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Droits d'expression et de libre circulation des personnes dans le monde

Les milliers de personnes qui ont manifesté ce dimanche 18 décembre 2011, journée internationale des Migrants, pour la reconnaissance des immigrés et leurs droits à vivre et à travailler à l'intérieur de nos frontières, sont conscientes des lois xénophobes qui se succèdent et qui pénalisent et criminalisent chaque fois davantage des populations réduites aux abois, fuyant des conditions de vie abominables.

 

Transit entre la Lybie et la TunisieTransit entre la Lybie et la Tunisie © David Ohana

 

Les réfugiés, les exodes, les conflits dans toutes les parties du monde rendent plus que jamais nécessaire la prise en considération de l'article 13 de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 stipulant que :

– 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État.

– 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Toute la misère du monde ?...Le fantasme de l'invasion des malheureux n'est pas sérieusement tenable devant les réalités chiffrées ; car la misère est d'abord provoquée par nos politiques de refus de solidarité internationale (quand la fraternité est l'une des devises de la république) : la précarisation provient des rejets et des exclusions qui mettent de fait hors-la-loi toute personne visant à échapper à des conditions de vie qui lui sont manifestement intolérables et que chacun se doit de respecter. Une citoyenneté universelle existe de fait. Sa richesse est dans son existence, dans son potentiel d'action.

Les richesses produites dans les pays8 millions de pauvres n'est pas une fatalité quand la richesse produite par notre PIB (produit intérieur brut) peut largement répondre aux nombreux besoins de notre population, en logements, en hopitaux et centres de soins, en écoles et cours d'alphabétisations, en formations qualifiantes et plein emploi...

En finir avec l'assistanat ?... Tous d'accord. Les actuelles prestations sociales fournies à titre conditionnel selon les ressources sont doublement perverses. D'abord parce qu'elles reconnaissent administrativement un besoin, qui est chiffré en pouvoir d'achat, et que la situation des intéressés ne permet pas de combler, de satisfaire. Ensuite parce qu'elles conduisent les particuliers à se justifier et justifier de leur condition auprès des instances publiques, qui fonctionnent de fait en institutions paternalistes.

Ces pratiques peuvent facilement être résolues en instaurant un revenu inconditionnel d'existence pour tous. Ce revenu fixe, financé par le PIB, et rémunéré dans la monnaie de chaque pays selon sa richesse intérieure, se substituerait aux actuelles allocations, au sein des États, en donnant ainsi tout son sens au mot "solidarité", permettant à chacun de répondre durant toute sa vie à des besoins qui lui sont propres, de manière autonome et souveraine, par le seul fait d'être venu au monde.

Les droits fondamentaux nous concernent tous Personne aujourd'hui ne peut reprocher à ce revenu inconditionnel d'existence de suspendre le goût du travail dans une société comme la nôtre où les ressources actuelles privilégient les nantis de la haute finance d'affaire plutôt que la formation et l'embauche seules mesures capables dans le cadre législatif actuel de rompre avec la misère et ses conséquences prostitutives. Quand un pays conduit à 8 millions de pauvres et de précaires et ne donne pas de travail à 4 millions de demandeurs d'emploi, il ne peut parler de soutenir le goût de l'effort : son système n'est pas celui de l'autonomie et de l'épanouissement personnels.

Priver quiconque des droits au travail, au logement, à la circulation, à la santé, à l'éducation, c'est considérer qu'il y aurait des êtres humains les uns méritants et les autres pas, c'est créer des inégalités qui pervertissent la paix sociale en sécrétant des injustices et des violences en retour.

Résidents ou migrants nous avons tous notre place pour participer aux activités et à l'amélioration de la vie, ici comme ailleurs.

Jean-Jacques M’µ

Tous les commentaires

20/12/2011, 04:21 | Par JJMU

Pour un retournement des politiques actuellesIl y a deux millénaires et demi, le livre du Lévitique formulait cet admirable commandement, qu'il attribuait à Dieu parlant à Moise :

« Quand un étranger viendra s'installer dans votre pays, ne l’exploitez pas ; au contraire, traitez-le comme s'il était l'un de vos compatriotes : vous devez l'aimer comme vous-mêmes. Rappelez-vous que vous avez aussi été des étrangers en Égypte. ».

...

 

Depuis l'apparition de l’espèce humaine, les groupes humains n'ont pas cessé de se déplacer à la surface de la Terre, se l'appropriant tout entière.

Tout le monde vient « d'ailleurs », tout le monde va « ailleurs », c'est pourquoi l'étranger d'aujourd'hui tout comme celui d'hier ou d'avant-hier est, lui aussi, chez lui ici.

 

Comme en écho, La Cimade a inscrit son action sous la proclamation symbolique qu'«il n'y a pas d'étrangers sur cette terre»! Ce slogan prend l'exact contre-pied des lois d'inhospitalité actuellement en vigueur. C'est à une «conversion» du regard entraînant un véritable retournement des politiques qu'il nous faut appeler sans relâche, en nous appuyant sur la réalité des faits, sur les leçons tirées de nos pratiques de terrain et sur l'affirmation de nos valeurs.

20/12/2011, 04:43 | Par JJMU

Trois socles : Mobilité, Hospitalité, CitoyennetéLa mobilité internationale d'un nombre limité d'hommes et de femmes a toujours existé (elle ne concerne aujourd'hui que 3 % de la population mondiale). Elle est aujourd'hui une donnée banale de la mondialisation. C'est un fait social ordinaire et incontournable et le droit à la mobilité, englobant le droit de circulation et d'installation, doit être revendiqué pour tous.L'hospitalité n'est pas synonyme d'aide ou de charité : elle signifie accueil de l'autre. L'autre, l'étranger considéré non comme un « débarquant », un être assigné aux marges de la société, exploitable et exploité, mais comme un être humain au parcours intelligible, qui prend ici sa part à la vie de la Cité. Un être détenteur de droits à qui il s'agit d'assurer un statut et une stabilité d'existence dans le respect des principes fondamentaux du vivre ensemble. La citoyenneté, comme l'intégration, est une construction de tous les jours. Construire un vivre ensemble qui repose sur les principes d'égalité des droits et des devoirs, de reconnaissance des diversités, de solidarité, de lutte contre les discriminations et le racisme et de laïcité : telles sont les conditions d'une citoyenneté active et d'une démocratie en bonne santé.

20/12/2011, 04:44 | Par JJMU

À l'issue de son AG du 18 juin dernier, la Cimade vient de publier un document important, intitulé «Inventer une politique d'hospitalité». A partir de son expérience sur le terrain, la Cimade cherche à proposer une autre politique sur les questions migratoires en Europe et en France.

C'est à une véritable conversion du regard que nous convie la Cimade.

