
Thématiques du blog
Appel de journalistes marocains en faveur des marches pacifiques de demain, 20 février, convergeant vers Rabat
Maroc : un appel de journalistes en faveur de la manifestation du 20 février. – Tribune - Par Collectif | 18/02/2011 | 15H51
Un vent de liberté souffle sur la région d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Une révolution au cours de laquelle les peuples se sont insurgés pour recouvrir leur liberté et leur dignité et reprendre leurs destinées en main. Les victorieuses révolutions des peuples tunisien et égyptien ont fait prendre conscience à la rue de son pouvoir à déchoir les dictatures pour sortir des prisons à ciel ouvert que sont devenus les pays de la région.
Jamais la liberté et la victoire de nos peuples n'a été si proche !
C'est pour ces raisons que nous, journalistes indépendants marocains, signataires de ce communiqué, félicitons les peuples égyptien et tunisien pour leur victoire contre la dictature et l'autocratie, et en particulier nos confrères ayant recouvré leur liberté de parole et d'expression et de la presse, et rappelons que la répression de ces libertés fondamentales pour la démocratie, est toujours dans l'agenda du pouvoir au Maroc.
Face au silence assourdissant du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), nous soussignés, journalistes marocains, annonçons notre soutien inconditionnel aux revendications du mouvement du 20 février que nous rejoindrons dans la rue en ce jour de manifestation.
Ainsi, nous nous solidarisons avec toutes les forces démocratiques du Maroc qui militent pour l'instauration d'une véritable démocratie et une rupture avec l'autoritarisme makhzanien.
En outre, nous dénonçons la campagne de diffamation et dénigrement à l'encontre des jeunes du mouvement du 20 février, par les médias proches du pouvoir et sur Internet.
Ainsi, nous réclamons :
- De permettre aux journalistes marocains et étrangers de faire leur travail d'information et de suivi des événements qui s'annoncent.
- Le respect du droit à l'information pour toutes les composantes de la société marocaine.
- L'arrêt immédiat de la manipulation médiatique menée par les télévisions publiques, l'Agence officielle, et les journaux proches du pouvoir.
Nous exhortons également les intellectuels du pays à prendre position afin que les revendications démocratiques du peuple marocain soient accompagnées.
Signataires :
Khalid Gueddar, Omar Radi, Aziz El Yaakoubi, Najib Chaouki, Zineb El Rhazoui, Aboubakr Jamaï, Ali Lmrabet, Kenza Sefrioui, Khalid Jamaï, Aida Alami, Amal Baba Ali, Maâti Monjib, Ali Amar, Driss Ksikes, Sami Lakmahri, Sami El Moudni, Ahmed Najim, Hicham Houdaïfa, Ali Anouzla, Smail Bella Ouali, Ghassan Wail, Salaheddine Lemaizi, Abdou Berrada, Mustapha Hairane, Adil Semmar, Abdelilah Sakhir, Abderrahim Tafnout, Mehdi Michbal, Abdessamad Aitaicha
À lire aussi sur Rue89 et sur Eco89 :
Ailleurs sur le Web

Tous les commentaires
Maroc: des mouvements de jeunes appellent à une marche le 20 févrierMots-clés : MAROC, MANIFESTATION
RABAT (AP) — De jeunes Marocains regroupés au sein du "Mouvement des jeunes du 20 Février" veulent organiser dimanche dans tout le Maroc des marches "pour réclamer la démocratie, la justice et la vie dans dignité".
Ils ont tenu jeudi une conférence de presse au siège de l'Association marocaine des droits humains qui soutient le mouvement.
Le mouvement est né à la suite "de l'accumulation des problèmes sociaux qui sont le résultat de choix fondamentaux et de la structure du régime politique marocain hostile aux intérêts des fils pauvres du peuple".
Le mouvement réclame entre autres "une constitution démocratique qui reflète la vraie volonté du peuple", "la dissolution du gouvernement et du parlement et la mise en place d'un gouvernement transitoire", "une justice indépendante et équitable", "le jugement des personnes impliquées dans la corruption" et la libération des prisonniers politiques.
