulez Chouard pour l'analyser, nous réfléchirons avec vous, nous voulons un vrai pouvoir au peuple, libéré de ses tyrannies, qu'elles soient militaires ou financières. Si nous nous trompons, nous le reconnaîtrons volontiers. Mais argumentez, ne menacez pas.

Vous verrez, si vous êtes vraiment un authentique antifasciste, vous verrez bien que nous faisons cause commune.

Mais tout le monde sait qu'en voulant interdire la parole des autres, on se révèle plutôt fasciste, pour le coup. Et là, c'est vous qui vous mettez sous ce fait-là, pas nous, ici.

Jean-Jacques M’µ

13/04/2012, 10:09 | Par Bob 92 Zinn en réponse au commentaire de JJMU le 13/04/2012 à 10:06

C'était un jeu de mot avec son pseudo, si on peut même plus rigoler. gone too far signifiant en français "allé trop loin"... Bon, si vous n'avez toujours pas compris après cette traduction relativement basique...

Restez calme, un petit exercice de respiration et c'est reparti... Bonjour chez vous. Rigolant

13/04/2012, 11:52 | Par JJMU en réponse au commentaire de Bob 92 Zinn le 13/04/2012 à 10:09

En tout cas, puisque j'ignorais votre jeu de mots, Bob, vous pouvez savoir que je suis très basique, très primaire, très premier degré. Fondamentalement et indécrotablement populaire. Je le suis d'ailleurs pour de vrai. D'origine. Issu d'un milieu lumpen prolétariat, un couple de réfugiés étrangers, analphabète et illettré, aîné d'une famille nombreuse, je ne me suis construit que vraiment très très très lentement, par l'éducation populaire... en ouvrier autodidacte. Le second degré, les références implicites, les ironies, franchement, je ne les comprends pas, il faut qu'on me les explique. Je suis un véritable béotien. Incapable de voir plus loin que ce que je vis et que je vois. Que je lis.

Jean-Jacques M’µ

13/04/2012, 10:23 | Par gonetoufar en réponse au commentaire de JJMU le 13/04/2012 à 10:06

Jean Jacques .Ce que je fais quand j'ai des problèmes avec un commentateur c'est d'aller voir sur son blog , et souvent je constate qu'on peut etre tres bète sur un sujet , et moins sur d'autres ... Si tu vas sur son blog tu verras que Bob peut ètre moins bête qu'il ne l'a été aujourdh'ui .....et on laisse tomber , fin des hostilités....Sourire

Je suis un fan d'Etienne Chouard , ce mec est génial .......

13/04/2012, 12:34 | Par Annie Stasse

… cependant voyant les hollandistes sévir violemment, par insultes diverses sur médiapart depuis quelques temps :

je commence à me demander si le PS veut le pouvoir dans toutes les instances (régions, départements, municipalités, chambres, état) et tout vérouiller.

après tout les facismes ont toujours eu une origine socialiste.

13/04/2012, 12:53 | Par Lepeuple 74

Vendredi 13 avril 2012 (J-9)

De la 5ème à la 7ème...

 

@JJ'MU...en passant par la 6ème : avec 4 jours ou/et nuits de retard, je te (puis-je dire vous ?) souhaite une très-très Bonne Soirée et une très bonne prolongation jusqu'au 14 et...plus...Rassure-toi, je dois être bref car ce 13 est chargé d'un A/R en 93, près du SDF*, et retour*. Quel long sprint tu fais, ici, pour la 6è*, sous ce titre qui donne la couleur* : Fric vs Humain d'abord ! Un Sage (pas moi) a précisé qu'il faut* s'en tenir à très riches.*...Mais aucune restriction vis-à-vis de ce flot de communications* et d'informations claires...Et de cette Indignation toute humaine*. Oui, la semaine qui vient sera importante*

A l'instar de Didier Porte*, tu as confirmé ton choix (et tes raisons depuis longtemps), le mien est le même pour le 22. FDG*...En revanche, - plagiant Coluche - je m'autorise à penser que j'annoncerai "rebelote" le 6/5*. Après, si je peux, l'espéranto et la VIe(E)...