La réalité des faits est que les projets de migration ont changé, que notre pays est devenu un pays riche de multiples diversités. La leçon que l'on peut tirer des engagements auprès des étrangers est que la précarité des statuts, des pratiques administratives restrictives et suspicieuses ont pour conséquence le malheur, l'insécurité et la vulnérabilité, sans parler de l'atteinte aux droits fondamentaux. La Cimade veut défendre des valeurs : l'hospitalité, l'accueil de l'autre, l'égalité des droits, l'ouverture aux personnes vulnérables ou exclues.

 

Les 40 propositions qui sont faites reposent sur trois socles : la mobilité, l'hospitalité, la citoyenneté.

Elles sont réparties selon les têtes de chapitres suivantes :

Télécharger le document sur le site de la Cimade.

20/12/2011, 04:45 | Par JJMU

Inventons une politique d'hospitalité !

 

Lors de son Assemblée générale du 18 juin, La Cimade a adopté 40 propositions pour mener une autre politique d’immigration. Depuis les permanences juridiques qu’elle organise, jusqu’aux portes des consulats où elle est allée enquêter, en passant par les centres de rétention ou les queues aux guichets des préfecture, La Cimade a développé une expertise juridique unique sur les politiques migratoires française et européenne.

 

Entrer dans la bataille politique

En s’appuyant sur cette expertise et sur l’affirmation de ses valeurs, La Cimade appelle à un changement de perspectives. Dans un contexte où la question de l’immigration est constamment instrumentalisée à des fins politiques, il nous paraît urgent de sortir d’une simple position critique, souvent qualifiée d’utopiste, pour entrer véritablement dans la bataille des propositions. Après près d’un an de débats menés dans toutes les régions de France, avec quelque 2000 militants, La Cimade propose 40 mesures pour inventer une politique d’hospitalité. 40 propositions pour tendre vers la liberté de circulation, demain ou après-demain. Mais 40 propositions qui s’inscrivent aussi résolument dans la perspective des échéances électorales à venir où les enjeux de l’immigration seront assurément présents et - on peut le craindre - instrumentalisés.

 

6 propositions « levier »

La Cimade a ainsi choisi de mettre en avant 6 propositions « leviers » qui illustrent clairement la possibilité, pour un gouvernement décidé, de transformer profondément et positivement la politique migratoire de la France. Ces propositions ont été sélectionnées en raison de leur mise en œuvre facile et rapide, et de leur capacité à avoir un effet immédiat sur la vie quotidienne des migrants et des demandeurs d’asile, en mettant fin à des situations absurdes et injustes.

 

  • Mettre fin au chantage sur les pays d’origine, en dénonçant les « accords de gestion concertée des flux migratoires » qui conditionnent la politique de coopération et de développement à des clauses de réadmission.
  • Mettre en place une procédure d’asile unique avec droit au travail.
  • Attribuer un visa de plein droit pour l’ensemble des membres de familles de Français ou d’étrangers installés en France.
  • Stabiliser le séjour, par la délivrance de plein droit de cartes de résident lors du premier renouvellement, pour tous les motifs liés au respect de la vie privée et familiale.
  • Rendre exceptionnel le placement en rétention administrative et interdire le placement en rétention des familles, avec ou sans leurs enfants, des femmes enceintes, des personnes vulnérables (santé fragile, personnes âgées, handicapées) ; Réduire la durée maximale de rétention ; Fermer les locaux de rétention permanents et interdire leur création provisoire.
  • Accorder un accès au droit de vote et d’éligibilité pour les élections locales et régionales aux étrangers titulaires d’un titre de séjour stable, dans le cadre d’une « citoyenneté de résidence ».

> Téléchargez le texte complet des propositions

20/12/2011, 04:53 | Par JJMU

Appel pour une intervention solidaire de l'UE en Méditerranée (MigrEurop)

Europe et MéditerranéeEurope et Méditerranée © MigrEurop

 

20/12/2011, 21:21 | Par JJMU

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 20 décembre 2011.


Il n’aura fallu qu’une semaine pour que le 16e sommet de l’Union européenne destiné à « sauver l’euro », qui s’est tenu les 8 et 9 décembre à Bruxelles, ne donne ses premiers résultats. Et ils ne sont pas fameux : « Les marchés désavouent l’accord de Bruxelles » (Une du journal Le Monde daté du 16 décembre 2011), « La France au bord de la récession » (Une du journal Le Figaro daté du 16 décembre 2011).

En effet, jamais la situation économique, sociale, morale, n’avait été aussi mauvaise dans la zone euro. Plus les « sommets » européens se succèdent, et deviennent même quasiment permanents, et plus la crise s’aggrave !

Un nouveau record a été battu : celui du chômage qui atteint 10,3% dans la zone euro, record historique depuis qu’existe l’euro. Bravo l’euro !

C’est l’Espagne qui est le pays le plus touché, avec 22,8% de chômeurs. Voilà le résultat de la politique du Premier ministre socialiste Zapatero, modèle pour les socialistes français (Madame Royal n’avait-elle pas été surnommée la « Zapatera » ?). La Grèce, après les multiples plans décidés pour l’ « aider », en est à 18,3% de chômage. Que se serait-il passé si l’Union européenne et le FMI n’avaient pas « aidé » la Grèce ? Elle aurait certainement moins de chômage !

Les « séniors » et les jeunes sont particulièrement frappés. En Espagne, se sont 48,9% des 15-24 qui sont au chômage, 45,1% pour les jeunes Grecs, 24,2% pour les jeunes Français. Où allons-nous à ce train-là ?

Le M’PEP propose des mesures radicales pour s’attaquer, partout en Europe, au chômage et à la précarité, autour de l’idée centrale de « droit opposable à l’emploi ».


Si vous partagez le contenu du tract ci-dessous, diffusez-le massivement autour de vous !

Pour lire ou imprimer le tract avec les propositions du M’PEP pour éradiquer le chômage et la précarité, cliquez ici :
http://www.m-pep.org/spip.php?article2464

21/12/2011, 14:18 | Par JArgenty

Quelques éléments de commentaires sur mon blog Médiapart Sourire

22/12/2011, 18:14 | Par JJMU

Bulletin mensuel de TERRA

Réseau scientifique de recherche et de publication

TERRA Mensuel n°13 - décembre 2011

* * *
Samedi 7 janvier 2012, Paris, EHESS
(9h30 /13h - Amphi. Furet - 105 Bd Raspail - M° N.D. des Champs/St Placide))

Conférence & débat
.
organisée à l’occasion de la sortie de l’ouvrage sous la direction de Michel Agier :

.
POLITIQUES DE L’EXCEPTION
Réfugiés, sinistrés, sans-papiers

.
(éditions Téraèdre/Le sujet dans la cité/Actuels n°1, janvier 2012)



par TERRA (réseau scientifique de recherche et de publications) et Le sujet dans la Cité (Revue internationale de recherche biographique) en collaboration avec le Centre d’Études Africaines (UMR 194 IRD-EHESS), l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, le laboratoire EXPERICE (Paris 13/Nord-Paris 8)


"Réfugiés, sans-papiers, sinistrés, demandeurs d’asile ou migrants clandestins : ces noms pèsent lourd, effraient ou scandalisent. Ils semblent autoriser un traitement à part, « exceptionnel », des personnes qu’ils désignent. L’ouvrage et le débat dont il sera l’occasion cherchent à décrire les formes de la mise à l’écart des étrangers et autres indésirables, mais aussi les conflits, tensions et révoltes dont ces situations d’exception sont le lieu."