Le Mouvement des Jeunes du 20 Février demande également le plein emploi dans la fonction publique des diplômés chômeurs, "la garantie d'une vie digne aux Marocains en réduisant la cherté de la vie et en augmentant les salaires minimums ainsi que des services sociaux accessibles de meilleurs qualité accessibles à tous les citoyens".
Le mouvement a reçu le soutien de plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme. Les organisations signataires de la déclaration de soutien à la manifestation des jeunes ont appelé "les autorités marocaines à respecter le droit d'expression et de manifestation et de ne pas faire usage de violence contre les manifestants pacifiques".
La plupart des partis politiques n'ont pas pris position encore sur la marche du 20 Février, mais le principal parti islamique représenté au Parlement, le Parti du Développement et de la justice (PJD) a précisé "qu'à l'heure actuelle, il n'est pas concerné par l'appel à la marche du 20 Février".
De son côté, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Khalid Naciri a déclaré que "le gouvernement aborde les revendications économiques, politiques et sociales des jeunes avec un esprit d'ouverture".
AP
Et encore et toujours, au Maroc, la répression continue contre les Sahraouis.
Alerte Wikio
Sahara occidental: les opérations de pêche européennes contraires au droit international (midipress.com)
STOCKHOLM – Les opérations de pêche européennes dans les eaux du Sahara occidental sont contraires au Droit international, ont estimé des spécialistes suédois du droit international, soulignant que la prorogation de l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc devait être en adéquation avec les aspirations et intérêts du peuple sahraoui. Pour les juristes représentant [...]
Source : midipress.com
Explorer : Droit international, Stockholm
Une ONG américaine dénonce le climat "de terreur et de répression " dans les territoires occupés du Sahara occidental après l'attaque de Gdeim Izik (Le Post)
Le Centre Robert F. Kennedy (RFK) pour la justice et des droits de l'homme a dénoncé le climat "de terreur et de répression qui règne dans le Sahara...
Source : Le Post
Explorer : Droits de l homme, Humanitaire, ONG, Politique, Société
Sahara occidental: la prorogation de l’accord de pêche UE-Maroc sapera le processus politique (Donne Ton Avis)
La prorogation de l’accord de pêche UE-Maroc contribuera à saper le processus politique, a souligné le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies, Ahmed Boukhari, cité par l’Agence d’information sahraouie (SPS). Dans un message adressé à la représentante permanente du Brésil auprès des Nations unies et présidente en exercice du Conseil de sécurité, M. [...]
Source : Donne Ton Avis
Explorer : Front Polisario, Maroc
Sahara occidental: la prorogation de l'accord de pêche UE-Maroc sapera le processus politique (Algérie Soir)
Source : Algérie Soir
Explorer : Maroc
Accord de pêche au Sahara Occidental, La Suède votera NON (Solidarité Maroc)
« A mon avis nous ne pouvons voter pour un accord qui viole le droit international » a affirmé le ministre suédois de l’agriculture, Eskil Erlandsson, devant le Parlement cet après-midi, en faisant allusion au vote du Conseil des ministres prévu demaiin. On s’attend à ce que d’autres Etats suivent afin de stopper la reconduction de l’accord de pêche au Sahara Occidental, illégal et...
Source : Solidarité Maroc
Explorer : Suède
Lafarge: 5 mégawatt à Laâyoune
Dakhla . L’énergie représente l’un des postes les plus importants des coûts de production du ciment. Pour réduire la facture, les opérateurs investissent dans les énergies renouvelables, comme pour les éoliennes du groupe Lafarge. Le projet Italgen Maroc, filiale d’Italcimenti Group, qui est en cours de construction, concerne l’installation d’un champ de 5 mégawatt (MW) à Laâyoune. Le programme...