Tous ces astériques, comme d'hab, indiquent une "dette" d'info ou de comm. Avant d'interpeller des lecteurs de MDP, (<<j'ai les noms>>) sur ce Billet, je souhaite que tes nombreux contacts t'accompagnent et bien d'autres vers la suite de la Route de JJ (là, je fayote avec Dianne et avec tous ceux et celles qui considèrent le fondateur de l'Huma comme le républicain number one*, Bonne poursuite M JJ'MU (JJ, ok et MU comme le King Cantona de Manchester United*, seoo*).

Grand 13/4 à tutti.(enfin preque, s'agissant du 22. 

Solidairement...

Bernard o Ho oH Eau****

 

    

 

 



15/04/2012, 14:44 | Par JJMU en réponse au commentaire de Lepeuple 74 le 13/04/2012 à 12:53

29/04/2012, 23:18 | Par JJMU

TOUS DANS LA RUE LE 1er MAI !

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).


Le 29 avril 2012.


Les manifestations du 1er Mai revêtent cette année une signification particulière.

D’abord, elles se déroulent dans un contexte marqué par l’agonie des mécanismes européens actuellement en vigueur qui semble sans fin. Tous les pays européens, même l’Allemagne, sont frappés par des plans d’austérité qui ne font qu’aggraver encore la situation.

Ensuite, en France, le deuxième tour de l’élection présidentielle est l’occasion pour le président sortant, Nicolas Sarkozy, de diviser les Français. Il y aurait ainsi le « vrai travail » que le candidat du système des oligarques voudrait fêter le même jour que les rassemblements de travailleurs.

Le M’PEP appelle à participer massivement aux rassemblements du 1er Mai. Ses militants seront présents et distribueront un tract sur la nécessité de l’annulation de la dette publique. Car sans annulation de la dette publique il ne sera pas possible de mettre un terme à l’austérité.

Pour accéder au tract qui explique, de manière pédagogique, comment et pourquoi annuler la dette publique, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article2567

30/04/2012, 17:50 | Par JJMU

Myret Zaki revient sur la conférence "L'état et les banques, les dessous d'un hold-up historique"

www.youtube.com

NOUVEAU : VERSION "ENRICHIE" DE LA CONFERENCE / PREMIERE PARTIE DISPONIBLE ICI : http://www.youtube.com/watch?v=3AUbvQIdxy8 Interview d'une heure de Myret Za...

01/05/2012, 13:04 | Par JJMU

À faireÀ faire © Ensemble pour l'intérêt du plus grand nombre

03/05/2012, 23:12 | Par JJMU

Avertissement à François Hollande

Le 22 avril 2012, j'ai choisi en conscience d'accorder ma confiance et mon vote au programme du Front de Gauche en la personne de Jean-Luc Mélenchon.

Je n'adhère pas à l'orientation politique incarnée aujourd'hui par le Parti Socialiste.

Je n'accorde que très peu de confiance au Parti Socialiste et à son candidat François Hollande.

Mon possible vote pour François Hollande au second tour ne sera donc aucunement un vote d'adhésion.

Je voterai par rejet de Nicolas Sarkozy, dans le souci de l'intérêt général et de l'avenir, et en pensant tout particulièrement aux plus faibles d'entre nous.

Le Parti socialiste est averti : mon vote restera un vote de défiance à son encontre.

Jean-Jacques M’µ

08/05/2012, 17:13 | Par christian delarue

Il faudra que je revienne tout lire :)

Mais ce que j'en ai lu me semble solide. CD

08/05/2012, 17:26 | Par JJMU en réponse au commentaire de christian delarue le 08/05/2012 à 17:13

Ouai... à la réserve près des "ateliers citoyens", dont il faut relativiser les fôtes d'orthographe et la récupération des données véritablement populaires.

Je crois qu'il nous faut plutôt raisonner en termes de compétences démocratiques (démocratique = pouvoir par et pour le peuple).

Jean-Jacques M’µ

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