- 9h30-10h : Conférence introductive par Etienne BALIBAR (Paris Ouest Nanterre La Défense / University of California, Irvine)

- 10h-13h : Rencontre-débat animée par Gérard GROMER avec Michel AGIER (EHESS/IRD), Alain BROSSAT (Paris 8), Clara LECADET (EHESS), Simona TERSIGNI (Rennes 2),Jérôme VALLUY (Paris 1)

Informations : http://www.reseau-terra.eu/article1221.html

LIVRE :

download?mid=1%5f2019457%5fADln%2bFcAAJUMichel Agier (dir.), Politiques de l’exception - Réfugiés, sinistrés, sans-papiers Éditions Tétraèdre / Le sujet dans la cité / Actuels n°1, janvier 2012Réfugiés, déplacés, sinistrés, tolérés, demandeurs d’asile ou migrants clandestins : ces noms pèsent lourd, étonnent, effraient ou scandalisent. Leur sont associés des effets juridiques, des images médiatiques, des postures morales qui créent la fausse évidence des figures de la victime, de la souffrance et de la vulnérabilité d’une part ; du coupable, du ressentiment et de l’indésirable d’autre part. Ces deux figures semblent autoriser un traitement à part, « exceptionnel », des personnes qu’elles désignent. A chaque nouvelle catastrophe dite « naturelle » ou chaque nouvelle guerre, à chaque exode ou passage de frontière interdit, une administration spécifique et un pouvoir direct les gouvernent, sans médiation politique, superposant l’assistance et le contrôle. Les textes réunis dans ce volume décrivent les formes de la mise à l’écart et du rejet des étrangers et autres indésirables − de l’Europe à l’Afrique du nord et au Proche Orient, de l’Afghanistan à l’Amérique latine. Ils mettent également en évidence les conflits, tensions et révoltes dont ces situations d’exception sont le lieu.

Avec Lisa Anteby-Yemini, Régis Barbau, Jonathan Benthall, Alain Brossat, Giovanna Cavatorta, Carolina Kobelinsky, Clara Lecadet, Sami Makki, Antoine Pécoud, Sandrine Revet, Stellio Rolland, Giulia Scalettaris, Simona Tersigni, Jérôme Valluy.

Lire l'introduction : http://www.reseau-terra.eu/article1225.html

Livre issu du programme de recherches "ASILES"


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Le projet vise à mettre au jour les représentations, pratiques, usages et conceptions des individus, des corps et de la personne qui se développent dans les cadres (camps, ghettos, zones de transit, centres d’accueil, etc) définis par les interventions humanitaire et sécuritaire touchant des populations mobiles et précaires (réfugiés, déplacés, sinistrés, migrants clandestins, demandeurs d’asile,etc).

Sous la direction de Michel Agier

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Michel Agier, Florence Bouillon, Claudia Girola, Sabrina Kassa, Anne-Claire Vallet

PARIS REFUGE - Habiter les interstices

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Si j’ai voulu réunir les quatre récits qui suivent, c’est parce qu’ils donnent à voir, à entendre et comprendre des espaces et mondes de l’ailleurs, au cœur même de Paris et de sa région… découvertes et réflexions dans le même élan d’une écriture personnelle, chercheuse, fouineuse même, et empathique, qui décrivent les interstices de la très grande ville, ses espaces cachés, où certaines manières de survivre prennent place et prennent corps dans des temporalités suspendues. Ce sont quatre carnets d’enquête sur une réalité souvent inconnue, stigmatisée, mais bien présente à Paris et ses alentours, bientôt « Grand Paris ». Mêlant la rencontre des lieux et des personnes, retranscrivant les dialogues et les impressions des auteures, ces récits bâtissent petit à petit une compréhension de ce que sont aujourd’hui les refuges dont Paris est le lieu… le square Villemin du Xe arrondissement où s’exilent les Afghans, les trottoirs et les rues des villes de la région parisienne où s’installent les personnes sans abri, des cabanes construites entre les bretelles d’autoroute et le boulevard périphérique, des squats africains… C’est dans ses interstices qu’aujourd’hui la grande ville est un refuge pour les étrangers globaux. Et c’est aussi par la reconnaissance de cette fonction de ville-refuge que Paris deviendra ville-monde.

Michel Agier est anthropologue (IRD et EHESS). Florence Bouillon est socio-anthropologue (université Paris 8). Claudia Girola est anthropologue (université Paris 7). Sabrina Kassa est journaliste indépendante, elle travaille notamment pour le mensuel Regards. Anne-Claire Vallet est architecte, elle prépare une thèse d’anthropologie à l’EHESS sur les interstices urbains en friche en Île-de-France.

Parution : 14/11/2011
ISBN : 978-2-914968-98-0
192 pages
16x18,5
15.00 euros

Lire un extrait : http://www.reseau-terra.eu/article1226.html

Marie Cosnay

COMMENT ON EXPULSE - Responsabilités en miettes

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En novembre 2008, une famille du Kosovo est expulsée de l’aéroport de Biarritz. Trois enfants sont portés dans l’avion par les policiers. Le père monte, la mère s’évanouit sur le seuil. On l’embarque, sous les yeux de ses amis et soutiens impuissants. Ce jour-là, je me formulai que la question des responsabilités, au milieu d’un ensemble qui vise à les émietter, était posée. Il faudrait, pour l’étudier, en passer par les mots et les représentations que l’on se fait des choses. Le tribunal est un espace de paroles. Un policier y raconte qu’il n’est plus le même après avoir assisté à l’expul­sion « couchée » d’un jeune homme kurde. Le représentant de la préfecture craint qu’on ne le prenne pour «  un nazi  ». L’exil, la frontière, l’étranger, le droit  : autant de thèmes que traite, depuis son antiquité, notre civilisation. J’avais besoin que la politique contemporaine du droit (ou non-droit) des étrangers dialogue avec les grandes figures mythiques, les textes fondateurs, de Platon à Ovide, qui en dirent jadis quelque chose. J’avais besoin d’interroger différentes manières de dire, persuadée que chacune crée un espace de représentation qui fait, peut faire ou fera, même de manière infime, bouger le réel.