Source : ecodakhlamaroc
Explorer : Agadir, Cogénération, Dakhla, énergies renouvelables, Environnement
Hamid Chabar: Au renforcement du développement local et de la paix dans toute la région
Dakhla. «Le Maroc est un partenaire stratégique pour l'Europe qui soutiennent et appuient ses efforts en vue de régler ce conflit». Dans une déclaration à la presse à l'issue d'une rencontre avec le wali de la région de Oued-Eddahab-Lagouira, Hamid Chabar, il a relevé que cette initiative contribuera au renforcement du développement local et de la paix dans toute la région. Il a, à cet égard, mis...
Source : ecodakhlamaroc
Explorer : Dakhla, Economie, énergies renouvelables, Environnement, Maghreb
Graves accusations marocaines (Diaspora saharaui)
Face à d’éventuelles contestations qui pourraient venir de la jeunesse marocaine, la cour du Palais royal ressort son refrain préféré : c’est un complot venu d’Alger ! Cette parade ne fait plus rire ni même sourire. Elle laisserait totalement indifférent si elle ne véhiculait pas un mensonge que le peuple marocain, à force d’être matraqué par une propagande effrénée - pour ne pas dire infernale -...
Source : Diaspora saharaui
Explorer : Alger, Algérie, Front Polisario, Maroc, Rabat
Maghreb - Le Maroc souhaiterait une normalisation des relations avec l'Algérie (Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset)
... réconciliation ou d’une nouvelle manœuvre dans le but de gagner encore du temps sur le dossier du Sahara occidental, où Rabat redouterait de nouvelles tensions en ces temps de soulèvements populaires secouant le monde arabe ? La question mérite d’être posée, car avant d’appeler l’Algérie à oublier le passé, le chef de la diplomatie marocaine a affirmé que l’Algérie et le Front...
Source : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
Explorer : Alger, Algérie, Maghreb, Maroc, Rabat
Bravo pour votre collecte très riche de sources d'informations autour du Maroc !
Ce qu'il faut surtout, c'est que les informations se traduisent par des faits : pressions contre les dictatures, libérations des prisonniers d’opinions, droits d’expression et d’information, car notre énergie passe davantage à préparer nos vacances et nos avantages immobiliers dans ces pays qu'à soutenir de fait les populations opprimées. Auncun inventaire, même le plus exhaustif ne vaut s’il ne permet pas la jouissance des libertés.
De ce point de vue, WikiLeaks est un véritable service public.
Sur le modèle des convergences de lutte en Égypte et en Tunisie, la Birmane Aung San Suu Kyi s’est déclarée favorable au fait d’utiliser les réseaux Internet pour mobiliser les partisans hostiles à l’actuel pouvoir en place.
Comme en Egypte et en Tunisie, la Birmane Aung San Suu Kyi veut utiliser Twitter
(AFP) – Ce samedi 19 février 2011, à 19h
MONTREAL — La célèbre opposante birmane Aung San Suu Kyi compte bientôt ouvrir des comptes sur les sites internet Facebook et Twitter, à l'instar des militants pro-démocratie qui ont utilisé les réseaux sociaux en Egypte et en Tunisie, a-t-elle dit dans une interview publiée samedi au Canada.
Libérée en novembre, la "Dame" de Rangoun est désormais connectée à internet à son domicile, une première pour celle qui a passé la majeur partie des 20 dernières années en résidence surveillée, sans possibilité de communiquer.
Mais le débit de la connexion fournie par une société contrôlée par la junte au pouvoir, moyennant un abonnement de plus de 1.000 dollars par mois, est trop lent pour lui permettre d'accéder aux réseaux sociaux, a-t-elle déploré dans une interview accordée au journal canadien The Globe and Mail.
"Nous avons demandé à avoir une meilleure liaison" et "dès que les conditions seront bonnes, je veux avoir Facebook et Twitter", a déclaré la lauréate du Prix Nobel de la paix.
