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Un peuple opprimé : les Sahraouis enfermés en plein désert depuis 40 ans derrière un mur de 2 000 km miné par le Maroc

Le camp de Gdeim Izik ou “camp de l’espoir et de la liberté”, ce mouvement de masse apparu en octobre au Sahara occidental, a compté jusqu'à 20 000 personnes, soit 40% de la population sahraouie d’El Aïoun.Il a été un formidable défi pacifique lancé par les Sahraouis à leur occupant, le Maroc.
Le camp de Gdeim Izik a duré un mois, manifestant de la grande maturité de cette résistance. Son démantèlement sauvage est une réaction coloniale qui ne veut rien entendre, mais, au contraire, s’efforce de briser toute idée de résistance. Ce à quoi s’emploient, depuis ces derniers mois, les autorités marocaines.
Des dizaines de militants sont aujourd’hui en prison au secret, sans être déférés ni assistés d’avocats ; on ne sait rien des tués ni des blessés, et, sans doute, de plusieurs autres dizaines de personnes, toujours portées disparues, etc.
Cette situation nous impose de réagir, et d’être plus nombreux et de disposer de davantage de moyens d’informations, afin de soutenir ce peuple que le royaume voisin annexe par la colonisation forcée et la militarisation, en dépit des dispositions de l’ONU qui a statué pour la mise en place d’un référendum sur l’autodétermination.
 

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Lorsqu’en 1991 le Front Polisario signe après 16 ans de guerre le cessez le feu permettant à la mission mandatée par l’ONU, la Minurso, d’organiser un référendum d’autodétermination au Sahara Occidental, personne n’imagine que près de 20 ans plus tard la République arabe sahraouie démocratique (RASD) sera encore une république en exil, celle du peuple sahraoui, réfugié en plein désert algérien dans ces camps de l’oubli.

Pourquoi rien ne bouge au Sahara Occidental, dernière colonie d’Afrique, depuis plus de trois décennies ? Pourquoi continue-t-on à faire de l’aide d’urgence ou à mettre en place éducation et formations qualifiantes pour un avenir hypothéqué par le gel du processus de la décolonisation ? « Qu’avons-nous de moins que les espèces animales et végétales que vous protégez ? » me demandait une amie sahraouie.

Humanitaire, je fais partie de ceux qui entendent ou se posent ces questions et doivent les relayer à qui de droit. J’ai choisi de le faire, avec les armes émoussées de la parole et de l’écriture. Transmettre, c’est aussi vouloir être contagieux de soi-même.

Vivant depuis deux ans dans mes familles d’accueil, j’ai voulu témoigner de la vie quotidienne par le récit, par les portraits esquissés, par la poésie, de cette réalité oubliée ou ignorée depuis 35 années. De mes notes prises chaque jour est né peu à peu un journal lors de mes retours à Alger. Ce « Cri des pierres », puisque les hommes font preuve d’un silence assourdissant, est entre vos mains aujourd’hui.

Jean-François Debargue, auteur de LE CRI DES PIERRES

(Berger puis éleveur d’ovins et technicien agricole, Jean-François Debargue a choisi de quitter sa ferme du pays d’Auge pour coordonner deux projets en tant que volontaire bénévole dans un camp de réfugiés sahraouis, en plein désert saharien. Il y vit depuis fin 2007 et partage la vie quotidienne des familles dans l’un des quatre principaux camps de cette république exilée en Algérie. Père de quatre garçons, il est Secrétaire Général de la Caritas Algérie).

Le comité catholique contre la faim et pour le développement informe que Jean-François Debargue a entamé voilà près de deux mois une grève de la faim illimitée pour protester contre les conditions indignes infligées aux Saharaouis.

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