Marie Cosnay vit au Pays Basque, travaille non loin, lit, écrit et traduit Ovide, Euripide, Sophocle. Elle a récemment publié D’Orphée à Achille (traduction et présentation des livres X, XI, XII des Métamorphoses d’Ovide), Nous, 2011 ; Entre chagrin et néant - Audiences d’étrangers, Cadex, 2011 (1re édition Laurence Teper, 2009) ; La Langue maternelle, Cheyne Éditeur, 2010.

Parution : 14/11/2011
ISBN : 978-2-914968-99-7
120 pages
16x18,5
14.00 euros

Lire un extrait : http://www.reseau-terra.eu/article1227.html


23/12/2011, 22:16 | Par JJMU

De Pierre Bray :

 

Le capitalisme repose sur une convention et une contradiction.

La convention (ou règle du jeu) est le lien monnaie (ou signe) et matière. Ex : dollar/Or.

La contradiction, c’est que les gains de productivité sont contradictoires à ce postulat.

 

Commençons par :

 

 

I) La contradiction, les gains de productivité sont contradictoires à ce postulat.

 

Marx le démontre à travers un exemple simple :

 

Si un ouvrier fabrique une épingle par jour, les épingles sont rares et coûtent cher, ce qui permet de payer la fabrication, l’ouvrier et, de plus, de dégager de la plus value ou bénéfice.

Et accessoirement ça permet à l’ouvrier de s’en acheter une.

 

Tout va bien dans le meilleur des mondes capitalistes possibles.

 

Mais si le même ouvrier fabrique trois mille épingles par jour...

Le prix des épingles s’effondre et le patron ne peut plus payer son salarié et encore moins dégager un bénéfice.

 

Et le salarié ne peut plus acheter d’épingle…. C’est la déroute… Dans l’abondance…

 

Le patron doit alors concevoir... des épingles de couleur pour créer le besoin.

 

Mais si les gains de productivité continuent d’augmenter, ça recommence…

Alors le patron conçoit des épingles fragiles pour obliger à son remplacement, à une rotation, pour maintenir coûte que coûte un prix élevé. Ça ne suffit pas...

 

Alors les patrons jouent à la guerre économique, c'est-à-dire qu’ils inventent le marketing et la publicité (ces consultants et autres publicitaires, sont payés, et cher, par les gains de productivité).

 

Cela dit, ils sont des envoûteurs et l’on ferait aussi bien de les payer à ne rien faire.

 

Le but du marketing est de concevoir des emballages pour des lessives où seul l’emballage change et ça correspond aux épingles de couleurs de Marx.

 

Le but de la publicité est d’essayer de créer une addiction, une compulsion, comme une drogue et de tenter de vendre plus et si possible plus que la concurrence en ensorcelant le chaland.

 

Le coût de la publicité et du marketing est compris dans le prix de la marchandise !

 

Donc travailler plus pour acheter ?… Non, pour subir de la manipulation de cerveau…

 

Cela ne suffit toujours pas. Les gains de productivité sont encore trop grands.

 

Alors puisqu’on ne peut plus faire de bénéfices, les capitalistes vont créer de la monnaie.

 

Les banques créent de la monnaie dite (scripturale), par des lignes d’écriture, qui repose de nos jours sur la garantie de la banque d'émission… (Sic)

 

C’est-à-dire de la monnaie mise en circulation et qui ne correspond pas à de la matière, comme de l’or par exemple. On nous dit sur des actifs… (Sic)

 

C’est là que ça devient intéressant.

J’ai montré que les gains de productivité sont contradictoires au capitalisme.

Ce point mérite que l’on s’y arrête, 2 remarques.

 

1) La conséquence c’est qu’à service rendu égal je dois travailler infiniment plus, (dans l’exemple l’usage d’une épingle), c'est-à-dire soumis à l‘esclavage. (Autant casser des cailloux).

Au lieu de libérer des talents.

2) Nous sommes en capacité de (sur) production de tout, Ex : de lait ou d’ordinateurs, et l’on crève de faim dans le dénuement.

Nous savons le faire, nous pouvons le faire, et nous ne le faisons pas…

Pour respecter quelle convention ???

 

Maintenant, voyons de plus près l’escroquerie des capitalistes.

 

 

II) La convention du capitalisme : Le lien signe (ou monnaie) et matière.

 

Suite à la crise de 1929 et à la guerre 39-45, il a été décidé de revenir à une régulation et surtout au postulat, (ou convention) du capitalisme : le lien monnaie matière.

 

Ainsi fut établi l’étalon Dollar-Or comme monnaie mondiale. (Accords de Bretton Woods)

 

 

Les États-Unis, du fait de la guerre au Vietnam, dépensaient plus de dollars qu’ils n’avaient de réserve d’or.

 

Et donc décident de sortir de la règle du jeu, de la convention, en 1971.

 

Cela leur permet d’émettre de la fausse monnaie. (Dans le sens, de non respect de la convention)

 

 

Parallèlement, la petite caste de quelques pourcents des capitalistes qui possèdent la plupart des richesses mondiales, (les spéculateurs) ont souhaité pouvoir en faire autant, et ont petit à petit organisé la dérégulation et la création de nouveaux outils, achat à terme en options, ventes à découvert etc, et de nouveaux produits, (produits dérivés), pour masquer leurs escroqueries.

 

Les banquiers, eux, (il nous faut les distinguer des spéculateurs, même s’ils font partie de la même caste), agiront. Voici comment :

 

Ayant créé leur propre organe de régulation, le B.I.S (dit comité de Bâle), la règle principale est qu’il leur suffit d’avoir 8 % de fonds propre.

 

À remarquer que les récents tests aux États-Unis et en Europe obtiennent une moyenne de 4% – c’est si faible que même le FMI s’en émeut et que Bâle III prévoit d’exiger plus.

 

 

Donc : les banques prêtent l’argent qu’elles n’ont pas, c’est d’ailleurs essentiellement par ce biais qu’elles mettent en circulation de la monnaie.

 

Car cet argent est utilisé par l’emprunteur…

 

Qui repose de nos jours sur la garantie de la banque d'émission… (Sic)

 

Elles se disent : ils me rembourseront avec un intérêt, et je peux prendre une hypothèque par exemple.

 

C’est ce que Joseph Stiglitz lui-même appelle un système de cavalerie : et ça marche dans un système en expansion.

 

Mais si les remboursements ne se font pas, ou si les prix des hypothèques sont moins élevés que les sommes prêtées tout s’écroule. (Des centaines de Banques ont fermé depuis 2007)

 

La garantie des banques en prend un coup.

 

Au début, elles se prêtent entre elles le petit volant de 4%, puis ce maquillage s’arrête, sauve qui peut ! Si j’ai un tout petit peu d’argent en caisse je me le garde !