Les deux sites américains ont joué un rôle central dans l'organisation des récentes manifestations qui ont abouti au départ des présidents Ben Ali et Moubarak. En Iran également, Facebook et Twitter sont utilisés par les défenseurs des droits de l'homme afin de diffuser leurs messages hostiles à la République islamiste.
Mme Suu Kyi a salué le rôle de l'armée égyptienne durant la révolution. "L'armée égyptienne n'a pas tiré sur les gens ce qui est la grande différence" avec la Birmanie, a-t-elle noté.
Les manifestations de 1988 qui ont vu émerger Mme Suu Kyi comme chef de file de l'opposition avaient été réprimées dans le sang, faisant quelque 3.000 morts. De même, les protestations menées par des moines en 2007 ont été dispersées par l'armée birmane.
"Vu que l'armée birmane descend la population, il est peu probable que les gens aient envie d'aller dans la rue", a-t-elle remarqué, ajoutant que "d'un autre côté, on ne peut pas dire que l'armée birmane va éternellement tirer sur la population".
Copyright © 2011 AFP.
Maroc Incidents lors d'une manifestation contre les prix à TangerAgence France-Presse
19/02/2011 15h45
RABAT - Des manifestants ont lancé des pierres contre un commissariat de police et endommagé une agence de distribution d'eau et d'électricité vendredi soir à Tanger (nord du Maroc) pour protester contre des tarifs jugés excessifs, a-t-on appris samedi de sources concordantes. Selon un habitant joint par téléphone, la manifestation a regroupé plusieurs centaines de personnes. Aucun blessé n'a été signalé, a précisé cette source.
Un sit-in organisé par une branche locale du groupe altermondialiste Attac a «dégénéré», a déclaré à l'AFP une source à la wilaya (préfecture) de Tanger, précisant que cette association organisait de tels rassemblements pratiquement chaque semaine.
Les manifestants ont jeté des pierres contre un commissariat et un véhicule de la société Amendis (filiale du groupe français Veolia) chargée de la distribution d'eau et d'électricité à Tanger, a-t-on indiqué de même source.
Une agence d'Amendis a aussi été la cible de jets de pierre de la part des manifestants, a pour sa part indiqué l'habitant joint par téléphone.
La manifestation avait pour but de réclamer l'annulation de la concession accordée à Amendis par les services municipaux, l'organisation altermondialiste jugeant ses tarifs excessifs.
Ces incidents ont eu lieu à la veille de manifestations prévues, dimanche en faveur de réformes politiques au Maroc.
(sources : AFP)
Mohammed VI passé au détecteur de dictateurs Auteur de l’ouvrage «Mohammed VI, le grand malentendu» le journaliste marocain Ali Amar s’interroge: l’Occident est-il trop indulgent avec le roi du Maroc?
Mohammed VI visite le nord du Maroc, le 14 octobre 1999. REUTERS/Jean Blondin
Auteur : Ali Amar
Mots-clés : actualités Hassan II Hosni Moubarak Maroc Mohammed VI Zine el Abidine Ben Ali
L’Occident est-il trop indulgent avec un monarque féodal qui cultive une image de roi moderne, au moment où la rue arabe s’embrase?
Agé de 70 à 80 ans, dont en moyenne 30 ans au pouvoir, une carrière dans l’armée, un rejeton en attente de lui succéder, un régime de parti unique, une opposition laminée, un clan prédateur des richesses de son pays; voici le portrait-robot du dictateur arabe dans l’imaginaire occidental. On y reconnaîtra Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi.
Depuis que le maître de Carthage a pris la poudre d’escampette et que le raïs vacille sous les coups de boutoir du peuple cairote, les plus fins commentateurs de la rue arabe rivalisent d’analyses pour expliquer que dorénavant, le règne sans partage des potentats arabes ne garantit plus la sacro-sainte «stabilité» des pays qu’ils cadenassent de leur pouvoir jupitérien.