 

 

Pour se sauver de l’escroquerie elles demandent de l’argent aux Etats qui s’endettent pour tenter de les aider. Elles sont aidées aussi par les injections d’argent aux entreprises qui ainsi peuvent rembourser leurs dettes, ce qui sauve les banques et, au-delà, la caste des capitalistes. (CF : Frédéric Lordon)

 

Et les États se ruinent…

 

La population paye une 1ère fois.

 

 

Les États-Unis émettent de la monnaie fictive, mais pas les États européens qui n’ont pas le droit de créer de la monnaie par le traité de Lisbonne.

 

De ce fait les États européens doivent emprunter au prix fort aux banques l’argent qu’ils ont donné au système ce qui les oblige à sacrifier leurs services sociaux. (Voir l’exemple de la Grèce).

 

La population paye une 2ème fois.

 

 

Le résultat c’est qu’il y a de plus en plus de liquidités, (de monnaie).

 

Les spéculateurs avant la catastrophe annoncée, (probablement sous forme d’inflation si le peuple ne réagit pas avant), profitent de cette manne pour acheter de la matière : les uns, de l’or, il a été acheté sur certificats, (or-papier) plus d’or qu’il en existe d’après GEAB20*, va y avoir des perdants…

 

Les autres, de l’immobilier, des bijoux, des œuvres d’art, des terres, des matières premières, des mines et les récoltes… Va y avoir des gagnants.

 

(Et nous les revendre plus cher et ainsi affamer les peuples)

 

Et d’anticiper les énormes profits à venir si l’inflation se déclenche. Ex 1 kilo de riz acheté un dollar en vaudra mille.

 

Ce sera la 3ème fois que le peuple payera, et que les plus riches seront encore plus riches.

 

 

À ce stade quelques remarques :

 

 

1ère remarque. L’ancienne convention du capitalisme, c'est-à-dire le lien monnaie-matière (Ex l’OR) est transgressé en premier par les capitalistes eux-mêmes, les Etats-Unis et la caste des plus riches; en revanche les pays les plus sociaux sont coincés par le traité de Lisbonne. Y voir une volonté des USA ???

 

 

2e remarque. Les capitalistes font subir aux naïfs Européens une règle d’airain qu’eux mêmes ne respectent pas.

 

La règle du jeu bénéficie à celui qui ne la respecte pas.

 

 

3e remarque. De deux choses l’une soit la création monétaire est néfaste, alors pourquoi le privé s’y autorise, soit elle est bénéfique alors pourquoi elle est interdite aux Etats ?

 

(Pas qu’Européens la très grande majorité des banques centrales sont devenues indépendantes et au service de la ploutocratie, d’où le BRI, BIS, etc.… Qui échappent au politique, à la population.)

 

 

4e remarque. La conséquence pour les Etats les plus naïfs, c’est la ruine de la puissance publique, et des moyens de la démocratie. (Il s’agit du démantèlement de la démocratie !)

 

 

5e remarque. Le rôle des politiques est d’agir pour le bien commun, non au profit d’une classe.

 

(Ils se sont fait acheter, ou se sont couchés, ou rien compris)

 

Ce n’est pas un hasard si aux USA a été voté le déplafonnement des dons aux partis, suite à l’élection d’Obama qu’il trouvait trop à gauche. (Sic).

 

(On se doute que ce sont les républicains qui vont en bénéficier)

 

 

Alors quelle solution ?

 

 

Posons le problème.

 

 

À mon sens, le problème réside dans la convention qui doit régir la monnaie ?

 

Du lien monnaie et ???

 

C’est la question que je pose.

 

La monnaie, (les pièces, les billets) est dite fiduciaire en laquelle nous avons foi, en laquelle nous avons confiance.

 

Pour cela il faudrait que la convention soit posée et respectée.

 

 

Qu’en est-il de nos jours ?

 

Quand on lit les textes des économistes, aucun ne dit la même chose.

 

Pour faire simple, les uns parlent encore du lien monnaie matière, d’autres parlent de la création monétaire par les banques privées auxquelles elles apporteraient leurs garanties grâce aux actifs.

Certains parlent même de valeurs-informations, (donc de monnaie-informations ?) Etc.

Mais aucun n’est d’accords pour définir ce qu’est un actif…

Et autres choses....

1ère conséquence : personne ne connaît la convention qui régit la monnaie de nos jours…

Mon sentiment est que les capitalistes profitent de ce flou pour utiliser la monnaie comme une laisse, ils laissent filer quand ça les arrange et la resserre pour tenir la population.

 

Ils nous font mourir de faim et nous épuiser dans un travail stérile.

 

Le pouvoir n’est intéressant et possible que si est maintenue une différence entre la petite élite et les masses.

 

2ème conséquence : Il apparaît que les politiques, les gouvernements, et donc la population ont abandonné ce qui devrait être leur première préoccupation.

 

Deux hypothèses :

 

1) soit nous revenons à la convention de départ, monnaie-matière, ex l’or. (L’impasse démontrée par Marx). Car l’or est en quantité limité et ne peut suivre le gain exponentiel de productivité.

 

Pour ce faire l’inflation est le plus simple et le plus probable, et ce sont les plus pauvres qui vont souffrir le plus. Avec un risque de chaos mondialisé.

 

2) soit nous changeons de convention !

De fait, c’est déjà fait !

 

Une piste :

Je pense que les gains de productivités dus à la mécanisation doivent (en effet), se traduire par de la création de « signe » sous contrôle du politique, c'est-à-dire des gouvernements eux-mêmes soumis au contrôle démocratique. (Lien production-monnaie).

 

Il nous faut concevoir un système international autre que ceux envisagés dans le passé.

 

Ce nouveau système, doit être au service de la population.

Il s’agit d’un changement de référentiel.

 

 

Conclusion :

 

Dans tous les cas de figure, la convention qui doit régir la monnaie doit faire l’objet d’un débat public, d’un débat démocratique, c’est un enjeu majeur.

 

Et rester sous le contrôle du politique.

 

Nota bene : il nous faut inverser la maîtrise de la création monétaire, que du privé elle passe à la souveraineté collective, pour inverser les effets et passer du « gâchis-pénurie » à la gestion maîtrisée de l’abondance.

 

Pierre Bray

 

 

PS * Sources : http://www.leap2020.eu/GEAB-N-41-est-disponible!-Decennie-2010-2020-Vers-une-victoire-par-KO-de-l-or-sur-le-Dollar_a4193.html (Visitez ce site intéressant)

 

 

23/12/2011, 20:00 | Par LEON et PAULETTE

vous êtes infatiguable, JJMU !!!

merci.

Léon

23/12/2011, 20:04 | Par FATARELLA en réponse au commentaire de LEON et PAULETTE le 23/12/2011 à 20:00

du très gros et bon travail...

23/12/2011, 22:06 | Par JJMU en réponse au commentaire de FATARELLA le 23/12/2011 à 20:04

Oui, Fatarella, mais le Drupal me casse les burnes. Le texte de Pierre Bray est niquel, et cette putain de mécanique logisticienne me coupe les phrases, et je suis obligé de refaire la mise en page.

Jean-Jacques M’µ

23/12/2011, 22:09 | Par LEON et PAULETTE en réponse au commentaire de JJMU le 23/12/2011 à 22:06

Allez JJ, c'est pas quelqu'un comme toi qui va baisser les bras à cause d'une putain de mécanique logisticienne Rire !

 

Bisou de la Paupiette.

23/12/2011, 20:07 | Par JJMU en réponse au commentaire de LEON et PAULETTE le 23/12/2011 à 20:00

De fait, je m'ennuie, mon bon Léon.

Alors, je refais le monde.

Si j'avais ne serait-de que ma moitié de monde entre mes bras, j'oublierai le reste pour m'occuper de tendresses et toutes ces sortes de chôzes entre gens qui s'aiment bien.

Ah ! je vous z'envie, mon bon Léon ! Vous z'avez Paulette qu'est une bin brave fille, allez !

Jean-Jacques M’µ

24/12/2011, 02:16 | Par JJMU

« Moi je ne veux pas détruire les Juifs, j’oserais dire que les Juifs sont mes meilleurs alliés. Je suis intéressé à l’ordre moral du peuple russe et je ne désire pas (ou les personnes à qui j’entends complaire ne désirent pas) que ce peuple dirige ses insatisfactions vers le Tsar. Il leur faut donc un ennemi. Inutile d’aller chercher l’ennemi, que sais-je, chez les Mongols ou chez les Tartares, comme ont fait les autocrates d’autrefois. L’ennemi pour être reconnaissable et redoutable doit être chez soi, ou sur le seuil de sa maison. Partant, les Juifs. La divine Providence nous les a donnés, utilisons-les, Bon Dieu, et prions pour qu’il y ait toujours quelques Juifs à craindre ou à haïr.

Il faut un ennemi pour donner au peuple un espoir. Quelqu’un a dit que le patriotisme est le dernier refuge des canailles : qui n’a pas de principes moraux se drape d’habitude dans une bannière, et les bâtards se réclament toujours de la pureté de leur race.

L’identité nationale est la dernière ressource des déshérités.

Or le sentiment de l’identité se fonde sur la haine, sur la haine de qui n’est pas identique. Il faut cultiver la haine comme passion civile. L’ennemi est l’ami des peuples. Il faut toujours quelqu’un à haïr pour se sentir justifié dans sa propre misère. La haine est la vraie passion primordiale. C’est l’amour qui est une situation anormale. C’est pour ça que Christ a été tué: il parlait contre nature. on n’aime pas quelqu’un pour toute la vie, de cette espérance impossible naissent adultère, matricide, trahison de l’ami... par contre, on peut haïr quelqu’un toute une vie. pourvu qu’il soit toujours là à attiser notre haine. La haine réchauffe le cœur. »

(Umberto Eco : "Le Cimetière de Prague", page 426)

26/12/2011, 14:31 | Par JJMU

J'approuve sincèrement cette décision de la diplomatie française :

PARIS (Reuters) - La France a annoncé lundi avoir refusé d'arrêter l'ancienne porte-parole du procureur du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) pour qu'elle purge une peine de sept jours de prison prononcée pour outrage à cette cour.

Le ministre de la Justice a estimé que les textes ne permettaient pas l'arrestation de Florence Hartmann, une ressortissante française, les accords entre la France et le TPIY portant seulement sur les crimes graves.

"L'outrage à la cour pour lequel Mme Hartmann a été condamnée ne faisant pas partie de ces crimes, la France ne dispose d'aucun fondement juridique pour asseoir une éventuelle condamnation", a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères lors d'un point de presse électronique.

Le TPIY avait décidé en novembre de convertir en sept jours de prison une peine de 7.000 euros d'amende prononcée en 2009 mais jamais payée par la Française, qui juge la sanction illégitime.

Elle a été punie pour avoir dévoilé dans son livre "Paix et châtiment" publié en 2007 ce qui est présenté comme un échange entre le TPIY et l'Etat serbe portant sur une remise de documents à charge sur certains accusés, ayant permis à Belgrade d'échapper à une condamnation pour génocide en tant qu'Etat.

Ancienne journaliste, Florence Hartmann avait refusé de payer l'amende prononcée initialement en estimant être victime d'une atteinte à la liberté d'expression.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

29/12/2011, 12:08 | Par JJMU

LES ORGANISATIONS ÉTUDIANTES REFUSENT LA CIRCULAIRE GUÉANT DU 31 MAI [2011]

Non content des annonces faites de modifications de la circulaire du 31 mai dernier sur les étudiants étrangers par Claude Guéant, la Fage (Fédération des Associations Générales Etudiantes) exige le retrait pur et simple du texte initial.

 

Face à la grogne qui monte chaque jour un peu plus autour de ce texte, le ministre de l'Intérieur a fait savoir qu'il avait l'intention de procéder à l'élaboration d'une nouvelle circulaire qui sera émise dès le début de l'année 2012.

 

Mais, pour la Fage, il n'est pas besoin d'une nouvelle circulaire, il suffit de procéder à l'annulation de la première qui est en tout point une erreur et une indignité.

Par Victor de Sepausy, le mercredi 28 décembre 2011 à 00:17:42

31/12/2011, 01:40 | Par JJMU

Constitutionnaliser la désobéissance civile Manuel Cervera-Marzal Chercheur / Rue89

 

La désobéissance civile désigne une action politique illégale et non-violente fondée sur des motifs de conscience et destinée à modifier une loi ou à contester l'ordre juridique dans son ensemble.

 


 

Elle est aujourd'hui pratiquée par les militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) qui n'hésitent pas à risquer jusqu'à cinq ans de prison pour protéger des familles immigrées en situation irrégulière menacées par la politique xénophobe du gouvernement.

Elle est aussi employée par les Faucheurs volontaires qui détruisent des parcelles d'essai transgéniques en vue d'alerter leurs concitoyens des dangers de l'agriculture génétiquement modifiée.

Opposants à la désobéissance civile et garants de l'ordre établi ne manquent pas de pointer le danger inhérent au fait de laisser à chacun le droit d'apprécier librement la validité d'une loi. Reconnaissant à mi-mot l'existence de lois injustes, ils ordonnent qu'on s'y plie malgré tout car, comme le disait Goethe, mieux vaut une injustice qu'un désordre.

Pourtant, trois éléments au moins nous informent que cette rhétorique conservatrice ne résiste pas à la critique.

 

1.

Le courage, vertu cardinale 

Remarquons d'abord que, lors du procès de Nuremberg, intenté contre les principaux dirigeants nazis, les juges ont condamné ceux qui avaient obéi aux lois, signifiant ainsi que, contrairement à ce qui est enseigné à l'école, la vertu cardinale du citoyen n'est pas l'obéissance mais le courage ; courage qui exige que l'on résiste aux ordres lorsqu'ils entravent la dignité humaine.