A la pointe septentrionale de ce monde qui ne connaît pas la démocratie, il existe aux yeux de l’Occident un «royaume acceptable» dont on ne parle presque pas depuis l’embrasement de Tunis et du Caire: le Maroc. Les aveux d’aveuglement sur le régime policier de Ben Ali, et sur le cynisme géostratégique qui fait jouer aux funambules diplomatiques les chancelleries occidentales au Proche-Orient ne concernent pas ce pays jugé à part. Pourquoi? Est-ce justifié?
Pour s’en assurer, il suffit de passer Mohammed VI au «détecteur de dictateurs».
Est-il un autocrate comme les autres?
Il a à son avantage sa jeunesse relative (47 ans) et d’être monté sur le trône il y a douze ans, après 38 ans de règne sans partage d’Hassan II, roi autocrate à l’ancienne. L’absolutisme du régime s’est régénéré, passant d’une monarchie ouvertement répressive à une «hypermonarchie». Celle-si s’emploie à assurer une continuité de ses institutions, avec une concentration inégalée des pouvoirs politique et économique tout en peaufinant son image de despote éclairé —et certainement moins caricatural que bien des tyrans arabes. Pourtant, le pouvoir très personnalisé du roi s’appuie presque exclusivement sur les hommes de son sérail.
Les plus en vue, qui sont deux de ses amis d’enfance, phagocytent des pans entiers du pouvoir: Fouad Ali El Himma en politique et Mohamed Mounir Majidi dans le monde des affaires. Aujourd’hui, le Cabinet royal, centre névralgique du pouvoir de Mohammed VI qui dirige en sous-main l’administration, a plus de suprématie que toutes les institutions représentatives cumulées —mettant ainsi à mal la redistribution des richesses, et ce malgré le lancement de grands chantiers d’infrastructure et d’initiatives dans le social, censées combler l’énorme retard du pays en matière de développement humain. A ce titre, le Maroc continue de végéter dans le bas des classements mondiaux.
L’effeuillage des prérogatives du gouvernement et la déliquescence des partis politiques expliquent d’ailleurs en grande partie la désaffection des Marocains pour les urnes.
D’où tire-t-il sa popularité ?
Mohammed VI a su profiter de l’image révulsive de son père en matière de droits de l’homme —sans renier l’essentiel de son héritage. Si son empathie pour les démunis ne semble pas feinte, elle est en tout cas savamment orchestrée par un culte de la personnalité exacerbé et une propagande d’un autre âge. Les Marocains redoutent aussi presque inconsciemment la fitna, un chaos social et identitaire qui naîtrait de la désagrégation de la Couronne, qui les unit culturellement. Le roi est de ce point de vue très largement plébiscité. Un récent sondage inédit le prouve, mais, comble de l’irrationnel, ce dernier a été interdit. Car au royaume du Maroc, la liberté d’expression s’arrête aux marches du Palais.
Est-il pour autant démocrate dans l’âme?
Le régime marocain est —sur le papier— une monarchie constitutionnelle. Mais il suffit de lire sa Constitution pour se rendre compte qu’il n’est assurément pas démocratique. Le principe de séparation des pouvoirs n’est pas reconnu. Le roi définit lui-même son régime comme étant une «monarchie exécutive», amalgamant son statut sacré de Commandeur des croyants avec celui temporel de chef de l’Etat. Le multipartisme existe depuis l’indépendance du pays, mais le Parlement est réduit à un rôle de caisse de résonnance des volontés du Palais, notamment lorsqu’il s’agit d’entériner le budget de la Cour royale ou celui de l’appareil sécuritaire. Les élections sont toujours largement manipulées, et le pouvoir du Premier ministre confine à de la figuration.
Désavouer la politique du monarque ou celle de son Cabinet, mettre en lumière la prédation économique de la classe dirigeante (et celle du roi lui-même), dénoncer la pratique de la torture par les sécuritaires, fustiger la justice d’abattage, la corruption rampante autant d’actions interprétées comme subversives pour justifier les châtiments infligés aux voix discordantes accusées de nihilisme.