 

2.

Légalité n'est pas légitimité 

Rappelons ensuite que, comme l'avait sagement noté Pascal, « ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on fit que ce qui est fort fût juste ». Légalité n'est pas légitimité. Le droit ne vient pas de nulle part. Il est généralement dicté par les puissants, qui peuvent ainsi imposer leur domination avec la bénédiction des lois.

 

3.

Pas de risque d'anarchie 

Enfin, faut-il véritablement craindre que la désobéissance civile nous plonge dans l'anarchie ? L'histoire nous fournit la meilleure des réponses.

Les gigantesques manifestations du mouvement des droits civiques dans le sud des Etats-Unis au début des années 60 ont-elles mené à l'anarchie ? Puisqu'en définitive la désobéissance civile constitue non une menace mais, au contraire, une respiration pour la démocratie et puisque, à bien y regarder, un nombre croissant de citoyens partagent cette opinion, n'est-il pas temps de lui faire une place dans nos institutions publiques ?

Plus concrètement, ne faudrait-il pas intégrer dans la Constitution le droit à désobéir à une loi jugée injuste ? Parmi les militants désobéissants, des voix se sont élevées pour revendiquer ce droit dans la mesure où, comme l'explique le philosophe Jean-Marie Muller, la Constitution a véritablement pour fonction de garantir la justice.

 

Un problème logiqueMais cette demande a beau être recevable, elle pose un problème logique en apparence insurmontable : il ne peut pas y avoir de droit juridique à désobéir à la loi. Prétendre désobéir légalement à la loi, n'est-ce pas s'enfermer dans une contradiction logique et une absurdité pragmatique ? Constitutionnaliser la désobéissance civile reviendrait en effet à proclamer un droit au non-droit, or le droit ne saurait se suspendre lui-même.

Sommes-nous cependant si certains que le droit ne saurait se suspendre lui-même ? Les réflexions du philosophe italien Giorgio Agamben cherchent à prouver le contraire.

 

La doctrine de l'état d'exceptionLa doctrine de l'état d'exception, adoptée par la majorité des Etats de droit, soutient que dans certaines circonstances exceptionnelles, le droit commun peut être provisoirement suspendu, laissant par là les pleins pouvoirs au Président. Ainsi, avec l'état d'exception, le droit se nie lui-même, il s'auto- suspend.

Une piste s'ouvre alors : puisque la Constitution française intègre les procédures d'exception dans son article 16, ne pourrait-elle pas aussi admettre un droit à désobéir aux lois jugées injustes ? Le droit à la désobéissance civile serait alors l'équivalent par en bas (c'est-à-dire pour le citoyen) de ce qu'est l'état d'exception par en haut (c'est-à-dire pour le président de la République). Il s'agirait, dans les deux cas, de transgresser momentanément l'ordre juridique en vue de le protéger.

 

Un progrès démocratique pratique et théoriqueCe droit constitutionnel à la désobéissance civile constituerait un progrès démocratique à la fois pratique et théorique :

  • pratique au sens où il permettrait aux citoyens de rappeler à l'ordre les élus lorsque ceux-ci s'autonomisent de la souveraineté populaire et s'écartent de la promotion du bien commun ;
  • théorique au sens où ce droit nous rappelle qu'en définitive la démocratie désigne avant tout le pouvoir constituant du peuple et non le pouvoir constitué de ses représentants.

 

31/12/2011, 05:54 | Par Marielle Billy

Cher Jean jacques, quel travail de récapitulation ! bravo.

J'en reviens au droit de circulation des hommes.

Politique migratoire, simple constat économique : beaucoup d'économistes reconnaissent aujourd'hui que les pays d'Europe ont besoin d'un apport conséquent de travailleurs étrangers dans nos pays, pour maintenir l'activité (vieillissement général).

Mais au delà de ces considérations "égoïstes", on peut noter que la libre circulation des hommes ne fait pas bon ménage avec la notion de propriété (d'état ou privée) : les états n'ont eu de cesse de vouloir les "fixer" (voir la nomadisation empêchée dans l'ex-URSS) ou de les exclure ( partout aujourd'hui).

Tout système a horreur de ce qui est en marge : le thème de "l'identité" n'est chez nous qu'un avatar du dieu "propriété".

Tout ce qui ferait avancer l'idée de la supériorité des principes humanistes (cf : votre rappel de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948) sur la logique d'inclusion/exclusion, est bon pour l'être humain et ses sociétés.

La création de l'euro est, de ce point de vue, un leurre. Les gouvernements l'ont bien deviné lorsqu'ils ont maquillé cette logique libérale par des propos humanistes (voir la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, adoptée en 2000) : d'ailleurs, il me semble qu'on est bloqué à ce niveau aujourd'hui dans le débat politique, et on a du mal à élaborer autour de l'hypothèse de l'abandon de cet euro, coincé qu'on est par l'épouvantail Le Pen.

 

 

 

31/12/2011, 07:34 | Par JJMU en réponse au commentaire de Marielle Billy le 31/12/2011 à 05:54

Bonjour Marielle,

Vos récapitulatifs sont nécessaires et utiles, merci.

Je me demande si les États n'ont pas intérêt à fabriquer de l'exclusion et de la précarité, car ils sont actuellement dirigés par une majorité d'hommes !... et pas n'importe lesquels : cette minorité d'hommes privilégiés par le système économique actuel. Pour se préserver, il leur faut diviser en opinions (gauche/droite), en catégories (autochtones/étrangers), en genres (hommes/femmes), en travail (actifs/inactifs), en emplois (précaires/statutaires), en degrés (auxilaires, assistés ou aidés/autonomes, libéraux ou indépendants), etc.

Alors que toutes ces divisions ne tiennent que parce que nous y croyons.

Leurs médias, en France, appartiennent à Dassault et Lagardère, qui sont aussi des fabriquants et des marchands d'armes... Leurs intérêts sont de créer des tensions, des conflits, des rivalités, de la concurrence, des guerres. Toute cette idéologie domine.

Pendant ce temps les machines font de la richesse. Le PIB augemente et ne se répartit pas entre les populations !... Alors qu'un simple prélèvement fixe que les richesses produites attribué à tous sans conditions permettrait de résoudre les inquiétudes et permettrait de s'établir ou de nomadiser à sa guise sans que personne n'ait à craindre de qui que ce soit.

Jean-Jacques M’µ

09/01/2012, 14:02 | Par JJMU

LES AUTRES VOIX DE LA PLANÈTE

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Octobre 2011 - n°52

Le CADTM édite une revue intitulée "Les autres voix de la planète". Quatre fois par an, elle propose des dossiers et des articles sur les thèmes développés par le CADTM et suit l’actualité de la dette, du mouvement altermondialiste et des grandes mobilisations internationales. La quarantaine de pages que compte chaque numéro se partage en différentes rubriques (articles de fond, dossiers, interviews, brèves, échos du réseau international CADTM, notes de lecture, agenda...) et présente chaque trimestre à ses lecteurs un regard original sur le monde. Elle paraît uniquement en français.