Dans les faits, personne ne peut remettre en question ce que le Palais et son gouvernement définissent comme les «constantes de la nation», c’est à dire le caractère sacré du trône —y compris ses choix de gouvernance—, l’islam en tant que religion d’Etat, la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental et la sanctuarisation de l’appareil sécuritaire. Quant à la sphère privée du roi, elle demeure inviolable même lorsqu’elle interfère avec la politique de l’Etat.
Est-il à la tête d’un Etat répressif?
Après la disparition d’Hassan II, démocrates et réformateurs avaient parié sur une accélération de la dynamique qu’ils croyaient assurée avec un pouvoir rénové. L’opinion internationale a voulu croire aussi que la stabilité du pays s’accompagnerait d’une réelle tempérance du régime et d’une transition démocratique en douceur.
Ce ne fut pas le cas: la liberté de la presse, marqueur essentiel d’une telle promesse, a été bien souvent malmenée, la censure ayant rapidement repris le dessus. Les rares bastions de la presse d’investigation sont désormais en voie de disparition. A quelques rares exceptions, c’est le règne de la complaisance et du non-dit qui prévaut.
Si des gages ont été donnés sur le statut de la femme, qui s’apparente davantage au «féminisme d’Etat» tunisien, les libertés individuelles —dont celle du culte— sont loin d’être acquises. D’ailleurs, le processus de réconciliation n’a pas été mené jusqu’à son terme (la vérité sur les exactions commises sous Hassan II n’a été que partiellement dévoilée, sans mise en cause de certains responsables encore au pouvoir) et le Maroc embastille toujours ses opposants politiques qui se comptent parmi les militants des droits de l’homme, ainsi que les indépendantistes sahraouis et les islamistes.
Les ONG locales, les mouvements associatifs et contestataires, la presse, les réseaux sociaux et certains partis politiques canalisent les frustrations, voire servent d’alibi et de soupapes sociales. Les poussées de fièvre récurrentes au Maroc depuis quelques années prouvent que la hogra, ce sentiment d’injustice permanent ressenti dans tout le Maghreb, peut pousser à la révolte.
Bénéficie-t-il de l’indulgence de l’Occident?
Au-delà des intérêts stratégiques avec l’Occident et la France en particulier, et à l’instar d’autres régimes arabes, Mohammed VI joue à fond la carte du péril islamiste et d’un certain volontarisme économique et social pour justifier les scories féodales de son régime. Avec Paris, les attaches politiques sont quasi incestueuses. L’Europe a accordé le statut avancé au Maroc, un privilège qu’il ne partage qu’avec Israël au sud de la Méditerranée. Le Trône est aussi l’un des alliés inconditionnels des Etats-Unis dans sa guerre contre la terreur, au point d’avoir accepté comme Moubarak par exemple (et on l’oublie trop souvent) de participer à son programme de torture délocalisée sous Bush Jr.
Dans ce contexte de realpolitik, l'aspiration de voir enfin un des pays arabes les plus aptes à s’engager vers la démocratie —comme ont pu le faire l’Espagne après Franco, le Portugal après Salazar, la Grèce après les Colonels ou certains pays d’Amérique Latine après les dictatures militaires— a été vaine.
Ali Amar
Ali Amar est par ailleurs l'auteur d'un article très documenté qui rend compte de la confusion des informations relatives au Sahara occidental et au conflit long de 35 ans avec le Maroc qui l'annexe, entre tensions algériennes et mauritaniennes, sur fond d'ONU toujours aussi peu entendue.
Bonsoir, JJMU, je venais aux nouvelles du Maroc. mais vos liens ne fonctionnent pas (et sur le billet de Thierry Ternisien, non plus)
Je voulais signaler aussi une discussion intéressante concernant l'Algérie, dans le fil de l'article de P. Puchot sur Mdpt.
Un lien est donné vers article sur la manifestation d'hier , et des analyses intéressantes (dans le 34 ème commentaire à peu près, celui de claude taleb)