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Tarifs d’abonnement annuel aux 4 numéros de la revue Les Autres Voix de la Planète accompagnés d’une autre publication du CADTM
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- Europe : 38 euros/an (22 euros/an pour les petits revenus) par virement bancaire international sur le compte du CADTM : IBAN BE06 0012 3183 4322. Code Swift BIC : GEBA BE BB, ou par chèque à l’attention du CADTM ;
- Autres pays : 51 euros (ou 34 euros/an pour les petits revenus) par mandat postal international ou par virement bancaire international (frais à la charge du donneur d’ordre) sur le compte du CADTM : IBAN BE06 0012 3183 4322. Code Swift BIC : GEBA BE BB ;
- Organisations - bibliothèques, ONG, syndicats, etc.- : 60 euros (ou 38 euros pour les petites organisations). Se référer aux modalités de paiement ci-dessus.

Dans cette rubrique http://www.cadtm.org/spip.php?rubrique25 nous mettons à votre disposition plusieurs numéros en PDF de la revue, ainsi qu’un formulaire d’abonnement.

11/01/2012, 11:34 | Par JJMU

Manhal* raconte qu'il a été détenu dans une prison secrète où ils lui ont arraché les ongles des mains et des pieds et électrocuté plusieurs parties du corps. "J'ai vu la mort, et j'ai été torturé presque à mort," nous a-t-il dit. Mais si nous agissons maintenant, nous pouvons faire du sacrifice de Manhal la goutte d'eau qui fait déborder le vase et qui force le monde entier à se retourner contre le régime d'Assad.
Les observateurs de la Ligue arabe n'ont pas réussi à faire cesser la violente répression, mais la pression mise sur Assad s'intensifie. Avaaz vient de publier un rapport terrifiant qui dévoile l'ampleur des centres de détention en Syrie, y compris ce qu'ils ont infligé à Manhal. Si nous lançons maintenant un immense tollé mondial, nous pouvons contraindre des gouvernements clés à faire face aux horreurs détaillées dans ce rapport et accélérer la chute d'Assad.
Signez la pétition dès maintenant, et lorsque nous aurons atteint 500 000 signatures, nous la remettrons avec le rapport d'Avaaz à la Ligue arabe et au Conseil de sécurité des Nations Unies, afin de les exhorter à déférer Assad devant la Cour pénale internationale pour qu'il y soit jugé pour crimes contre l'humanité:
http://www.avaaz.org/fr/arrest_syrias_torturers_fr/?tta
Les Nations Unies ont déjà déclaré qu'il y a eu crimes contre l'humanité en Syrie. Et à présent le régime reçoit un nouveau coup de massue -- un rapport accablant compilé par les courageux militants syriens d'Avaaz conclut que ces crimes contre l'humanité ont été perpétrés par de hauts dignitaires du régime d'Assad. Aucun autre rapport n'a détaillé aussi précisément les liens entre les hauts dignitaires du régime et la torture pratiquée par celui-ci -- c'est peut-être là notre meilleure chance pour que la communauté internationale agisse.
Nous avions tous espéré que la mission d'observation de la Ligue arabe puisse mettre fin aux violences, mais ses membres se sont compromis et discrédités. Bien qu'ils aient vu de près les snipers d'Assad en action, ils ont simplement prolongé leur période d'observation, sans même demander une intervention d'urgence. Cela permet à des pays comme la Russie, la Chine et l'Inde de bloquer le processus de décision des Nations Unies, tandis que la défense pathétique du régime pour justifier ses crimes odieux a consisté à prétexter combattre une insurrection terroriste, au lieu d'un mouvement démocratique pacifique. Mais des rapports tels que celui publié par Avaaz dévoilent les mensonges de ce régime atroce et corrompu. Il suffit à présent de rendre le monde témoin des horreurs que ce régime a commises.
Pour Assad, le temps pourrait être compté si nous créons une immense vague de pression publique capable de faire pencher la balance. Unissons le monde pour exhorter le Conseil de sécurité des Nations Unies à déférer le brutal régime syrien devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. Signez la pétition et parlez-en à tout le monde:
http://www.avaaz.org/fr/arrest_syrias_torturers_fr/?tta
Partout dans le monde arabe, le pouvoir citoyen a fait tomber les dictateurs les uns après les autres, et notre extraordinaire communauté Avaaz a été au cœur des luttes pour la démocratie: nous avons brisé le black-out des médias imposé par des dirigeants corrompus, formé et équipé des journalistes citoyens, fourni du matériel de premiers secours indispensable aux populations assiégées en Syrie, et protégé des centaines de militants et leurs familles à l'abri des bandits du régime. Faisons en sorte que la souffrance de Manhal au nom de la liberté n'ait pas été vaine. Exhortons l'ONU à agir maintenant.
Avec espoir et détermination,
Luis, Stephanie, Ian, Maria Paz, Ricken, Emma, Wissam, Heather et toute l'équipe d'Avaaz
* Le nom de "Manhal" a été changé pour protéger sa réelle identité.
SOURCES
Rapport d'Avaaz sur les centres de torture du régime syrien (en anglais)
http://avaazimages.s3.amazonaws.com/DetentionCentresinSyria.pdf
Un rapport commandé par l'ONU accuse la Syrie de crimes contre l'humanité (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/29/un-rapport-commande-par-l-onu-accuse-la-syrie-de-crimes-contre-l-humanite_1610660_3218.html
Sarkozy: le président syrien "doit quitter le pouvoir" (France Soir)
http://www.francesoir.fr/actualite/international/syrie-sarkozy-hausse-ton-avec-assad-170179.html
L'opposition syrienne sceptique sur le maintien des observateurs (Le Point)
http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/l-opposition-syrienne-sceptique-sur-le-maintien-des-observateurs-09-01-2012-1416942_240.php 
Syrie: Les USA accusent le régime d'avoir accru la répression (Nouvel Obs)
http://tempsreel.nouvelobs.com/la-revolte-syrienne/20111227.OBS7636/info-obs-les-activistes-syriens-de-homs-ont-rencontre-les-observateurs.html 
Le régime syrien accusé d'avoir torturé à mort 617 détenus (Associated Press)
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/crise-dans-le-monde-arabe/syrie/201201/05/01-4483203-le-regime-syrien-accuse-davoir-torture-a-mort-617-detenus.php 
Rapport de la commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie (Conseil des droits de l'homme des Nations Unies) -- en anglais
http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/specialsession/17/docs/A-HRC-S-17-2-Add1.pdf

26/03/2012, 07:44 | Par JJMU

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